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Programme d'évaluation des substances d'intérêt prioritaire
Programme LIS
Article 75
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Profil de substance pour le Défi
Diuron

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service
330-54-1


Environnement Canada
Santé Canada

Juin 2009

Introduction

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)] (Canada, 1999) a imposé aux ministres de l'Environnement et de la Santé de catégoriser les quelque 23 000 substances figurant sur la Liste intérieure des substances (LIS) pour déterminer :

  • celles qui sont considérées comme persistantes ou bioaccumulables, selon les critères énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000), et intrinsèquement toxiques pour les humains ou d'autres organismes;
  • celles qui présentent, pour les particuliers au Canada, le plus fort risque d'exposition (PFRE).

De plus, la Loi impose aux ministres de faire une évaluation préalable de chaque substance qui répond aux critères de la catégorisation. Cette évaluation comporte une évaluation scientifique des renseignements relatifs à la substance pour déterminer si celle-ci est toxique au sens de l'article 64 de la LCPE (1999). À partir des résultats de l'évaluation préalable, les ministres peuvent proposer de prendre les mesures suivantes :

  • ne rien faire à l'égard de la substance;
  • l'inscrire sur la Liste des substances d'intérêt prioritaire en vue d'une évaluation plus détaillée;
  • recommander son inscription sur la Liste des substances toxiques de l'annexe 1 de la Loi et, s'il y a lieu, la quasi-élimination de ses rejets dans l'environnement.

En se fondant sur l’information obtenue dans le cadre de la catégorisation, les ministres ont jugé qu’une attention hautement prioritaire devait être accordée à un certain nombre de substances, à savoir :

  • celles qui répondent à tous les critères environnementaux de la catégorisation, notamment la persistance, le potentiel de bioaccumulation et la toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques (PBTi), et qui sont commercialisées ou présentent un intérêt commercial au Canada;
  • celles qui répondent aux critères de la catégorisation pour le PFRE ou qui présentent un risque d'exposition intermédiaire (REI) et qui ont été jugées particulièrement dangereuses pour la santé humaine à la lumière des renseignements obtenus concernant leur cancérogénicité, leur génotoxicité ou leur toxicité pour le développement ou la reproduction.

Il existe actuellement des données suffisantes permettant de déterminer si ces substances sont toxiques au sens de l'article 64 de la LCPE (1999) en se fondant sur l'examen des préoccupations relatives à l'environnement ou à la santé humaine qu'elles suscitent et en se conformant à l'article 76.1 de la Loi qui impose aux ministres d'appliquer la méthode du poids de la preuve et le principe de prudence lorsqu'ils procèdent à une évaluation préalable et en interprètent les résultats.

Le 9 décembre 2006, les ministres ont donc publié un avis d'intention dans la Partie I de la Gazette du Canada (Canada, 2006), dans lequel ils priaient l'industrie et les autres parties intéressées de fournir des renseignements précis qui pourraient servir à étayer l'évaluation des risques, ainsi qu'à élaborer et à évaluer les meilleures pratiques de gestion des risques et de bonne gestion des produits. Les délais pour la présentation de ces renseignements sont indiqués dans la section du présent document intitulée « Le Défi ».

On a décidé d'accorder une attention hautement prioritaire au diuron, car le risque d'exposition des Canadiens à cette substance a été jugé intermédiaire et le risque qu'elle présente pour la santé humaine est considéré comme élevé. Les renseignements techniques concernant la santé humaine et l'environnement, à l'origine des préoccupations suscitées par cette substance, sont donnés dans le présent document.

Le Défi

Conformément aux dispositions de l'article 76.1 de la LCPE (1999) et en l'absence de renseignements pertinents supplémentaires obtenus en réponse au présent défi, les ministres de l'Environnement et de la Santé sont enclins à conclure, en s'appuyant sur l'évaluation préalable, que la substance considérée répond à la définition d'une substance toxique aux termes de l'article 64 de la Loi. Dans cette perspective, ils prévoient ensuite recommander au gouverneur en conseil que cette substance soit inscrite sur la Liste des substances toxiques de l'annexe 1 de la LCPE (1999), avec l'objectif d'entreprendre l'élaboration de mesures de gestion des risques en tenant compte des considérations socioéconomiques. Ils pourraient toutefois recommander de ne pas l'inscrire sur la Liste des substances toxiques si une autre loi s'avérait plus appropriée que la LCPE (1999) pour contrôler la substance.

S'il est déterminé que la substance répond aux critères de la quasi-élimination énoncés au paragraphe 77(4) de la LCPE (1999), les activités de gestion des risques seront axées sur l'objectif d'éliminer le rejet dans l'environnement de toute quantité mesurable de cette substance.

En l'absence de renseignements supplémentaires sur les pratiques actuelles de gestion d'une substance qui répond aux critères de la quasi-élimination, des mesures élaborées en fonction de l'hypothèse de la pire éventualité seront proposées. Les mesures de gestion actuellement envisagées comprennent l'interdiction, par règlement, de la fabrication, de l'utilisation, de la vente, de la mise en vente et de l'importation de la substance, sauf pour des activités régies par la Loi sur les produits antiparasitaires (Canada, 2002) ou la Loi sur les aliments et drogues (Canada, 1985).

