Rapport d'inventaire national 1990-2014 : Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada - Sommaire

Table des matières

 PDF; 1.72 Mo

S.1 Introduction

La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est un traité international établi en 1992 pour traiter de façon collaborative des questions relatives aux changements climatiques. L’objectif final de la CCNUCC est de stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) à un niveau qui empêcherait des perturbations dangereuses du système climatique. En décembre 1992, le Canada a ratifié la Convention, qui est ensuite entrée en vigueur en mars 1994. Lors de la 15e Conférence des Parties (CDP15) de la CCNUCC en 2009, le Canada s’est engagé à réduire d’ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 17 % par rapport aux niveaux de 2005. En mai 2015, le Canada a indiqué qu’il avait l’intention de réduire ses émissions de GES de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030. En décembre 2015 à la COP21, le Canada, de pair avec les pays du monde, a ficelé un accord ambitieux et équilibré en vue de lutter contre les changements climatiques.

Dans son plan pour atteindre son objectif et mettre en œuvre ses dispositions, la CCNUCC énonce un certain nombre de principes directeurs et d’engagements. Les articles 4 et 12 obligent notamment les Parties à établir, mettre à jour régulièrement, publier et mettre à la disposition de la CDP leurs inventaires nationaux des émissions anthropiques par les sources et des absorptions par les puits de tous les GES qui ne sont pas visés par le Protocole de MontréalNote de bas de page 1.

L’inventaire national du Canada est préparé et présenté à la CCNUCC au plus tard le 15 avril de chaque année, conformément aux Directives pour l’établissement des communications nationales des Parties visées à l’annexe 1 de la Convention, première partie : directives FCCC pour la notification des inventaires annuels (directives de la CCNUCC pour la notification des inventaires). Le rapport annuel d’inventaire se compose du Rapport d’inventaire national (RIN) et des tableaux du Cadre uniformisé de présentation de rapports (CUPR).

Ce rapport d’inventaire est présenté conformément aux directives révisées de la CCNUCC pour la notification des inventaires, adoptées par la décision 24/CP.19 lors de la 19e Conférence des Parties tenue à Varsovie en 2013.

Les estimations de l’inventaire de GES portent sur le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), les perfluorocarbures (PFC), les hydrofluorocarbures (HFC), l’hexafluorure de soufre (SF6) et le trifluorure d’azote (NF3) dans les cinq secteurs suivants définis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : énergie; procédés industriels et utilisation des produits; agriculture; déchets; affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (ATCATF). Les estimations des émissions et des absorptions de GES présentées dans l’inventaire des GES du Canada sont réalisées à l’aide de méthodes conformes aux Lignes directrices 2006 du GIEC. Suivant le principe d’amélioration continue, les données et les méthodes servant à estimer les émissions sont révisées au fil du temps, les émissions totales font donc l’objet de changements à mesure que ces données et méthodes s’améliorent.

La section S.2 du sommaire résume les toutes dernières données sur les émissions anthropiques nettes de GES au Canada durant la période allant de 1990 à 2014. Elle établit aussi des liens entre ces données et les indicateurs pertinents de l’économie canadienne. La section S.3 décrit les principales tendances des émissions dans chacun des secteurs du GIEC.

Il existe plusieurs méthodes de classification des sources d’émissions de GES. À des fins d’analyse des tendances et des politiques économiques, il est utile de répartir les émissions en fonction du secteur économique d’où elles proviennent. Ainsi, dans la section S4, les émissions du Canada sont classées selon les secteurs économiques suivants : pétrole et gaz; électricité; transports; des industries exposées au commerce et intensives en émissions; bâtiments; agriculture; et, déchets et autres. Cette classification est également utilisée pour rendre compte des progrès réalisés par le Canada à l’égard de la cible de 2020 dans le rapport annuel Tendances en matière d’émissions au Canada (Environnement Canada, 2014a) ainsi que dans les Points saillants de la sixième communication nationale du Canada et du premier rapport biennal sur les changements climatiques (Environnement Canada, 2014b). Dans le présent document, le terme « secteur » renvoie généralement aux secteurs d’activité définis par le GIEC pour les besoins des inventaires nationaux de GES; il peut y avoir des exceptions où une expression comme « secteur économique » est employée pour désigner la situation canadienne. La section S.4 contient aussi un sommaire des émissions de GES par secteur économique correspondant à l’information soumise à la CCNUCC.

Le Canada est une fédération qui se compose d’un gouvernement fédéral central, de dix gouvernements provinciaux et de trois gouvernements territoriaux. La section S.5 présente les émissions de GES des 13 administrations infranationales du Canada.

Le rapport annuel d’inventaire du Canada soumis à la CCNUCC est le fruit de près de deux décennies de leçons et d’améliorations. La section S.6 détaille davantage certains éléments du présent document ainsi que les principaux facteurs de préparation.

Consulter la table des matières

S.2 Survol des émissions nationales de GES

L’ensemble de données de 2014, le plus récent du présent document, établit à 732 mégatonnes d’équivalent en dioxyde de carbone (Mt d’éq. CO2Note de bas de page 2) les émissions annuelles totales de GES du Canada, qui ne comprennent pas les estimations relatives au secteur de l’affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (ATCATF)Note de bas de page 3.

Le secteur de l’énergie (qui englobe les sources de combustion fixes, les transports et les sources fugitives) a produit la majeure partie des émissions totales de GES du Canada en 2014, avec 594 Mt ou 81 % des émissions totales (Figure S-1). Les émissions restantes sont imputables en grande partie au secteur de l’agriculture (8 %) et au secteur des procédés industriels et de l’utilisation des produits (7 %), et, dans une moindre mesure, au secteur des déchets (4 %). Le secteur ATCATF a émis 72 Mt de GES en 2014; ces émissions sont exclues des totaux de l’inventaire national.

