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Profil de substance
pour
le Défi
Colophane hydrogénée Numéro de registre du Chemical Abstracts Service 65997-06-0 Environnement Canada Santé Canada Juin 2009 IntroductionLa Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)] (Canada, 1999) a imposé aux ministres de l'Environnement et de la Santé de catégoriser les quelque 23 000 substances figurant sur la Liste intérieure des substances (LIS) pour déterminer :
De plus, la Loi impose aux ministres de faire une évaluation préalable de chaque substance qui répond aux critères de la catégorisation. Cette évaluation comporte une évaluation scientifique des renseignements relatifs à la substance pour déterminer si celle‑ci est toxique au sens de l'article 64 de la LCPE (1999). À partir des résultats de l'évaluation préalable, les ministres peuvent proposer de prendre les mesures suivantes :
En se fondant sur l’information obtenue dans le cadre de la catégorisation, les ministres ont jugé qu’une attention hautement prioritaire devait être accordée à un certain nombre de substances, à savoir :
Il existe actuellement des données suffisantes permettant de déterminer si ces substances sont toxiques au sens de l'article 64 de la LCPE (1999) en se fondant sur l'examen des préoccupations relatives à l'environnement ou à la santé humaine qu'elles suscitent et en se conformant à l'article 76.1 de la Loi qui impose aux ministres d'appliquer la méthode du poids de la preuve et le principe de prudence lorsqu'ils procèdent à une évaluation préalable et en interprètent les résultats. Le 9 décembre 2006, les ministres ont donc publié un avis d'intention dans la Partie I de la Gazette du Canada (Canada, 2006a), dans lequel ils priaient l'industrie et les autres parties intéressées de fournir des renseignements précis qui pourraient servir à étayer l'évaluation des risques, ainsi qu'à élaborer et à évaluer les meilleures pratiques de gestion des risques et de bonne gestion des produits. Les délais pour la présentation de ces renseignements sont indiqués dans la section du présent document intitulée « Le Défi ». On a décidé d'accorder une attention hautement prioritaire à la colophane hydrogénée, car cette substance a été jugée persistante, bioaccumulable et intrinsèquement toxique pour les organismes aquatiques et il semble qu'elle est commercialisée au Canada. Les renseignements techniques concernant la santé humaine et l'environnement, à l'origine des préoccupations suscitées par cette substance, sont donnés dans le présent document. Le DéfiConformément aux dispositions de l'article 76.1 de la LCPE (1999) et en l'absence de renseignements pertinents supplémentaires obtenus en réponse au présent défi, les ministres de l'Environnement et de la Santé sont enclins à conclure, en s'appuyant sur l'évaluation préalable, que la substance considérée répond à la définition d'une substance toxique aux termes de l'article 64 de la Loi. Dans cette perspective, ils prévoient ensuite recommander au gouverneur en conseil que cette substance soit inscrite sur la Liste des substances toxiques de l'annexe 1 de la LCPE (1999), avec l'objectif d'entreprendre l'élaboration de mesures de gestion des risques en tenant compte des considérations socioéconomiques. Ils pourraient toutefois recommander de ne pas l'inscrire sur la Liste des substances toxiques si une autre loi s'avérait plus appropriée que la LCPE (1999) pour contrôler la substance. S'il est déterminé que la substance répond aux critères de la quasi-élimination énoncés au paragraphe 77(4) de la LCPE (1999), les activités de gestion des risques seront axées sur l'objectif d'éliminer le rejet dans l'environnement de toute quantité mesurable de cette substance. En l'absence de renseignements supplémentaires sur les pratiques actuelles de gestion d'une substance qui répond aux critères de la quasi-élimination, des mesures élaborées en fonction de l'hypothèse de la pire éventualité seront proposées. Les mesures de gestion actuellement envisagées comprennent l'interdiction, par règlement, de la fabrication, de l'utilisation, de la vente, de la mise en vente et de l'importation de la substance, sauf pour des activités régies par la Loi sur les produits antiparasitaires (Canada, 2002) ou la Loi