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Tendances climatiques 2009

Arendt, A., J. Walsh and W. Harrison. Changes of Glaciers and Climate in Northwestern North America during the Late Twentieth Century. Journal of Climate 22:4117-4134, le 1er août 2009; DOI: 10.1175/2009JCLI2784.1.
Une étude révèle qu'entre 1950 et 2002, 75 % des 46 glaciers répartis entre l'Alaska et le Canada ont perdu de la masse à une vitesse considérable.
Des scientifiques américains ont étudié le bilan massique de 46 glaciers continentaux et côtiers de l'Alaska, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest sur une période allant de 1950 à 2002. Ils ont utilisé 1) des données climatiques portant sur les températures maximales et minimales quotidiennes et sur les précipitations totales quotidiennes de 67 stations de l'Administration océanique et atmosphérique nationale (États-Unis) et d'Environnement Canada; 2) l'altimétrie aéroportée pour calculer les variations du bilan massique au cours du temps; et 3) un modèle de bilan massique permettant d'explorer les paramètres de sensibilité et d'évaluer les principaux facteurs de variation des glaciers. Entre 1950 et 2002, les températures hivernales et estivales ont connu une hausse respective de 2,0 ± 0,8 °C et de 1,0 ± 0,4 °C. De plus, une hausse globale des précipitations a été constatée pour les stations situées à basse altitude. En général, les emplacements continentaux avaient les hausses de températures les plus importantes. Même si l'établissement du lien entre la réaction des glaciers et le réchauffement climatique s'est avéré compliqué (notamment en ce qui concerne la dynamique des glaciers et le rôle des conditions climatiques synoptiques à grande échelle), les auteurs affirment sans hésitation qu'ils ont observé des signaux évidents d'une perte de la masse des glaciers dans la région. Les changements prévus par la climatologie reflétaient mieux les changements du bilan massique des glaciers, comme il a pu être observé grâce à l'altimétrie pour les glaciers situés à basse altitude. Alors que la hausse des températures estivales peut être à l'origine des changements observés au niveau des glaciers, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir le lien entre la hausse observée et les températures hivernales. La confirmation d'une baisse d'accumulation de neige durant l'hiver au niveau des glaciers maritimes requiert des mesures des conditions climatiques dans les régions montagneuses correspondantes.

Axford, Y. et al., 2009, Recent changes in a remote Arctic lake are unique within the past 200,000 years, PNAS,published online before print October 19, 2009, doi:10.1073/pnas.0907094106.
Les données paléoclimatologiques issues d'un lac dans l'Arctique du Canada montrent que les changements environnementaux du XXe siècle, y compris le réchauffement, sont exceptionnels dans les 200 000 dernières années.
Une équipe de scientifiques canadiens et américains a utilisé quatre carottes de sédiments bien conservées d'un lac sur l'île Baffin afin d'évaluer le mode de comparaison entre les changements environnementaux et climatiques et la variabilité naturelle à long terme au cours des 200 000 dernières années, y compris trois périodes interglaciaires. En comparaison, le dossier relatif au plus vieux noyau de glace intact dans l'Arctique vient de l'inlandsis groenlandais et il s'étend sur 120 000 ans. Des communautés aquatiques d'invertébrés et d'algues, conservées dans les carottes de sédiments et grâce à la biogéochimie des sédiments, ont été utilisées comme données indirectes pour les changements climatiques passés. Les carottes de sédiments montrent que les trois dernières périodes interglaciaires étaient caractérisées par des tendances semblables en matière de température et de biologie des lacs qui, lors de ces périodes, étaient déterminées par des changements relatifs à l'insolation solaire estivale (c'est-à-dire le forçage orbital naturel). Cependant, le XXe siècle est la seule période des archives pour laquelle toutes les données indirectes montrent des tendances conformes au réchauffement en dépit de la diminution du forçage orbital qui, dans certaines conditions naturelles, causerait un refroidissement climatique. En outre, les données sur les sédiments révèlent la nature vraiment exceptionnelle des changements survenus au XXe siècle, étant donné que ce lac ne revient pas simplement aux conditions qui prévalaient pendant les périodes chaudes précédentes. Les décennies chaudes récentes s'avèrent uniques du point de vue écologique sur les 200 000 dernières années. Les changements environnementaux du XXe siècle trouvés dans cette étude sont conformes aux changements biologiques documentés dans plusieurs autres lacs et bassins de l'Arctique. Cette étude les place maintenant dans le contexte d'un dossier plus long englobant plusieurs périodes interglaciaires. D'après ces preuves, les auteurs concluent que les écosystèmes et les conditions environnementales de nombreux lacs et bassins de l'Arctique peuvent à présent se trouver à l'extérieur de la tranche de la variabilité quaternaire naturelle.

Box, J.E., L. Yang, D.H. Bromwich and L,-S. Bai, 2009, Greenland Ice Sheet Surface Air Temperature Variability: 1840-2007, J. of Climate, vol. 22, pp. 4029-4049. DOI: 10.1175/2009JCLI2816.1.
Une nouvelle analyse indique que même si le Groenland a connu une tendance au réchauffement entre 1994 et 2007, son réchauffement moyen annuel affichait entre 1 et 1,5 °C de moins que pour l'ensemble de l'hémisphère Nord. Par conséquent, on s'attend encore à une fonte des inlandsis et à des déficits massiques, dans la mesure où le climat du Groenland se rapproche de la tendance au réchauffement observée dans l'hémisphère Nord.
Une série de relevés de températures atmosphériques à la surface provenant de 12 glaces côtières et de 40 glaces continentales a été utilisée, conjointement avec des résultats de modèles climatiques, pour reconstituer un dossier à long terme (de 1840 à 2007) sur la variabilité des températures atmosphériques près de la surface pour l'inlandsis groenlandais. Les principaux résultats de cette analyse indiquent qu'entre 1940 et 2007, les moyennes annuelles étaient dominées par une variabilité hivernale, ce qui représente une variabilité cinq fois plus importante que celle observée pour les températures estivales. Deux tendances au réchauffement majeures se sont déroulées sur l'ensemble de cette période : de 1919 à 1932 et de 1994 à 2007. En accord avec les études précédentes, l'ampleur de la tendance au réchauffement annuelle observée durant les années 1920 était environ 30 % plus importante que celle observée pour le réchauffement de 1994 à 2007. Au cours de la première période de réchauffement, les anomalies positives les plus importantes ont été constatées pendant le printemps, alors que, durant la période de réchauffement de 1994 à 2007, les anomalies de la température les plus importantes se sont déroulées pendant l'automne et l'hiver. Deux périodes de refroidissement multidécennales ont également été observées, de 1861 à 1919 et de 1963 à 1984, périodes pendant lesquelles des éruptions volcaniques majeures se sont produites. Pour la majeure partie de la période de relevés, les auteurs estiment que les anomalies de la température de l'inlandsis groenlandais sont en accord avec celles constatées pour l'hémisphère Nord. Toutefois, ils constatent que les températures du Groenland étaient toujours en baisse durant les années 1970 et les années 1980. Après ces périodes, les températures de l'hémisphère Nord ont commencé à se réchauffer. Cela met en évidence la grande sensibilité du Groenland face au refroidissement volcanique (sulfate), spécialement durant l'hiver et le long de la marge occidentale de l'inlandsis, ce qui est conforme aux études précédentes. De plus, ils ont constaté que, contrairement aux années 1920, le réchauffement annuel moyen du Groenland entre 1994 et 2007 n'a pas dépassé l'anomalie de l'hémisphère Nord, avec des températures de 1,0 à 1,5 °C moins importantes. Ainsi, ils s'attendent à ce que les taux de fonte et le déficit massique des inlandsis continuent à augmenter au début du XXIe siècle, puisque le climat du Groenland se rapproche de la tendance au réchauffement de l'hémisphère Nord et de l'important réchauffement du climat régional de l'Arctique prévu par des modèles climatiques globaux.

