Nouvelles de la science faunique et paysagère

Printemps 2008

Populations sauvages

Habitats et écosystèmes

Effets des produits toxiques sur la santé

À propos de ce bulletin

Populations sauvages

Bécasseau maubèches (avec des Barge hudsonienne) à Tierra del Fuego | Photo : Guy Morrison> La population du Bécasseau maubèche compte moins de 15 000 individus

La population de Bécasseau maubèche (Calidris canutus rufa) qui a séjourné à la pointe de l’Amérique du Sud pendant l’hiver boréal a connu une nouvelle baisse de 15 %. La population actuelle estimée à 14 800 individus ne montre pas encore de signe de rétablissement.

Le COSEPAC a recommandé d’inscrire cette espèce à l’Annexe 1 qui est la liste officielle des espèces sauvages en péril. Il est proposé que l’espèce figure sur la liste 2009 suite à de vastes consultations. Des relevés aériens effectués chaque hiver par Guy Morrison et Ken Ross ont fourni les données qui documentent le déclin de près de 70 % de la population qui comptait plus de 50 000 individus en 2000.

En 2007, au cours de leur migration vers le nord, quelque 1 300 bécasseaux morts ont été retrouvés sur les plages de l’Uruguay. Cette situation et les dangers auxquels ils sont confrontés pendant le long périple de 16 000 km ont décimé une population déjà vulnérable. Plus important encore, les oiseaux de rivage connaissent une pénurie alimentaire chaque printemps lorsqu’ils se trouvent sur les plages du New Jersey. Les bécasseaux se reposent dans la baie du Delaware où ils se nourrissent des œufs de limules qui ont déjà été abondants. Cette nourriture leur fournit l’énergie pour suivre le voyage jusque dans l’Arctique qui est leur habitat de reproduction. Toutefois, la population de limules a été victime de surpêche dans les années 1990 ce qui a grandement réduit le nombre. Il s’ensuit que faute de nourriture suffisante, les bécasseaux mourraient pendant le voyage ou s’ils parvenaient à destination, ils n’avaient plus assez d’énergie pour se reproduire.

En mars 2008 le gouverneur du New Jersey a approuvé une loi qui interdit la cueillette de limules jusqu’à ce que les deux populations atteignent des niveaux viables, tel qu’il sera déterminé par le U.S. Fish and Wildlife Service.

Guy Morrison joue un rôle de premier plan dans le International Red Knot Project de la Société pour la conservation de la faune.

Contact : Dr Guy Morrison (613) 998-7296

 

Mouette blanches | Photo : Mark Mallory> La modélisation des populations de la Mouette blanche montre des résultats alarmants

Les résultats d’une analyse de viabilité de la Mouette blanche (Pagophila eburnea) menée au Canada laissent entrevoir la disparition possible de l’espèce dans la majeure partie de son aire de reproduction au cours des dix prochaines années.

Le statut de la Mouette blanche, une espèce rare qui se reproduit à des lieux reculés de l’extrême Arctique a été évalué pour déterminer si les populations d’oiseaux nicheurs se maintiendront dans un proche avenir. Le COSEPAC a recommandé que de faire passer le statut de «Préoccupante» à «En voie de disparition» dans l’Annexe 1. Des études antérieures menées par Gilchrist et Mallory avaient révélé une baisse du nombre d’individus (2005: Biol. Cons. 121: 303-309).

Comme la plupart des données ont été recueillies au niveau de la colonie, l’évaluation a fait appel à des techniques basées sur la dynamique du site même plutôt que sur les taux démographiques habituels. L’analyse a utilisé des données recueillies dans les colonies de nidification de 2001 à 2006 à la grandeur de l’aire de nidification connue à partir d’une population de départ de 225 paires aux 24 sites. La population projetée a diminué à environ 30 couples en huit ans seulement. Une analyse plus traditionnelle de la population a été menée dans l’importante colonie de l’ìle Seymour : bien que la population à cet endroit connaisse un déclin, ce site ne présente pas un risque d’extinction pour l’instant.