De façon exceptionnelle, les ministres pourront conclure, en se fondant sur l'évaluation préalable, que la substance ne correspond pas à la définition de substance toxique donnée à l'article 64 de la LCPE (1999), en l'absence de renseignements sur la commercialisation de la substance au Canada (sauf si un effet nocif est jugé probable quel que soit le niveau d'exposition). Toutefois, étant donné les propriétés de cette substance, une crainte subsisterait que des utilisations nouvelles non encore relevées ou évaluées en conformité avec la LCPE (1999) pourraient faire en sorte qu'elle réponde aux critères de l'article 64 de la Loi. En conséquence, il serait recommandé que la substance soit assujettie au paragraphe 81(3) de la Loi de sorte que, avant son introduction au Canada, toute activité nouvelle de fabrication, d'importation ou d'utilisation de la substance en une quantité supérieure à 100 kg par année doive être déclarée et que les risques qu'elle présente pour la santé humaine et l'environnement doivent être évalués conformément à l'article 83 de la Loi.

Avis donné en vertu de l'article 71

Dans le contexte du Défi, le ministre de l'Environnement peut, en vertu de l'article 71 de la LCPE (1999), demander que lui soient communiqués les renseignements jugés nécessaires pour améliorer la prise de décisions. Ces renseignements peuvent servir à déterminer si une substance est effectivement ou potentiellement toxique au sens de l'article 64 de la Loi ou à décider s'il y a lieu de prendre des mesures de contrôle et, dans l'affirmative, à déterminer la nature de celles-ci.

Les renseignements exigés au moyen des avis peuvent porter notamment sur la quantité de la substance importée, fabriquée, utilisée ou rejetée, ainsi que sur les concentrations, les fournisseurs, les clients et les types d'utilisation.

L'avis donné en vertu de l'article 71 et les conseils prodigués pour y répondre sont présentés sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). On peut aussi les obtenir en communiquant avec la personne-ressource mentionnée plus loin.

Présentation de données supplémentaires pour l'évaluation préalable

Les ministres de l'Environnement et de la Santé souhaitent maintenant que leur soient communiqués les renseignements supplémentaires à considérer au moment de l'évaluation préalable de cette substance. Les données décrites dans les paragraphes qui suivent sont considérées comme étant très pertinentes, mais les autres renseignements reçus seront également pris en considération.

Données sur la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes

Dans le cadre du processus de catégorisation exigé par la LCPE (1999), les données expérimentales disponibles sur la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes ont été recueillies jusqu'en décembre 2005. En l'absence de données expérimentales acceptables, des relations quantitatives structure-activité (RQSA) ou des données sur des analogues ont été utilisées pour combler les lacunes.

Comme la préférence est accordée aux données expérimentales, les parties intéressées sont invitées à faire état des données expérimentales pertinentes, nouvelles ou complémentaires sur la persistance, la bioaccumulation et le potentiel de toxicité de la substance chez des organismes dans différents milieux naturels (air, eau, sédiments et sol). Elles peuvent aussi en présenter sur les propriétés physiques et chimiques prises en considération dans les modèles RQSA. Les efforts à cet égard devraient être axés sur les paramètres pour lesquels il n'existe pas déjà de données expérimentales de qualité, comme l'indique l'information résumée dans les sections intitulées « Information concernant l'environnement » et « Propriétés physiques et chimiques » du présent document.

Comme les données fournies seront évaluées en fonction de leur exhaustivité et de leur rigueur, il est recommandé que les parties intéressées suivent les indications de la section 8, sur les protocoles d'essai et les méthodes de rechange, des Directives pour la déclaration et les essais de substances nouvelles : substances chimiques et polymères (Environnement Canada, 2006).

Données sur la toxicité de la substance pour les humains

Dans le cadre du processus de catégorisation, les substances d'intérêt prioritaire pour la santé ont été déterminées à l'aide de l'outil simple de détermination du risque pour la santé, qui a établi un risque élevé pour ces substances d'après les classifications relatives à la cancérogénicité, à la génotoxicité et à la toxicité pour la reproduction ou le développement. Les classifications utilisées émanent d'organismes nationaux et internationaux et s'appliquent à de grands nombres de substances. Elles ont été établies en fonction de paramètres précis en s'appuyant sur des examens initiaux et analyses critiques des données, des évaluations du poids de la preuve et des examens approfondis par des pairs. Afin d'éclairer l'évaluation préalable, les parties intéressées sont invitées à présenter des renseignements nouveaux ou supplémentaires, obtenus dans le cadre d'études expérimentales pertinentes, sur la toxicité de la substance pour les humains.

Les renseignements fournis en réponse à l'avis donné en vertu de l'article 71 et les renseignements supplémentaires communiqués sur les utilisations actuelles et les mesures de contrôle existantes (voir la section suivante) seront également pris en considération au cours de la caractérisation du risque d'exposition.

Les réponses à cette partie du Défi pour la substance doivent parvenir à l'adresse mentionnée ci-après d'ici la date indiquée sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca).

Présentation de données supplémentaires sur les utilisations actuelles et les mesures de contrôle existantes

En vue du choix de l’approche de gestion des risques, les ministres de l'Environnement et de la Santé souhaitent recevoir des renseignements supplémentaires jugés utiles par les parties intéressées concernant la portée et la nature de la gestion ou de la bonne gestion des substances énumérées dans le Défi.