Chen, J. L., Wilson, C. R., Blankenship, D. and Tapley, B. D. 2009. Accelerated Antarctic ice loss from satellite gravity measurments. Nature Geoscience 2:859-862
De nouvelles données satellitaires utilisant des mesures gravimétriques indiquent que le volume de l'inlandsis diminue actuellement dans l'Est et l'Ouest de l'Antarctique. Ces résultats renforcent de façon indépendante des conclusions similaires d'une étude précédente qui avait utilisé des données radar, mais ils contredisent les résultats précédents selon lesquels l'inlandsis oriental de l'Antarctique était stable ou augmentait légèrement de volume.
En 2008, des chercheurs utilisant une technologie de radar par satellite ont conclu qu'il y avait eu une diminution du volume de glace des inlandsis de l'Est et l'Ouest de l'Antarctique ces dernières années. Leurs résultats contredisaient ceux tirés d'études précédentes qui indiquaient que bien que l'Ouest de l'Antarctique perde de la glace, le volume de l'inlandsis de l'Est de l'Antarctique était stable ou augmentait légèrement. Dans un numéro récent de la revue Nature Geoscience, des chercheurs de l'université du Texas font état de nouveaux résultats qui soutiennent indépendamment les preuves issues des données radar. Ces chercheurs ont utilisé un instrument de mesure gravimétrique par satellite pour surveiller le changement de la masse de glace totale dans l'Antarctique depuis 2002. Les résultats montrent qu'entre avril 2002 et janvier 2009, l'Ouest de l'Antarctique a subi une perte annuelle moyenne nette de 132 milliards de tonnes de glace. Cependant, l'Est de l'Antarctique a également subi une perte nette moyenne de 57 milliards de tonnes de glace glaciaire par an, essentiellement dans les régions côtières. La plupart des pertes se sont produites après 2006. Ces résultats indiquent que la fonte des inlandsis de l'Antarctique pourrait contribuer davantage à l'augmentation du niveau de la mer que ce que suggéraient les estimations précédentes à l'échelle mondiale.

Easterling, D.R. et Wehner, M.F. 2009. Is the climate warming or cooling? GRL 36, L08706, doi:10.1029/GL037810, 2009.
À mesure que la Terre se réchauffera, elle continuera de connaître de courtes périodes de stabilité ou même de baisse de la température.
Bien que la température planétaire moyenne ait rapidement monté dans les années 1990, la tendance semble s'être arrêtée dans les dernières années. Des sceptiques ont avancé que c'était un signe que la Terre ne se réchauffe plus et que l'influence de l'homme sur le système climatique ont été exagérées. Le journal scientifique Geophysical Research Letters publiait récemment un article dans lequel deux scientifiques américains contestent cette conclusion et réitèrent que le système climatique a sa propre variabilité naturelle interne qui le fait osciller autour de son état moyen, chaque décennie pouvant être plus chaude ou plus froide que cet état moyen. À l'aide de simulations modélisées de la réponse du climat aux changements futurs des concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols, ils montrent que cette variabilité naturelle continuera d'influer sur le système climatique lorsqu'il se réchauffera. Par conséquent, dans le siècle à venir, alors que le climat subira un réchauffement à long terme, il y aura de courtes périodes d'une décennie ou plus pendant lesquelles il ne présentera pas de tendance, voire pourrait se refroidir temporairement. Ces périodes seront contrebalancées par d'autres où le réchauffement sera temporairement plus rapide que la moyenne à long terme. L'absence de tendance dans les quelques dernières années n'est donc pas une surprise ni une indication que le climat ne se réchauffe plus, mais un phénomène parfaitement cohérent avec la tendance à long terme au réchauffement.

Ettema, J. et al., 2009. Higher surface mass balance of the Greenland ice sheet revealed by high-resolution climate modeling, Geophysical Research Letters 36, L12501, DOI :10.1029/2009GL038110.
Une nouvelle étude a découvert qu'entre 1958 et 2007 une quantité considérablement plus importante de masse s'est accumulée sur l'inlandsis groenlandais par rapport à ce qui avait été signalé précédemment. Toutefois, depuis 1990 une augmentation constante de 3 % par an de la fonte en surface et de l'écoulement en surface a mené à une réduction accélérée du bilan de masse surfacique de l'inlandsis groenlandais.
Au cours des dernières années, plusieurs études ont essayé d'estimer le rythme auquel l'inlandsis groenlandais perd de la masse et dans quelle mesure cela contribue à l'élévation du niveau de la mer. Dans cette nouvelle étude, les auteurs calculent le bilan de masse surfacique de l'inlandsis groenlandais entre 1958 et 2008, en utilisant un modèle climatique régional d'une résolution horizontale sans précédent (environ 11 km) couplé à un modèle de neige. Leurs résultats indiquent que les précipitations annuelles totales sur l'inlandsis groenlandais sont de 7 à 24 % plus élevées, et que l'accumulation totale (précipitations moins sublimation) est 40 % plus élevée que les estimations basées sur les modèles récents. En soustrayant le total de l'écoulement et de l'évaporation/sublimation du total des chutes de neige et de pluie, ils ont obtenu un bilan de masse surfacique total pour l'inlandsis de 32 à 63 % plus important que les estimations fondées sur le récent modèle pour la même période. Les auteurs ont également découvert que, bien que le bilan de masse surfacique révèle pour la période complète de 1958 à 2007 les tendances traditionnelles attendues en cas de réchauffement climatique, avec une augmentation des chutes de neige à l'intérieur et une amélioration de l'écoulement de la zone d'ablation marginale entre 1990 et 2007, l'écoulement total a considérablement augmenté, soit de 3 % tous les ans, plus particulièrement dans le sud-est du Groenland. Cela a entraîné une diminution rapide du bilan de masse surfacique de l'inlandsis groenlandais depuis 1990.