sur les aliments et drogues (Canada, 1985). De façon exceptionnelle, les ministres pourront conclure, en se fondant sur l'évaluation préalable, que la substance ne correspond pas à la définition de substance toxique donnée à l'article 64 de la LCPE (1999), en l'absence de renseignements sur la commercialisation de la substance au Canada (sauf si un effet nocif est jugé probable quel que soit le niveau d'exposition). Toutefois, étant donné les propriétés de cette substance, une crainte subsisterait que des utilisations nouvelles non encore relevées ou évaluées en conformité avec la LCPE (1999) pourraient faire en sorte qu'elle réponde aux critères de l'article 64 de la Loi. En conséquence, il serait recommandé que la substance soit assujettie au paragraphe 81(3) de la Loi de sorte que, avant son introduction au Canada, toute activité nouvelle de fabrication, d'importation ou d'utilisation de la substance en une quantité supérieure à 100 kg par année doive être déclarée et que les risques qu'elle présente pour la santé humaine et l'environnement doivent être évalués conformément à l'article 83 de la Loi. Avis donné en vertu de l'article 71Dans le contexte du Défi, le ministre de l'Environnement peut, en vertu de l'article 71 de la LCPE (1999), demander que lui soient communiqués les renseignements jugés nécessaires pour améliorer la prise de décisions. Ces renseignements peuvent servir à déterminer si une substance est effectivement ou potentiellement toxique au sens de l'article 64 de la Loi ou à décider s'il y a lieu de prendre des mesures de contrôle et, dans l'affirmative, à déterminer la nature de celles-ci. Les renseignements exigés au moyen des avis peuvent porter notamment sur la quantité de la substance importée, fabriquée, utilisée ou rejetée, ainsi que sur les concentrations, les fournisseurs, les clients et les types d'utilisation. L'avis donné en vertu de l'article 71 et les conseils prodigués pour y répondre sont présentés sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). On peut aussi les obtenir en communiquant avec la personne-ressource mentionnée plus loin. Présentation de données supplémentaires pour l'évaluation préalableLes ministres de l'Environnement et de la Santé souhaitent maintenant que leur soient communiqués les renseignements supplémentaires à considérer au moment de l'évaluation préalable de cette substance. Les données décrites dans les paragraphes qui suivent sont considérées comme étant très pertinentes, mais les autres renseignements reçus seront également pris en considération. Données sur la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes Dans le cadre du processus de catégorisation exigé par la LCPE (1999), les données expérimentales disponibles sur la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes ont été recueillies jusqu'en décembre 2005. En l'absence de données expérimentales acceptables, des relations quantitatives structure-activité (RQSA) ou des données sur des analogues ont été utilisées pour combler les lacunes. Comme la préférence est accordée aux données expérimentales, les parties intéressées sont invitées à faire état des données expérimentales pertinentes, nouvelles ou complémentaires sur la persistance, la bioaccumulation et le potentiel de toxicité de la substance chez des organismes dans différents milieux naturels (air, eau, sédiments et sol). Elles peuvent aussi en présenter sur les propriétés physiques et chimiques prises en considération dans les modèles RQSA. Les efforts à cet égard devraient être axés sur les paramètres pour lesquels il n'existe pas déjà de données expérimentales de qualité, comme l'indique l'information résumée dans les sections intitulées « Information concernant l'environnement » et « Propriétés physiques et chimiques » du présent document. Comme les données fournies seront évaluées en fonction de leur exhaustivité et de leur rigueur, il est recommandé que les parties intéressées suivent les indications de la section 8, sur les protocoles d'essai et les méthodes de rechange, des Directives pour la déclaration et les essais de substances nouvelles : substances chimiques et polymères (Environnement Canada, 2006). Données sur la toxicité de la substance pour les humains Dans le cadre du processus de catégorisation, les