Nouvelles de la science faunique et paysagère
Renseigner les scientifiques, les décideurs et les responsables des politiques et autres parties intéressées sur la conservation et la gestion de la faune et son habitat au Canada
Automne 2009
Populations sauvages
- Double couvée chez cinq espèces d’oiseaux chanteurs migrateurs d’Amérique du Nord
- Activité humaine liée à l'évolution des oiseaux
- Population des oiseaux de mer et changements écologiques depuis 1970
Habitats et écosystèmes
- Évaluation du rétablissement de l'écosystème après l’élimination d’une source de pollution
- Les oiseaux alpins ajustent leur stratégie du cycle biologique afin de survivre dans des conditions rigoureuses et variables : pressés dans la vallée ou décontractés au sommet
Effets des produits toxiques sur la santé
Populations sauvages
> Double couvée chez cinq espèces d’oiseaux chanteurs migrateurs d’Amérique du Nord
Des biologistes ont observé pour la première fois chez cinq espèces d’oiseaux chanteurs d’Amérique du Nord une double couvée, la deuxième survenant au cours de la migration vers les quartiers d’hiver, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Après une première couvée dans les régions tempérées du Canada et des États-Unis, ces oiseaux font une halte dans l’ouest du Mexique, où ils ont une deuxième couvée. Cette découverte a des répercussions pour la planification des mesures de conservation.
Il s’agit de la première mention d’une deuxième couvée en cours de migration pour des oiseaux du Nouveau Monde, et de la première mention d’une deuxième couvée en cours de migration vers le sud pour tous les oiseaux du monde. Certaines espèces ailleurs dans le monde ont une double couvée, mais la deuxième survient au cours de leur migration vers le nord au printemps.
On savait depuis longtemps qu’après s’être reproduits dans le Nord, le Coulicou à bec jaune, la Paruline polyglotte, l’Oriole des vergers, le Viréo de Cassin et l’Oriole masqué s’envolent vers le nord-ouest du Mexique, où ils muent et profitent des pluies de mousson. On sait maintenant que des sous-populations de ces espèces se reproduisent de nouveau au Mexique avant de poursuivre leur migration vers le sud pour l’hiver.
L’étude donne à croire que les populations reproductrices de ces cinq espèces fréquentent peut-être des régions situées bien en dehors de leur aire de reproduction connue aux États-Unis et au Canada ainsi que des régions du nord-ouest du Mexique qui connaissent actuellement un développement agricole à grande échelle.
Les chercheurs sont d’avis que la disparition des forêts épineuses côtières au profit de l’agriculture industrielle pourrait expliquer le déclin des populations chez les oiseaux migrateurs à double couvée et chez les oiseaux utilisant la région comme halte pour subir la mue.
Ainsi, le Coulicou à bec jaune pourrait être particulièrement vulnérable à une transformation des paysages de l’ouest du Mexique, car la deuxième couvée qu’il a dans cette région est peut-être nécessaire pour assurer sa survie. Dans la majeure partie de son aire de reproduction aux États-Unis et au Canada, le Coulicou à bec jaune a presque disparu, et son effectif a beaucoup diminué.
Ces nouvelles données remettent en question l’hypothèse longtemps tenue pour acquise selon laquelle les oiseaux seraient trop déterminés par leurs systèmes hormonal et reproductif pour pouvoir ajouter un stade supplémentaire à leur cycle annuel.
À l’aide de méthodes faisant intervenir des isotopes stables, des chercheurs de l’University of Washington et d’Environnement Canada ont tenté de prédire la latitude approximative à laquelle se formaient les tissus. Cette étude a été réalisée sur les plumes, les muscles et les tissus reproducteurs d’oiseaux nichant ou muant dans l’ouest du Mexique à la fin de l’été. L’étude a montré que certains oiseaux étaient des résidents de la région, que d’autres étaient venus s’y installer pour muer après s’être reproduits dans l’Ouest de l’Amérique du Nord, et qu’un groupe distinct avait manifestement commencé à se reproduire après une tentative au Canada ou aux États-Unis.
