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Évaluation des substances existantes
Registre LCPE
Programme d'évaluation des substances d'intérêt prioritaire
Programme LIS
Article 75
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Profil de substance pour le Défi
Dichlorure de cobalt

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service
7646-79-9


Environnement Canada
Santé Canada

Juin 2009

Introduction

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)] (Canada, 1999) a imposé aux ministres de l'Environnement et de la Santé de catégoriser les quelque 23 000 substances figurant sur la Liste intérieure des substances (LIS) pour déterminer :

  • celles qui sont considérées comme persistantes ou bioaccumulables, selon les critères énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000), et intrinsèquement toxiques pour les humains ou d'autres organismes;
  • celles qui présentent, pour les particuliers au Canada, le plus fort risque d'exposition (PFRE).

De plus, la Loi impose aux ministres de faire une évaluation préalable de chaque substance qui répond aux critères de la catégorisation. Cette évaluation comporte une évaluation scientifique des renseignements relatifs à la substance pour déterminer si celle-ci est toxique au sens de l'article 64 de la LCPE (1999). À partir des résultats de l'évaluation préalable, les ministres peuvent proposer de prendre les mesures suivantes :

  • ne rien faire à l'égard de la substance;
  • l'inscrire sur la Liste des substances d'intérêt prioritaire en vue d'une évaluation plus détaillée;
  • recommander son inscription sur la Liste des substances toxiques de l'annexe 1 de la Loi et, s'il y a lieu, la quasi-élimination de ses rejets dans l'environnement.

En se fondant sur l’information obtenue dans le cadre de la catégorisation, les ministres ont jugé qu’une attention hautement prioritaire devait être accordée à un certain nombre de substances, à savoir :

  • celles qui répondent à tous les critères environnementaux de la catégorisation, notamment la persistance, le potentiel de bioaccumulation et la toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques (PBTi), et qui sont commercialisées ou présentent un intérêt commercial au Canada;
  • celles qui répondent aux critères de la catégorisation pour le PFRE ou qui présentent un risque d'exposition intermédiaire (REI) et qui ont été jugées particulièrement dangereuses pour la santé humaine à la lumière des renseignements obtenus concernant leur cancérogénicité, leur génotoxicité ou leur toxicité pour le développement ou la reproduction.

Il existe actuellement des données suffisantes permettant de déterminer si ces substances sont toxiques au sens de l'article 64 de la LCPE (1999) en se fondant sur l'examen des préoccupations relatives à l'environnement ou à la santé humaine qu'elles suscitent et en se conformant à l'article 76.1 de la Loi qui impose aux ministres d'appliquer la méthode du poids de la preuve et le principe de prudence lorsqu'ils procèdent à une évaluation préalable et en interprètent les résultats.

Le 9 décembre 2006, les ministres ont donc publié un avis d'intention dans la Partie I de la Gazette du Canada (Canada, 2006), dans lequel ils priaient l'industrie et les autres parties intéressées de fournir des renseignements précis qui pourraient servir à étayer l'évaluation des risques, ainsi qu'à élaborer et à évaluer les meilleures pratiques de gestion des risques et de bonne gestion des produits. Les délais pour la présentation de ces renseignements sont indiqués dans la section du présent document intitulée « Le Défi ».

On a décidé d'accorder une attention hautement prioritaire au dichlorure de cobalt, car le risque d'exposition des Canadiens à cette substance a été jugé intermédiaire et le risque qu'elle présente pour la santé humaine est considéré comme élevé. Les renseignements techniques concernant la santé humaine et l'environnement, à l'origine des préoccupations suscitées par cette substance, sont donnés dans le présent document.

Le Défi

Conformément aux dispositions de l'article 76.1 de la LCPE (1999) et en l'absence de renseignements pertinents supplémentaires obtenus en réponse au présent défi, les ministres de l'Environnement et de la Santé sont enclins à conclure, en s'appuyant sur l'évaluation préalable, que la substance considérée répond à la définition d'une substance toxique aux termes de l'article 64 de la Loi. Dans cette perspective, ils prévoient ensuite recommander au gouverneur en conseil que cette substance soit inscrite sur la Liste des substances toxiques de l'annexe 1 de la LCPE (1999), avec l'objectif d'entreprendre l'élaboration de mesures de gestion des risques en tenant compte des considérations socioéconomiques. Ils pourraient toutefois recommander de ne pas l'inscrire sur la Liste des substances toxiques si une autre loi s'avérait plus appropriée que la LCPE (1999) pour contrôler la substance.