substances d'intérêt prioritaire pour la santé ont été déterminées à l'aide de l'outil simple de détermination du risque pour la santé, qui a établi un risque élevé pour ces substances d'après les classifications relatives à la cancérogénicité, à la génotoxicité et à la toxicité pour la reproduction ou le développement. Les classifications utilisées émanent d'organismes nationaux et internationaux et s'appliquent à de grands nombres de substances. Elles ont été établies en fonction de paramètres précis en s'appuyant sur des examens initiaux et analyses critiques des données, des évaluations du poids de la preuve et des examens approfondis par des pairs. Afin d'éclairer l'évaluation préalable, les parties intéressées sont invitées à présenter des renseignements nouveaux ou supplémentaires, obtenus dans le cadre d'études expérimentales pertinentes, sur la toxicité de la substance pour les humains. Les renseignements fournis en réponse à l'avis donné en vertu de l'article 71 et les renseignements supplémentaires communiqués sur les utilisations actuelles et les mesures de contrôle existantes (voir la section suivante) seront également pris en considération au cours de la caractérisation du risque d'exposition. Les réponses à cette partie du Défi pour la substance doivent parvenir à l'adresse mentionnée ci-après d'ici la date indiquée sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca ). Présentation de données supplémentaires sur les utilisations actuelles et les mesures de contrôle existantesEn vue du choix de l’approche de gestion des risques, les ministres de l'Environnement et de la Santé souhaitent recevoir des renseignements supplémentaires jugés utiles par les parties intéressées concernant la portée et la nature de la gestion ou de la bonne gestion des substances énumérées dans le Défi. Les organisations qui pourraient souhaiter fournir des renseignements supplémentaires en réponse à cette invitation sont notamment celles qui fabriquent, importent, exportent ou utilisent la substance seule ou comprise dans un mélange, un produit ou un article manufacturé. Les renseignements supplémentaires recherchés concernent les aspects suivants :
Il existe un questionnaire pouvant servir de modèle détaillé pour la présentation de ces renseignements et un document d'orientation pour aider à le remplir. Les parties intéressées sont invitées à transmettre les renseignements supplémentaires dont elles disposent tout en tenant compte du fait que les questions figurant dans le questionnaire ne sont pas nécessairement toutes pertinentes selon la substance, l’utilisation ou le secteur industriel considéré. Le questionnaire et le document d'orientation connexe sont présentés sur le site Web du gouvernement du Canada relativement aux substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). On peut aussi les obtenir en communiquant avec la personne-ressource mentionnée ci-après. Les réponses à cette partie du Défi pour la substance doivent parvenir à l’adresse mentionnée ci-après d’ici la date indiquée sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). Demande de documents et communication des renseignementsLes demandes de documents et de directives, de même que les renseignements communiqués en réponse au Défi, doivent être adressées au coordonnateur des enquêtes sur la LIS dont les coordonnées suivent. Coordonnateur des enquêtes sur la LIS Identité de la substanceAux fins du présent document, la substance est appelée colophane hydrogénée, appellation tirée du nom dans la LIS. Tableau 1. Identité de la substance –colophane hydrogénée
1National Chemical Inventories (NCI), 2007 : AICS (inventaire des substances chimiques de l'Australie); ASIA-PAC (listes des substances de l'Asie-Pacifique); ECL (liste des substances chimiques existantes de la Corée); EINECS (Inventaire européen des substances chimiques commerciales existantes); ENCS (inventaire des substances chimiques existantes et nouvelles du Japon); PICCS (inventaire des produits et substances chimiques des Philippines); NZIoC (inventaire des substances chimiques de la Nouvelle-Zélande); TSCA (inventaire des substances chimiques visées par la Toxic Substances Control Act des États-Unis). Propriétés physiques et chimiquesLe tableau 2 présente les propriétés physiques et chimiques (valeurs modélisées) de la colophane hydrogénée qui se rapportent à son devenir dans l'environnement. Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques de la colophane hydrogénée