Ces travaux soulignent l’importance de la connectivité pour les populations des espèces visées par la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Les chercheurs demandent aux responsables des politiques et programmes de prendre en considération la connectivité et, en particulier, la double couvée dans l’élaboration des modèles démographiques, dans les études sur les populations et dans les plans de conservation.
Source: Rohwer, S., K.A. Hobson et V. Rohwer. 2009. Migratory double breeding in neotropical migrant birds. Proceedings of the National Academy of Science 106: 19050-19055.
Personne-ressource : Keith Hobson (306) 975-4102
> Activité humaine liée à l'évolution des oiseaux
Selon une étude récente, les changements écologiques occasionnés par les activités humaines sont suffisamment importants pour induire une évolution rapide chez les oiseaux.
Une population unique de Fauvettes à tête noire, petit oiseau chanteur migrateur qui se reproduit en Allemagne, s’est scindée en deux groupes génétiquement différents en seulement 30 générations parce des activités humaines (nourrir les oiseaux par exemple) ont créé des conditions favorables qui ont permis à une population de migrer sur de plus courtes distances et d’adopter une alimentation différente. Des outils isotopiques mis au point à Environnement Canada ont permis d’identifier deux populations sur des aires de reproduction communes.
Les graines et la graisse fournis dans les mangeoires pour oiseaux dans les arrière-cours au Royaume-Uni durant l’hiver, ainsi que les hivers plus doux au cours des quarante dernières années, ont contribué à l’établissement d’une voie de migration nord-ouest dont la distance est inférieure de 550 km à celle de la population qui migre vers le sud-ouest, en Espagne, et qui se nourrit principalement de fruits.
Ces changements des ressources alimentaires ont modifié la morphologie des becs : le bec des populations qui hivernent au Royaume-Uni est relativement plus étroit et plus long que celui de la population espagnole, caractère adaptif lié au comportement alimentaire aux mangeoires pour oiseaux. Les oiseaux qui hibernent au Royaume-Uni sont maintenant plus bruns et leurs ailes plus arrondies, ce qui les rend plus maniables mais moins adaptées au vol sur de longues distances.
Comme ces oiseaux partagent la même aire de reproduction, sur laquelle un mélange génétique pourrait donc se produire, les scientifiques ont abordé dans leur étude la façon dont les mécanismes d’isolement reproducteurs ont dû évoluer pour que les croisements cessent chez ces oiseaux.
Les oiseaux du Royaume-Uni retournent en Allemagne au printemps avant les oiseaux qui ont hiverné en Espagne, ce qui constituerait a priori un moyen d’éviter l’accouplement entre les deux groupes. Cependant, l’étude a révélé que les femelles qui hivernent au Royaume-Uni arrivent au même moment que les oiseaux mâles qui hibernent en Espagne. Les chercheurs pensent que les changements physiques et génétiques entre deux groupes pourraient être ce qui empêche que le croisement se produise.
L’évolution, qui se manifeste ici par des différences génétiques et physiques mesurables entre les deux groupes, est un processus normalement lent mais qui s’inscrit dans ce cas dans la durée de vie d’un être humain. Les chercheurs pensent que des adaptations semblables ont pu avoir lieu dans 50 espèces d’oiseaux dont le comportement migratoire a changé récemment. Selon les chercheurs, les espèces qui se dispersent dans différents habitats hivernaux sont plus susceptibles d’avoir subi ces types de changements évolutifs puisqu’ils se sont sans doute adaptés à des conditions hivernales différentes.
Cette étude fait état des incidences considérables qu’ont les activités humaines sur l’évolution de la faune et signale ce problème aux gestionnaires qui doivent prendre en compte les populations migratoires dans un contexte de groupes de gestion. La relation entre les lieux de nidification, les aires d’hivernage et les haltes migratoires (connectivité des déplacements migratoires) doit être mise en évidence afin de mieux orienter les décisions relatives à la gestion et à la conservation. Fort heureusement, grâce aux outils isotopiques mis au point à Environnement Canada, les chercheurs peuvent maintenant étudier cette connectivité à l’échelle du continent.
