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Les lacs fluviaux du Saint-Laurent

Dans la partie québécoise du tronçon fluvial du Saint-Laurent, on retrouve trois étendues d’eau libre dont la superficie est suffisamment importante pour les considérer comme des lacs, mais dont l’écoulement est typique d’un fleuve. On les appelle lacs fluviaux. De l’amont vers l’aval, on rencontre le lac Saint-François, le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre.

Lacs fluviaux du Saint-Laurent

Lac Saint-François

Premier élargissement du Saint-Laurent, le lac Saint-François est partagé entre le Québec et l’Ontario. Environ 70 % de sa superficie se trouve au Québec, à l’exception d’une partie de sa rive nord. Alimenté par les eaux du lac Ontario, le lac Saint-François s’écoule en une seule masse d’eau avec très peu d’apports des tributaires (< 2 %). En amont du lac Saint-François, trois barrages importants, soit Moses-Saunders, Long-Sault et Iroquois, régularisent les débits du fleuve. Les centrales de Beauharnois et des Cèdres jouent le même rôle en aval, à la sortie du lac Saint-François.

Carte du lac Saint-François

Localisation - De Cornwall à la pointe ouest de l'île de Salaberry
Longueur - 50 km
Largeur - 4,7 km
Superficie - 272 km2
Profondeur moyenne - 6 m
Volume - 2,8 km3
Débit moyen - 7 500 m3/s

Infrastructures et aménagement

C’est en 1842 que débutent les travaux de canalisation et d’endiguement afin de construire l’ancien canal de Beauharnois. Par la suite, les projets se succèdent : construction de la centrale hydroélectrique de Beauharnois, inauguration de l’actuel canal de Beauharnois en 1932 et celle de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959. L’exploitation de la centrale de Beauharnois transforme le lac Saint-François en un réservoir dont le niveau, rehaussé de 40 cm, est maintenu stable de sorte que les variations ne dépassent pas 15 cm, alors qu’elles atteignaient jusqu’à 50 cm avant 1932.

Tous ces travaux ont eu des impacts sur le régime hydrologique et sédimentaire du lac ainsi que sur les communautés biologiques et leurs habitats. Modification de l’écoulement des eaux, réduction de la superficie de la plaine inondable, réduction de la biodiversité et modification de la dynamique sédimentaire saisonnière sont au nombre des changements associés à la régularisation du niveau d’eau du lac Saint-François.

Territoires protégés

Dans la partie amont du lac Saint-François, on retrouve plusieurs îles entourées de vastes milieux humides parmi les plus riches du Saint-Laurent. La Réserve nationale de faune du lac Saint-François et l’aire de concentration d’oiseaux aquatiques à proximité de la rivière Beaudette, situées au Québec, ainsi que le Cooper Marsh Conservation Area en Ontario sont les principaux territoires protégés. Ces milieux attirent d’ailleurs beaucoup de visiteurs en quête d’activités d’observation et d’interprétation de la nature.

Contamination

Même si on ne trouve aucune activité industrielle majeure sur les rives du lac Saint-François, il n’en demeure pas moins que des substances toxiques, provenant principalement des rejets industriels de la région de Cornwall et de Massena, sont détectées dans l’eau et les sédiments du lac. Dans les années 1970, on rapportait une contamination sérieuse par le mercure le long de la rive nord et par les BPC du côté sud. Toutefois, on observe maintenant des zones de sédiments contaminés où la qualité chimique des couches superficielles s’est améliorée depuis les 30 dernières années.  De nos jours, la qualité chimique de l’eau est généralement bonne et se prête à la pratique d’activités récréatives.

Lac Saint-Louis

Situé au confluent de grandes voies d’eau, le lac Saint-Louis reçoit deux masses d’eau principales : les eaux vertes des Grands Lacs qui s’écoulent le long de la rive sud et de la Voie maritime du Saint-Laurent ainsi que les eaux brunes de la rivière des Outaouais, mélangées à celles des Grands Lacs en rive nord. Les fluctuations du débit et du niveau de l’eau sont peu marquées en raison de la régularisation en amont. D’une amplitude moyenne de 0,8 mètre, elles sont surtout influencées par la rivière des Outaouais lors de crues importantes. Par ailleurs, de fortes inondations provoquées par des niveaux d’eau particulièrement élevés en 1972 et 1976 ont provoqué l’érosion des rives et la perte de forêts riveraines.