1Les valeurs et les unités présentées entre parenthèses sont celles indiquées à l'origine par les auteurs ou estimées à l'aide des modèles. Sources et utilisationsInformation concernant l'inscription sur la LIS (1984-1986)Quantité commercialisée La quantité déclarée comme ayant été fabriquée, importée ou commercialisée au Canada au cours de l'année civile 1986 est de 1 000 000 à 10 000 000 kg. Nombre de déclarants Le nombre de déclarants pour les années civiles 1984 à 1986 est de 12. Codes d'utilisation et description Des codes d'utilisation de la LIS ont été indiqués pour la colophane hydrogénée, soit : 04 – Adhésif / liant / matériau d'étanchéité / bouche-pores Information sur les activités récentes de fabrication et d'importationUne enquête menée récemment auprès de l'industrie par le truchement d'un avis, qui a été publié dans la Gazette du Canada conformément à l'article 71 de la LCPE (1999), a fourni des renseignements pour l'année 2005 (Canada, 2006b). Comme le précisait cet avis, elle visait à recueillir des données sur la fabrication et l'importation de la substance au Canada. Au total, 15 entreprises ont déclaré avoir importé cette substance : dix entreprises ont indiqué une quantité située entre 100 et 1 000 kg par an, trois entreprises ont importé entre 1 001 et 100 000 kg par an et deux entreprises ont déclaré une quantité supérieure à 10 000 kg par an. De plus, dix entreprises canadiennes ont indiqué un intérêt pour cette substance. Une entreprise étrangère a volontairement déclaré l'exportation de cette substance au Canada en une quantité variant de 1 001 à 100 000 kg par an. Cette entreprise a défini ses activités commerciales dans le secteur de la fabrication d'adhésifs, de colles et de composés de calfeutrage principalement. Ailleurs, la colophane hydrogénée a été reconnue comme substance chimique produite en grande quantité dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, 2004) et aux États-Unis (U.S. EPA, 2009), et par le Conseil international des associations chimiques (ICCA, 2005). D'après les renseignements fournis par l'Agence de protection de l’environnement des États-Unis, l'importation et la production de la colophane hydrogénée en 1986 étaient situées entre 45 000 et 226 000 tonnes (de 100 à 500 millions de livres). En 1990 et 1994, l'importation et la production ont baissé à une quantité variant de 4 500 à 23 000 tonnes (de 10 à 50 millions de livres); la quantité augmenta temporairement en 1998 pour se situer entre 25 000 et 50 000 tonnes (de 50 à 100 millions de livres), puis atteindre de nouveau 4 500 à 23 000 tonnes (de 10 à 50 millions de livres) en 2002 (U.S. EPA, 2009). Information concernant la santé humaineConformément à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], Santé Canada a entrepris la catégorisation des substances figurant sur la Liste intérieure des substances (LIS) pour déterminer celles qui présentent le plus fort risque d'exposition pour les humains et, parmi un sous-ensemble de substances jugées persistantes ou bioaccumulables, celles qui sont aussi intrinsèquement toxiques pour les humains. Pour bien déterminer les substances de la LIS dont il faut faire en priorité l'évaluation préalable du point de vue de la santé humaine, Santé Canada a élaboré et utilisé deux outils : SimET et SimHaz. SimET est un outil simple de détermination du risque d'exposition qui permet d'établir en fonction de certains critères si une substance présente un plus fort risque d'exposition (PFRE), un risque d'exposition intermédiaire (REI) ou un risque d'exposition plus faible (REPF). SimHaz est un outil simple de détermination du risque pour la santé; il distingue deux niveaux de risque : élevé ou faible. Information sur l'exposition liée à la santé et provenant du processus de catégorisation des substances de la LISSimET – outil simple de détermination du risque d'exposition Le SimET a été élaboré et utilisé pour déterminer les substances de la LIS jugées présenter le PFRE. Il prend en considération trois éléments d'information :