Source: Rolshausen, G., G. Segelbacher, K.A. Hobson et M. Schaefer. 2009. Contemporary evolution of reproductive isolation and phenotypic divergence in sympatry along a migratory divide. Current Biology 19: 1-5.
Personne-ressource : Keith Hobson (306) 975-4102
> Population des oiseaux de mer et changements écologiques depuis 1970
Récemment, un examen des résultats de la surveillance des oiseaux de mer dirigé par Environnement Canada a permis d’évaluer les tendances dans les populations d’oiseaux de mer et les changements environnementaux observés dans les écosystèmes marins du Canada au cours des 30 dernières années.
Dans six grandes régions océanographiques, les chercheurs ont examiné les populations d’oiseaux de mer, leur régime alimentaire, le moment de la ponte, la taille des œufs et de la couvée, la fréquentation des colonies et la répartition géographique afin de tirer des conclusions globales concernant les changements persistants et à grande échelle que subissent les écosystèmes au fil du temps. Ils ont découvert que les indicateurs de population et les indicateurs biologiques de la reproduction étaient généralement semblables au sein d’une même région marine, mais que les différences étaient marquées d’une région à l’autre.
La surveillance effectuée à l’île Triangle sur le littoral du Pacifique a permis d’observer des modifications importantes dans le régime alimentaire, le moment de la ponte, la survie des adultes et les succès de reproduction de certaines espèces. Ces modifications ont été attribuées aux changements survenus dans la température à la surface de la mer ainsi que le moment et l’intensité de la remontée de l’eau, deux facteurs qui affectent la disponibilité des espèces-proies dans le rayon de la colonie. Inversement, les chercheurs ont observé dans les aires situées plus au nord, notamment à Haïda Gwaii (îles de la Reine-Charlotte), une augmentation du nombre de macareux nichant dans les terriers, notamment les Guillemots à cou blanc et les Macareux rhinocéros, ce qui permet de supposer que les facteurs écologiques demeurent adéquats. Par contre, ils ont relevé une légère diminution du nombre de Stariques de Cassin.
Plusieurs espèces d’oiseaux de mer qui nichent dans le Haut-Arctique de l’Est ont subi des modifications en ce qui a trait à leur reproduction, le succès de la reproduction et la présence d’adultes dans les colonies depuis 1975, lesquelles sont attribuables aux changements dans les conditions de la glace. Si les tendances démographiques de certaines espèces, telles que les Mouettes tridactyles, sont positives, d’autres espèces montrent des signes de déclin, comme les Mouettes blanches dont la population a chuté de 80 p. 100. Le nombre de Goélands bourgmestres du Haut-Arctique et du Bas-Arctique a diminué de 50 p. 100. Les Guillemots de Brünnich, très abondants dans la baie d’Hudson, n’ont pas anticipé le moment de la reproduction pour qu’il concorde avec l’arrivée précoce de la débâcle des glaces marines, ce qui a eu des incidences négatives sur plusieurs indices de reproduction. Ces changements coïncident avec des modifications dans leur régime alimentaire et sont indicateurs d’un changement considérable dans les réseaux trophiques marins en raison de la précocité des débâcles liée au changement climatique.
L’arrivée d’eau froide au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador au début des années 1990 a altéré la disponibilité des proies, et les années suivantes, la population de certaines espèces de mouettes et de macareux a diminué après des années d’augmentation. Les populations de macareux sont, cependant, stables dans cette zone. La diminution de la pêche au filet maillant a vraisemblablement été bénéfique pour ces oiseaux plongeurs.
Les conditions de reproduction des oiseaux de mer étaient bonnes dans la région de l’Atlantique et des Maritimes jusqu’en 2003, année où leur nombre a chuté de façon spectaculaire et qu’une importante colonie de sternes a été abandonnée. Ce changement est lié à la disparition du hareng dans leur régime alimentaire et à l’accroissement de la prédation par les mouettes.
Dans ses conclusions, l’étude indique que la surveillance intensive de petites colonies d’oiseaux de mer, répandues sur différentes écozones marines peut permettre l’obtention de bonnes informations sur les grands évènements océaniques. Une approche qui consisterait à étudier plusieurs espèces et qui engloberait la surveillance de la population, du régime alimentaire et de la reproduction offrirait les meilleures chances de comprendre les mécanismes sous-jacents.