Howell, S.E.L., Duguay, C.R. et Markus, T. 2009. Sea ice conditions and melt season duration variability within the Canadian Arctic Archipelago: 1979-2008. GRL 36, L10502, doi:1029/2009GL037681, 2009; Sou, T. et Flato, G. 2009. Sea ice in the Canadian Arctic Archipelago: Modeling the past (1950-2004) and the future (2041-60). J. Climate 22:2181-2197.
De récentes études canadiennes indiquent une diminution de la quantité de glace présente dans l'archipel arctique canadien, mais donnent à penser que la région restera un important refuge pour la glace pluriannuelle formée in situ et dans l'océan Arctique pendant encore au moins un demi-siècle.
Deux études récentes ont donné de nouvelles indications sur les tendances et projections des conditions de glace de mer dans les divers chenaux de l'archipel arctique canadien. La première, publiée dans les Geophysical Research Letters par une équipe de chercheurs dirigée par Stephen Howell, de l'université de Waterloo, fait remarquer que la durée de la saison de fonte dans la région s'est allongée d'une moyenne de 7 jours par décennie depuis 1979 et que les concentrations moyennes de glace pluriannuelle à la fin de l'été ont baissé de 6,4 %/décennie. Cependant, l'arrivée dans la région de vieille glace en provenance de l'océan Arctique remplace une grande partie de la glace pluriannuelle qui disparaît, et les auteurs avancent que les principaux chenaux navigables resteront susceptibles d'en présenter jusqu'à ce que l'océan Arctique devienne entièrement libre de glace en fin d'été. La seconde, effectuée par les modélisateurs canadiens Tessa Sou et Greg Flato, et publiée dans le Journal of Climate, utilise un modèle régional glace-océan de haute résolution pour examiner la réaction des conditions glacielles dans l'archipel aux projections climatiques générées par le MCG canadien dans le cas du scénario d'émission de gaz à effet de serre A2 du GIEC. Les résultats donnent à penser que, au milieu du siècle, les voies d'eau de la région resteront couvertes de glace en hiver, mais que les concentrations estivales diminueront de 45 %. L'épaisseur moyenne de la glace décroîtra de 17 % en hiver et 36 % en été. Ainsi, même si la réduction de la couverture de glace en hiver va faciliter le transport maritime commercial dans les chenaux, il est peu probable que l'archipel soit complètement libre de glace en 2050.

Kaufman, D.S. et al 2009, Recent warming reverses long-term Arctic cooling. Science, Vol 325, doi:10.1126/science.1173983.
Une reconstitution des températures estivales de l'Arctique utilisant plusieurs données indirectes indique qu'à la fin du XXe siècle les températures ont été plus élevées qu'au cours des 2000 dernières années.
Kaufman et al. (2009) décrivent la préparation de la plus longue reconstitution des températures de l'Arctique disponible à ce jour. La reconstitution décennale de l'an 2000 est basée sur des renseignements portant sur les paléotempératures des saisons chaudes collectées grâce aux chronologies des anneaux des arbres, aux données sur les noyaux de glace et aux données sur les sédiments des lacs de 23 emplacements de l'Arctique (des régions polaires à proximité du 60°N). Les températures estivales de l'Arctique reconstituées ont montré une baisse continue pour la période allant de l'an 1 à 1900 de l'ère chrétienne (-0,22 ° ± 0,06 °C par 1000 ans), suivie d'une hausse des températures. Les auteurs notent que cette baisse de l'indicateur des températures estivales coïncide avec une baisse de l'insolation estivale liée à l'orbite au niveau des latitudes boréales polaires, qui aurait pu être accentuée par les rétroactions positives liées à l'albédo. Contrairement aux reconstitutions des températures de l'Arctique, les reconstitutions précédentes des températures moyennes de l'hémisphère Nord ne reflètent pas cette tendance millénaire. La reconstitution des températures de l'Arctique partage les variations à l'échelle d'un siècle avec les dossiers de températures moyennes pour l'hémisphère Nord, présentant une déviation inférieure à la tendance linéaire entre 450 et 700, au-dessus de la tendance entre 900 et 1050 et ayant les températures les plus froides reconstituées pour les années 1600 à 1850. Les températures estivales de l'Arctique reconstituées observées à la fin du XXe siècle ont été les plus chaudes des deux derniers millénaires (malgré une baisse continue de l'insolation estivale). Ainsi, les auteurs concluent que ces températures semblent se détacher de la variabilité naturelle.