En 2014, le CO2 représentait 78 % des émissions totales du Canada (Figure S-2). La majeure partie de ces émissions provenait de la combustion de combustibles fossiles. Le CH4 représentait quant à lui 15 % des émissions totales du Canada et provenait principalement des émissions fugitives des systèmes de traitement du pétrole et du gaz naturel ainsi que de l’élevage du bétail et des sites d’enfouissement. Les émissions d’oxyde d’azote (N2O) provenant en grande partie de l’aménagement des sols agricoles et du transport comptaient pour 5 % des émissions. Les émissions de gaz synthétiques (HFC, PFC, SF6 et NF3) constituaient le reste des émissions (un peu plus de 1 %).

Figure S-1 : Ventilation des émissions du Canada par secteur du GIEC (2014)
Figure S-1
Description : Figure S-1
Ventilation des émissions du Canada par secteur du GIEC (2014)
Secteur du GIECMt d'éq. CO2
Énergie – Combustion de sources fixes331
Énergie – Transport203
Énergie – Sources fugitives60
Procédés industriels et utilisation des produits51
Agriculture59
Déchets29
Figure S-2 : Ventilation des émissions du Canada par GES (2014)
Figure S-2
Description : Figure S-2
Ventilation des émissions du Canada par GES (2014)
Gaz à effet de serreMt d'éq. CO2
CO2574
CH4108
N2O39
HFC, PFC, SF6 et NF310

Note : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.

Total : 732 Mt d'éq. CO2

Les émissions canadiennes de 2014 étaient supérieures de 120 Mt (20 %) à celles de 1990, qui étaient de 613 Mt (Figure S-3). Des hausses soutenues des émissions annuelles ont caractérisé les 10 premières années de cette période, avant la fluctuation des niveaux d’émission de 2000 à 2008, une chute prononcée en 2009, et une augmentation graduelle par la suite. De 2005 à 2009, les émissions ont diminué de 51 Mt (6,8 %) et, de 2009 à 2014, elles ont augmenté de 36 Mt (5,2 %), donnant lieu à une diminution globale de 15 Mt de 2005 à 2014.

Figure S-3 : Tendances des émissions de GES du Canada (1990-2014), Cible 2020 et Cible 2030
Figure S-3
Description : Figure S-3
Tendances des émissions de GES du Canada (1990-2014)
AnnéeÉmissions de GES (Mt d'éq. CO2)
1990613
1991606
1992623
1993625
1994646
1995665
1996685
1997700
1998708
1999722
2000744
2001733
2002736
2003755
2004756
2005747
2006738
2007758
2008739
2009696
2010706
2011710
2012718
2013731
2014732
Émissions de GES du Canada - Cible 2020 et Cible 2030
AnnéeCible pour les émissions de GES (Mt d'éq CO2)
202017 % de moins que le niveau d'émissions de 2005
203030 % de moins que le niveau d'émissions de 2005

 

Bien que les émissions de GES aient augmenté de 20 % depuis 1990, l’économie canadienne a connu une croissance plus rapide durant la même période, son produit intérieur brut (PIB) ayant progressé de 75 %. Cela veut dire que l’intensité des émissions pour toute l’économie (rapport entre les GES et le PIB) a diminué de 32 % (Figure S-4 et tableau S-1). Au début de la période, les émissions augmentaient presque proportionnellement à la croissance économique, puis les deux tendances ont commencé à diverger en 1995 (Figure S-4). Cette situation est attribuable au remplacement de combustible, à des améliorations de l’efficacité, à la modernisation des procédés industriels et aux changements structurels de l’économie. Ces tendances à long terme ont mené à la réduction continue de l’intensité des émissions depuis la fin des années 1990. La section S.3 fournit de plus amples renseignements sur les tendances des émissions de GES.

Figure S-4 : Tendance indexée des émissions de GES et intensité des émissions de GES (1990-2014)
Figure S-4
Description : Figure S-4
Tendance indexée des émissions de GES et intensité des émissions de GES (1990-2014)
AnnéeIndex (1990=100)
Émissions de GES indexéesGES selon le PIB (intensité des émissions) indexées
1990100100
199199101
1992102103
1993102101
199410599
1995109100
1996112101
199711499
199811696
199911893
200012191
200112088
200212086
200312387
200412384
200512281
200612078
200712478
200812175
200911473
201011572
201111670
201211770
201311970
201412069

 

Tableau S-1 : Tendances des émissions et indicateurs économiques, pour certaines années
 Année
19902005200920102011201220132014
Source des données sur le PIB : Statistique Canada (2015a) Tableau 380-0106 - Produit intérieur brut aux prix constants de 2007, en termes de dépenses annuelles (dollars), base de données CANSIM
Total des GES (Mt)613747696706710718731732
Total des GES (Mt) - Variation depuis 2005 (%)S.OS.O.-6,8 %-5,5 %-5,0 %-3,9 %-2,1 %-2,0 %
Total des GES (Mt) - Variation depuis 1990 (%)S.O.22,0 %13,6 %15,3 %15,8 %17,2 %19,3 %19,5 %
PIB (milliards de $ de 2007)9931 5031 5391 5841 6331 6591 6901 734
PIB (milliards de $ de 2007) - Variation depuis 2005 (%)NANA2,4 %5,4 %8,6 %10,4 %12,4 %15,4 %
PIB (milliards de $ de 2007) - Variation depuis 1990 (%)NA51,4 %55,0 %59,5 %64,5 %67,1 %70,2 %74,6 %
Intensité des GES (Mt/milliard de $ de PIB)0,620,500,450,450,430,430,430,42
Intensité des GES (Mt/milliard de $ de PIB) - Variation depuis 2005 (%)S.O.S.O.-9,0 %-10,3 %-12,6 %-12,9 %-13,0 %-15,1 %
Intensité des GES (Mt/milliard de $ de PIB) - Variation depuis 1990 (%)S.O.-19,4 %-26,7 %-27,7 %-29,6 %-29,8 %-29,9 %-31,6 %

Même si le Canada n’a contribué qu’à environ 1,6 % des émissions mondiales de GES en 2012 (CAIT, 2015), il est un des plus grands émetteurs par habitant. En 1990, les Canadiens ont rejeté 22,1 tonnes (t) de GES par habitant. En 2000, ce chiffre était passé à 24,3 t; cependant, en 2009, il était descendu 20,7 t et depuis il s’est maintenu à des niveaux bas historiques (Figure S-5).