L’analyse démontre comment il est possible d’utiliser des données sur la colonie ou sur un site particulier pour modéliser la viabilité de la population et la persistance des oiseaux coloniaux. Les résultats ont été publiés dans la revue Avian Conservation and Ecology - Écologie et conservation des oiseau :

Robertson, G. J. , H. G. Gilchrist et M. L. Mallory. 2007. Dynamique et pérennité de colonies de Mouette blanche au Canada. Avian Conservation and Ecology - Écologie et conservation des oiseaux 2(2): 8.

Contact : Dr Greg Robertson (709) 772-2778 pour des informations sur l’analyse / Dr Grant Gilchrist (613) 998-7364 ou Mark Mallory (867) 975-4637 pour des informations sur la Mouette blanche

 

> Rapport sur l’écologie des oiseaux marins de l’Atlantique Nord en voie de préparation

Le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) est un organisme intergouvernemental chargé de coordonner et promouvoir la recherche marine dans l’Atlantique Nord pour une communauté internationale de quelque 1 600 spécialistes des sciences de la mer. Le groupe de travail sur l’écologie des oiseaux marins prépare actuellement un rapport annuel sur ses points d’intérêt en 2008 (le rapport sera disponible en ligne) :

  • Les effets du changement climatique sur les oiseaux marins de l’Atlantique Nord
  • Capture d’oiseaux marins de l’Atlantique Nord et prises accessoires dans les pêches au moyen de palingres
  • Les problèmes écologiques liés à la circulation de parasites et d’agents pathogènes dans les populations d’oiseaux marins

Les faits saillants du rapport 2007 sont les suivants : revue des approches actuelles visant à identifier les zones protégées des oiseaux marins (avec études de cas); élaboration continue d’un programme complet de surveillance des oiseaux marins; une nouvelle section sur l’utilisation d’oiseaux marins en tant que témoins biologiques du changement de l’environnement marin; et une revue des effets du changement climatique sur les oiseaux marins dans la région OSPAR (Atlantique du nord-est) basés sur les changements dans la répartition, le succès de reproduction, la survie et différents aspects phénologiques. Téléchargez le rapport 2007 du groupe de travail sur l’écologie des oiseaux marins. Veuillez télécharger le calendrier des réunions du CIEM pour information de groupes de travail.

John Chardine est le représentant officiel du Canada dans le groupe de travail.

Contact : Dr John Chardine (506) 364-5046

 

> Écologie et conservation du reptile : Vue d’ensemble disponible pour le Canada

Un nouvel ouvrage décrit les problèmes d’écologie et de conservation que présentent 46 espèces de reptiles au Canada. L’ouvrage intitulé Ecology, Conservation, and Status of Reptiles in Canada, dont les auteurs sont Carolyn Seburn et Christine Bishop d’Environnement Canada, décrit la situation actuelle des reptiles au Canada et dans les eaux marines canadiennes et les difficultés que présente la conservation des espèces.

D’éminents herpétologues canadiens ont contribué aux 11 chapitres de l’ouvrage qui présente une vue d’ensemble des principaux groupes (tortues, tortues marines, lézards et serpents) et des propos sur les divers problèmes et les outils de conservation.

Il s’agit du second ouvrage de la série portant sur la conservation herpétologique publié par le Réseau Canadien de Conservation des Amphibiens et des Reptiles (RÉCCAR) et la Society for the Study of Amphibians and Reptiles.

Contact : Dr Christine Bishop (604) 940-4671 ou Carolyn Seburn (819) 934-3963

Habitats et écosystèmes

De petits enregistreurs de données ont été fixés aux pattes des oiseaux | Graphique : Kyle Elliott> Les caractéristiques du plongeon de la Marmette de Brünnich sont liées au changement de son régime alimentaire dans l’écosystème marin de l’Arctique

Une partie des études d’écologie alimentaire de la Marmette de Brünnich porte sur le comportement des individus de la colonie de nidification de l’île de Coats au nord de la Baie d’Hudson en ce qui a trait à la quête de nourriture. Le comportement de cette colonie est inhabituel du fait que l’alimentation des petits est variée et comprend plusieurs espèces de poissons, des crustacés et des calmars. Étant donné que le nouveau régime alimentaire découle des changements de la couche de glace, des observations faites au moyen d’enregistreurs de données constituent un outil précieux pour suivre l’évolution des écosystèmes marins où il y a peu d’information sur les réseaux alimentaires.