Source: Gaston, A.J., D.F. Bertram, A.W. Boyne, J.W. Chardine, G. Davoren, A.W. Diamond, A. Hedd, W.A. Montevecchi, J.M. Hipfner, M.J.F. Lemon, M.L. Mallory, J.-F. Rail et G.J. Robertson. 2009. Changes in Canadian seabird populations and ecology since 1970 in relation to changes in oceanography and food webs. NRC Research Press Environmental Reviews 17. Publié en ligne.
Personne-ressource : Tony Gaston (613) 998-9662
Habitats et écosystèmes
> Évaluation du rétablissement de l'écosystème après l’élimination d’une source de pollution
Selon un rapport de recherche qui met en évidence le rétablissement des écosystèmes dans la baie de Saglek, au Labrador, certains écosystèmes marins de l’Arctique peuvent se rétablir naturellement d’une pollution chronique plus efficacement qu’on ne le pensait.
L’importance et la concentration des biphényles polychlorés (BPC) ont diminué considérablement dans les sédiments marins, les poisons et les oiseaux de mer de la baie Saglek, huit ans seulement après avoir éliminé la source de pollution par les BPC.
Cette étude, menée par les chercheurs du gouvernement du Nunatsiavut, le Collège militaire royal du Canada et Neil Burgess d’Environnement Canada, est l’une des premières qui évalue le rétablissement de ce type d’écosystème après avoir enlevé le sol contaminé par le BPC sur la plage de Saglek. La dépollution a été effectuée par le ministère de la Défense nationale à la fin des années 1990.
L’équipe des chercheurs a constaté qu’en huit ans seulement, les concentrations de BPC dans les sédiments de surface avaient diminué en moyenne de 10 fois, de 6 fois dans les Guillemots à miroir et de 19 fois dans les Chabots à tête courte. Les baisses comparables dans les sédiments et les espèces indicatrices permettent de supposer que le rétablissement des écosystèmes naturels à la suite de l’élimination des agents contaminants s’effectue plus rapidement à la baie Saglek que ce qui a été observé fréquemment dans d’autres aires marines contaminées.
Cette étude donne plus de poids à la nécessité d’utiliser le Guillemot à miroir et le Chabot à tête courte comme espèces indicatrices pour surveiller le rétablissement des écosystèmes marins dans l’Arctique puisque ceux-ci semblent traduire avec exactitude les changements des niveaux de contaminants dans le réseau trophique marin local.
Cette étude collaborative a été parrainée par le ministère de la Défense nationale, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, le gouvernement de Nunatsiavut et Parcs Canada.
Les consultations avec les collectivités sur ces conclusions et d’autres conclusions se tiendront au printemps 2010.
Source: Brown, T.M., T.A. Sheldon, N.M. Burgess et K.J. Reimer. 2009. Reduction of PCB contamination in an arctic coastal environment: a first step in assessing ecosystem recovery after the removal of a point source. Environmental Science & Technology 43(20): 7635-7642.
Personne-ressource : Neil Burgess (709) 772-4143
> Les oiseaux alpins ajustent leur stratégie du cycle biologique afin de survivre dans des conditions rigoureuses et variables : pressés dans la vallée ou décontractés au sommet
Certains oiseaux chanteurs de haute altitude ont consacré plus d’énergie à vivre plus longtemps et à améliorer la survie de leur descendance (mode de vie « lent ») que leurs semblables de basse altitude (mode de vie « rapide ») afin de compenser les saisons de reproduction écourtées dans les habitats situés en milieu montagneux, difficile et froid. Si le mode de vie lent peut entraîner une baisse des naissances dans les hautes altitudes, leur progéniture vit plus longtemps et sa durée de reproduction est par conséquent plus longue aussi.
Il existe des différences considérables entre les espèces, mais selon plusieurs études menées récemment par Environnement Canada et l’université de la Colombie-Britannique, les Alouettes cornues, les Bruants des près et les Juncos ardoisés produisent moins de rejetons chaque année, alors que les taux de survie des juvéniles et des adultes sont plus élevés en hautes altitudes que ceux des mêmes espèces qui nichent en basses altitudes.