1) Kwok, R., G. F. Cunningham, M. Wensnahan, I. Rigor, H. J. Zwally, and D. Yi. 2009. Thinning and volume loss of the Arctic Ocean sea ice cover: 2003-2008, JGR 114, C07005, doi:10.1029/2009JC005312. 2) R. Kwok and D. A. Rothrock. 2009. Decline in Arctic sea ice thickness from submarine and ICESat records: 1958-2008. GRL Vol. 36, L15501, doi:10.1029/2009GL039035, 2009.
Les mesures satellitaires et sous-marines révèlent un déclin général considérable de l'épaisseur de la glace et une perte récente du volume de glace.
Deux articles récents ont proposé des estimations du déclin de la glace de mer dans l'Arctique, fondées sur des mesures satellitaires et sous-marines. Dans le premier article, Kwok et al. examinent l'épaisseur et le volume de la glace de mer pour la courte période de 2003 à 2008, en fonction des données satellitaires provenant du satellite ICESat, récemment lancé. Le déclin à l'échelle du bassin de l'épaisseur de la glace de mer de l'océan Arctique était de -0,17 mètre par an pour la période de l'étude. Les auteurs ont également constaté un amincissement remarquable de la glace de plusieurs années d'environ ~0,6 mètre, correspondant à un déclin du couvert de glaces de plusieurs années de 42 % depuis 2005. En hiver, le volume de la glace de plusieurs années a également chuté de > 40 % depuis 2005. Le couvert de glaces de l'océan Arctique est désormais principalement constitué de glace saisonnière plutôt que de glace de plusieurs années. Les changements de l'épaisseur et du volume de la glace de mer sont attribuables à l'amincissement de la couverture de glace et à la réduction de l'étendue de la glace de plusieurs années. Un déséquilibre du cycle de reconstitution de la glace de plusieurs années et de son déplacement hors du bassin de l'océan Arctique joue un rôle considérable dans la perte du volume de la glace de mer, bien que le déplacement de la glace en lui-même n'explique pas entièrement les données records enregistrées ces dernières années.
Dans leur deuxième article, Kwok et Rothrock examinent les données provenant du satellite ICESat, dans le contexte des documents non protégés du sous-marin de la marine états-unienne couvrant 38 % de l'océan Arctique pour la période entre 1958 et 2000 (avec interruptions). Après comparaison des deux ensembles de données à la fin de la fonte estivale, un déclin de 1,6 mètre (53 %) a été constaté entre les observations sous-marines initiales pour la période entre 1958 et 1976 et les données satellitaires pour la période entre 2003 et 2008.
L'analyse des ensembles de données combinés, échelonnés sur 50 ans, confirme une tendance à l'amincissement de la glace de mer en Arctique, caractérisée par un amincissement remarquable de la glace de mer pérenne au cours des premières années de cette période et plus récemment par un amincissement lié aux diminutions considérables de l'étendue de la glace de mer, survenue en 2005 et en 2007.

Liu, Z, et al. 2009, Transient simulation of last deglaciation with a new mechanism for Bølling-Allerød warming. Science, Vol 325, pp 310-314, doi: 10.1126/science.1171041; See also Timmermann, A. and L. Menviel. 2009. What drives climate flip-flops? Science, Vol 325, pp. 273-274, doi: 10.1126/science.1177159.
Une étude sur la modélisation numérique relative à la dernière période de déglaciation offre un nouvel aperçu sur les causes possibles des changements climatiques abrupts dans le passé.
Liu et al. (2009) décrivent la première tentative d'utilisation d'un modèle climatique global couplé atmosphère-océan pour produire des simulations de transition portant sur l'évolution du climat depuis le dernier maximum glaciaire (~21 ka) jusqu'à l'événement Bølling-Allerød (BA, ~14,5 ka), en passant par l'événement Heinrich 1 (H1, ~17 ka). Dans un premier temps, une période de réchauffement rapide dans la région de l'Atlantique Nord au début de l'événement Bølling-Allerød a été reliée aux précédents changements de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique (AMOC) et au transport de chaleur correspondant. Le modèle climatique global de pointe (NCAR CCSM3) utilisé pour cette étude est similaire à ceux utilisés pour réaliser des projections climatiques, mais a été forcé par les changements au niveau de l'insolation dans le passé, par l'historique des concentrations de gaz à effet de serre observées et par les changements reconstitués au niveau des inlandsis, des lignes de côtes et de la décharge de l'eau de fonte. Les résultats du modèle correspondent à ceux déduits par les observations, par les expériences précédentes et par les reconstitutions des données indirectes. Plus particulièrement, les simulations produisent un réchauffement Bølling-Allerød d'environ 15 oC au-dessus du Groenland et indiquent que le réchauffement pourrait être une réaction un arrêt soudain de la décharge récente de l'eau de fonte pour la région de l'Atlantique Nord (une réponse linéaire plus importante que la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique " relancée "). Ce résultat s'éloigne nettement des études précédentes qui attribuaient la reprise de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique pendant le réchauffement Bølling-Allerød à une réaction non linéaire à un forçage à variation graduelle comme résultat d'une hystérèse dans le système de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique (p. ex., l'existence de deux régimes de circulation stables).

Mann, M.E., J.D. Woodruff, J.P. Donnelly and Z. Zhang. Atlantic hurricanes and climate over the past 1,500 years. Nature, Vol 460, doi:10.1038/nature08219). Also: Gilbert, N. Hurricane peak not unique. Nature. Doi:10.1038/news.2009.821.
Des estimations sur l'activité des ouragans de l'Atlantique au cours des 1 500 dernières années indiquent qu'un pic historique atteint entre 900 et 1 100 (apr. J.-C.) correspond à un réchauffement tropical de l'Atlantique et des conditions propices à La Niña dans le Pacifique.
Mann et al. (2009) décrivent la préparation de deux dossiers de 1 500 ans d'activité des cyclones tropicaux de l'Atlantique. Le premier dossier est composé de preuves sédimentaires d'anciens ouragans qui ont touché la terre, en provenance de huit sites du bassin de l'Atlantique Nord. Le second est produit grâce à un modèle statistique de l'activité des ouragans, créé grâce à des reconstitutions utilisant des données indirectes sur l'oscillation australe El Niño (ENSO), sur les températures de la surface de la mer dans l'océan Atlantique tropical et sur l'oscillation Nord-Atlantique (NAO). Malgré des incertitudes liées aux deux techniques, les deux reconstitutions entièrement indépendantes portant sur les anciens ouragans montrent un pic d'activité durant l'ère médiévale (de 900 à 1100 apr. J.-C.) et une baisse d'activité vers 1200 apr. J.-C. Le pic d'activité des ouragans durant le Moyen Âge est égal ou supérieur au niveau d'activité actuelle des ouragans dans l'Atlantique, ce qui montre que le niveau d'activité élevé de la dernière décennie n'est pas unique. L'évaluation des données indirectes utilisée pour la création du modèle statistique indique que l'augmentation de l'activité durant le Moyen Âge était liée à un réchauffement des températures de la surface de la mer dans l'océan Atlantique tropical et à des conditions propices à La Niña dans l'océan Pacifique. Même s'il existe beaucoup d'incertitudes à propos du futur comportement de l'oscillation australe El Niño et des autres composantes du système climatique, le premier auteur suggère que cette étude valide la robustesse de la relation qui existe entre les températures de la surface de la mer et l'activité des cyclones, appuyant ainsi l'idée selon laquelle une hausse des températures du globe (en cas d'augmentation des températures de la surface de la mer) pourrait augmenter l'activité des ouragans (consulter l'article publié dans NatureNews mentionné ci-dessous).