S'il est déterminé que la substance répond aux critères de la quasi-élimination énoncés au paragraphe 77(4) de la LCPE (1999), les activités de gestion des risques seront axées sur l'objectif d'éliminer le rejet dans l'environnement de toute quantité mesurable de cette substance.

En l'absence de renseignements supplémentaires sur les pratiques actuelles de gestion d'une substance qui répond aux critères de la quasi-élimination, des mesures élaborées en fonction de l'hypothèse de la pire éventualité seront proposées. Les mesures de gestion actuellement envisagées comprennent l'interdiction, par règlement, de la fabrication, de l'utilisation, de la vente, de la mise en vente et de l'importation de la substance, sauf pour des activités régies par la Loi sur les produits antiparasitaires (Canada, 2002) ou la Loi sur les aliments et drogues (Canada, 1985).

De façon exceptionnelle, les ministres pourront conclure, en se fondant sur l'évaluation préalable, que la substance ne correspond pas à la définition de substance toxique donnée à l'article 64 de la LCPE (1999), en l'absence de renseignements sur la commercialisation de la substance au Canada (sauf si un effet nocif est jugé probable quel que soit le niveau d'exposition). Toutefois, étant donné les propriétés de cette substance, une crainte subsisterait que des utilisations nouvelles non encore relevées ou évaluées en conformité avec la LCPE (1999) pourraient faire en sorte qu'elle réponde aux critères de l'article 64 de la Loi. En conséquence, il serait recommandé que la substance soit assujettie au paragraphe 81(3) de la Loi de sorte que, avant son introduction au Canada, toute activité nouvelle de fabrication, d'importation ou d'utilisation de la substance en une quantité supérieure à 100 kg par année doive être déclarée et que les risques qu'elle présente pour la santé humaine et l'environnement doivent être évalués conformément à l'article 83 de la Loi.

Avis donné en vertu de l'article 71

Dans le contexte du Défi, le ministre de l'Environnement peut, en vertu de l'article 71 de la LCPE (1999), demander que lui soient communiqués les renseignements jugés nécessaires pour améliorer la prise de décisions. Ces renseignements peuvent servir à déterminer si une substance est effectivement ou potentiellement toxique au sens de l'article 64 de la Loi ou à décider s'il y a lieu de prendre des mesures de contrôle et, dans l'affirmative, à déterminer la nature de celles-ci.

Les renseignements exigés au moyen des avis peuvent porter notamment sur la quantité de la substance importée, fabriquée, utilisée ou rejetée, ainsi que sur les concentrations, les fournisseurs, les clients et les types d'utilisation.

L'avis donné en vertu de l'article 71 et les conseils prodigués pour y répondre sont présentés sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). On peut aussi les obtenir en communiquant avec la personne-ressource mentionnée plus loin.

Présentation de données supplémentaires pour l'évaluation préalable

Les ministres de l'Environnement et de la Santé souhaitent maintenant que leur soient communiqués les renseignements supplémentaires à considérer au moment de l'évaluation préalable de cette substance. Les données décrites dans les paragraphes qui suivent sont considérées comme étant très pertinentes, mais les autres renseignements reçus seront également pris en considération.

Données sur la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes

Dans le cadre du processus de catégorisation exigé par la LCPE (1999), les données expérimentales disponibles sur la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes ont été recueillies jusqu'en décembre 2005.

Étant donné les lacunes dans les données expérimentales, les parties intéressées sont invitées à faire état des données expérimentales pertinentes, nouvelles ou complémentaires sur la persistance, la bioaccumulation et le potentiel de toxicité de la substance chez des organismes dans différents milieux naturels (air, eau, sédiments et sol). Elles peuvent aussi en présenter sur les propriétés physiques et chimiques. Les efforts à cet égard devraient être axés sur les paramètres pour lesquels il n'existe pas déjà de données expérimentales de qualité, comme l'indique l'information résumée dans les sections intitulées « Information concernant l'environnement » et « Propriétés physiques et chimiques » du présent document.

Comme les données fournies seront évaluées en fonction de leur exhaustivité et de leur rigueur, il est recommandé que les parties intéressées suivent les indications de la section 8, sur les protocoles d'essai et les méthodes de rechange, des Directives pour la déclaration et les essais de substances nouvelles : substances chimiques et polymères (Environnement Canada, 2006).