Figure S-5 : Émissions de GES par personne au Canada (1990-2014)
Figure S-5
Description : Figure S-5
Émissions de GES par personne au Canada (1990-2014)
AnnéeGES par personne (t d'éq. CO2/personne)
199022,1
199121,6
199222,0
199321,8
199422,3
199522,7
199623,1
199723,4
199823,5
199923,7
200024,3
200123,6
200223,5
200323,9
200423,7
200523,2
200622,7
200723,1
200822,2
200920,7
201020,8
201120,7
201220,7
201320,8
201420,6

Source de données sur la population : Statistique Canada (2015b)

Consulter la table des matières

S.3 Émissions et tendances par secteur du GIEC

Tendances globales des émissions

Entre 1990 et 2014, les émissions totales ont crû de 120 Mt (20 %).

Le secteur de l’énergie a dominé la tendance à long terme, avec une hausse de 55 Mt pour les transports, de 46 Mt pour la combustion de sources fixes et de 11 Mt pour les sources fugitives (Tableau S-2). Les secteurs de l’agriculture et des déchets ont également connu des augmentations de 10 Mt (21 %) et de 2 Mt, respectivement. En revanche, au cours de la même période, le secteur des procédés industriels et de l’utilisation des produits a accusé une baisse de 5 Mt.

Le tableau S-2 donne d’autres détails sur les émissions et absorptions du Canada par secteur du GIEC pour les années 1990, 2005 et 2009-2014. Des ventilations supplémentaires par sous-secteur et par gaz ainsi qu’une série chronologique complète figurent à l’annexe 9.

Figure S-6 : Tendances des émissions de GES du Canada, par secteur du GIEC (1990-2014)
Figure S-6
Description : Figure S-6
Tendances des émissions de GES du Canada, par secteur du GIEC (1990-2014)
AnnéeÉmissions de GES (Mt d'éq. CO2) - DéchetsÉmissions de GES (Mt d'éq. CO2) - AgricultureÉmissions de GES (Mt d'éq. CO2) - Procédés industriels et utilisation des produitsÉmissions de GES (Mt d'éq. CO2) - Énergie (Sources fugitives)Émissions de GES (Mt d'éq. CO2) - Énergie (Transport)Émissions de GES (Mt d'éq. CO2) - Énergie (Combustion de sources fixes)
199026495649148285
199127495750143280
199227505554147290
199327525457150284
199427545661158290
199527565964162298
199627575969166306
199728575971172314
199828575673176318
199929585470180331
200029595470181352
200129585168180348
200229575365181351
200330595564186361
200430615963191352
200531615861195342
200631605961194333
200730605760197354
200830605659196337
200930584855189316
201029575054199317
201129565155199320
201228585657198321
201328605358204328
201429595160203331
Tableau S-2 : Émissions de GES du Canada par secteur du GIEC, pour certaines années
Catégories de gaz à effet de serreSourceSecteurMt d'équivalent CO2
19902005200920102011201220132014
TotalTableau S-2 Note 1, Tableau S-2 Note 2  613747696706710718731732
Énergie  482597560570574576590594
Énergiea. Sources de combustion fixes 285342316317320321328331
ÉnergieTableau S-2 Note 4a. Sources de combustion fixesProduction d'électricité et de chaleur du secteur public9512410010295928886
Énergiea. Sources de combustion fixesIndustries de raffinage du pétrole1720191818191817
ÉnergieTableau S-2 Note 4a. Sources de combustion fixesExploitation et production en amont de pétrole et de gaz41687880829199101
ÉnergieTableau S-2 Note 4a. Sources de combustion fixesIndustries manufacturières5649404145444546
Énergiea. Sources de combustion fixesConstruction21121111
Énergiea. Sources de combustion fixesCommercial et institutionnel2632302830282931
Énergiea. Sources de combustion fixesRésidentiel4645454246424446
Énergiea. Sources de combustion fixesAgriculture et foresterie22333444
Énergieb. Transport 148195189199199198204203
Énergieb. TransportAviation intérieure78666787
ÉnergieTableau S-2 Note 4b. TransportTransport routier100136140142140141144140
Énergieb. TransportTransport ferroviaire77578878
Énergieb. TransportNavigation intérieure56676655
Énergieb. TransportAutres2938313739373943
Énergiec. Sources fugitives 4961555455575860
Énergiec. Sources fugitivesExploitation de la houille31111121
ÉnergieTableau S-2 Note 4c. Sources fugitivesPétrole et gaz naturel4659545354565758
Énergied. Transport et stockage du CO2 -0000000
Procédés industriels et utilisation des produits  5658485051565351
Procédés industriels et utilisation des produitsa. Produits minéraux 810788888
Procédés industriels et utilisation des produitsTableau S-2 Note 4b. Industries chimiques 179656666
Procédés industriels et utilisation des produitsTableau S-2 Note 4c. Production de métaux 2420161617171515
Procédés industriels et utilisation des produitsd. Production et consommation d'halocarbures, de SF6 et de NF3 16778899
Procédés industriels et utilisation des produitse. Produits non énergétiques provenant de combustibles et de l’utilisation de solvant 512121312151513
Procédés industriels et utilisation des produitsf. Fabrication et utilisation d'autres produits 01000110
Agriculture  4961585756586059
Agriculturea. Fermentation entérique 2331272625252525
Agricultureb. Gestion des fumiers 810988888
AgricultureTableau S-2 Note 4c. Sols agricolesTableau S-2 Note 3 1719202120222423
Agricultured. Chaulage, application d'urée et autres engrais à base de carbone 11222233
Déchets  2631302929282829
Déchetsa. Évacuation des Déchets solides 2428272626262626
Déchetsb. Traitement biologique des Déchets solides 11111111
Déchetsc. Traitement et rejet des eaux usées 11111111
Déchetsd. Incinération et combustion à l’air libre des déchets 11111111
Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie  -871-40556941-3072
Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresteriea. Terres forestières et produits ligneux récoltés -108-0-38567141-2972
Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterieb. Terres cultivées 10-9-10-9-9-9-9-8
Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresteriec. Prairies 11001211
Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresteried. Terres humides 64444443
Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresteriee. Établissements 44444444
  • Tableau S-2 Note 1. Les totaux nationaux excluent tous les GES du secteur ATCATF.
  • Tableau S-2 Note 2. Ces données sommaires sont présentées plus en détail à l'annexe 9.
  • Tableau S-2 Note 3. Cette catégorie inclut les émissions provenant du brûlage des résidus agricoles dans les champs.
  • Tableau S-2 Note 4. Les secteurs qui ont beaucoup contribué aux tendances, comme l'explique la section S.3.