Park, G-H, K. Lee and P. Tishchenko. 2008. Sudden, considerable reduction in recent uptake of anthropogenic CO2 by the East/Japan Sea, GRL, Vol. 35, L23611, doi:10.1029/2008GL036118; Thomas, H. et al. 2008. Changes in the North Atlantic Oscillation influence CO2 uptake in the North Atlantic over the past 2 decades. Global Biogeochemical Cycles, Vol. 22, GB4027, doi:10.1029/2007GB003167, 2008.
Des études montrent que la récente baisse observée de l'absorption de CO2 par les océans dans certaines régions de l'hémisphère Nord est associée aux changements des conditions de surface survenus sur de courtes périodes.
Les océans jouent un rôle essentiel dans le cycle du carbone mondial, absorbant le CO2 de l'atmosphère et agissant ainsi comme des puits de carbone. Des études récentes ont fait état d'une diminution de l'absorption de CO2, mais on ne peut encore déterminer avec certitude le lien entre la variabilité de l'absorption et les tendances au réchauffement mondial. Deux équipes de scientifiques se sont penchées sur la récente baisse rapide et importante de l'absorption de CO2 dans l'Atlantique Nord (Thomas, et al.) et dans la mer de l'Est, ou mer du Japon (Park, et al.). Park et al. ont utilisé des données d'observation recueillies au cours de trois campagnes de mesures (1992, 1999 et 2007), prises à diverses profondeurs à 19 endroits. Les résultats montrent une réduction de la moitié de l'absorption de CO2 d'origine anthropique par la mer de l'est/du Japon entre les périodes de 1992 à 1999 et de 1999 à 2007. En outre, presque tout le CO2 d'origine anthropique absorbé au cours de la période plus récente était confiné dans les eaux de moins de 300 mètres de profondeur. Les auteurs attribuent ce phénomène à un affaiblissement considérable de la circulation de renversement, qui est la principale voie de transport de l'eau de surface chargée de CO2 d'origine anthropique jusqu'aux parties les plus profondes de la mer de l'Est/du Japon. Thomas et al. ont utilisé un modèle mondial de l'absorption de carbone par les océans pour étudier la variabilité de l'absorption de carbone dans les régions de l'Atlantique Nord au cours des périodes de 1979 à 2004 et de 1995 à 2004. Selon les résultats de cette étude, les flux air-mer de CO2 dans les eaux tempérées de l'Atlantique Nord montrent une importante variabilité pluriannuelle à l'échelle des sous-bassins, en présence de l'oscillation nord-atlantique (NAO). Les auteurs sont d'avis que les récentes conditions faiblement positives ou négatives de l'oscillation nord-atlantique pourraient fortement influer sur les tendances à une baisse rapide de l'absorption de CO2 par les océans, lesquelles ont récemment été estimées à l'aide de données de terrain. Ils suggèrent donc que l'absorption de CO2 pourrait augmenter dans la partie tempérée de l'est de l'Atlantique Nord au cours de phases plus positives de la NAO. Ce phénomène a été observé pendant une phase positive soutenue de la NAO au début des années 1990. Ces études mettent l'accent sur l'importance des systèmes d'observations cohérentes et à long terme de l'absorption du carbone par les océans dans la détection des tendances de l'absorption de CO2 associées aux changements climatiques.

Rennermalm, A.K., L.C. Smith, J.C. Stroeve and V.W. Chu, 2009. Does sea ice influence Greenland ice sheet surface-melt?, Environmental Research Letters, volume 4, doi:10.1088/1748-9326/4/2/024011.
Une étude récente découvre que le modèle actuel du recul des glaces de mer en Arctique peut faciliter la fonte en surface de l'inlandsis groenlandais, en particulier dans la partie sud-ouest vers la fin de l'été/automne.
Des scientifiques américains se sont intéressés à l'hypothèse selon laquelle la présence ou l'absence des glaces de mer au large des côtes a des influences sur l'étendue de la fonte de l'inlandsis groenlandais. Grâce à des données satellitaires d'hyperfréquence pour la période allant de 1979 à 2007, ils ont observé les interactions entre les diminutions récentes des glaces de mer en Arctique et l'augmentation de la fonte en surface de l'inlandsis groenlandais. Leurs résultats indiquent qu'en été, la lisière moyenne de glaces de mer se retire progressivement vers le nord, alors que la zone de fonte en surface de l'inlandsis groenlandais continue à s'agrandir. Cependant, alors que durant l'été, la fonte en surface de l'inlandsis groenlandais présente une tendance relativement uniforme au niveau des zones continentales, le recul des glaces de mer au niveau de la côte est et de la côte ouest du Groenland montre des tendances distinctes. Le long de la côte est, la lisière de glaces de mer se retire vers le nord et reste à proximité de la côte jusqu'au mois d'août, tandis que le long de la côte ouest, la lisière se retire vers le nord-ouest dès le mois de mai, produisant des chenaux grandissants d'eau libre autour de la côte. En accord avec ces tendances, leur analyse indique la plus grande corrélation entre les eaux libres et la fonte en surface dans la partie ouest de l'inlandsis groenlandais, surtout dans le sud-ouest de Kangerlussuaq au cours de la dernière partie de la saison des fontes (d'août à septembre). Dans cette région, la fonte des nappes glaciaires est influencée par un nombre de facteurs, dont l'arrivée des vents d'ouest qui permettent l'advection du réchauffement de l'océan vers les nappes glaciaires, créant ainsi une fonte des nappes glaciaires. Ces résultats indiquent que le recul des glaces de mer peut augmenter la fonte en surface de l'inlandsis groenlandais, notamment dans le sud-ouest du Groenland à la fin de l'été. Compte tenu de leurs résultats, les auteurs notent que si les prévisions des modèles climatiques pour le XXIe siècle sont correctes, avec un retrait de la lisière de glaces de plus en plus vers le nord, la fonte avancée en surface de l'inlandsis groenlandais pourrait augmenter l'écoulement du courant glaciaire de Jakobshavn, qui représente actuellement près de 10 % des pertes de masse du Groenland.