Données sur la toxicité de la substance pour les humains

Dans le cadre du processus de catégorisation, les substances d'intérêt prioritaire pour la santé ont été déterminées à l'aide de l'outil simple de détermination du risque pour la santé, qui a établi un risque élevé pour ces substances d'après les classifications relatives à la cancérogénicité, à la génotoxicité et à la toxicité pour la reproduction ou le développement. Les classifications utilisées émanent d'organismes nationaux et internationaux et s'appliquent à de grands nombres de substances. Elles ont été établies en fonction de paramètres précis en s'appuyant sur des examens initiaux et analyses critiques des données, des évaluations du poids de la preuve et des examens approfondis par des pairs. Afin d'éclairer l'évaluation préalable, les parties intéressées sont invitées à présenter des renseignements nouveaux ou supplémentaires, obtenus dans le cadre d'études expérimentales pertinentes, sur la toxicité de la substance pour les humains.

Les renseignements fournis en réponse à l'avis donné en vertu de l'article 71 et les renseignements supplémentaires communiqués sur les utilisations actuelles et les mesures de contrôle existantes (voir la section suivante) seront également pris en considération au cours de la caractérisation du risque d'exposition.

Les réponses à cette partie du Défi pour la substance doivent parvenir à l'adresse mentionnée ci-après d'ici la date indiquée sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca).

Présentation de données supplémentaires sur les utilisations actuelles et les mesures de contrôle existantes

En vue du choix de l’approche de gestion des risques, les ministres de l'Environnement et de la Santé souhaitent recevoir des renseignements supplémentaires jugés utiles par les parties intéressées concernant la portée et la nature de la gestion ou de la bonne gestion des substances énumérées dans le Défi.

Les organisations qui pourraient souhaiter fournir des renseignements supplémentaires en réponse à cette invitation sont notamment celles qui fabriquent, importent, exportent ou utilisent la substance seule ou comprise dans un mélange, un produit ou un article manufacturé.

Les renseignements supplémentaires recherchés concernent les aspects suivants :

  • les quantités importées, fabriquées ou utilisées;
  • les caractéristiques des utilisations de la substance et des produits;
  • les rejets dans l'environnement et la gestion des déversements;
  • les mesures actuelles et potentielles visant la gestion des risques et la bonne gestion des produits;
  • les programmes législatifs ou réglementaires actuels de contrôle et de gestion de la substance;
  • l'information d'intérêt pour la réalisation d'une étude d'impact de la réglementation.

Il existe un questionnaire pouvant servir de modèle détaillé pour la présentation de ces renseignements et un document d'orientation pour aider à le remplir. Les parties intéressées sont invitées à transmettre les renseignements supplémentaires dont elles disposent tout en tenant compte du fait que les questions figurant dans le questionnaire ne sont pas nécessairement toutes pertinentes selon la substance, l’utilisation ou le secteur industriel considéré.

Le questionnaire et le document d'orientation connexe sont présentés sur le site Web du gouvernement du Canada relativement aux substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). On peut aussi les obtenir en communiquant avec la personne-ressource mentionnée ci-après.

Les réponses à cette partie du Défi pour la substance doivent parvenir à l’adresse mentionnée ci-après d’ici la date indiquée sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca).

Demande de documents et communication des renseignements

Les demandes de documents et de directives, de même que les renseignements communiqués en réponse au Défi, doivent être adressées au coordonnateur des enquêtes sur la LIS dont les coordonnées suivent.

Coordonnateur des enquêtes sur la LIS
Édifice Fontaine, 8e étage
200, boulevard Sacré-Cœur
Gatineau (Québec) K1A 0H3
Téléphone : 1-888-228-0530 ou 819-956-9313
Télécopieur : 1-800-410-4314 ou 819-953-4936
Courriel : DSL.surveyco@ec.gc.ca

Identité de la substance

Tableau 1. Identité de la substance – dichlorure de cobalt

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service (no CAS) 7646-79-9
Nom dans la LIS dichlorure de cobalt
Noms relevés dans les National Chemical Inventories (NCI)1 cobalt chloride (TSCA, AICS, SWISS, PICCS, ASIA-PAC, NZIoC, ENCS) cobalt dichloride (ECL) dichlorure de cobalt (EINECS)
Autres noms cobalt dichloride; cobalt(2+) chloride; cobalt(II) chloride; cobaltous dichloride; dichlorocobalt; NSC 51149
Groupe chimique (Groupe de la LIS) produits chimiques inorganiques définis
Principale classe chimique ou utilisation composés inorganiques contenant du cobalt
Principale sous-classe chimique chlorures
Formule chimique CoCl2
Structure chimique sans objet
SMILES2 sans objet
Masse moléculaire 129,84 g/mol