Chaque été, pendant plusieurs années, de petits enregistreurs de données ont été fixés aux pattes de plusieurs centaines d’individus. Les données recueillies ont permis d’établir l’étendue couverte dans leur quête alimentaire de même que la profondeur et la trajectoire du plongeon (horizontale à la descente et à la remontée ou nage en surface avec périodes de chasse à une certaine profondeur). L’information a identifié les éléments du régime alimentaire qui combinée avec les caractéristiques du plongeon a permis de déterminer les types de proies. Le recours à ces enregistreurs a réduit le besoin de longues observations sur le régime alimentaire.

Les résultats ont été publiés dans les revues Canadian Journal of Zoology et Marine Ecology Progress Series :

Elliott, K.H., G.K. Davoren and A.J. Gaston. 2007. The influence of buoyancy and drag on the dive behaviour of an Arctic seabird, the Thick-billed Murre. Canadian J. Zoology 85: 352-361.

Elliott, K., K. Woo, A.J. Gaston, S. Benvenuti, L. Dall'Antonia and G. Davoren. 2008. Foraging behaviour of an arctic seabird indicates prey type. Marine Ecology Progress Series 354: 289-303.

Visualisez en ligne une vidéo du bulletin de nouvelles télévisées «The National» sur CBC, A Tale of Two Bird Colonies, mettant en vedette les colonies de l’ìle Coats et de l’île Prince Leopold. Tony Gaston est interviewé par Peter Mansbridge sur cette recherche sur le terrain qui s’est étalée sur plus de 30 ans et parle du rôle des oiseaux comme indicateurs de changements.

Contact : Dr Tony Gaston (613) 998-9662

 

Paysages agricoles du sud du Québec | Photo : Benoît Jobin, CWS> Changements des paysages agricoles du sud du Québec

Les habitats du sud du Québec ont été modifiés au cours des dernières décennies suite à l’intensification de l’agriculture et à l’urbanisation. Les changements des habitats et des paysages agricoles ont été documentés pour les écorégions des Basses terres du fleuve Saint-Laurent et des Appalaches à l’aide d’images Landsat pour les périodes 1993 et 2001.

Des photos aériennes couvrant un échantillon de 900 km2 (36 parcelles mesurant 5x5 kilometres) le long d’un gradient d’intensité de l’agriculture dans l’écorégion des Basses terres du Saint-Laurent ont aussi été interprétées pour les périodes <1950, 1965 et 1997, pour quantifier les changements, sur une plus longue période, des paysages, de l’occupation du sol et des petits habitats (haies, bandes riveraines) non discernables sur les images Landsat.

Un changement marqué de l’agriculture est observé dans les Basses terres du Saint-Laurent où les fourrages et les pâturages ont été convertis en cultures annuelles. La fragmentation forestière y est toutefois demeurée la même. Les zones urbaines se sont étendues au détriment des zones agricoles, des friches et des forêts. La densité des routes a augmenté de 1950 à 1997 alors que celle des fossés de drainage et des cours d’eau a diminué. La densité des haies brise-vent arborée a été réduite de 1950 à 1965 avant d’augmenter en 1997. Peu de changements des habitats sont notés dans l’écorégion des Appalaches à part une augmentation des superficies forestières suite à l’abandon des terres.

Les résultats publiés dans des rapports techniques du Service canadien de la faune et dans Le Naturaliste canadien sont discutés face aux impacts possibles sur la biodiversité, des possibles changements à survenir dans le futur, et de l’importance de protéger l’intégrité des habitats fauniques dans les paysages agricoles du sud du Québec :

Latendresse, C., B. Jobin, C. Maisonneuve, A. Sebbane et M. Grenier. 2008. Changements de l’occupation du sol dans le Québec méridional entre 1993 et 2001. Le Naturaliste Canadien 132: 14-23.

Latendresse, C., B. Jobin, A. Baril, C. Maisonneuve, C. Boutin et D. Côté. 2008. Dynamique spatio-temporelle des habitats fauniques dans l’écorégion des Basses terres du fleuve Saint-Laurent, 1950-1997. Série de rapports techniques no 494, Environnement Canada, Service canadien de la faune, région du Québec, Québec, 83 p. et annexes.