Cette méthode, qui a été publiée pour obtenir les commentaires du public en novembre 2003, a permis de déterminer les substances présentant un PFRE, un REI ou un REPF d'après les critères fondés sur la quantité et la nature de l'utilisation (Santé Canada, 2003). Résultats de l'application du SimET Il a été jugé que la colophane hydrogénée présente un PFRE en se fondant sur l'information concernant l'inscription sur la LIS qui figure à la section « Source et utilisations ». Information sur les risques pour la santé provenant du processus de catégorisation des substances de la LISSimHaz – outil simple de détermination du risque pour la santé SimHaz est un outil utilisé pour déterminer, parmi les quelque 23 000 substances inscrites sur la LIS, celles qui présentent un risque élevé ou faible pour la santé humaine d'après des critères rigoureux de la méthode du poids de la preuve ou un examen par des pairs ou encore le consensus d'experts. Cet outil repose sur une vaste compilation des classifications des dangers et des risques par Santé Canada et d'autres organismes, qui ont tenu compte de la rigueur de ces classifications, établies à l'aide de documents fiables sur les méthodes et les critères. Les classifications relatives à la cancérogénicité, à la génotoxicité et à la toxicité pour la reproduction ou le développement ont servi à déterminer les substances qui présentent un risque élevé pour la santé (Santé Canada, 2005). Résultats de l'application du SimHaz La colophane hydrogénée ne répond pas aux critères de risque élevé du SimHaz, car elle n'a pas été classée comme substance présentant un danger ou un risque par les organismes dont les classifications sont prises en compte dans cet outil. Incertitudes dans l'information concernant la santé humaineLe SimET et le SimHaz sont des outils robustes permettant de déterminer efficacement les substances de la LIS qui sont considérées comme prioritaires du point de vue de la santé humaine et qui doivent en conséquence faire l'objet d'un examen plus poussé. Ces outils omettent plusieurs éléments qui font normalement partie d'une évaluation des risques pour la santé humaine, notamment la caractérisation complète de l'exposition et du danger, la comparaison des valeurs de l'exposition et du danger ainsi que l'analyse détaillée des incertitudes. Information concernant l'environnementLes données pertinentes pour une évaluation écologique préalable ont été obtenues avant décembre 2005 dans des publications originales, des rapports de synthèse et des bases de données commerciales et gouvernementales. Les propriétés et les caractéristiques de la substance peuvent aussi avoir été estimées à l'aide de modèles de relation quantitative structure-activité (RQSA). L'information présentée ici n'a pas été mise à jour pour tenir compte des méthodes de prévision ou des données empiriques les plus récentes. Des données expérimentales fiables sur l'écotoxicité et le devenir environnemental ne sont disponibles que pour moins de 5 p. 100 des UVCB sur la LIS. On estime que des données modélisées seront peut-être produites pour environ 60 à 70 p. 100 des UVCB. Faute des données expérimentales et modélisées pour tous les UVCB sur la LIS, une méthode d'évaluation par catégorie a été élaborée afin de réunir par petits groupes des substances présentant des propriétés structurelles ou physiques et chimiques semblables. L'écotoxicité et le devenir environnemental des différentes substances au sein de tels sous-groupes devraient s'avérer relativement similaires. Par conséquent, lorsque des données (qu'elles soient expérimentales ou modélisées) étaient disponibles pour des substances du sous-groupe, elles ont été utilisées pour déterminer les profils de persistance, de bioaccumulation et de toxicité intrinsèque de l'ensemble du sous-groupe. Ainsi, une méthode d'évaluation par catégorie a été utilisée pour leur catégorisation. Rejets, devenir et présence dans l'environnementRejets Aucun renseignement indiquant que la colophane hydrogénée serait rejetée dans l'environnement n'a été relevé. Devenir La colophane hydrogénée se caractérise par une solubilité dans l'eau négligeable (0,06 mg/L), une pression de vapeur modérée ou faible (1,5 × 10-4 Pa) ainsi qu’un log Kco (4,34) et une constante de la loi de Henry (0,78 