1National Chemical Inventories (NCI), 2007 : AICS (inventaire des substances chimiques de l'Australie); ASIA-PAC (listes des substances de l'Asie-Pacifique); ECL (liste des substances chimiques existantes de la Corée); EINECS (Inventaire européen des substances chimiques commerciales existantes); ENCS (inventaire des substances chimiques existantes et nouvelles du Japon); NZIoC (inventaire des substances chimiques de la Nouvelle-Zélande); PICCS (inventaire des produits et substances chimiques des Philippines); SWISS (Liste des toxiques 1 et inventaire des nouvelles substances notifiées de la Suisse); TSCA (inventaire des substances chimiques visées par la Toxic Substances Control Act des États-Unis).
2Simplified Molecular Input Line Entry System

Propriétés physiques et chimiques

Le tableau 2 présente les propriétés physiques et chimiques (valeurs expérimentales) du dichlorure de cobalt qui se rapportent à son devenir dans l'environnement.

Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques du dichlorure de cobalt

Propriété Type Valeur Température (oC) Références
État physique expérimental solide température ambiante ATSDR, 2004
Point de fusion (oC) expérimental 724 - ATSDR, 2004
Point d'ébullition (oC) expérimental 1 049 - ATSDR, 2004
Masse volumique (kg/m3) expérimental 3 356 36 ATSDR, 2004
Pression de vapeur (Pa) - probablement négligeable1 - -
Constante de la loi de Henry (Pa m3/mol) - probablement négligeable1 - -
Solubilité dans l'eau (g/L) expérimental 450 7 ATSDR, 2004
Log Koe (coefficient de partage octanol-eau) [sans dimension] sans objet
Log Kco (coefficient de partage carbone organique) [sans dimension] sans objet
Log Ksol-eau (coefficient de partage sol-eau) [sans dimension]2 expérimental 2,16-3,49 - Allison et Allison, 2005; Thibault et al., 1990
Log Kséd. eau (coefficient de partage sédiments-eau) [sans dimension]2 expérimental 2,92-3,48 - Allison et Allison, 2005; Davis et al., 1996
Log Kséd. susp.-eau (coefficient de partage sédiments en suspension-eau) [sans dimension]2 expérimental 4,18-5,78 - Allison et Allison, 2005; Lofts et Tipping, 2000; Rondeau et al., 2005; Gobeil et al., 2005; Chiffoleau et al., 1994

1Basé sur le fait que les ions métalliques exercent une pression partielle nulle et ne manifestent pas de fugacité dans l'air (Diamond et al., 1992).
2Ces coefficients de partage ont été mesurés pour les types de cobalt dissous (Co2+) plutôt que pour le dichlorure de cobalt.

Sources et utilisations

Information concernant l'inscription sur la LIS (1984-1986)

Quantité commercialisée

La quantité déclarée comme ayant été fabriquée, importée ou commercialisée au Canada au cours de l'année civile 1986 est de 213 000 kg.

Nombre de déclarants

Le nombre de déclarants pour les années civiles 1984 à 1986 est de 8.

Codes d'utilisation et description

Des codes d'utilisation de la LIS ont été indiqués pour le dichlorure de cobalt, soit :

02 – Absorbant / adsorbant
05 – Réactif analytique
50 – Produit chimique pour le traitement des déchets ou de l’eau
51 – Fonction autre que celles spécifiées dans les codes 02 à 50
54 – Agriculture : autre
61 – Produits électriques et électroniques
65 – Aliments, aliments pour animaux et boissons
72 – Secteur minier, métaux et non métaux
96 – Transport
97 – Traitement de l’eau et des déchets

Information sur les activités récentes de fabrication et d'importation

On n'a pas obtenu de données sur la fabrication ou l'importation de cette substance au Canada (autres que celles concernant l'inscription sur la LIS, déjà présentées).

Information concernant la santé humaine

Conformément à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], Santé Canada a entrepris la catégorisation des substances figurant sur la Liste intérieure des substances (LIS) pour déterminer celles qui présentent le plus fort risque d'exposition pour les humains et, parmi un sous-ensemble de substances jugées persistantes ou bioaccumulables, celles qui sont aussi intrinsèquement toxiques pour les humains.