Jobin, B., C. Latendresse, C. Maisonneuve, A. Sebbane et M. Grenier. 2007. Changements de l’occupation du sol dans le sud du Québec pour la période 1993-2001. Série de rapports techniques nº 483, Environnement Canada, Service canadien de la faune, région du Québec, Sainte-Foy, Québec. 112 p. et annexes.

Contact : Benoît Jobin (418) 649-6863

 

> Maintenir la biodiversité forestière dans le cadre du programme de remise en valeur des pinèdes suite aux infestations de dendroctone du pin ponderosa

Le dendroctone du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae) est un insecte qui fait des ravages dans les pinèdes matures de l’Amérique du Nord. La plus importante infestation enregistrée en Amérique du Nord s’étend à l’est et au nord ce qui se traduit par le déclin de la santé des forêts de l’Ouest du pays. Des informations sur les effets de ces infestations sur la faune sauvage sont essentielles pour conserver et gérer ces forêts y compris leur remise en valeur.

Depuis 1995, avant l’infestation, des études sur le terrain portaient sur les conditions de la faune forestière et de ses habitats dans la région de Cariboo-Chilcotin à l’intérieur de la Colombie-Britannique. L’étude a permis de déterminer les changements dans les habitats et la faune durant l’infestation et d’entreprendre des activités de remise en valeur. Ainsi, à l’heure actuelle, les populations de sittelles et de mésanges sont très faibles.

Les forêts mixtes de l’intérieur de la Colombie-Britannique abritent plus de 185 espèces de vertébrés, dont 24 % sont des oiseaux et des mammifères cavernicoles. Ces espèces recherchent des conifères affaiblis pour nicher, se reposer et chercher de la nourriture. Au début de l’infestation, les oiseaux ont profité de la nourriture abondante due à la présence des insectes.

Il est possible que la présence de certaines espèces d’oiseaux se nourrissant d’insectes ait ralenti l’éclosion, la répartition, la durée ou l’intensité des infestations. Plus de 20 espèces d’oiseaux se nourrissent de larves d’insectes ou d’insectes adultes. Par exemple, les pics ont détruit entre 24 et 98 % des insectes lorsque les niveaux de populations de ceux-ci étaient de moyens à élevés. Les populations de pics continuent de croître mais devraient décliner rapidement.

L’intensité et la répartition des infestations d’insectes sont variables. L’absence de tout modèle régulier est essentielle pour assurer la protection de la diversité. Les territoires de rétention doivent inclure des arbres morts et malades, de préférence des trembles et de larges conifères. La dimension de ces territoires doit être d’au moins un hectare et il doit y avoir des territoires plus étendus (de 10 à 50 hectares) pour qu’on y trouve des espèces forestières matures.

Les résultats, discussions et recommandations à l’intention des experts forestiers se trouvent dans les documents et ouvrages suivants :

Biodiversity Maintenance and Conservation in Post-Epidemic MPB Forests in Interior BC. Authors: Kathy Martin, Mark Drever and Andrea Norris. PowerPoint.

Norris, A. R. and K. Martin. 2008. Mountain pine beetle presence affects nest patch choice of red-breasted nuthatches. Journal of Wildlife Management 72(3): 733-737. [DOI: 10.2193/2006-409]

Drever, M.C., K.E.H. Aitken, A.R. Norris and K. Martin. 2008. Woodpeckers as reliable indicators of bird richness, forest health, and harvest. Biological Conservation 141(3): 624-634. [DOI: 10.1016/j.biocon.2007.12.004]

Davidson, P., W. Easton and K. Martin. 2007. Beetlemania in British Columbia. Bird Watch Canada 39: 8-11.

Martin, K., A.R. Norris and M. Drever. 2006. Effects of bark beetle outbreaks on avian biodiversity in the British Columbia Interior. Implications for critical habitat management. BC Journal of Ecosystems and Management 7(3): 10-24.

Contact : Dr Kathy Martin (604) 940-4667

 

> La politique agricole dans la région des cuvettes des Prairies nord-américaines a-t-elle un effet sur le succès de la nidification des canards?