Pa·m3/mol) élevés. Par conséquent, sa répartition entre les différents milieux (air, sol, sédiments et eau) pourrait être importante, selon le milieu où elle est rejetée et l'influence d'autres processus intervenant dans le devenir, comme l'advection et la dégradation. Le modèle de fugacité de niveau III confirme que si la substance était rejetée à parts égales dans les trois principaux milieux naturels (air, eau et sol), elle se répartirait surtout dans le sol et les sédiments (voir le tableau 3), où elle serait persistante (voir les tableaux 4a et 4b, section « Persistance dans l'environnement »). Tableau 3. Résultats de la modélisation de la fugacité de niveau III (EPIWIN, 2004)
En cas de rejet dans l'air, une petite quantité de la colophane hydrogénée demeurerait dans ce milieu (voir le tableau 3). D'après les valeurs de la pression de vapeur Si la colophane hydrogénée était rejetée dans l'eau, elle devrait s'adsorber fortement sur les matières en suspension et les sédiments étant donné la valeur élevée estimée du log Kco (~ 4,34). La volatilisation à partir de la surface de l'eau devrait être un processus important de son devenir d'après la constante estimée de la loi de Henry. Par conséquent, si l'eau était le milieu récepteur, cette substance devrait surtout se répartir dans les sédiments et, dans une certaine mesure, demeurer dans l'eau (voir les tableaux 3 et 4a). Si la colophane hydrogénée était rejetée dans le sol, son adsorption sur place devrait être élevée (la substance devrait être immobile) d'après la valeur estimée du log Kco (4,34). La volatilisation à partir des surfaces de sol humides serait un processus peu important dans le devenir de cette substance d'après la constante estimée de la loi de Henry. En raison de sa pression de vapeur, la substance pourrait cependant se volatiliser légèrement à partir des surfaces de sol sèches. Par conséquent, si elle était libérée dans le sol, elle demeurerait principalement dans ce milieu, comme le montrent les résultats de la modélisation de la fugacité de niveau III (tableau 3). Présence dans l'environnementAucune donnée de surveillance ayant trait à la présence de cette substance dans les milieux naturels (air, eau, sol et sédiments) n'a encore été relevée. Évaluation de la persistance, de la bioaccumulation et de la toxicité intrinsèquePersistance dans l’environnement Une méthode d'évaluation par catégorie a été élaborée pour la catégorisation en vue de maximiser l'utilisation de données limitées pour la colophane hydrogénée et d'autres acides qui sont classés comme UVCB. D'après le modèle de fugacité de niveau III, la substance se répartirait principalement dans le sol, les sédiments, l'eau et l'air (voir le tableau 3). Une fois libérée dans l’environnement, elle y serait relativement persistante, surtout dans l'eau, le sol et les sédiments (voir les tableaux 4a et 4b). Le tableau 4a présente les données empiriques sur la biodégradation qui indiquent la biodégradation de 1 p. 100 de la substance en 28 jours dans un essai de biodégradation rapide. (Kelly, 2002). La demi-vie dans l'eau serait donc supérieure à 182 jours (6 mois) et, en conséquence, la substance est considérée comme persistante dans ce milieu. Tableau 4a. Données empiriques sur la persistance
Puisque l'on ne dispose que d'un résultat expérimental sur la dégradation de la colophane hydrogénée, une méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA (Environnement Canada, 2007) a aussi été utilisée avec les modèles de la dégradation indiqués dans le tableau 4b. Tableau 4b. Données modélisées sur la persistance
1Non disponible : Il a été impossible d'estimer la vitesse d'hydrolyse de ce composé; en conséquence, l'hydrolyse n'a pas été prise en considération dans la détermination de sa persistance. Dans l'air, la demi-vie prévue par oxydation atmosphérique de 0,365 jour (voir le tableau 4b) indique que cette substance devrait s'oxyder rapidement. Elle ne devrait pas réagir dans l'atmosphère avec d'autres espèces photooxydantes, comme O3. Des réactions avec des radicaux hydroxyles devraient donc constituer le plus important processus régissant son devenir dans l’atmosphère. Sa demi-vie de 0,365 jour, résultant des réactions avec ces radicaux, permet d'affirmer que la colophane hydrogénée n'est