Les organisations qui pourraient souhaiter fournir des renseignements supplémentaires en réponse à cette invitation sont notamment celles qui fabriquent, importent, exportent ou utilisent la substance seule ou comprise dans un mélange, un produit ou un article manufacturé.

Les renseignements supplémentaires recherchés concernent les aspects suivants :

  • les quantités importées, fabriquées ou utilisées;
  • les caractéristiques des utilisations de la substance et des produits;
  • les rejets dans l'environnement et la gestion des déversements;
  • les mesures actuelles et potentielles visant la gestion des risques et la bonne gestion des produits;
  • les programmes législatifs ou réglementaires actuels de contrôle et de gestion de la substance;
  • l'information d'intérêt pour la réalisation d'une étude d'impact de la réglementation.

Il existe un questionnaire pouvant servir de modèle détaillé pour la présentation de ces renseignements et un document d'orientation pour aider à le remplir. Les parties intéressées sont invitées à transmettre les renseignements supplémentaires dont elles disposent tout en tenant compte du fait que les questions figurant dans le questionnaire ne sont pas nécessairement toutes pertinentes selon la substance, l’utilisation ou le secteur industriel considéré.

Le questionnaire et le document d'orientation connexe sont présentés sur le site Web du gouvernement du Canada relativement aux substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca). On peut aussi les obtenir en communiquant avec la personne-ressource mentionnée ci-après.

Les réponses à cette partie du Défi pour la substance doivent parvenir à l’adresse mentionnée ci-après d’ici la date indiquée sur le site Web du gouvernement du Canada portant sur les substances chimiques (www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca).

Demande de documents et communication des renseignements

Les demandes de documents et de directives, de même que les renseignements communiqués en réponse au Défi, doivent être adressées au coordonnateur des enquêtes sur la LIS dont les coordonnées suivent.

Coordonnateur des enquêtes sur la LIS
Édifice Fontaine, 8e étage
200, boulevard Sacré-Cœur
Gatineau (Québec) K1A 0H3
Téléphone : 1-888-228-0530 ou 819-956-9313
Télécopieur : 1-800-410-4314 ou 819-953-4936
Courriel : DSL.surveyco@ec.gc.ca

Identité de la substance

Nom de la substance

Aux fins du présent document, la substance est appelée diuron, appellation tirée des inventaires (LIS, EINECS, ENCS, SWISS et PICCS).  

Tableau 1. Identité de la substance – diuron

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service (no CAS) 330-54-1
Nom dans la LIS diuron
Noms relevés dans les National Chemical Inventories (NCI)1 urea, N'-(3,4-dichlorophenyl)-N,N-dimethyl- (TSCA, ENCS, PICCS, ASIA-PAC, NZIoC); diuron  (EINECS, ENCS, SWISS, PICCS); 3-(3,4-dichlorophenyl)-1,1-dimethylurea (ENCS); DCMU (ENCS); urea, N'-(3,4-dichlorophenyl)-N,N-dimethyl- (AICS); N'-(3,4-dichlorophenyl)-N,N-dimethyl urea (ECL); urea, N'-(3,4-dichlorophenyl)-N,N-dimethyl- (SWISS); N'-3,4-DICHLOROPHENYL N,N-DIMETHYLUREA (PICCS); 3-(3,4-DICHLOROPHENYL)-1,1-DIMETHYL UREA (PICCS); (3-(3,4-DICHLOROPHENYL)-1,1-DIMETHYL UREA (PICCS); 1,1-DIMETHYL-3-(3,4-DICHLOROPHENYL)UREA (PICCS);
Autres noms 1-(3,4-dichlorophenyl)-3,3-dimethylurea; Dairon; DCMC; DCMU 9; DCMU 99; Direx; Dironet; Dironzol; Diuron Nortox; DMU; DP Hardener 95; Duran; Dyhard UR 200; Herbatox; HRT Dinron; HW 920; Karmax; Karmex; Karmex D; Karmex Diuron Herbicide; Karmex DW; Lucenit; Marmer; N'-(3,4-dichlorophrnyl)-N,N-dimethylurea; N,N-dimethyl-N'-(3,4-dichlorophenyl)urea; N-(3,4-dichlorophenyl)-N',N'-dimethylurea; NSC 8950; Preventol A 6; Telvar Diuron Weed Killer; urea, 3-(3,4-dichlorophenyl)-1,1-dimethyl-urea
Groupe chimique (Groupe de la LIS) produits chimiques organiques définis
Principale classe chimique ou utilisation amines
Principale sous-classe chimique amines tertiaires, amines aliphatiques, anilines, amines aromatiques secondaires
Formule chimique C9H10Cl2N2O
Structure chimique Structure Chimique 330-54-1
SMILES2 O=C(N(C)C)Nc(ccc(c1Cl)Cl)c1
Masse moléculaire 233,1 g/mol

1National Chemical Inventories (NCI), 2007 : AICS (inventaire des substances chimiques de l’Australie); ASIA-PAC (listes des substances de l’Asie-Pacifique); ECL (liste des substances chimiques existantes de la Corée); EINECS (Inventaire européen des substances chimiques commerciales existantes); ENCS (inventaire des substances chimiques existantes et nouvelles du Japon); NZIoC (inventaire des substances chimiques de la Nouvelle-Zélande); PICCS (inventaire des produits et substances chimiques des Philippines); SWISS (Liste des toxiques 1 et inventaire des nouvelles substances notifiées de la Suisse); TSCA (inventaire des substances chimiques visées par la Toxic Substances Control Act des États-Unis).
2Simplified Molecular Input Linear Entry System

Propriétés physiques et chimiques

Le tableau 2 présente les données physiques et chimiques (valeurs expérimentales et modélisées) du diuron qui se rapportent à son devenir dans l'environnement.

Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques du diuron

Propriété Type Valeur1 Température (oC) Références
Point de fusion (oC) expérimental 158    PhysProp, 2008
157   ESIS, 2008
modélisé 126,39    MPBPWIN, 2000
Point d'ébullition (oC) modélisé 353,86   MPBPWIN, 2000
Masse volumique (kg/m3) expérimental ~ 450   ESIS, 2008
Pression de vapeur (Pa) expérimental 3,6 × 10-4
(2,7 × 10-6 mm Hg)
  Jury et al., 1983
2,3 × 10-7
(0,0000000023 hPa)
20 ESIS, 2008
modélisé 6,2 × 10-4  
(4,65 x 10-6 mm Hg)
  MPBPWIN, 2000
Constante de la loi de Henry (Pa·m3/mol) expérimental 0,273
(2,7 × 10-6 atm·m3/mol)
  PhysProp, 2008
modélisé 5,40 × 10-5
(5,329 × 10-10 atm·m3/mol)
  HENRYWIN, 2000
Log Koe (coefficient de partage octanol‑eau) [sans dimension] expérimental 2,77   Howard, 1991
2,68   Hansch et al., 1995
2,82 20 ESIS, 2008
modélisé 2,67   KOWWIN, 2000
Log Kco (coefficient de partage carbone organique-eau) [sans dimension] modélisé 2,134   PCKOCWIN, 2000
Solubilité dans l'eau (mg/L) expérimental 42 15-25 Tomlin, 1994
35 (0,035 g/L) 20 ESIS, 2008
modélisé 150,6   WSKOWWIN, 2000

1Les valeurs et les unités présentées entre parenthèses sont celles indiquées à l'origine par les auteurs ou estimées à l'aide des modèles.

Sources et utilisations

Information concernant l'inscription sur la LIS (1984-1986)

Quantité commercialisée

La quantité déclarée comme ayant été fabriquée, importée ou commercialisée au Canada au cours de l'année civile 1986 est de 1 010 000 kg.

Nombre de déclarants

Le nombre de déclarants pour les années civiles 1984 à 1986 est de 6.

Codes d'utilisation et description

Des codes d'utilisation de la LIS ont été indiqués pour le diuron, soit :

08 – Catalyseur / accélérateur / initiateur / activateur
21 – Composant de formulation
29 – Agent oxydant
34 – Additif de polymérisation
51 – Fonction autre que celles spécifiées dans les codes 02 à 50
56 – Industrie de l’automobile, de l’aviation et industrie navale
76 – Produits chimiques organiques : industriels

Information sur les activités récentes de fabrication et d'importation

On n'a pas obtenu de données sur la fabrication ou l'importation de cette substance au Canada (autres que celles concernant l'inscription sur la LIS, déjà présentées).

Ailleurs, le diuron a été reconnu comme substance chimique produite en grande quantité dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, 2004) et de l'Union européenne (ESIS, 2006). Aux États-Unis, la production de diuron a été déclarée aux termes de l'Inventory Update Reporting pour les années suivantes : 1990, 1994 et 1998, dans des quantités variant de 455 à 4 540 tonnes (de un à dix millions de livres), de 0,23 à 455 tonnes (500 livres à 1 million de livres) et de 455 à 4 540 tonnes (de un à dix millions de livres) respectivement (U.S. EPA, 2007).

Information concernant la santé humaine

Conformément à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], Santé Canada a entrepris la catégorisation des substances figurant sur la Liste intérieure des substances (LIS) pour déterminer celles qui présentent le plus fort risque d'exposition pour les humains et, parmi un sous-ensemble de substances jugées persistantes ou bioaccumulables, celles qui sont aussi intrinsèquement toxiques pour les humains.

Pour bien déterminer les substances de la LIS dont il faut faire en priorité l'évaluation préalable du point de vue de la santé humaine, Santé Canada a élaboré et utilisé deux outils : SimET et SimHaz. SimET est un outil simple de détermination du risque d'exposition qui permet d'établir en fonction de certains critères si une substance présente un plus fort risque d'exposition (PFRE), un risque d'exposition intermédiaire (REI) ou un risque d'exposition plus faible (REPF). SimHaz est un outil simple de détermination du risque pour la santé; il distingue deux niveaux de risque : élevé ou faible.