Pour bien déterminer les substances de la LIS dont il faut faire en priorité l'évaluation préalable du point de vue de la santé humaine, Santé Canada a élaboré et utilisé deux outils : SimET et SimHaz. SimET est un outil simple de détermination du risque d'exposition qui permet d'établir en fonction de certains critères si une substance présente un plus fort risque d'exposition (PFRE), un risque d'exposition intermédiaire (REI) ou un risque d'exposition plus faible (REPF). SimHaz est un outil simple de détermination du risque pour la santé; il distingue deux niveaux de risque : élevé ou faible.

Information sur l'exposition liée à la santé et provenant du processus de catégorisation des substances de la LIS

SimET – outil simple de détermination du risque d'exposition

Le SimET a été élaboré et utilisé pour déterminer les substances de la LIS jugées présenter le PFRE. Il prend en considération trois éléments d'information :

  • la quantité commercialisée au Canada;
  • le nombre d'entreprises menant des activités commerciales au Canada (le nombre de déclarants);
  • l'évaluation par des experts du risque d'exposition humaine d'après les divers codes d'utilisation fonctionnelle.

Cette méthode, qui a été publiée pour obtenir les commentaires du public en novembre 2003, a permis de déterminer les substances présentant un PFRE, un REI ou un REPF d'après les critères fondés sur la quantité et la nature de l'utilisation (Santé Canada, 2003).

Résultats de l'application du SimET

Il a été jugé que le dichlorure de cobalt présente un REI en se fondant sur l'information concernant l'inscription sur la LIS qui figure à la section « Sources et utilisations ».

Information sur les risques pour la santé provenant du processus de catégorisation des substances de la LIS

SimHaz – outil simple de détermination du risque pour la santé

SimHaz est un outil utilisé pour déterminer, parmi les quelque 23 000 substances inscrites sur la LIS, celles qui présentent un risque élevé ou faible pour la santé humaine d'après des critères rigoureux de la méthode du poids de la preuve ou un examen par des pairs ou encore le consensus d'experts. Cet outil repose sur une vaste compilation des classifications des dangers et des risques par Santé Canada et d'autres organismes, qui ont tenu compte de la rigueur de ces classifications, établies à l'aide de documents fiables sur les méthodes et les critères. Les classifications relatives à la cancérogénicité, à la génotoxicité et à la toxicité pour la reproduction ou le développement ont servi à déterminer les substances qui présentent un risque élevé pour la santé (Santé Canada, 2005).

Résultats de l'application du SimHaz

Il a été jugé que le dichlorure de cobalt présente un risque potentiellement élevé pour la santé humaine à la lumière de sa classification par la Commission européenne en ce qui concerne la cancérogénicité.

La cancérogénicité du dichlorure de cobalt a fait l'objet de la classification suivante :

La Commission européenne a classé le dichlorure de cobalt dans la catégorie 2 pour la cancérogénicité (substances devant être assimilées à des substances cancérogènes pour l’homme) [Commission européenne, 2004a; id., 2004b; ESIS, 2006].

Incertitudes dans l'information concernant la santé humaine

Le SimET et le SimHaz sont des outils robustes permettant de déterminer efficacement les substances de la LIS qui sont considérées comme prioritaires du point de vue de la santé humaine et qui doivent en conséquence faire l'objet d'un examen plus poussé. Ces outils omettent plusieurs éléments qui font normalement partie d'une évaluation des risques pour la santé humaine, notamment la caractérisation complète de l'exposition et du danger, la comparaison des valeurs de l'exposition et du danger ainsi que l'analyse détaillée des incertitudes. Toutefois, comme le dichlorure de cobalt a des propriétés dangereuses, d'après des évaluations fondées sur le poids de la preuve d'autres organismes, et que ces propriétés sont combinées à un risque d'exposition des humains (REI), il y a lieu de procéder en priorité à une évaluation des risques pour la santé au Canada.

Information concernant l'environnement

Les données pertinentes pour une évaluation écologique préalable ont été obtenues avant décembre 2005 dans des publications originales, des rapports de synthèse et des bases de données commerciales et gouvernementales. La modélisation RQSA (relations quantitatives structure-activité) n'a pas été effectuée puisqu'il n'existe aucun modèle acceptable de ce genre pour une grande majorité de substances inorganiques, y compris cette substance.