Dans l’ensemble, en dépit de la hausse des émissions sur le long terme (entre 1990 et 2014), les émissions canadiennes totales de GES ont baissé de 15 Mt depuis 2005. Au cours de cette période, les émissions de différentes catégories de source ont affiché des profils différents pouvant se contrebalancer. Par exemple, la diminution de 11 Mt des émissions des sources de combustion fixes depuis 2005 a été contrebalancée par une hausse équivalente des émissions du secteur des transports (Figure S-7). De plus, les émissions des secteurs des procédés industriels et de l’utilisation des produits, de l’agriculture et des déchets ont aussi diminué de 7 Mt, 2 Mt et 2 Mt, respectivement, depuis 2005.

Figure S-7 : Tendances des émissions à court terme, par secteur du GIEC (2005–2014)
Figure S-7
Description : Figure S-7
Tendances des émissions à court terme, par secteur du GIEC (2005–2014)
Secteur du GIECVariation nette des émissions (Mt d'éq. CO2)
Variation totale-15
Énergie (Combustion de (sources fixes)-11
Énergie (Transport)8
Énergie (Sources fugitives)-1
Procédés industriels et utilisation des produits-7
Agriculture-2
Déchets-2

 

Depuis 2009, la tendance croissante des émissions est principalement attribuable à la consommation d’énergie dans les catégories de l’exploitation et de la production de pétrole et de gaz en amont (augmentation de 23 Mt depuis 2009) et des industries manufacturières (augmentation de 6 Mt), à la consommation de carburant diesel par l’équipement mobile hors route (augmentation de 9 Mt), ainsi qu'aux émissions fugitives dans les domaines pétrolier et gazier (augmentation de 4 Mt) (Tableau S-2).

On trouvera au chapitre 2 de plus amples renseignements au sujet des émissions de GES et des facteurs déterminants.

La section ci-dessous expose en détail les émissions et les tendances dans chaque secteur du GIEC.

Consulter la table des matières

Énergie – Émissions de GES en 2014 (594 Mt)

Tendances à court terme

En 2014, les émissions de GES produites par le secteur de l’énergie du GIEC (594 Mt) étaient presque équivalentes à celles de 2005 (597 Mt). Dans le secteur de l’énergie, l’augmentation de 34 Mt des émissions provenant de l’exploitation et de la production de pétrole et de gaz en amont a été contrebalancée par une diminution de 39 Mt des émissions dues à la production d’électricité et de chaleur du secteur public.

La diminution de la production d’énergie à partir de charbon et de pétrole, jumelée à l’augmentation de la production hydroélectrique, nucléaire et éolienne, a été le principal facteur à l’origine de la diminution de 31 % des émissions dues à la production d’électricité entre 2005 et 2014. La fermeture permanente, achevée en 2014, de toutes les centrales électriques alimentées au charbon de l’Ontario a été le facteur déterminantNote de bas de page 4. Cependant, on a observé des variations des émissions durant cette période, en grande partie en raison des changements dans la composition des sources de production d’électricitéNote de bas de page 5.

Les émissions de GES associées aux industries manufacturières ont décliné de 2,9 Mt entre 2005 et 2014, ce qui concorde à la fois avec une baisse de 6 % de la consommation énergétique et au déclin observé de la productionNote de bas de page 6 par ces industries.

Tendances à long terme

Les tendances à long terme des émissions dues au secteur de l’énergie (1990-2014) montrent une augmentation nette de 112 Mt (23 %). La majeure partie de l’augmentation est attribuable aux sous-secteurs de l’exploitation et de la production en amont de pétrole et de gaz (60 Mt) et du transport routier (41 Mt). Les diminutions d’émissions les plus importantes du secteur de l’énergie ont été observées dans les sous-secteurs des industries manufacturières (10 Mt) et de la production d’électricité et de chaleur du secteur public (9 Mt).

En 2014, les émissions associées à l’exploitation et à la production en amont de pétrole et de gaz s’élevaient à plus du double des valeurs enregistrées en 1990. Cette tendance concorde avec l’augmentation de 91 %, durant la même période, de la production totale de pétrole brut et de gaz naturel essentiellement destinés à l’exportation, laquelle a connu une hausse de plus de 200 %.