Information sur l'exposition liée à la santé et provenant du processus de catégorisation des substances de la LIS

SimET – outil simple de détermination du risque d'exposition

Le SimET a été élaboré et utilisé pour déterminer les substances de la LIS jugées présenter le PFRE. Il prend en considération trois éléments d'information :

  • la quantité commercialisée au Canada;
  • le nombre d'entreprises menant des activités commerciales au Canada (le nombre de déclarants);
  • l'évaluation par des experts du risque d'exposition humaine d'après les divers codes d'utilisation fonctionnelle.

Cette méthode, qui a été publiée pour obtenir les commentaires du public en novembre 2003, a permis de déterminer les substances présentant un PFRE, un REI ou un REPF d'après les critères fondés sur la quantité et la nature de l'utilisation (Santé Canada, 2003).

Résultats de l'application du SimET

Il a été jugé que le diuron présente un REI en se fondant sur l'information concernant l'inscription sur la LIS qui figure à la section « Sources et utilisations ».

Information sur les risques pour la santé provenant du processus de catégorisation des substances de la LIS

SimHaz – outil simple de détermination du risque pour la santé

SimHaz est un outil utilisé pour déterminer, parmi les quelque 23 000 substances inscrites sur la LIS, celles qui présentent un risque élevé ou faible pour la santé humaine d'après des critères rigoureux de la méthode du poids de la preuve ou un examen par des pairs ou encore le consensus d'experts. Cet outil repose sur une vaste compilation des classifications des dangers et des risques par Santé Canada et d'autres organismes, qui ont tenu compte de la rigueur de ces classifications, établies à l'aide de documents fiables sur les méthodes et les critères. Les classifications relatives à la cancérogénicité, à la génotoxicité et à la toxicité pour la reproduction ou le développement ont servi à déterminer les substances qui présentent un risque élevé pour la santé (Santé Canada, 2005).

Résultats de l'application du SimHaz

Il a été jugé que le diuron présente un risque élevé pour la santé humaine à la lumière de sa classification par la Commission européenne en ce qui concerne la cancérogénicité.

La cancérogénicité du diuron a fait l'objet de la classification suivante :

La Commission européenne a classé le diuron dans la catégorie 3 pour la cancérogénicité (substances préoccupantes pour l'homme en raison d'effets cancérogènes possibles) [Commission européenne, 2000, 2001; ESIS, 2006].

Incertitudes dans l'information concernant la santé humaine

Le SimET et le SimHaz sont des outils robustes permettant de déterminer efficacement les substances de la LIS qui sont considérées comme prioritaires du point de vue de la santé humaine et qui doivent en conséquence faire l'objet d'un examen plus poussé. Ces outils omettent plusieurs éléments qui font normalement partie d'une évaluation des risques pour la santé humaine, notamment la caractérisation complète de l'exposition et du danger, la comparaison des valeurs de l'exposition et du danger ainsi que l'analyse détaillée des incertitudes. Toutefois, comme le diuron a des propriétés dangereuses, d'après des évaluations fondées sur le poids de la preuve d'autres organismes, et que ces propriétés sont combinées à un risque d'exposition des humains (REI), il y a lieu de procéder en priorité à une évaluation des risques pour la santé au Canada.

Information concernant l'environnement

Les données pertinentes pour une évaluation écologique préalable ont été obtenues avant décembre 2005 dans des publications originales, des rapports de synthèse et des bases de données commerciales et gouvernementales. Les propriétés et les caractéristiques de la substance peuvent aussi avoir été estimées à l'aide de modèles de relation quantitative structure-activité (RQSA). L'information présentée ici n'a pas été mise à jour pour tenir compte des méthodes de prévision ou des données empiriques les plus récentes.

Rejets, devenir et présence dans l'environnement

Rejets

Aucun renseignement indiquant que le diuron serait rejeté dans l'environnement au Canada n'a été relevé.

Aux États-Unis, les rejets totaux de diuron ont été déclarés dans le cadre du Toxics Release Inventory (TRI) et classés comme des éliminations ou autres rejets sur place ou encore comme des éliminations ou autres rejets hors site (U.S. EPA, 2008). Les éliminations ou autres rejets sur place incluent les émissions atmosphériques, les rejets dans les plans d'eau, l'élimination dans le sol depuis l'installation et l'élimination dans les puits souterrains. Les éliminations ou autres rejets hors site sont définis comme le rejet d'un produit chimique toxique dans l'environnement qui se produit lorsqu'une installation retire du site un déchet contenant un produit chimique inscrit au TRI afin qu'il soit éliminé ou rejeté autrement. Les éliminations ou autres rejets de diuron sur place ou hors site déclarés par les installations de toutes les industries pour l'année de déclaration 2006 au TRI étaient de 365 kg (804 lb) et 114 kg (250 lb), respectivement. En résumé, les éliminations ou autres rejets totaux sur place ou hors site s’élevaient à 478 kg (1 054 lb).

Devenir

Le diuron se caractérise par une solubilité dans l'eau modérée (42 mg/L) et par une pression de vapeur (3,6 × 10-4 Pa) et un log Kco (2,134) faibles, ce qui porte à croire que la substance pourrait être mobile dans l'eau, le sol et les sédiments. La constante de la loi de Henry (0,273 Pa m3/mol) semble indiquer que la volatilisation à partir des eaux mouvantes peu profondes pourrait être rapide. Par conséquent, sa répartition entre les phases solides et aqueuses pourrait être importante, selon le milieu où elle est rejetée et l'influence d'autres processus intervenant dans le devenir, comme l'advection et la dégradation.