La région des cuvettes des Prairies (Prairie Pothole Region) s’étend du centre de l’Alberta et descend vers le sud-est jusqu’en Iowa. Cette région recèle de nombreuses terres humides essentielles à la faune – particulièrement la faune sauvagine et d’autres espèces vivant dans des terres humides. Au cours des 100 dernières années, le développement agricole a éliminé, fragmenté et détruit les habitats comme les terres humides, les prairies et les régions boisées.

Les États-Unis ont visé certains aspects de la perte d’habitat en milieu sec lorsqu’ils ont passé la U.S. Farm Bill en 1985. Le Farm Bill états-unien de 1985 a fourni des incitatifs financiers aux agriculteurs qui auraient été bénéfiques à la nidification de la sauvagine et à d’autres espèces sauvages. Le Canada n’a pas une telle législation, bien que certaines subventions à l’agriculture (par ex. transport du grain) aient été supprimées dans les années 1990 en raison des effets néfastes qu’ils entraînaient. Le Canada n’a pas adopté une politique aussi élaborée, ce qui suggère que les bénéfices pour la sauvagine devraient y être observés plus tard qu’aux États-Unis.

Pour vérifier cette idée, on a comparé le succès de la nidification des canards au Canada et aux États-Unis pour évaluer les changements à long terme dans chaque pays, et faire état le succès de la nidification au niveau de la proportion de terres cultivées et de milieux humides. Dans l’ensemble, le succès de nidification moyen du canard n’a augmenté que très légèrement au Canada entre le milieu des années 1970 et la fin de la période d’étude, soit 2005, alors que le succès de nidification moyen a augmenté aux États-Unis dans les années 1990. Le succès de nidification dans les deux pays était relié négativement à la proportion de terres cultivées, et était relié positivement à la densité des lieux humides seulement au Canada.

Ces résultats appuient les suggestions selon lesquelles les politiques agricoles qui encouragent un couvert végétal permanent influencent positivement le succès reproducteur des canards. Les résultats indiquent également que les effets bénéfiques associés à l’augmentation de la quantité de plantes vivaces pourraient augmenter au Canada s’ils étaient accompagnés par une politique efficace de protection des milieux humides.

Les résultats ont été publiés dans le journal, Écologie et conservation des oiseaux :

Drever, M. C., T. D. Nudds et R. G. Clark. 2007. Politiques agricoles et succès de nidification des canards dans les Prairies canadiennes et états-uniennes. Avian Conservation and Ecology - Écologie et conservation des oiseaux 2(2): 5.

Contact : Dr Bob Clark (306) 975-4110

Effets des produits toxiques sur la santé

Ecotoxicology << Special Issue on Effects of Methyl Mercury on Wildlife >> | Credit : Ecotoxicology> État de la science : Exposition de la faune au mercure

Aujourd’hui, la quantité moyenne de mercure dans l’atmosphère est trois fois supérieure à celle qui était présente avant la Révolution industrielle malgré une baisse marquée de l’utilisation du mercure dans l’industrie en Amérique du Nord. Au cours des dernières années, l’évaluation du risque écologique associé à une plus grande exposition au méthylmercure a révélé des effets de plus en plus perceptibles mais importants au plan biologique chez les poissons et la faune, notamment des changements comportementaux, neurochimiques, hormonaux et au niveau de la reproduction. Les effets potentiels de l’exposition accrue au mercure chez certaines espèces sont présentement évalués.

D’éminents scientifiques ont collaboré à la 8e conférence internationale sur le mercure comme polluant global (Eighth International Conference on Mercury as a Global Pollutant) qui a eu lieu en août 2006. Les résultats ont été publiés dans une édition spéciale de la revue Ambio dont une déclaration et des documents de synthèse sur la pollution par le mercure. Une édition spéciale de la revue Ecotoxicology présente l’état de la science pour ce qui est de la toxicologie du méthylmercure sur la faune, choisi par les collaborateurs spéciaux Tony Scheuhammer et Mark B. Sandheinrich (Université du Wisconsin-La Crosse).