pas persistante dans l'air. Dans l'eau, en s'appuyant sur les valeurs modélisées et empiriques de la probabilité de dégradation (voir les tableaux 4a et 4b) et en appliquant la méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA, on peut conclure que la demi-vie de dégradation de la substance est d’au moins 182 jours. Elle est donc considérée comme persistante dans ce milieu. D'après les valeurs calculées de la demi-vie dans le sol et les sédiments (tableau 4b), on peut conclure que la colophane hydrogénée devrait être persistante dans ces milieux. Les données empiriques et modélisées (voir les tableaux 4a et 4b) montrent que la colophane hydrogénée répond aux critères de la persistance dans l'eau, le sol et les sédiments(demi-vie dans le sol et l'eau ≥ 182 jours et demi-vie dans les sédiments ≥ 365 jours)énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000), mais non à ceux de la persistance dans l'air (demi-vie ³ 2 jours) en vertu de ce règlement. De plus, le potentiel de transport à grande distance (PTGD) de la colophane hydrogénéeà partir de son point de rejet dans l'air est estimé faible si l'on se fonde sur la prévision du modèle du tableau 4c. Le modèle TaPL3 a été utilisé pour estimer la distance de transport caractéristique, définie comme la distance maximale parcourue par 63 p. 100 de la substance ou, à l'inverse, la distance au-delà de laquelle 37 p. 100 de la substance peut se déplacer. Beyer et al. (2000) ont proposé de considérer le PTGD comme étant élevé si la distance de transport caractéristique est supérieure à 2 000 km, moyen si elle est de 700 à 2 000 km et faible si elle est inférieure à 700 km. Selon le résultat du tableau 4c, cette substance ne devrait pas atteindre des lieux éloignés de ses sources d'émission. Tableau 4c. Distance de transport caractéristique modélisée
Potentiel de bioaccumulation La valeur modélisée du log Koe (4,34) de la colophane hydrogénée semble indiquer que cette substance est bioaccumulable dans les organismes (voir le tableau 2). Faute de données expérimentales sur le facteur de bioaccumulation (FBA) ou le facteur de bioconcentration (FBC) de la colophane hydrogénée, une méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA (Environnement Canada, 2007) a été utilisée avec les modèles du FBA et du FBC indiqués dans le tableau 5. Comme on ne disposait pas de données sur le métabolisme de cette substance, on n'en a pas tenu compte dans les modèles du FBA. Le modèle modifié du FBA de Gobas pour le niveau trophique intermédiaire chez les poissons a estimé le FBA à 2 005 856 L/kg, ce qui indique un potentiel de bioconcentration et de bioamplification dans l'environnement. Les valeurs du FBC calculées à l'aide de modèles confirment, aux fins de l'établissement du poids de la preuve, le potentiel de bioconcentration élevé de cette substance. Tableau 5. Données modélisées sur la bioaccumulation
Selon la méthode du poids de la preuve, le HRPE répond au critère de la bioaccumulation (FBC ou FBA ≥ 5 000) du Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000). Effets sur l'environnementA – Milieu aquatique En l'absence de données expérimentales concernant la toxicité de cette substance pour les organismes aquatiques, des données modélisées ont été utilisées pour estimer la toxicité potentielle. Le tableau 6 présente les prévisions de l'écotoxicité qui ont été jugées fiables et qui ont été utilisées avec la méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA (Environnement Canada, 2007). Tableau 6. Données modélisées sur la toxicité pour les organismes aquatiques
1CL50 – Concentration d’une substance qu’on estime létale pour 50 % des organismes d’essai Une gamme de prévisions de la toxicité en milieu aquatique a été obtenue à l'aide de modèles RQSA. Ces résultats indiquent que la substance pourrait être très dangereuse pour les organismes aquatiques (CL50 ou CE50 aiguës ≤ 1,0 mg/L) B –Autres milieux On n'a trouvé aucune étude concernant les effets de cette substance sur l'environnement dans d'autres milieux que l'eau. Potentiel d'effets nocifs sur l'environnement L'existence d'éléments démontrant qu'une substance est fortement persistante et bioaccumulable au sens du Règlement sur la persistance et la bioaccumulation de la LCPE (1999) [Canada, 