Le modèle de fugacité de niveau III confirme que si la substance était rejetée à parts égales dans les trois principaux milieux naturels (air, eau et sol), elle se répartirait surtout dans le sol et l'eau (voir le tableau 3), où elle serait persistante (voir les tableaux 4a et 4b, section « Persistance dans l'environnement »).

Tableau 3. Résultats de la modélisation de la fugacité de niveau III (EPIWIN, 2004) 

  Pourcentage de la substance répartie dans chaque milieu
Rejet de la substance dans : Air Eau Sol Sédiments
- l'air (100 %) 0,01 5,26 94,7 0,06
- l’eau (100 %) 0 98,9 0 1,14
- le sol (100 %) 0 2,74 97,2 0,03
- l'air, l'eau et le sol (33 % chacun) 0 14,6 85,3 0,17

En cas de rejet dans l'air, une quantité négligeable de diuron demeurerait dans ce milieu (voir le tableau 4). D'après les valeurs expérimentales faibles de la pression de vapeur
(10-7 à 10-4 Pa; voir le tableau 2) et de la constante de la loi de Henry (0,273 Pa·m3/mol), cette substance est non volatile. Par conséquent, si elle n'était rejetée que dans l'air, sa répartition dans ce milieu serait faible; les deux principaux milieux dans lesquels elle se répartirait serait le sol (94,7 %) et, dans une moindre mesure, l'eau (5,26 %; voir le tableau 3).

Si le diuron était rejeté dans l'eau, il ne devrait pas s'adsorber sur les matières en suspension et les sédiments étant donné la valeur faible estimée du log Kco (2,134). La volatilisation à partir de la surface de l'eau devrait être un processus peu important dans le devenir de cette substance d'après les valeurs expérimentale et modélisée de la constante de la loi de Henry. Par conséquent, si l'eau était le milieu récepteur, cette substance devrait surtout demeurer dans ce milieu et, dans une moindre mesure, se répartir dans les sédiments (voir le tableau 3).

Si le diuron était rejeté dans le sol, son adsorption sur place devrait être modérée, d'après la valeur estimée du log Kco. La volatilisation à partir des surfaces de sol humides serait un processus peu important dans le devenir de cette substance d'après les valeurs expérimentale et estimée de la constante de la loi de Henry. En raison de sa pression de vapeur, la substance pourrait cependant se volatiliser légèrement à partir des surfaces de sol sèches. Par conséquent, si elle était libérée dans le sol, elle se répartirait dans le sol et l'eau, comme le montrent les résultats de la modélisation de la fugacité de niveau III (voir le tableau 3).

Présence dans l'environnement

Aucune donnée de surveillance ayant trait à la présence de cette substance dans les milieux naturels (air, eau, sol et sédiments) n'a encore été relevée.

Évaluation de la persistance, de la bioaccumulation et de la toxicité intrinsèque

Persistance dans l'environnement

D'après le modèle de fugacité de niveau III, la substance se répartirait principalement dans l'eau et le sol (voir le tableau 3). Une fois libérée dans l’environnement, elle y serait relativement persistante, surtout dans l'eau, le sol et les sédiments (voir les tableaux 4a et 4b).

Le tableau 4a présente les données empiriques sur la biodégradation qui indiquent la biodégradation de 0 p. 100 de la substance en 28 jours dans un essai de biodégradation rapide. La demi-vie dans l'eau serait donc supérieure à 182 jours (6 mois) et, en conséquence, la substance est considérée comme persistante dans ce milieu.

La demi-vie dans l'eau du diuron (≥ 182 jours) a été utilisée pour extrapoler la demi-vie dans le sol et les sédiments à l'aide des facteurs de Boething et al. (1995) selon la formule suivante : t1/2 eau : t1/2 sol : t1/2 sédiments = 1 : 1 : 4. Ainsi, les demi-vies résultantes dans le sol et les sédiments sont supérieures ou égales à 182 jours et à 365 jours respectivement.

Tableau  4a. Données empiriques sur la persistance

Milieu Processus du devenir Valeur pour la dégradation Paramètre / Unité Références
Eau biodégradation 0 biodégradation, % MITI, 1992

En raison du peu de données expérimentales sur la dégradation du diuron, une méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA (Environnement Canada, 2007) a aussi été utilisée avec les modèles de la dégradation indiqués dans le tableau 4b.

Dans l'air, la demi-vie prévue par oxydation atmosphérique de 0,9834 jour (voir le tableau 4b) indique que cette substance devrait s'oxyder rapidement. Elle ne devrait pas réagir dans l'atmosphère avec d'autres espèces photooxydantes, comme O3. Des réactions avec des radicaux hydroxyles devraient donc constituer le plus important processus régissant son devenir dans l'atmosphère. Sa demi-vie de 0,98 jour, résultant des réactions avec ces radicaux, permet de conclure que le diuron n'est pas persistant dans l'air.