La production de pétrole a été principalement dominée par la hausse rapide de l’extraction de bitume et de pétrole brut synthétique des sables bitumineux canadiens. En outre, les émissions de GES par baril dues à la production de pétrole et de gaz sont à la hausse en raison de la complexité de plus en plus grande des méthodes servant à la production de pétrole classique ainsi que de la proportion croissante de pétrole brut synthétique produit à partir des sables bitumineux. Cependant, depuis 2004, l’intensité des émissions attribuables à l’exploitation des sables bitumineux est demeurée relativement fixe.

La majorité des émissions découlant du transport au Canada proviennent du sous-secteur du transport routier, qui a contribué à 74 % de l’augmentation nette des émissions totales de GES attribuables aux transports depuis 1990. La source primaire de cette tendance nette à la hausse des émissions est l’augmentation du parc automobile et du nombre total de véhicules-kilomètres parcourus, malgré une réduction de la moyenne de kilomètres parcourus par véhicule. En outre, comme les véhicules sont de plus en plus efficaces sur le plan énergétique, la hausse de 43 % des émissions depuis 1990 demeure inférieure à la hausse de 47 % du nombre de véhicules-kilomètres parcourus.

Les sources d’émissions les plus importantes dans le domaine du transport routier sont les véhicules légers (de tourisme) et les véhicules lourds au diesel utilisés pour le transport de marchandises. Dans la catégorie des véhicules légersNote de bas de page 7, l’utilisation de véhicules utilitaires sport, de camionnettes et de minifourgonnettes a augmenté beaucoup plus rapidement que l’utilisation de voitures. Or, le taux de consommation de carburant de ces véhicules est généralement plus élevé que celui des voitures, ce qui influe sur les taux d’émission globaux des véhicules légers.

Les émissions des véhicules lourds au diesel (gros camions de transport de marchandises) ont augmenté de 28 Mt (142 %) entre 1990 et 2014. La croissance des émissions correspond à une augmentation considérable de l’utilisation de camions lourds, qui servent principalement à transporter des marchandises d’un centre urbain à un autre (RNCan, 2015). Tout comme pour la catégorie des véhicules légers, les améliorations aux taux de consommation de carburant des véhicules lourds au diesel ont été neutralisées par de fortes hausses du nombre de véhicules-kilomètres parcourus.

Consulter la table des matières

Procédés industriels et utilisations des produits – Émissions de GES de 2014 (51 Mt)

Le secteur des procédés industriels et de l’utilisation des produits englobe les émissions de GES non liées à l’énergie issues de sources industrielles comme la calcination du calcaire (CO2) dans la production de ciment et l’utilisation d’hydrofluorocarbures (HFC) et de perfluorocarbures (PFC) comme réfrigérants pour remplacer des substances appauvrissant la couche d’ozone (SACO). Depuis 1990, les émissions ont fluctué, atteignant des sommets en 1996 et en 2004. En 2014, les émissions étaient de 9 % (5 Mt) inférieures à celles de 1990 et de 12 % (7 Mt) inférieures à celles de 2005.

Les émissions de la majorité des industries ont diminué en 2008 et 2009 et se sont maintenues à des niveaux similaires depuis. Une exception notable comprend l’augmentation de 3,3 Mt (59 %) des émissions dues à l’utilisation de HFC depuis 2005.

L’industrie de l’aluminium a enregistré une réduction de 4,5 Mt (43 %) de ses émissions dues aux procédés, malgré une augmentation de sa production de près de 80 % depuis 1990, en grande partie grâce aux technologies anti émissions mises en œuvre pour réduire les émissions de PFC. La baisse globale de 65 %, entre 1990 et 2014, des émissions de GES provenant des industries de produits chimiques découle principalement de la fermeture, en 2009, d’une usine d’acide adipique en Ontario.

Consulter la table des matières

Agriculture – Émissions de GES 2014 (59 Mt)

Les émissions directement attribuables à l’élevage du bétail et aux cultures agricoles ont représenté 59 Mt ou 8,0 % des émissions totales de GES du Canada en 2014, soit une hausse de 10 Mt, ou 21 %, depuis 1990. L’agriculture est responsable de 27 % et 70 % des émissions nationales de CH4 et de N2O, respectivement. À l’heure actuelle, les émissions associées aux animaux d’élevage représentent 62 % des émissions totales du secteur de l’agriculture.

Les principaux facteurs influant sur la tendance des émissions du secteur de l’agriculture depuis 1990 sont l’augmentation soutenue de l’utilisation d’engrais azotés inorganiques, principalement dans les Prairies, ainsi que l’intensification, l’expansion, puis le déclin de la production dans les élevages de bovins et de porcs.

De 1990 à 2005, les émissions attribuables aux engrais et aux animaux d’élevage ont augmenté de 1,3 et de 12 Mt, respectivement. Depuis 2005, l’utilisation d’engrais a continué d’augmenter, mais à partir de 2011, les populations d’animaux d’élevage ont diminué de façon marquée. En 2014, les émissions ont atteint 59 Mt, les populations d’animaux d’élevage étant demeurées stables depuis 2011, tandis que l’utilisation d’engrais et la production de cultures agricoles ont connu une hausse par rapport à 2011.

Consulter la table des matières

Déchets – Émissions de GES 2014 (29 Mt)

Dans le secteur des déchets, la source primaire d’émissions de CH4 est l’enfouissement des déchets solide; elle constitue environ 91 % des émissions de ce secteur. La majeure partie (environ 84 %) des émissions attribuables à l’enfouissement des déchets solides sont du CH4 provenant des sites d’enfouissement publics et privés de déchets solides municipaux (DSM). Le reste (environ 16 %) provient des sites d’enfouissement industriels sur place de résidus de bois; cette pratique perd cependant du terrain à mesure que le marché des résidus gagne en importance.