2000], conjuguée avec la possibilité de rejet ou de formation dans l'environnement et avec le potentiel de toxicité pour des organismes, constitue une forte indication que la substance peut pénétrer dans l'environnement dans des conditions de nature à avoir des effets nocifs à long terme. Les substances persistantes demeurent longtemps dans l'environnement après y avoir été rejetées, ce qui accroît l'ampleur et la durée possibles de l'exposition. Celles dont la demi-vie dans les milieux mobiles (air et eau) est longue et qui sont sujettes à se répartir en proportions appréciables dans ces milieux peuvent causer une contamination étendue. Le rejet de faibles quantités de substances bioaccumulables peut donner lieu à des concentrations internes élevées chez les organismes exposés. Les substances fortement bioaccumulables et persistantes sont particulièrement préoccupantes en raison de la bioamplification possible dans les réseaux trophiques, ce qui peut entraîner une exposition interne très élevée en particulier chez les prédateurs des niveaux trophiques supérieurs. D'après les renseignements obtenus jusqu'à présent, les volumes relativement élevés des importations de la colophane hydrogénée au Canada, de même que ses utilisations de type dispersif, indiquent la possibilité de rejets dans l'environnement au pays. Une fois dans l’environnement, cette substance demeurerait longtemps dans l'eau, les sédiments et le sol à cause de sa résistance à la dégradation. Vu sa persistance dans l'environnement et son caractère lipophile, elle serait probablement bioaccumulée et pourrait être bioamplifiée dans les chaînes trophiques. Il a aussi été démontré que cette substance pouvait présenter une toxicité relativement élevée pour les organismes aquatiques. Tous ces éléments portent à croire que la colophane hydrogénée pourrait avoir des effets nocifs sur l'environnement au Canada. Incertitudes dans l'information concernant l'environnementCe profil de substance donne un aperçu des incertitudes de l'information concernant l'environnement afin d'attirer l'attention sur les points au sujet desquels il serait particulièrement souhaitable de présenter des données supplémentaires dans le cadre du Défi. Les lacunes dans les données expérimentales ont été en grande partie comblées à l'aide de RQSA au cours de la catégorisation. Malgré certaines incertitudes liées à l'utilisation de modèles RQSA pour l'estimation des caractéristiques chimiques et biologiques, les méthodes employées ont permis d'interpréter convenablement l'information et de déterminer les substances auxquelles il faut accorder une attention prioritaire. Dans le cas de la colophane hydrogénée, comme on ne disposait pas de données expérimentales sur l'écotoxicité et la bioaccumulation au cours de la catégorisation, des modèles RQSA ont été utilisés pour estimer ces caractéristiques. En outre, les valeurs de toutes les propriétés physiques et chimiques clés (log Koe, solubilité dans l'eau et constante de la loi de Henry) qui sont prises en considération par ces modèles ont aussi dû être estimées. En ce qui a trait à l'écotoxicité, la catégorisation a surtout été axée sur la collecte et la production de données sur la toxicité intrinsèque des substances pour les organismes pélagiques. Or, les possibilités de rejet et le comportement de répartition de cette substance indiquent l'exposition possible d'organismes vivant dans d'autres milieux (air, sol et sédiments). Aucune donnée relative aux effets possibles sur ces organismes n'a été relevée. Références[AIES] Artificial Intelligence Expert System. 2003-2005. Version 1.25. Ottawa (Ont.) : Environnement Canada. Modèle élaboré par Stephen Niculescu. Disponible auprès de la Division des substances existantes et de la Division des substances nouvelles, Environnement Canada, Ottawa, K1A 0H3. 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Accès : www.epa.gov/oppt/exposure/pubs/episuite.htm Avis : Bien que l’on ait veillé à ce que l’information fournie sur ce site Web reflète les exigences prévues dans la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), veuillez noter qu’en cas de différend, les documents juridiques, publiés dans la Gazette du Canada, auront préséance. |
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