De plus, les résultats modélisés mettent en évidence une preuve contradictoire relativement à la biodégradation du diuron. Les probabilités modélisées plus particulièrement, qui ont été obtenues à l'aide des modèles TOPKAT 2004 et BIOWIN 2000 (MITI Non-linear Probability), indiquent que cette substance n'est pas biodégradable. Toutefois, les résultats obtenus pour la demi-vie de biodégradation à l'aide du modèle BIOWIN 2000 (Ultimate Survey) révèlent une demi-vie de 37,5 jours.

Le poids de la preuve issu des données empiriques disponibles sur la biodégradation du diuron a été finalement pris en compte dans la conclusion relative au potentiel de persistance de cette substance.

Tableau 4b. Données modélisées sur la persistance

Milieu Processus du devenir Valeur pour la dégradation Paramètre / Unité Références
Air oxydation atm. 0,9834 demi-vie, jours AOPWIN, 2000
Air réaction avec l'ozone pas de réaction demi-vie, jours AOPWIN, 2000
Eau biodégradation 37,5 demi-vie, jours BIOWIN, 2000, Ultimate survey
Eau biodégradation 0,0142 probabilité BIOWIN, 2000, MITI Non-linear Probability
Eau biodégradation 0 probabilité TOPKAT, 2004
Eau hydrolyse non disponible1

1Non disponible : Il a été impossible d'estimer la vitesse d'hydrolyse de ce composé; en conséquence, l'hydrolyse n'a pas été prise en considération dans la détermination de sa persistance.

Les données empiriques et modélisées (voir les tableaux 4a et 4b) montrent que le diuron répond aux critères de la persistance dans l'eau, le sol et les sédiments (demi-vie dans le sol et l'eau ≥ 182 jours et demi-vie dans les sédiments ≥ 365 jours) énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000), mais non à ceux de la persistance dans l'air (demi-vie ≥ 2 jours) en vertu de ce règlement.

Potentiel de bioaccumulation

Le potentiel de bioaccumulation du diuron a été déterminé à partir des données expérimentales à l'aide du facteur de bioconcentration (FBC), en utilisant deux espèces de poissons, la tête‑de‑boule et la carpe. Les résultats du FBC sont repris dans le tableau 5a ci-dessous. Concernant la tête-de-boule, le FBC était de 2, tandis que pour la carpe, les résultats du FBC variaient de moins de 2,9 à 14. Ces résultats indiquent que le diuron n'a pas de potentiel de bioaccumulation évident dans ces deux espèces de poisson.

Tableau 5a. Données modélisées sur la bioaccumulation

Organisme d'essai Paramètre Valeur en poids humide (L/kg) Références
Tête-de-boule FBC 2,0 Call et al., 1987
Carpe (Cyprinus carpio) FBC 3,4-4,9 NITE, 1992
< 2,9-14

En raison du peu de données expérimentales sur le facteur de bioaccumulation (FBA) ou le FBC du diuron, une méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA (Environnement Canada, 2007) a été utilisée avec les modèles du FBA et du FBC indiqués dans le tableau 5b.

De plus, le potentiel métabolique de la substance a été déterminé à partir des données expérimentales sur le FBC (tableau 5a). Il a ensuite servi à calculer les valeurs du FBA et du FBC de Gobas à l’aide des RQSA.

Le modèle modifié du FBA de Gobas pour le niveau trophique intermédiaire chez les poissons a estimé le FBA à 1,933 L/kg, ce qui indique que le diuron n'a pas de potentiel de bioconcentration et de bioamplification dans l'environnement. Les valeurs du FBC calculées à l'aide de modèles confirment, aux fins de l'établissement du poids de la preuve, le faible potentiel de bioconcentration de cette substance.

Tableau 5b. Données modélisées sur la bioaccumulation

Organisme d'essai Paramètre Valeur en poids humide (L/kg) Références
Poissons FBA 1,933 Arnot et Gobas, 2003
Poissons FBC 1,938 Arnot et Gobas, 2003
Poissons FBC 137,04 OASIS Forecast, 2005
Poissons FBC 23,121 BCFWIN, 2000

Selon la méthode du poids de la preuve, le diuron ne répond pas au critère de la bioaccumulation (FBC ou FBA ≥ 5 000) du Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

Effets sur l'environnement

A – Milieu aquatique

Des données expérimentales indiquent que le diuron a des effets nocifs chez les organismes aquatiques à des concentrations relativement faibles. Bien que des estimations modélisées de la toxicité de cette substance pour les organismes aquatiques aient été réalisées, elles ne sont pas présentées étant donné les nombreuses données expérimentales disponibles (voir le tableau 6).

