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Protéger les milieux humides et la sauvagine dans les Prairies canadiennes

Par:  Esther Rai (Liaison S-T)

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Le problème

La modification et la dégradation des Prairies canadiennes continuent de représenter des risques pour la biodiversité et de perturber l’habitat de reproduction des oiseaux aquatiques en diminuant les taux de reproduction et en affectant les populations de façon négative.

Depuis la venue des peuples européens, jusqu’à 70 % des milieux humides de la région ont été drainés, immergés ou travaillés à des fins agricoles, réduisant ainsi la capacité des milieux à fournir d’importants services écologiques tels que la maîtrise des crues, la purification des eaux, le cycle des éléments nutritifs et la séquestration de carbone.

Les milieux humides sont importants pour la biodiversité : ils fournissent habitat et nourriture à un nombre disproportionnellement élevé d’espèces. Les milieux humides des Prairies servent plus particulièrement d’habitats essentiels aux populations d’oiseaux migrateurs, espèces qui sont importantes tant sur le plan économique que culturel pour beaucoup de Canadiens et Canadiennes.

Comme bon nombre des milieux humides sont situés sur des propriétés privées, les initiatives de conservation exigent une étroite collaboration entre les communautés de chercheurs et de spécialistes en conservation et l’appui des propriétaires fonciers pour être couronnées de succès.

À la recherche de solutions grâce à la science et aux technologies

Photo aérienne des Cuvettes des Prairies. | © Blake Bartzen, Environnement CanadaLes chercheurs d’Environnement Canada travaillent en collaboration avec plusieurs universités et organismes privés canadiens afin d’évaluer les impacts de l’agriculture sur les milieux humides et la faune des Prairies et de recommander des activités de conservation prioritaires. Les gestionnaires des ressources peuvent ainsi cibler les ressources limitées sur des programmes et des lieux qui sont les plus susceptibles d’atteindre les objectifs.

Une étude menée par l’Université de la Saskatchewan a permis d’évaluer les effets des pratiques agricoles sur environ 10 500 milieux humides des Prairies sur une période de deux décennies. Plus de 90 % présentaient des impacts visibles combinés à de faibles taux de rétablissement, démontrant ainsi que les mesures de conservation existantes n’offraient pas une protection adéquate.

Des milieux humides saisonniers dans un champ cultivé, type de milieux humides qui souffrent le plus des pratiques agricoles. | © Blake Bartzen, Environnement CanadaLes chercheurs ont recommandé qu’en plus de la protection des milieux humides vierges, on accorde une priorité à la conservation des milieux humides peu profonds, éphémères et saisonniers, car ce sont eux qui sont les plus à risque. On recommande également que les efforts de rétablissement ciblent plus particulièrement les milieux humides vulnérables sur les terres cultivées et les pâturages.

D’autres études ont démontré les bienfaits supplémentaires de la restauration des milieux humides sur l’écosystème. L’augmentation des petits bassins et des bordures des milieux humides à l’aide d’une végétation permanente permettrait de stocker une quantité maximale de carbone avec le moins de pertes de terres cultivées. Les recherches ont permis de supposer que la restauration des milieux humides à grande échelle permettrait de compenser l’accumulation des gaz à effet de serre à court terme, un facteur de taille en vue d’atténuer les changements climatiques. 

Des millions de canards, dont des Canards colverts, des Canards pilets, des Sarcelles à ailes bleues et des Fuligules à dos blanc – et bien d’autres espèces – utilisent ces milieux humides à des fins de reproduction. Les milieux humides entourés de couvert vivace améliorent les habitats de reproduction. | © Blake Bartzen, Environnement CanadaDes études complémentaires ont indiqué que la modification des pratiques agricoles traditionnelles et de l’utilisation des terres pourrait offrir des solutions relativement pratiques et peu coûteuses. Les recherches menées en collaboration avec l’Université de la Saskatchewan ont démontré que les fermes qui mettent en œuvre des pratiques exemplaires en matière d’agriculture, dont la réduction ou l’élimination des pesticides, la réduction du travail de la terre et le rétablissement des terres dégradées, appuyaient les plus vastes communautés d’oiseaux composées de plus d’espèces. Ces pratiques agricoles permettaient d’espérer atteindre un équilibre entre le maintien de la productivité agricole et la protection des espèces sauvages locales.