S. S. Son, N. F. Tandon, L. M. Polvani, and D. W. Waugh. 2009. Ozone hole and Southern Hemisphere climate change. GRL, vol. 36, L15705, doi: 10.1029/2009GL038671.
Les variations des niveaux de l'ozone stratosphérique dans tout l'Antarctique semblent avoir affecté l'entière circulation atmosphérique de l'hémisphère Sud. La restauration attendue de la couche d'ozone au cours des cinquante prochaines années pourrait avoir des répercussions sur le rythme des changements climatiques à venir.
Au cours des dernières années, l'augmentation des gaz à effet de serre et le réchauffement qui en résulte ont été liés à une série de variations observées dans la circulation atmosphérique de l'hémisphère Sud. Celles-ci comprennent une augmentation de la hauteur de la tropopause, une intensification vers le pôle des courants venant de l'ouest, une déviation vers le pôle des trajectoires de tempête et une expansion vers le pôle de la cellule de Hadley. Il a été prouvé que l'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique par les produits chimiques anthropiques avait une incidence sur le système climatique de l'hémisphère Sud en raison des variations de la pression au niveau de la mer, y compris le Mode annulaire austral (SAM) et la situation du courant-jet de latitude moyenne. Cette étude s'efforçait de découvrir si les variations des niveaux de la couche d'ozone stratosphérique pouvaient avoir une incidence plus omniprésente sur le climat de l'hémisphère Sud que ce que l'on pensait auparavant. Les résultats des simulations climatiques passées et futures par plus de 20 MCB ont été analysés, avec des scénarios futurs influencés par un forçage des gaz à effet de serre modéré (scénario d'émissions A1B). La méthode avec laquelle l'ozone était représenté dans les modèles constituait le facteur clé de discrimination parmi les modèles. Certains modèles utilisaient un schéma d'appauvrissement et de rétablissement de l'ozone, tandis que d'autres utilisaient un simple champ climatologique mensuel (qui ne changeait pas d'une année sur l'autre). En comparant les résultats des modèles au forçage de l'ozone constant ou variable, les auteurs ont montré que l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique avait subi des répercussions profondes sur le système climatique de l'été dans l'hémisphère sud. L'appauvrissement de l'ozone a sans doute contribué à la diminution des températures de la basse stratosphère, à l'augmentation de la hauteur de la tropopause, à la déviation vers le pôle des courants venant de l'ouest dans les latitudes moyennes, à l'expansion de la cellule de Hadley vers le pôle, à l'augmentation des précipitations en haute latitude et à l'augmentation de l'indice SAM, ce qui montre que bon nombre des effets attribués aux gaz à effet de serre pourraient survenir en réponse aux variations de l'ozone stratosphérique. Les effets de l'appauvrissement de l'ozone sur le système climatique devraient être inversés au cours des 50 à 60 prochaines années grâce au rétablissement prévu de la couche d'ozone résultant des contrôles des substances appauvrissant la couche d'ozone, conformément au Protocole de Montréal. Avec la fin du forçage de l'appauvrissement de l'ozone, les prévisions des modèles indiquaient un rythme des variations plus lent pour le système de circulation climatique antarctique résultant uniquement de l'augmentation des gaz à effet de serre. En surface, nous pouvons observer une augmentation du rythme de réchauffement de l'Antarctique.

Steig, E.J., D.P. Schneider, S.D. Rutherford, M.E. Mann, J.C. Comiso, and D.T. Shindell. 2009. Warming of the Antarctic ice-sheet surface since the 1957 International Geophysical Year. Nature Vol 457 22 January, 2009, pp459-463.
Selon une nouvelle évaluation des tendances des températures dans l'Antarctique, il existe de solides indications selon lesquelles l'intérieur du continent se réchauffe, en plus de la péninsule antarctique. L'évaluation met également à jour les résultats des recherches précédentes qui suggèrent un faible refroidissement dans les régions intérieures du continent.
La péninsule antarctique est l'une des régions du globe qui se réchauffent le plus rapidement. Ailleurs sur le continent, cependant, on a principalement observé des tendances non significatives au cours des dernières décennies. Il est largement reconnu qu'il est difficile de dresser un portrait détaillé des tendances des températures de l'Antarctique en raison du manque d'observations pour la plupart des régions de l'intérieur du continent. Cette nouvelle étude combine des données des stations météorologiques et des satellites afin de reconstruire le climat du continent sur une période de 50 ans. Les résultats brossent un tableau différent des changements continentaux au cours de cette période que l'idée qu'on s'en faisait jusqu'à maintenant. Les résultats indiquent un réchauffement significatif, non seulement à l'intérieur de la péninsule, mais aussi dans la plupart des régions de l'ouest de l'Antarctique. En fait, le réchauffement a été plus élevé (0,17 ± 0,06 °C/décennie) dans tout l'ouest de l'Antarctique que dans la péninsule (0,11 ± 0,04 °C/décennie) au cours des 50 dernières années. On a également observé une hausse significative des températures dans l'est de l'Antarctique, et en contraste un refroidissement à l'automne. La tendance à l'échelle du continent est de 0,12 ± 0.07 °C/décennie au cours de la période de 1957 à 2006. Les auteurs mentionnent que cette tendance au réchauffement est difficile à expliquer sans prendre en compte l'effet de la hausse des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Stine, A.R., P. Huybers et I.Y. Fung, 2009. Changes in the phase of the annual cycle of surface temperature. Nature, Vol 457, doi:10. 1038/nature07675.
Des observations indiquent une diminution de l'amplitude du cycle annuel de la température de surface et une tendance vers des saisons plus précoces. Toutefois, peu de modèles climatiques mondiaux présentés dans le Quatrième Rapport d'évaluation du GIEC peuvent reproduire ces tendances.
Dans un récent article, trois scientifiques américains ont examiné le cycle annuel de la température moyenne à la surface de la planète pour analyser les tendances relatives à la phase (début des saisons) et à l'amplitude du cycle, de 1954 à 2007. Ils ont utilisé les données sur la température à maillage de 5° X 5° du Climate Research Unit de l'Université d'East Anglia pour les terres et les océans. Ils ont noté que les températures à la surface des terres présentaient des tendances prédominantes vers des saisons plus précoces au cours des 54 dernières années (1,7 jour plus tôt en moyenne). Au cours de la même période, les tendances à la surface des océans étaient plus importantes (jusqu'à 5,0 jours), mais elles étaient régionalement disparates, allant vers des saisons plus tardives au nord de 50° de latitude N et principalement vers des saisons plus précoces au sud de 50N. En comparant avec des données plus anciennes (de 1900 à 1953, puis en reculant jusqu'à 1850), ils ont constaté que la tendance pour 1954 à 2007 était anormale et ne concordait pas avec la structure de la variabilité naturelle observée dans les données plus anciennes. Ils ont également noté une diminution, à l'échelle mondiale, de l'amplitude du cycle annuel au-dessus des terres, soit une diminution moyenne de 2,5 °C pour la période. Cette diminution représente l'amplification bien connue du réchauffement hivernal dans les régions septentrionales. Toutefois, dans certaines régions comme l'Europe occidentale et le Moyen-Orient, une augmentation de l'amplitude a été observée en association avec un réchauffement plus important en été qu'en hiver. Pour mieux comprendre ces changements, les auteurs ont analysé les résultats de 72 simulations du climat du XXe siècle réalisées à l'aide de modèles climatiques mondiaux. Ils ont constaté que la diminution observée de l'amplitude du cycle de la température de la surface terrestre était plus importante que celle indiquée par toutes les simulations du climat, sauf six, et qu'aucun modèle ne reproduisait la tendance observée vers des saisons plus précoces. En conséquence, les auteurs concluent que les mécanismes à l'origine des changements observés ne sont pas représentés dans les modèles de la présente génération.