Tableau 6. Données empiriques sur la toxicité pour les organismes aquatiques

Organisme d'essai Type d'essai Paramètre Valeur (mg/L) Références
Algues vertes tox. aiguë
(96 heures)
CE501 0,0024* U.S. EPA, 2004
tox. aiguë
(72 heures)
0,04 Schäfer et al., 1994
0,036
tox. aiguë
(24 heures)
CSEO2 0,004 Schäfer et al., 1994
0,007
0,01
Diatomée tox. aiguë
(240 heures)
CE50 0,01 U.S. EPA, 2004
Gammare (Gammarus fasciatus) tox. aiguë
(96 heures)
CL503 0,16 Johnson et Finley, 1980
Perle tox. aiguë
(96 heures)
CL50 1,2 Johnson et Finley, 1980
Cloporte aquatique tox. aiguë
(96 heures)
CL50 15,5 Johnson et Finley, 1980
Cladocère (D. pulex, espèce Simocephalus, D. magna) tox. aiguë
(48 heures)
CE50 1,4 Johnson et Finley, 1980
2,0
8,4 U.S. EPA, 2004
Huître de l'est (Crassostrea virginica) tox. aiguë
(96 heures)
CE50 4,8 U.S. EPA, 2004
Truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) tox. aiguë
(96 heures)
CL50 4,9 Johnson et Finley, 1980
16
1,95 U.S. EPA, 2004
19,6
23,8
Touladi (Salvelinus namaycush) tox. aiguë
(96 heures)
CL50 2,7 U.S. EPA, 2004
Mené tête-de-mouton (Cyprinodon variegates) tox. aiguë
(96 heures)
CL50 6,7 U.S. EPA, 2004
Truite fardée (Oncorhynchus clarki) tox. aiguë
(96 heures)
CL50 1,4 Johnson et Finley, 1980
Tête-de-boule (Pimephales promelas) tox. aiguë
(96 heures)
CL50 14,2 U.S. EPA, 2004
Crapet arlequin (Lepomis macrochirus) tox. aiguë
(96 heures)
CL50 3,2 U.S. EPA, 2004
84
300
8,2 Johnson et Finley, 1980

*Valeur déterminante pour la toxicité intrinsèque aux fins de la catégorisation.
1CE50 – Concentration d'une substance qu'on estime susceptible de causer un effet sublétal toxique chez 50 % des organismes d'essai.
2CSEO – Concentration sans effet observé, soit la concentration la plus élevée ne causant pas d'effet statistiquement significatif par rapport au groupe témoin dans un essai de toxicité.
3LC50 – Concentration d'une substance qu'on estime létale pour 50 % des organismes d'essai.

Les données empiriques indiquent que la substance cause des effets nocifs chez les organismes aquatiques à des concentrations relativement faibles (CL50ou CE50 aiguës ≤ 1,0 mg/L). Une gamme de valeurs relatives à la toxicité en milieu aquatique a été obtenue pour plusieurs espèces aquatiques, y compris les vertébrés et les invertébrés. Les données obtenues sont résumées dans le tableau 6 ci-dessous. En bref, les valeurs de la CE50, de la CL50 et de la CSEO liées à la toxicité du diuron pour les organismes aquatiques varient de 0,0024 à 15,5 mg/L pour les invertébrés; la substance présente donc une toxicité allant d'élevée à modérée. Concernant les vertébrés, toutes les valeurs de la CE50 et de la CL50 entrent dans la fourchette comprise entre 1,4 et 84 mg/L, à l'exception d'une valeur déclarée relativement à la CL50 qui indique une faible toxicité (300 mg/L).

Enfin, si l'on tient compte du poids de la preuve issu des données empiriques, on peut conclure que la substance est très dangereuse pour les organismes aquatiques à des concentrations relativement faibles (CL50 aiguë ≤ 1,0 mg/L).

B – Autres milieux

On n'a trouvé aucune étude acceptable concernant les effets de cette substance sur l'environnement dans d'autres milieux que l'eau.

Potentiel d'effets nocifs sur l'environnement

D'après les renseignements disponibles, le diuron est persistant dans l'environnement et n'est pas bioaccumulable selon les critères énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000). On n'a pas encore obtenu de renseignements sur les concentrations de cette substance dans l'environnement. Toutefois, les données écotoxicologiques expérimentales indiquent que le diuron pourrait être nocif pour les organismes aquatiques à des concentrations relativement faibles dans l'eau. Aucune information sur les effets potentiels dans d'autres milieux naturels n'a été relevée.

Incertitudes dans l'information concernant l'environnement

Ce profil de substance donne un aperçu des incertitudes de l'information concernant l'environnement afin d'attirer l'attention sur les points au sujet desquels il serait particulièrement souhaitable de présenter des données supplémentaires dans le cadre du Défi.

Les lacunes dans les données expérimentales ont été en grande partie comblées à l'aide de RQSA au cours de la catégorisation. Malgré certaines incertitudes liées à l'utilisation de modèles RQSA pour l'estimation des caractéristiques chimiques et biologiques, les méthodes employées ont permis d'interpréter convenablement l'information et de déterminer les substances auxquelles il faut accorder une attention prioritaire. Dans le cas du diuron, comme on ne disposait que d'un nombre limité de données expérimentales sur la dégradation et la bioaccumulation au cours de la catégorisation, des modèles RQSA ont été utilisés pour estimer ces caractéristiques. En outre, les valeurs de certaines propriétés physiques ou chimiques clés (log Kco) ont aussi du être estimées.

En ce qui a trait à l'écotoxicité, la catégorisation a surtout été axée sur la collecte et la production de données sur la toxicité intrinsèque des substances pour les organismes pélagiques. Or, les possibilités de rejet et le comportement de répartition de cette substance indiquent l'exposition possible d'organismes vivant dans d'autres milieux (air, sol et sédiments). Un nombre très limité de données relatives aux effets possibles sur ces organismes ont été relevées.

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Évaluation des substances existantes: Défi Profil 330-54-1

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