Rejets, devenir et présence dans l'environnement

Rejets

Aucun renseignement indiquant que le dichlorure de cobalt serait rejeté dans l'environnement au Canada n'a été relevé. Toutefois, comme pour la plupart des éléments du tableau périodique, le cobalt, combiné à d'autres éléments, peut se trouver sous diverses formes dans l'air ambiant, les eaux souterraines, les eaux de surface, les sols et les sédiments. Les concentrations de cobalt dans la croûte terrestre et les rochers se situeraient dans l'intervalle de 0,1 à 110 mg/kg (Reimann et de Caritat, 1998).

Devenir

Solubilité et dissociation

Lorsqu'ils se trouvent dans une solution, les composés métalliques inorganiques vont souvent dissoudre, dissocier et libérer des ions (Environnement Canada, 2003). Le dichlorure de cobalt doit dissoudre, dissocier et libérer des cations Co2+ dans les milieux aquatiques typiques dont le pH varie entre 6 et 8 dans des conditions modérément oxiques (entre 0,4 et 0,7 V environ ou à une valeur d'oxygène dissous supérieure à 4 mg/L). La valeur estimée de la solubilité dans l'eau est très élevée et atteint 450 g/L (tableau 2). Le cation Co2+ est considéré comme la partie préoccupante du dichlorure de cobalt, car il s'agit de l'espèce chimique revêtant une importance toxicologique capitale qui peut être rejetée par cette substance (Environnement Canada, 2003).

Partage

Étant donné la nature des substances métalliques inorganiques, le dichlorure de cobalt ne se prête pas à une analyse de son devenir dans l'environnement fondée sur le log Koe et le log Kco. La modélisation typique de la fugacité ne s'applique pas non plus au dichlorure de cobalt ni aux ions métalliques que cette substance libère quand elle se dissout, parce que, à l'instar des autres substances non volatiles, ces substances exercent une pression partielle nulle et ne manifestent pas de fugacité dans l'air (Diamond et al., 1992). Cependant, on peut caractériser en partie le devenir des métaux dissous au moyen des coefficients de partage, à savoir les coefficients Ksol-eau, Kséd. susp.-eau et Kséd.-eau), qui sont présentés dans le tableau 2.

Comme le dichlorure de cobalt est un solide et que sa pression de vapeur est négligeable, on ne s'attend pas à ce qu'il se retrouve dans l'air. Une fois libéré dans l'eau de surface et les sols humides, le devenir du dichlorure de cobalt dépend de sa solubilité et de sa dissociation dans l'eau (OCDE, 2001), comme il a déjà été mentionné. L'analyse du devenir du cation CO2+ dissocié révèle qu'il peut se transformer et former des complexes dissous avec des ligands dissous dans le milieu aquatique (Tipping, 2002; Schecher et MacAvoy, 1992). On peut trouver, dans les bases de données sur les constantes thermodynamiques, des renseignements sur la combinaison des métaux aux ligands en dissolution (Smith et Martell, 2004; UICPA, 2001), dans l'hypothèse où l'ion métallique et le ligand seraient en équilibre dans l'environnement (Stumm et Morgan, 1996). À cause de la forte tendance à la sorption de ce métal sur les particules solides des milieux aquatiques (tableau 2; Kséd. susp.-eau), une partie importante des formes dissoutes de ce métal se retrouvera dans les sédiments (tableau 2; Kséd.-eau), grâce au dépôt des particules en suspension (Hamilton-Taylor et al., 1984). Les ions métalliques résiduels peuvent alors être assimilés par les organismes aquatiques, comme le posent par hypothèse les modèles qui établissent une relation entre les concentrations de métaux chez les organismes aquatiques et les concentrations de leur environnement (p. ex. le modèle de l'activité des ions libres [Campbell, 1995]; le modèle des ligands biotiques [DiToro et al., 2001; id., 2005]). On s'attend donc à trouver la partie préoccupante rejetée par la dissolution et la dissociation du dichlorure de cobalt (Co2+) dans l'eau, les sédiments et le sol, mais non dans l'atmosphère. À noter que l'on peut aussi retrouver du dichlorure de cobalt non dissous (le composé d'origine) dans les sédiments et les sols humides. Rejeté dans des sols secs, le dichlorure de cobalt demeurera principalement sur place, une partie percolant localement jusque dans les écosystèmes d'eau souterraine ou superficielle quand le sol est trempé par la pluie ou par l'eau de la fonte de la neige ou de la glace. On ne s'attend pas à trouver une quantité importante du composé d'origine solide dans l'eau, étant donné que sa densité est supérieure à celle de l'eau et que sa solubilité dans l'eau est élevée.