Tripati, A. K., C. D. Roberts and R. A. Eagle. 2009. Coupling of CO2 and ice sheet stability over major climate transitions of the last 20 million years. Science December 4. Vol 326 No. 5958, pp 1394-1397, doi:10.1126/science.1178296.
Une étude récente révèle que le couplage étroit entre le CO2 et le climat se prolonge par des transitions climatiques majeures des 20 derniers millions d'années et que les niveaux de CO2 n'étaient pas aussi élevés que les niveaux actuels (387 ppmv) depuis le milieu du Miocène (il y a environ 15 millions d'années).
Tripati et al. utilisent une technique fondée sur le ratio du bore (B) par rapport au calcium (Ca) chez les foraminifères (algue marine unicellulaire) sur des sites de l'océan Pacifique occidental tropical pour étudier les niveaux de CO2 pendant les transitions climatiques majeures des 20 derniers millions d'années. Au cours des 800 000 dernières années, leurs résultats coïncident avec les concentrations atmosphériques de CO2 obtenues à partir de noyaux de glace de l'Antarctique présentant des concentrations comprises entre environ 180 ppmv et 280 ppmv avant la révolution industrielle. La seule période durant laquelle les niveaux de CO2 ont avoisiné des niveaux de la période moderne était celle du début et du milieu du Miocène (il y a ~ 20 à 14 millions d'années; Ma), lorsque les concentrations se sont maintenues à plus ou moins 400 ppmv. Les données indirectes liées au climat indiquent que les températures mondiales pendant le milieu du Miocène étaient supérieures d'environ 3 à 6 oC et que le niveau de la mer était supérieur de 25 à 40 mètres par rapport au niveau actuel. Les diminutions du CO2 coïncidaient avec des épisodes majeurs d'expansion glaciaire documentés dans d'autres données indirectes liées au climat. Par exemple, le dossier B/Ca indique que le CO2 a chuté d'environ 200 ppmv il y a environ 14 et 10 millions d'années et d'environ 150 ppmv à la fin de l'époque pliocène (~ 3,3-2,4 Ma). Les résultats indiquent que les changements liés au CO2 étaient étroitement liés à l'évolution climatique du milieu et de la fin de l'époque miocène et de la fin de l'époque pliocène et qu'ils ont donc joué un rôle important dans ces transitions.

M. Van den Broeke, J. Bamber, J. Ettema, E. Rignot, E. Schrama, W. J. van de Berg, E. van Meijgaard, I. Velicogna, and B. Wouters. 2009. Partitioning Recent Greenland Mass Loss. Science 12 Vol. 326. no. 5955. Nov 2009.
Deux méthodes indépendantes visant à déterminer le taux de perte de masse de glace de l'inlandsis groenlandais ont montré que ces dernières années, les processus de surface et l'écoulement de glace ont contribué de façon égale à la perte de glace.
Des études récentes ont indiqué que le taux de perte de glace de l'inlandsis groenlandais s'accélère, mais les estimations de ce taux varient considérablement. Cette étude réalisée par Van den Broeke et al. a obtenu des estimations uniformes de la perte de masse de glace de l'inlandsis groenlandais pendant la période comprise entre 2003 et 2008 à l'aide de deux méthodes indépendantes. Les résultats issus d'une méthode de bilan de masse basée sur la quantification des composantes individuelles du bilan de masse de l'inlandsis (bilan de masse surfacique et écoulement de glace) ont été validés avec des données provenant des satellites GRACE (Gravity recovery and climate experiment), qui utilisent des mesures gravimétriques pour estimer les changements de la masse totale de glace. La combinaison des résultats a permis aux chercheurs de résoudre chaque composante des processus de surface et de la dynamique des glaces qui contribuaient à la perte de masse récente de l'inlandsis dans l'espace et le temps. Depuis 2000, le bilan de masse de l'inlandsis est continuellement négatif, en raison d'une diminution simultanée du bilan de masse surfacique et d'une augmentation de l'écoulement de glace. L'étude a révélé une perte de masse nette totale d'environ 1500 gigatonnes entre 2000 et 2008, ce qui équivaut à une augmentation du niveau de la mer de 0,46 millimètres par an à l'échelle mondiale. Celle-ci a été répartie de façon égale entre les contributions des processus de surface et de l'écoulement de glace, un résultat qui diffère des travaux précédents, qui attribuaient environ 61 % (au lieu de 50 %) à l'écoulement de glace. Depuis 2006, les taux plus élevés de la fonte des glaces estivale ont entraîné une perte de masse de glace de 273 gigatonnes par an (par rapport à 166 gigatonnes par an au cours de la période allant de 2000 à 2008), ce qui a donné lieu à une augmentation équivalente du niveau de la mer de 0,75 millimètres par an.