AMBIO : A Journal of the Human Environment / Mercury Pollution Volume 36, Issue 1 (February 2007)

Scheuhammer, A.M., M.W. Meyer, M.B. Sandheinrich and M.W. Murray. 2007. Effects of Environmental Methylmercury on the Health of Wild Birds, Mammals,and Fish . Ambio 36: 12-19.

ECOTOXICOLOGY / Special Issue on Effects of Methyl Mercury on Wildlife Volume 17, Number 2 (February 2008)

Scheuhammer, A.M. and M.B. Sandheinrich. 2008. Recent advances in the toxicology of methylmercury in wildlife. Ecotoxicology 17(2): 67-68.

Burgess, N.M. and M. Meyer. 2008. Methylmercury exposure associated with reduced productivity in common loons. Ecotoxicology 17(2): 83-91.

Scheuhammer, A.M., N. Basu, N.M. Burgess, J.E. Elliott, G.D. Campbell, M. Wayland, L. Champoux and J. Rodrigue. 2008. Relationships among mercury, selenium, and neurochemical parameters in common loons (Gavia immer) and bald eagles (Haliaeetus leucocephalus). Ecotoxicology 17(2): 93-101.

Prenez connaissance de l’article L'état changeant de la pollution par le mercure sur le site Web d’Environnement Canada.

Contact : Dr Tony Scheuhammer (613) 998-6695

 

Goéland argenté | Photo : Brian Morin> Accélération spectaculaire des tendances sur l’utilisation d’ignifugeants sur la population de goéland des Grands Lacs

L’analyse des œufs de Goéland argenté recueillis dans divers sites des Grands Lacs entre 1982 et 2006 indique la présence d’une importante catégorie d’ignifugeants bromés, les polybromodiphényléthers (PBDE) qui sont des substances largement utilisées dans l’industrie. Les changements étaient évidents dans la distribution régionale, le type de congénères PBDE (des PBDE individuels qui diffèrent selon le nombre et la position des atomes de brome sur la même base moléculaire, c.-à-d. diphényléther) trouvés, et la quantité de PBDE déposée dans les œufs pendant cette période. Les concentrations de PBDE et les tendances de la structure des congénères ont changé de façon importante depuis 1995.

L’étude a utilisé des échantillons mis en commun d’œufs de Goéland argenté (Larus argentatus) provenant de sept colonies situés à la grandeur des Grands Lacs. Comme cette espèce est un bioindicateur, les œufs de cet oiseau font l’objet d’une surveillance depuis de début des années 1970 parce que des traces de produits chimiques persistants restent dans leur corps et s’accumulent en raison de leur régime alimentaire et sont transférées dans les œufs.

On note surtout une augmentation des niveaux de décaBDE (BDE-209), de même que des produits libérant des octa- et nona-BDE. Le décaBDE est utilisé dans des mélanges commerciaux composés presque entièrement de BDE-209. De 1982 à 2006, le temps de doublement du BDE-209 s’échelonnait sur 2,1 à 3 ans tandis que pour les octaBDE et les nonaBDE, le temps de doublement moyen s’échelonnait de 3,0 à 11 ans et de 2,4 à 5,3 ans respectivement. Les congénères PBDE provenant principalement de mélanges de pentaBDE et d’octaBDE (par ex. BDE-47, BDE-99 et BDE-100) ont montré des hausses rapides jusqu’en 2000.

Bien que le BDE-209 ne corresponde pas aux critères qui en ferait une substance persistante et bioaccumulable, sa présence dans les œufs des colonies de Goélands argentés des Grands Lacs est de plus en plus préoccupante et montre qu’il est tout à fait pertinent de contrôler les mélanges de décaBDE.

L.T. Gauthier, C.E. Hébert , D.V. Chip Weseloh and R.J. Letcher. 2008. Dramatic changes in the temporal trends of polybrominated diphenyl ethers (PBDEs) in herring gull eggs from the Laurentian Great Lakes: 1982-2006. Environ. Sci. Technol. 42(5): 1524-1536.

Lisez Trente ans de surveillance des Goélands argentés des Grands Lacs sur le site Web d’Environnement Canada.

Contact : Dr Robert Letcher (613) 998-6696

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