Carte du lac Saint-Louis

Localisation - Sud-ouest de l’île de Montréal
Longueur - 23 km
Largeur - 6,5 km
Superficie - 148 km2(excluant l’île Perrot)
Profondeur moyenne - 3 m
Volume - 0,5 km3
Débit moyen - 8 400 m3/s

Urbanisation

La proximité de la région métropolitaine a influencé l’urbanisation des rives du lac Saint-Louis, notamment la rive nord dont le tissu urbain est en continuité avec celui de Montréal. Le développement urbain a d’ailleurs fortement altéré les habitats fauniques du lac Saint-Louis : réduction de la plaine inondable, perturbations des forêts riveraines et des milieux humides. Un pôle industriel situé à Beauharnois sur la rive sud-ouest du lac regroupe surtout des industries de métallurgie et de produits chimiques, lesquelles rejettent ou rejetaient leurs effluents, traités ou non, directement dans le lac Saint-Louis ou dans la rivière Saint-Louis.

Territoires protégés

La rencontre de plusieurs voies d’eau au lac Saint-Louis a favorisé le foisonnement d’une variété d’habitats pour les 78 espèces de poissons qui fréquentent l’endroit ainsi que pour la sauvagine dont les populations peuvent atteindre 50 000 individus en période de migration. Les principaux territoires protégés sont la Réserve nationale de faune des îles de la Paix et le refuge faunique Marguerite-D’Youville.

Contamination

Une partie de la contamination chimique, dont les BPC et les métaux contenus dans les eaux et les sédiments du lac Saint-Louis, prend sa source principalement en amont, soit dans la région de Cornwall et de Massena. Toutefois, la principale zone contaminée se situe entre les îles de la Paix et la rive sud du lac dont la source de contamination est directement liée à la zone industrielle de la rivière Saint-Louis. Les sédiments de ce secteur contiennent des concentrations de HAP et de mercure qui, dans le dernier cas, peuvent nuire aux organismes aquatiques. 

Lac Saint-Pierre

Le lac Saint-Pierre constitue l’une des composantes majeures de l’écosystème du Saint-Laurent. Le plus en aval des bassins d’eau douce du Saint-Laurent, le lac Saint-Pierre est bordé par la plus vaste plaine d’inondation en eaux douces du Québec, de sorte que sa superficie augmente jusqu’à plus de 600 km2 en période de crue. À l’exception du chenal de navigation dont la profondeur moyenne est de 11 mètres, le lac Saint-Pierre se caractérise par sa faible profondeur (moins de trois mètres). Bien que son territoire demeure naturel à 90 %, le lac Saint-Pierre a subi, depuis le XIXe siècle, certaines modifications causées par les activités de dragage et de dépôt de déblais lors de la construction du chenal de navigation.

Carte du lac Saint-Pierre

Localisation - À 120 km en aval de l’île de Montréal
Longueur - 35 km
Largeur - 15 km
Superficie - 500 km2
Profondeur moyenne - 3 m
Volume - 1,5 km3
Débit moyen - 10 000 m3/s

Territoires protégés

Cette région est devenue un site Ramsar en 1998, selon la Convention sur les zones humides d’importance internationale, et a été désignée Réserve de la biosphère en 2001. Son archipel, dans la partie amont du lac, compte une centaine d’îles et chenaux et jusqu’à 40 % de tous les milieux humides du Saint-Laurent, lesquels abritent une richesse faunique et végétale exceptionnelle. Au lac Saint-Pierre, on peut observer jusqu’à plus de 280 espèces d’oiseaux parmi les 400 espèces présentes au Québec. De plus, il est fréquenté par près de 80 espèces de poissons sur les 116 espèces de poissons d’eau douce présentes au Québec. Il comprend la plus importante halte migratoire de sauvagine en eau douce du Saint-Laurent et la plus importante héronnière en Amérique du Nord.

Contamination

Les sources de pollution du lac Saint-Pierre sont les affluents de territoires agricoles, notamment les rivières Richelieu, Yamaska et Saint-François situées au sud ainsi que le pôle industriel Sorel-Tracy situé dans la partie amont du lac. La pollution agricole et industrielle afflige particulièrement les eaux du lac Saint-Pierre notamment où les zones de sédimentation sont présentes. Cette caractéristique favorise ainsi la rétention et le dépôt de sédiments contaminés. Les contaminants agricoles issus des rivières contiennent principalement des pesticides et des éléments nutritifs comme le phosphore.  Dans les chenaux, entre les îles du delta de Sorel et immédiatement en aval de celui-ci, on observe des concentrations plus élevées de BPC et de mercure dans les sédiments. Cette contamination proviendrait des rejets urbains et industriels en amont.