Depuis 1990, les émissions globales attribuables au secteur des déchets ont augmenté de 10 %, surtout en raison des hausses d’émissions des activités d’enfouissement. Les émissions de ce secteur sont considérablement réduites par le captage et la combustion d’un volume croissant de gaz d’enfouissement (GE) dans les sites d’enfouissement. Bien que les émissions de CH4 produites par l’ensemble des sites d’enfouissement de DSM aient augmenté de 37 %, atteignant ainsi 33 Mt, la quantité de CH4 captée a augmenté de 134 %, passant à 11 Mt en 2014. De l’ensemble du CH4 capté, 49 % a été brûlé à des fins de récupération d’énergie; le reste a été brûlé par torchage. Le nombre de sites d’enfouissement pourvus d’un système de collecte des GE augmente rapidement; on en dénombrait 81 au Canada en 2014.

Consulter la table des matières

Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie– 2014 (émissions nettes de 72 Mt)

Le secteur affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (ATCATF) inclut les flux de GES entre l’atmosphère et les terres aménagées au Canada, y compris ceux associés au changement d’affectation des terres et les émissions provenant des produits ligneux récoltés (PLR), qui sont étroitement liés aux terres forestières. Toutes les émissions et absorptions du secteur ATCATF sont exclues des totaux nationaux.

Dans ce secteur, le flux net de GES correspond à la somme nette des quantités de CO2 émises dans l’atmosphère et retirées de l’atmosphère, et des émissions de gaz autres que le CO2. En 2014, ce flux net correspondait à des émissions de 72 Mt qui, si elles étaient incluses aux totaux nationaux, augmenteraient d’environ 9,8 % les émissions totales de GES au Canada.

Les tendances relatives aux émissions/absorptions dans le secteur ATCATF sont principalement tributaires des terres forestières et des PLR. Contrairement aux autres estimations de l’inventaire, les émissions et absorptions de GES des terres aménagées au Canada peuvent comprendre de très importants échanges dus à des phénomènes non anthropiques, comme les feux de forêt et les infestations d’insectes dans les terres forestières. Dans les terres forestières, le flux net est dominé par une variabilité interannuelle et des tendances causées par des perturbations naturelles qui masquent l’incidence des activités humaines dans les forêts aménagées. Par exemple, entre 1990 et 2004, l’année où les récoltes ont atteint un sommet, il y a eu une augmentation de 24 % de la quantité de carbone éliminé dans le bois récolté. Depuis, les activités d’exploitation forestière ont connu des baisses significatives pour atteindre, en 2009, leur plus bas niveau en 25 ans, le niveau de 2014 étant toujours de 25 % inférieur au sommet atteint antérieurement. Néanmoins, les effets immédiats et à long terme des grandes perturbations naturelles dans les forêts aménagées, notamment l’infestation du dendroctone du pin ponderosa dans l’Ouest du Canada, vont continuer à dominer la tendance apparente des émissions et des absorptions dans les terres forestières. En 2014, la superficie de forêt brûlée a été beaucoup plus grande qu’en 2013 (1,3 million d’hectares par rapport à 0,5 en 2013), ce qui a donné lieu à des émissions plus élevées dues aux feux de forêt (175 Mt par rapport à 66 Mt en 2013).

Les émissions dues aux PLR varient de 128 Mt en 2009, année de la plus faible récolte, à 160 Mt en 1995 et en 2000, années où la récolte a atteint des sommets. Ces émissions sont principalement influencées par les tendances récentes en matière de récolte forestière, mais aussi par les répercussions à long terme des niveaux de récolte forestière antérieurs à 1990, étant donné qu’une proportion importante des émissions découlent de la décomposition de produits ligneux de longue durée qui atteignent la fin de leur vie utile, des dizaines d’années après que le bois a été récolté.

La conversion de forêts à d’autres affectations est une pratique courante, mais qui diminue au Canada. Les forêts sont principalement converties en zones de peuplement pour l’extraction de ressources et l’accroissement de la superficie des terres cultivées. Les émissions provenant de la conversion de forêts s’élevaient à 12 Mt en 2014, une diminution par rapport à 19,2 Mt en 1990.

Le flux net des émissions dans la catégorie terres cultivées présente une baisse soutenue pour la période de 1990 à 2006, de 10 Mt en 1990 et des absorptions nettes de 9,9 Mt en 2006. Cette tendance découle des changements apportés aux pratiques d’aménagement des terres, principalement dans l’Ouest canadien, y compris l’adoption de pratiques culturales de conservation du sol (≈ 17 millions d’hectares de terres cultivées depuis 1990), de la réduction des jachères d’été de 81 % ainsi que d’une réduction de la conversion des terres forestières en terres cultivées. Cependant, depuis 2006, les absorptions nettes ont graduellement diminué jusqu’à 8,4 Mt en raison de l’approche de l’équilibre par le sol en tant que puits de carbone et de la hausse observée de la conversion des cultures vivaces en cultures annuelles, une tendance qui concorde avec l’augmentation des émissions de N2O provenant des cultures agricoles observée dans le secteur agricole.

Consulter la table des matières

S.4 Secteurs économiques

À des fins d’analyse des tendances et des politiques économiques, il est utile de répartir les émissions en fonction du secteur économique d’où elles proviennent. La Figure S-8 et le Tableau S-3 présentent la ventilation des émissions par secteur économique. En général, on établit le profil complet des émissions d’un secteur économique donné en redistribuant la proportion relative des émissions associées aux différentes sous catégories du GIEC. Cette redistribution permet simplement de reclasser les émissions dans différentes catégories; elle ne change en rien l’ampleur globale des estimations des émissions canadiennes.

Figure S-8 : Ventilation des émissions du Canada par secteur économique (2014)
Figure S-8
Description : Figure S-8
Ventilation des émissions du Canada par secteur économique (2014)
Secteur économiqueMt d'éq. Co2
Pétrole et gaz192
Électricité78
Transports171
Industries exposées au commerce et intensives en émissions76
Bâtiments87
Agriculture73
Déchets et autres54

Note : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.