Présence dans l'environnement

Aucune donnée de surveillance ayant trait à la présence de cette substance dans les milieux naturels (air, eau, sol et sédiments) n'a encore été relevée. Cependant, on a mesuré des concentrations de cobalt (sous diverses formes chimiques) dans différents milieux naturels canadiens, tels que les eaux de surface (Borgmann et al., 2007; Rondeau et al., 2005), les sols (Reimann et de Caritat, 1998) ainsi que les sédiments des lacs et des cours d'eau (Reimann et de Caritat, 1998; Ressources naturelles Canada, 2006).

Évaluation de la persistance, de la bioaccumulation et de la toxicité intrinsèque

Persistance dans l'environnement

On considère qu'un ion métallique est infiniment persistant parce qu'il ne peut se dégrader davantage. Lorsque cet ion constitue la partie préoccupante d'un composé, sa persistance est imputée au composé d'origine. Ce raisonnement est justifié, car des composés même faiblement solubles libèrent une petite quantité d'ions métalliques dans la solution (Environnement Canada, 2003).

On considère le dichlorure de cobalt comme persistant parce que l'on estime comme infiniment persistante la partie préoccupante du cation Co2+. Le dichlorure de cobalt répond donc aux critères de la persistance énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

Potentiel de bioaccumulation

Dans son état actuel, la science ne permet pas d'interprétation catégorique des diverses mesures de la bioaccumulation (p. ex. des facteurs de bioconcentration, des facteurs de bioaccumulation) en ce qui concerne les substances métalliques inorganiques. On n'évalue donc ces substances que d'après leurs propriétés de toxicité et de persistance (Environnement Canada, 2003). On prévoit que l'évolution des connaissances scientifiques finira par permettre une interprétation plus large du potentiel de bioaccumulation de ces substances.

Effets sur l'environnement

A – Milieu aquatique

Au cours du processus de catégorisation des substances inorganiques de la LIS, la définition de toxicité intrinsèque se basait sur la solubilité du composé d'origine dans l'eau, la stabilité des formes ioniques dissoutes et la toxicité du composé d'origine et de ses constituants, d'après l'interprétation des données des essais biologiques (Environnement Canada, 2003). Ainsi, les substances inorganiques reconnues comme préoccupantes étaient : i) celles dont la solubilité dans l'eau est supérieure ou équivalente à 1,0 mg/L et qui libèrent une partie métallique avec un indice de toxicité aiguë (CL50 ou CE50) estimé inférieur ou équivalent à 1,0 mg/L; ii) celles dont la solubilité dans l'eau est inférieure à 1,0 mg/L et qui libèrent une partie métallique avec un indice de toxicité aiguë (CL50 ou CE50) estimé équivalent ou inférieur à la valeur de la solubilité.

Dans le cadre de la catégorisation et pour l'ensemble des parties métalliques, Environnement Canada a recueilli auprès de sources fiables des données expérimentales sur la toxicité aiguë pour les organismes pélagiques. L'ensemble de données comprenait des études indiquant les paramètres et la durée de l'exposition pour les organismes suivants :

  • algues et plantes aquatiques : CE50 / CL50  pendant 72 ou 96 heures
  • invertébrés : CE50 / CL50 pendant 48 heures
  • vertébrés, y compris poissons et amphibiens : CL50 pendant 96 heures

D'autres durées d'exposition acceptables pour les invertébrés et les vertébrés comprenaient celles qui sont inférieures à 10 p. 100 de la durée de vie des organismes (Environnement Canada, 2003). Avec l'ensemble de données accumulées, on a ensuite généré la distribution de la sensibilité des espèces (DSE). À l'origine, le but était d'utiliser le 5centile de la DSE en tant que valeur déterminante aux fins de la catégorisation. En se fondant sur les données collectées pour les substances inorganiques solubles contenant du cobalt, on a déterminé que la valeur correspondant au 5centile pour le cobalt s'élevait à 0,400 mg/L. Cependant, il est bien établi que la toxicité des métaux dépend du niveau de pH et de la force ionique des milieux externes (DiToro et al., 2001). Par conséquent, les données sur la toxicité qui sont prises en considération dans la DSE peuvent être normalisées en ce qui a trait aux effets du pH, de la force ionique et du carbone organique dissous (ICMM, 2007), en fonction des besoins d'évaluation. Dans le cas du cobalt, la majorité des données trouvées concernait des essais menés sur le dichlorure de cobalt.

