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Manuel des glaces (MANICE)

Introduction

Les données recueillies à partir des observations sur les glaces revêtent une toute première importance; elles servent à diverses fins et comblent nombre de besoins. Les observations et les registres soigneusement préparés sur les conditions glaciales ont une valeur à court terme, mais également à long terme.

  • Certains usagers ont besoin d'une information de dernière minute. À titre d'exemple, le capitaine d'un brise-glace doit avoir sous la main les observations et les prévisions de glaces les plus récentes.
  • D'autres usagers exigent des données climatologiques quotidiennes, mensuelles ou à plus long terme. Par exemple, les ingénieurs navals ont besoin de données climatologiques ou mensuelles. Ainsi, la décision de construire un quai en un certain endroit ou le renforcement qu'on ajoutera à un navire pour lui permettre de naviguer dans les glaces seront fonction des données glaciales recueillies sur une longue période.

Les observations sur les glaces peuvent s'effectuer à partir :

  • d'un aéronef à voilure fixe,
  • d'un hélicoptère,
  • du pont d'un navire, ou
  • d'une station côtière.

Dans chaque cas, la perspective qui s'offre à l'observateur est différente et les méthodes d'observation doivent être ajustées en conséquence.

Étant donné la présence de glaces dans de nombreuses régions du monde, les renseignements sur les glaces doivent pouvoir circuler librement entre tous les pays, ce qui exige la coordination et la normalisation des méthodes et pratiques, ainsi que l'échange efficace des données. L'Organisation météorologique mondiale a assumé la responsabilité de ces tâches, de même que celle de promouvoir l'application des services d'information sur les glaces à la navigation maritime, à l'exploitation des ressources marines et à d'autres activités liées à la sécurité des personnes. Il en a résulté l'établissement de codes internationaux, ainsi que d'une nomenclature et des symboles normalisés.

La mise en œuvre des résolutions de l'Organisation météorologique mondiale, ainsi que la discussion et la coordination des activités en matière de glaces dans certaines régions géographiques, ont été confiées à six Associations régionales regroupant des membres de l'Organisation. Parmi celles-ci, la Région IV regroupe le Canada, les États-Unis, le Mexique et les pays d'Amérique centrale.

Dans le but de satisfaire à des exigences particulières, un membre ou un groupe de membres de l'Organisation météorologique mondiale d'une région donnée peut mettre au point une procédure particulière de consignation des données. Par exemple, la nomenclature des glaces des Grands Lacs a vu le jour à la suite d'une entente bilatérale entre le Canada et les États-Unis, afin de satisfaire aux exigences locales en matière navigation et d'autres secteurs d'activités. L'on nomme « pratiques nationales » de tels codes ou modifications de codes.

Bien que l'on puisse utiliser les codes tant internationaux que nationaux pour la communication des données glaciales, les messages de glaces destinés à d'autres régions doivent, quant à eux, respecter le code international.

Ce manuel a été réalisé en prenant en compte les pratiques et méthodes de l'Organisation météorologique mondiale (cf. 1) et du Service météorologique du Canada. Toutes les instructions qu'il contient doivent être considérées comme impératives par les observateurs.

Dans le présent ouvrage, le mot « doit » signifie que les instructions sont obligatoires ou qu'elles doivent être suivies. L'emploi du mot « devrait» s'applique aux pratiques recommandées.

Un « spécialiste des services des glaces » est un membre du personnel du Service météorologique du Canada doté d'une formation et d'une compétence l'habilitant à effectuer des observations et à communiquer des renseignements sur les conditions glaciales; il peut également s'agir d'une personne autorisée à remplir ces tâches par le sous-ministre adjoint.

Il incombe au Spécialiste des services des glaces de signaler les conditions glaciales présentes au moment de l'observation. Il/elle doit surveiller étroitement et continuellement les conditions glaciales lorsqu'il/elle est en poste, et ses registres et messages doivent être aussi complets et précis que possible. Il est nécessaire de transmettre rapidement des messages précis pour permettre la diffusion de prévisions et d'avertissements de glace, aidant ainsi à éviter des dommages à la propriété et des pertes de vie. Les messages en retard sont de moindre valeur pour les prévisions et la prise de décisions. Cependant, même si des difficultés de communication ou autres retardent ou entravent la diffusion des messages, le Spécialiste des services des glaces doit continuer de surveiller les conditions glaciales et de consigner les données recueillies en vue d'une transmission ultérieure. Avant d'être transmises finalement aux archives du Service canadien des glaces, les données recueillies font l'objet d'une analyse ou d'un examen visant à détecter les erreurs possibles d'enregistrement ou de transmission.

Les Spécialistes des services des glaces doivent posséder la compétence et la formation voulues pour faire des observations précises, pour coder les données et tracer des cartes en vue de leur transmission dans les plus brefs délais. Ils doivent toutefois réaliser qu'il n'est ni possible ni souhaitable de rédiger des instructions détaillées couvrant tous les aspects du codage et de la communication des données sur les glaces. Les Spécialistes des services des glaces doivent donc faire preuve de beaucoup d'initiative et d'ingéniosité lorsqu'ils observent des phénomènes inhabituels relatifs aux glaces.

Les données conservées au Service canadien des glaces, à Ottawa, servent à la préparation des publications officielles, de même qu'à l'exécution, par l'État et par l'industrie, d'analyses statistiques à l'appui de la prise de décisions. La qualité de ces publications et analyses dépend, dans une grande mesure, de la précision des données archivées. Il est donc essentiel de mettre tout en œuvre pour que les données recueillies soient de la plus haute qualité, tout en maintenant les coûts à un niveau raisonnable.

Le présent manuel porte surtout sur les méthodes d'observation visuelle des glaces à partir de diverses plates-formes. On y fait mention de l'utilisation d'appareils électroniques, tels que le radar aéroporté et le satellite-radar, pour la collecte de données sur les glaces. Toutefois, pour obtenir de plus amples renseignements sur le fonctionnement des radar aéroporté à balayage latéral et des radars à ouverture synthétique, ainsi que sur l'interprétation des images obtenues à l'aide de ces appareils, veuillez vous en référer aux documents suivants :

  • Radar aéroporté à balayage latéral - Manuel de l'utilisateur (cf. 5),
  • Guide d'interprétation des images Radars à ouverture synthétique des glaces(cf. 4).

Il est possible de se procurer ces publications auprès du Service canadien des glaces.

La terminologie a été établie en fonction des besoins de la communauté maritime internationale; par conséquent, elle portera surtout sur les glaces de mer et sur les glaces d'origine terrestre que l'on trouve en mer. Néanmoins, de nombreux termes s'appliquent tout aussi bien aux glaces de lac et de rivière, en particulier ceux qui concernent la taille des floes et la dynamique des glaces. L'on a donc ajouté une nomenclature des glaces de lac. C'est pourquoi le présent manuel fait donc maintenant autorité pour l'observation de tous les types de glaces flottantes, y compris les glaces d'origine terrestre

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