Total: 732 Mt d'éq. CO2

Tableau S-3 : Émissions de GES du Canada par secteur economique, pour certaines années
 19902005200920102011201220132014
Mt d'équivalent CO2

Note : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.

Les estimations présentées ici sont constamment améliorées. La valeur des émissions passées peut être modifiée dans les futurs rapports à la lumière de nouvelles données et en raison du perfectionnement des méthodes et des modèles utilisés. Les nouveaux calculs découlant d'améliorations d'ordre méthodologique sont présentés au chapitre 8; les nouveaux calculs qui résultent de changements aux données sous­jacentes sur les activités sont présentés dans les chapitres pertinents au secteur où les changements se sont produits (chapitres 3-7).

  • Tableau S-3 Note 1. Le secteur des industries exposées au commerce et intensives en émissions (IECIE) représente les émissions des activités minières (autres que les activités de charbon et gazières et pétrolières), de la fonte et du raffinage, de la production et de la transformation de produits industriels, tels que le papier et le ciment.
  • Tableau S-3 Note 2. Autres : production de charbon, industrie légère, construction et ressources forestières.
Total des émissions nationales de GES613747696706710718731732
Pétrole et gaz107159160162164176187192
Électricité95118949587838078
Transports129171168173170171174171
Industries exposées au commerce et intensives en émissionsTableau S-3 Note 19588727479797776
Bâtiments7385838186848587
Agriculture5770676869707373
Déchets et autresTableau S-3 Note 24948525353535454

Comme l’indiquent les tendances dans les différents secteurs du GIEC, l’augmentation des émissions de GES entre 1990 et 2014 est attribuable à la croissance des secteurs du pétrole et du gaz et des transports. La production accrue de pétrole brut et le développement de l’industrie des sables bitumineux ont fait augmenter de 85 Mt les émissions du secteur du pétrole et du gaz. Dans le secteur des transports, les changements survenus dans certains sous secteurs, comme ceux des véhicules lourds et des véhicules légers, ont quant à eux fait monter de 42 Mt les émissions comparativement à 1990. Ces hausses ont été contrebalancées par les diminutions de 17 Mt et de 19 Mt des émissions dans les secteurs de l’électricité et des industries exposées au commerce et intensives en émissions (IECIE), respectivement.

Pour plus de renseignements sur les tendances, se reporter au chapitre 2. La partie 3 fournit quant à elle de plus amples renseignements sur les définitions des secteurs du GIEC et des secteurs économiques ainsi qu’une corrélation détaillée entre les secteurs du GIEC et les secteurs économiques.

Consulter la table des matières

S.5 Émissions de GES des provinces et des territoires

Les émissions varient grandement d’une province à l’autre en raison de facteurs comme la démographie, les sources d’énergie et la structure économique. Toute chose étant égale par ailleurs, dans les économies axées sur l’extraction des ressources, les niveaux des émissions ont tendance à être plus élevés que dans les économies axées sur les services. Dans un même ordre d’idée, les provinces dépendant des combustibles fossiles pour leur électricité ont des émissions supérieures à celles dépendant davantage de l’hydroélectricité.

Historiquement, la province de l’Alberta est l’une des plus grandes émettrices de GES; ses émissions sont passées de 233 Mt en 2005 à 274 Mt en 2014 (17 %), en raison surtout de l’accroissement des opérations pétrolières et gazières (Figure S-9 et Tableau S-4). En revanche, les émissions ont diminué de façon soutenue en Ontario depuis 2005 (de 40 Mt ou 19 %), en grande partie grâce à la fermeture de centrales électriques alimentées au charbon.

Le Québec et la Colombie-Britannique, qui sont riches en ressources hydroélectriques, ont des profils d’émissions plus stables au fil du temps. De plus, leurs émissions sont à la baisse depuis 2005 : elles ont diminué de 7,8 % (7,0 Mt) au Québec et de 3,4 % (2,2 Mt) en Colombie-Britannique. Les émissions de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard ont aussi diminué depuis 2005, en particulier en Nouvelle-Écosse (baisse de 29 %).

Les émissions de la Saskatchewan ont augmenté de 8,6 % (6,0 Mt) entre 2005 et 2014 en raison des activités de l’industrie pétrolière et gazière ainsi que de l’extraction de potasse et d’uranium. Les émissions ont aussi augmenté au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador depuis 2005, mais dans une moindre mesure.

Figure S-9 : Émissions par province en 1990, en 2005 et en 2014
Figure S-9 : Émissions par province en 1990, en 2005 et en 2014
Description : Figure S-9
Figure S-9 : Émissions par province en 1990, en 2005 et en 2014
Province / territoireÉmissions de GES (Mt d'éq. CO2)
199020052014
  • Figure S-9 Note 1. Pour tenir compte de la création du Nunavut en 1999, nous présentons les émissions du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest en deux séries chronologiques distinctes pour la période de 1999 à 2014 et combinées dans un même tableau pour la période allant de 1990 à 1998 (voir l'annexe 11 pour plus d'informations).
NL9,610,210,6
PE2,02,11,8
NS20,023,516,6
NB16,420,514,9
QC89,189,782,7
ON181,8210,6170,2
MB18,720,721,5
SK45,169,675,5
AB175,2233,0273,8
BC52,965,262,9
YT0,50,50,3
NTFigure S-9 Note 1S.O.1,71,5
NUFigure S-9 Note 1S.O.0,30,3
NT & NUFigure S-9 Note 11,6S.O.S.O.

