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Le Saint-Laurent et le réchauffement climatique

Selon certains experts, une augmentation de température de 2 à 4 °C pourrait réduire de 24 % les débits moyens sortants du lac Ontario, la principale source du Saint-Laurent. Une telle diminution du débit pourrait causer une baisse du niveau de 1 mètre à certains endroits du Saint-Laurent.

Photo : Coucher de soleil à Petit Matane

En réalité, la région des Grands Lacs a connu un réchauffement de 0,7 °C entre 1985 et 1991. Cette hausse des températures s’est traduite par une diminution du débit à la sortie des Grands Lacs et, par conséquent, du niveau d’eau dans le tronçon fluvial et l’estuaire fluvial du Saint-Laurent.

Illustration : Débit du Saint-Laurent à Sorel entre décembre 1932 et décembre 2001

Source : Bouchard et Morin, 2000.

Depuis les années 30, l’étude des statistiques des débits révèle des épisodes de faibles débits à tous les 30 ans environ, entrecoupés d’épisodes de plus forts débits pouvant atteindre plus de 20 000 m3/s.

Dans les prochaines années, si le réchauffement climatique se poursuit, on pourrait constater...

  • une progression du littoral jumelée à l’assèchement des terres humides;
  • une baisse de la qualité de l’eau due, notamment, à une moins grande dilution des polluants;
  • une hausse de la teneur en matières en suspension si la charge sédimentaire demeurait la même et une diminution de la pénétration de la lumière;
  • un déplacement des zones de sédimentation temporaire et permanente.

« D'après les chercheurs, la température moyenne dans le bassin des Grands Lacs pourrait monter d'environ 4,5 °C d'ici l'an 2055, et l'accroissement de la température serait plus marqué en hiver qu'en été. La hausse des taux d'évaporation et la perte d'humidité des sols se traduiraient par une réduction du ruissellement, et le niveau de l'eau dans les Grands Lacs pourrait, en moyenne, baisser de 0,5 m à 1,0 m, selon les scénarios types. Le débit sortant du fleuve Saint-Laurent pourrait subir une réduction allant jusqu'à 20 % » (Vulnérabilité de l’eau au changement climatique, 2004).

Glaces sur le fleuve

Alors qu’une baisse des niveaux est anticipée dans la partie amont du Saint-Laurent, une hausse des niveaux serait prévue en aval, soit à partir du moyen estuaire jusqu’au golfe. En effet, la fonte des zones glaciaires et l’expansion thermique des masses océaniques, provoquées par un réchauffement climatique, entraîneraient une hausse des niveaux en aval.

 

Érosion des rives sur la Côte-Nord

Les prévisions fixent les hausses de niveaux des océans entre 20 et 95 cm par rapport aux niveaux actuels (IPCC, 1995, cité dans Loiselle et al., 1997). Selon ces prévisions, la distribution des courants serait modifiée, et l’érosion des rives serait accentuée à cause de l’empiétement des eaux sur les plages et le littoral à la suite de la formation de zones d’inondation temporaire et permanente. De plus, on s’attend à une remontée de l’eau salée à l’embouchure des rivières et à sa pénétration dans les nappes phréatiques.

 

Documentation

Bouchard, A. et J. Morin. 2000. Reconstitution des débits du fleuve Saint-Laurent entre 1932 et 1998. Environnement Canada – Région du Québec, Service météorologique du Canada, Monitoring et Technologies, Section Hydrologie. Rapport technique RT-101, 71 pages.

Loiselle, C., G. R. Fortin, S. Lorrain et M. Pelletier. 1997. Le Saint-Laurent : Dynamique et contamination des sédiments. Environnement Canada – Région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent, 127 pages.

Morin, J. et A. Bouchard. 2000. Les bases de la modélisation du tronçon Montréal–Trois-Rivières. Environnement Canada – Région du Québec, Service météorologique du Canada, Section Hydrométrie, Sainte-Foy. Rapport scientifique RS-100, 56 pages.

Morin, J. et J.-P. Côté. 2003. « Modifications anthropiques sur 150 ans au lac Saint-Pierre : une fenêtre sur les transformations de l’écosystème du Saint-Laurent ». VertigO – La revue électronique en sciences de l'environnement, 4 (3) : 132-141.