Velicogna, I. 2009. Increasing rates of ice mass loss from the Greenland and Antarctic ice sheets revealed by GRACE. Geophysical Research Letters, doi:10.1029/2009GL040222.) See also related article: R.A. Kerr. Both of the world's ice sheets may be shrinking faster and faster. Science, Vol 326, p. 217. Pritchard, H.D., R.J. Arthern, D.G. Vaughan and L.A. Edwards. 2009. Extensive dynamic thinning of the margins of the Greenland and Antarctic ice sheets. Nature, doi:10.1038/nature08471.
Deux études utilisant des données satellitaires révèlent des taux accélérés de la perte de masse de glace au cours de la décennie actuelle pour les inlandsis groenlandais et antarctique, les taux les plus élevés étant observés le long des bandes côtières.
Deux études récentes utilisant différentes données satellitaires indiquent que le taux de perte de glace des inlandsis groenlandais et antarctique s'accélère. Velicogna (2009) a utilisé des mesures gravimétriques par satellite pour estimer les changements mensuels liés à la masse de glace des inlandsis groenlandais et arctique au cours de la période allant d'avril 2002 à février 2009. Les résultats montrent que sur la courte période de 7 ans, le taux de perte de la masse de glace s'accélérait considérablement tant pour l'inlandsis groenlandais que pour celui de l'Arctique (le taux annuel a doublé pour le Groenland et il a plus que doublé pour l'Antarctique). La contribution combinée de la perte de masse de glace des deux inlandsis pendant la période d'étude correspondait à une accélération équivalente de l'augmentation du niveau de la mer de 0,17 ± 0,05 mm/an2. Dans une étude distincte publiée récemment dans la revue Nature, Pritchard et al. (2009) utilisent des données altimétriques laser par satellite pour évaluer l'amincissement dynamique (écoulement accéléré) le long de la totalité des bandes côtières des inlandsis groenlandais et antarctique au cours de la période allant de février 2003 à novembre 2007. Ces données sont disponibles à une résolution beaucoup plus élevée dans le temps et l'espace que les études précédentes utilisant des altimètres radar qui permettaient de distinguer les changements d'élévation liés à l'écoulement rapide de la glace de ceux liés à d'autres causes. Les résultats de l'étude révèlent que les changements majeurs dans les inlandsis se produisent actuellement dans les bandes côtières. Au Groenland, l'amincissement dynamique est évident à toutes les latitudes et 81 glaciers sur les 111 ayant fait l'objet d'une étude se sont amincis de façon dynamique à une vitesse deux fois supérieure au taux d'écoulement de glace plus lent à la même altitude. Il s'avère que l'amincissement dynamique pénètre loin dans l'intérieur des inlandsis groenlandais et antarctique et qu'il s'étend au fur et à mesure de l'amincissement des inlandsis causé par la fonte déterminée par l'océan (c'est-à-dire qu'il est plus étendu et important que ce qu'on pensait auparavant). Ces études semblent indiquer que la surveillance continuelle de la perte de masse de glace, surtout celle qui est liée à l'amincissement dynamique, un phénomène mal compris, est essentielle pour freiner les modèles d'inlandsis, et donc pour fournir de meilleures estimations des futures contributions des pertes de glace des inlandsis aux changements du niveau de la mer.

Vinther et al. Holocene thinning of the Greenland ice sheet. Nature, Vol 46, doi:10.1038/nature08355. Also: Smith, K. Climate change warning from Greenland. Nature, doi:10.1038/news.2009.917.
Les nouvelles données d'élévation et de température de l'inlandsis groenlandais repèrent une période de réchauffement anormale (environ 2 °C au-dessus des températures actuelles) dans cette région depuis il y a environ 9000 à 6000 ans et associée à une fonte accélérée.
C'est en comprenant la réponse de l'inlandsis groenlandais aux variations de température passées que nous pourrons apporter des perspectives clés à sa dynamique et à sa sensibilité aux variations de température (même si les forçages climatiques d'il y a longtemps n'étaient évidemment pas anthropiques). Vinther et al. (2009) décrivent l'historique des variations de température de l'inlandsis groenlandais issu des données sur les noyaux de glace (cinq noyaux de l'inlandsis groenlandais et un noyau de la calotte glaciaire Agassiz sur l'île voisine d'Ellesmere). Des études antérieures des températures de l'inlandsis groenlandais, issues des données d'isotopes stables (Δ18O) dans l'eau des noyaux de glace datés, ont découvert peu de preuves cohérentes sur les conditions chaudes consignées pour les autres latitudes nord au début de l'Holocène (il y a 9 000 à 6 000 ans). Vinther et al. appliquent une nouvelle technique où les variations de l'élévation de l'inlandsis groenlandais (qui influence les concentrations de Δ18O) sont mieux prises en compte. Les résultats indiquent que les températures relevées au début de cette période de l'Holocène étaient homogènes dans tout l'inlandsis groenlandais et étaient plus chaudes qu'aujourd'hui d'environ 2 °C. Les données correspondantes sur l'élévation laissent croire que l'inlandsis groenlandais répondait à une fonte accélérée et que le rétrécissement le plus important avait eu lieu près ses bordures de l'inlandsis groenlandais (certaines preuves indiquent que ses bordures ont rétréci de 200 km et que son élévation a diminué de 150 m par rapport au sommet; voir l'article connexe de NatureNews). À la lumière de ces résultats, les auteurs ont conclu que l'augmentation des températures régionales de quelques degrés Celsius pouvait entraîner une diminution plus importante de la masse de l'inlandsis groenlandais et, par conséquent, une contribution à l'élévation du niveau de la mer plus importante que celle prévue précédemment par les modèles de nappe glaciaire de pointe.

Wang, X.L., F.W. Zwiers, V.R. Swail and Y. Feng, 2009, Trends and variability of storminess in the Northeast Atlantic region, 1874-2007, Clim, Dyn., 33: 1179-1195.
Des scientifiques d'Environnement Canada documentent des fluctuations profondes à l'échelle décennale ou sur une plus longue durée dans des conditions de tempête dans la région du Nord-Est de l'Atlantique ces 130 dernières années.
Dans cette étude, quatre scientifiques d'Environnement Canada examinent dans les détails les changements saisonniers et régionaux en matière de tempêtes dans la région du Nord-Est de l'Atlantique lors de la période comprise entre 1874 et 2007. Leur analyse a révélé que la variabilité décennale ou sur une plus longue durée relative aux tempêtes est caractéristique de cette région, avec des différences saisonnières et régionales considérables. Les différences les plus notables sont relevées entre l'hiver et l'été, ainsi qu'entre la région de la Mer du Nord et d'autres parties de la région. Plus précisément, les tempêtes hivernales affichent un maximum sans précédent au début des années 1990, alors que la fréquence maximale estivale des tempêtes a eu lieu vers 1880, dans la Mer du Nord pour les deux cas. De plus, les tempêtes hivernales montrent une tendance progressive à la hausse dans la région du Nord-Est, et une diminution dans la région occidentale et de la Mer de la Norvège, tandis que les tempêtes estivales semblent avoir diminué dans la majeure partie de la zone de la région du Nord-Est de l'Atlantique, y compris la Mer du Nord. Les auteurs remarquent que la fréquence maximale des tempêtes hivernales au début des années 1990 est en accord avec les fréquentes tempêtes au Royaume-Uni pendant la même période. À l'aide de l'indice d'oscillation nord-atlantique (NAO), ils ont découvert que les conditions de tempête dans la zone de la région du Nord-Est de l'Atlantique sont liées de façon significative à cet indice pendant toutes les saisons sauf l'automne. Ceci est particulièrement vrai en hiver et au printemps, car plus l'indice d'oscillation nord-atlantique est élevé, plus rudes sont les conditions de tempête.

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