En tant qu'importante source de données, Environnement Canada, en partenariat avec l'Institut national de recherche sur les eaux à Burlington (Ontario), a effectué une série d’essais de toxicité sur 63 métaux chez le Hyalella azteca (Borgmann et al., 2005). L'objectif de cette expérience était de comparer la toxicité relative des 63 ions métalliques selon l’hypothèse de la pire éventualité pour ce qui est des propriétés chimiques de l'eau représentant les eaux du Bouclier canadien (10 p. 100 de l'eau du lac Ontario avec une force ionique faible et une faible concentration de carbone organique dissous [COD]). On a également effectué des essais sur les eaux non diluées du lac Ontario. La composition chimique de ces eaux déterminée à partir de 69 échantillons est la suivante : titre hydrotimétrique, 124 mg/L; alcalinité carbonatée, 84 mg/L; Ca, 35 mg/L; Mg, 8,7 mg/L; Na, 13 mg/L; K, 1,6 mg/L; SO4, 32 mg/L; Cl, 25 mg/L; COD, 1,1 mg/L. L'échelle des pH variait entre 6,44 et 8,98. La mise en culture et les essais de toxicité ont été effectués dans une étuve entre 24 et 25 oC sur une photopériode de 16 h lumière et 8 h obscurité (Borgmann et al., 2005). Le tableau 3 présente les résultats de ces deux essais menés avec le cobalt (norme d'absorption atomique).

Tableau 3. Données empiriques sur la toxicité de la partie préoccupante du cobalt pour les organismes aquatiques

Organisme d'essai Type d'essai Type d'eau Paramètre Métal Valeura (mg/L) Références
Hyalella azteca (invertébré) tox. aiguë 10 % provenant du lac Ontario CL50 (7 jours) Co 0,016 Borgmann et al., 2005
lac Ontario 0,060

aConcentration de métal filtrée à 0,45 µm.

À la lumière de ces résultats, la partie préoccupante (Co2+) mesurée sous forme de cobalt dissous est dangereuse pour les organismes aquatiques fragiles à de faibles concentrations (CL50 ≤ 1,0 mg/L), dans des conditions qui sont représentatives des eaux de surface du Canada. Puisque la valeur de la solubilité du dichlorure de cobalt dans l'eau est plus élevée que les valeurs de la toxicité aiguë en milieu aquatique, on peut conclure que la substance présente un potentiel d'effets nocifs pour les organismes aquatiques (Environnement Canada, 2003).

B – Autres milieux

À ce jour, on n'a tenu compte d’aucune étude concernant les effets de la partie métallique préoccupante du cobalt (Co2+) sur l'environnement dans d'autres milieux que l'eau.

Potentiel d'effets nocifs sur l'environnement

Compte tenu de la persistance infinie des cations Co2+ (partie préoccupante libérée par la dissolution du dichlorure de cobalt), le dichlorure de cobalt est lui-même considéré comme une substance persistante au sens du Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000). Bien qu'aucun renseignement ne soit disponible sur les concentrations de dichlorure de cobalt dans les milieux naturels, des données sur les niveaux de concentration d'autres formes de cobalt dans les roches, les eaux de surface, les sols et les sédiments ont été relevées. Les données écotoxicologiques expérimentales indiquent que le dichlorure de cobalt pourrait être nocif pour les organismes aquatiques à des concentrations relativement faibles dans l'eau. Par ailleurs, les renseignements sur les effets potentiels dans d'autres milieux naturels n'ont pas été examinés pour le moment.

Incertitudes dans l'information concernant l'environnement

Ce profil de substance donne un aperçu des incertitudes de l'information concernant l'environnement afin d'attirer l'attention sur les points au sujet desquels il serait particulièrement souhaitable de présenter des données supplémentaires dans le cadre du Défi.

En ce qui a trait à l'écotoxicité, la catégorisation a surtout été axée sur la collecte et la production de données sur la toxicité intrinsèque des substances pour les organismes pélagiques. Or, les possibilités de rejet et le comportement de répartition de cette substance indiquent l'exposition possible d'organismes vivant dans d'autres milieux (sol et sédiments). Aucune donnée relative aux effets possibles sur ces organismes n'a été relevée.

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Évaluation des substances existantes: Défi Profil 7646-79-9

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