 

Tableau S-4 : Émissions par province / territoire, pour certaines années
Province / territoireÉmissions annuelles (Mt d'équivalent CO2)Tendance (%)
199020052009201020112012201320141990-2014
  • Tableau S-4 Note 1. Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.
  • Tableau S-4 Note 2. Pour tenir compte de la création du Nunavut en 1999, nous présentons les émissions du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest en deux séries chronologiques distinctes pour la période de 1999 à 2014 et combinées dans un même tableau pour la période allant de 1990 à 1998 (voir l'annexe 11 pour plus d'informations).
Total des GES (Canada)Tableau S-4 Note 161374769670671071873173220 %
NL9,610,210,110,310,39,89,610,610 %
PE2,02,11,92,02,12,11,81,8-8 %
NS2023212021191817-17 %
NB1620191919171515-9 %
QC8990878284828383-7 %
ON182211171179175171171170-6 %
MB192120201921212115 %
SK457070706972747668 %
AB17523323424224626027227456 %
BC536561616163636319 %
YT0,50,50,30,30,40,40,40,3-50 %
NTTableau S-4 Note 2S.O.1,71,21,41,41,51,41,5-
NUTableau S-4 Note 2S.O.0,30,40,40,20,20,20,3-
NT et NUTableau S-4 Note 21,6S.O.S.O.S.O.S.O.S.O.S.O.S.O.-

Consulter la table des matières

S.6 Dispositions relatives à l’inventaire national

Environnement et Changement climatique Canada est l’unique entité nationale responsable de la préparation et de la présentation à la CCNUCC du Rapport d’inventaire national ainsi que de la gestion des processus et procédures de soutien. Les dispositions prises par le Canada pour estimer les émissions anthropiques par les sources et les absorptions par les puits de tous les GES qui ne sont pas visés par le Protocole de Montréal englobent toutes les dispositions institutionnelles, juridiques et procédurales nécessaires pour assurer la conformité du Canada à ses obligations en matière de déclaration.

Les dispositions relatives à l’inventaire reposent sur des dispositions institutionnelles quant à la préparation de l’inventaire, notamment : des accords formels facilitant la collecte des données et le calcul des estimations; un plan de gestion de la qualité, comprenant un plan d’amélioration; la capacité de définir des catégories clés et de produire une analyse d’incertitude quantitative; un processus de recalcul en vue d’améliorer l’inventaire; des procédures d’approbation officielles; et un système d’archivage permettant de faciliter les examens par des tiers.

La transmission d’informations en ce qui concerne les dispositions relatives à l’inventaire national, y compris de renseignements détaillés sur les dispositions institutionnelles prises pour l’établissement des inventaires, est également une exigence annuelle aux termes des directives de la CCNUCC pour la notification des inventaires annuels (se reporter au chapitre 1, section 1.2).

Consulter la table des matières

Structure du rapport

Parmi les exigences de la CCNUCC figurent la compilation et la présentation annuelles du Rapport d’inventaire national (RIN) et des tableaux du Cadre uniformisé de présentation de rapports (CUPR). Les tableaux du CUPR, qui consistent en des représentations graphiques normalisées de données essentiellement quantitatives, sont transmis par voie électronique. Le RIN contient les renseignements à l’appui des tableaux du CUPR, y compris une description exhaustive des méthodes utilisées pour compiler l’inventaire, les sources de données, les structures institutionnelles, et les procédures d’assurance et de contrôle de la qualité.

La partie 1 du RIN comprend les chapitres 1 à 8. Le chapitre 1 (Introduction) présente un aperçu des dispositions juridiques, institutionnelles et procédurales mises en œuvre par le Canada pour produire l’inventaire (c. à d. les dispositions relatives à l’inventaire national), les procédures d’assurance et de contrôle de la qualité ainsi qu’une description du système canadien de déclaration des émissions par les installations. Le chapitre 2 contient une analyse des tendances des émissions de GES au Canada conforme à la structure de production de rapports de la CCNUCC et une ventilation des tendances des émissions par secteur économique du Canada. Les chapitres 3 à 7 présentent des descriptions et des analyses supplémentaires pour chaque secteur, conformément aux exigences de la CCNUCC en matière de déclaration. Le chapitre 8 présente un sommaire des nouveaux calculs et des améliorations prévues.

La partie 2 du RIN est constituée des annexes 1 à 7, qui présentent une analyse par catégorie clé, une évaluation du degré d’incertitude de l’inventaire, des explications détaillées des méthodes d’estimation, le bilan énergétique du Canada, des évaluations du degré d’exhaustivité, les coefficients d’émission et de l’information sur les précurseurs de l’ozone et des aérosols.

La partie 3 est composée des annexes 8 à 13, qui contiennent les procédures d’arrondissement des calculs, des tableaux récapitulatifs des émissions de GES, à l’échelle nationale et pour chaque province et territoire, par secteur et par gaz, de même que d’autres précisions sur l’intensité des émissions de GES découlant de la production d’électricité.

Consulter la table des matières

Références du sommaire

[CAIT] Climate Analysis Indicators Tool. 2015. CAIT 2.0 (en anglais seulement). Washington (DC): World Resources Institute.

Environnement Canada. 2014a. Tendances en matière d’émissions au Canada, 2014..

Environnement Canada. 2014b. Points saillants de la sixième communication nationale du Canada et du premier rapport biennal sur les changements climatiques, 2014

[RNCan] Ressources naturelles Canada. 2015. Analyse comparative du rendement énergétique du carburant dans l’industrie du camionnage au Canada [consulté le 28 janvier 2016].

Statistique Canada. 2015a. Tableau CANSIM 380-0106 : Produit intérieur brut aux prix constants de 2007, en termes de dépenses, annuel. CANSIM (base de données).

Statistique Canada. 2015b. Tableau CANSIM 051-0001 : Estimation de la population, selon le groupe d’âge et le sexe au 1er juillet, Canada, provinces et territoires, annuel. CANSIM (base de données).

Consulter la table des matières

Date de modification :