Passer de la connaissance aux actes

Reconnaissant que la majorité des terres appartiennent à des propriétaires privés, les programmes du PCHP ont aidé plus de 17 000 propriétaires fonciers à trouver des solutions durables tant pour l’agriculture que pour la sauvagine. En échange de la conservation de l’habitat des milieux humides, le PCHP collabore avec les organisations agricoles afin de compenser les propriétaires fonciers. | © Blake Bartzen, Environnement CanadaLe Projet conjoint Habitat des Prairies (PCHP) a souvent fait appel à ces données scientifiques pour ajuster ses divers programmes, méthodes de prestation et cibles stratégiques. Le PCHP est un partenariat entre les gouvernements, les organisations sans but lucratif, les établissements d’enseignement et les propriétaires fonciers qui contribue à protéger les milieux humides et les espèces que l’on y trouve au moyen de transferts de titres fonciers ou d’ententes à long terme avec les propriétaires. L’organisation a réussi à protéger plus de deux millions d’hectares de prairies, appuyant ainsi en moyenne 11 couples de canards par kilomètre carré. Il constitue l’un des nombreux projets conjoints dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, un partenariat tripartite qui réunit le Canada, les États-Unis et le Mexique et vise à conserver les populations d’oiseaux migrateurs du continent.

 Avantages pour les Canadiens

En Saskatchewan et au Manitoba, le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire représente 8,5 % du produit intérieur brut (PIB) alors qu’il représente 30 % du PIB pour le Canada. | © Blake Bartzen, Environnement CanadaL’importance de l’agriculture pour l’économie des Prairies est largement reconnue. Les propriétaires fonciers ainsi que les fermiers qui s’adonnent à des pratiques exemplaires en matière d’intendance et d’agriculture peuvent profiter d’incitations financières et s’assurer que leurs terres sont plus productives à long terme.

L’approche coordonnée en matière de gestion de la conservation des milieux humides favorise les partenariats précieux et incontournables qui encouragent la solidarité et les liens sociaux au sein des collectivités des Prairies et accroissent l’efficacité en regroupant les ressources et les efforts. Les partenaires du PCHP ont collaboré afin d’amasser 641 millions de dollars pour des programmes locaux. Les collaborations dans le domaine de la recherche ont également permis des gains mutuels en matière de ressources, de connaissances et de personnel pour les sciences en lien avec les milieux humides, tout en développant et perfectionnant le savoir-faire pour la prochaine génération de scientifiques. 

Il importe de conserver et de protéger les milieux humides et la sauvagine afin d’assurer le maintien et l’amélioration des avantages socioéconomiques pour les futures générations. | © Blake Bartzen, Environnement CanadaUn retour à des niveaux adéquats de population de sauvagine favorise l’industrie du tourisme et de la chasse ainsi que d’autres secteurs qui ont des liens culturels et économiques avec les oiseaux. Les activités de conservation feront également accroître les services que les oiseaux rendent aux écosystèmes, tels que le contrôle des insectes et la pollinisation. 

L’ensemble des Canadiens tire profit d’écosystèmes sains et résilients. La conservation des milieux humides dans les Prairies augmente le rétablissement des systèmes naturels dans la région et peut maintenir la capacité de l’écosystème à offrir des services écologiques, dont dépend toute la population canadienne.

Complément d'information

Division de la liaison en S-T | Tél 905 315 5228 | Télécopieur 905 336 4420
www.ec.gc.ca/scitech/S-TauservicedesCanadiens
© Sa majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le Ministre de l'environnement, 2011.