Ces trois oiseaux chanteurs semblent pouvoir s’adapter aux conditions actuelles, mais comme les milieux montagneux et les latitudes nordiques subissent davantage de changements en raison du réchauffement climatique, on ne sait pas comment ces espèces vont réagir aux conditions encore plus rigoureuses à l’avenir.
Le profil de la survie et de la reproduction observé chez les oiseaux chanteurs nichant dans les terrains élevés n’est pas conforme à toutes les communautés d’oiseaux et peut être influencé par le climat, la température, les prédateurs et la disponibilité de la nourriture. Une étude entreprise récemment au Yukon a révélé que le taux de naissance chez le Lagopède à queue blanche était de 25 p. 100 supérieur à celui du Lagopède alpin, mais la durée de vie de ce dernier était de 25 p. 100 supérieure à celle du Lagopède à queue blanche. Au même endroit, ces espèces étroitement liées réagissent très différemment aux conditions printanières défavorables : le Lagopède alpin – à mode de vie « lent » – subit de plus grandes réductions dans sa reproduction que le lagopède à queue blanche – à mode de vie « rapide ».
Ces compromis entre reproduction et survie sont importants pour pouvoir prévoir comment les espèces réagiront aux changements environnementaux plus importants qui accompagnent les changements climatiques.
Source: Bears, H., K. Martin et G.C. White. 2009. Breeding in high-elevation habitat results in shift to slower life-history strategy within a single species. Journal of Animal Ecology 78(2): 365-375.
Source: Camfield, A.F., S.F. Pearson et K. Martin. 2010. Life history variation between high and low elevation subspecies of horned larks. Journal of Avian Biology. Sous presse.
Source: Camfield, A.F. et K. Martin. 2009. The influence of ambient temperature on horned lark incubation behaviour in an alpine environment. Behaviour 146: 1615-1633.
Source: Davidson, P., S. Wilson, H. Bears, A.F. Camfield et K. Martin. 2007. Birds in high places. BirdWatch Canada 41: 4-7.
Source: Martin, K. et K.L. Wiebe. 2004. Coping mechanisms of alpine and arctic birds: extreme weather and limitations to reproductive resilience. Integrative and Comparative Biology 44: 177-185.
Source: Martin, M., A.F. Camfield et K. Martin. 2009. Demography of an alpine population of savannah sparrows. Journal of Field Ornithology 80(3): 253-264.
Source: Wilson, S. et K. Martin. 2010. Variable reproductive effort for two sympatric ptarmigan in response to spring weather conditions in a northern alpine ecosystem. Journal of Avian Biology. Sous presse.
Personne-ressource : Kathy Martin (604) 940-4667
Effets des produits toxiques sur la santé
Les chercheurs indiquent que les rodenticides présentent un certain risque pour les hiboux après qu’une étude récente eut révélé la présence d’un rodenticide bien connu dans le foie de 70 p. cent des hiboux échantillonnés dans l’ensemble de la Colombie-Britannique et du Yukon; en outre, des concentrations suffisamment élevées pour causer la mort étaient présentes dans 15 p. cent de ceux-ci.
Bien que les rodenticides soient directement responsables de la mort de 3 p. cent seulement des hiboux échantillonnés, les chercheurs croient que les rodenticides anticoagulants de la deuxième génération (RADG), comme le brodifacoume et le bromadiolone, ont sans doute contribué à plus de morts que ne pouvaient le révéler les observations post mortem et les résidus de foie.
Les chercheurs d’Environnement ont recueilli 164 cadavres de Chouettes rayées, d’Effraies des clochers et de Grands-ducs d’Amérique entre 1988 et 2003, provenant de nombreuses organisations partenaires en Colombie-Britannique et au Yukon. Bien que la mort de la plupart des hiboux est attribuable à un trauma (électrocution, attaques par d’autres animaux sauvages, collisions avec un véhicule motorisé ou une fenêtre), la forte présence de résidus de RADG rend difficile d’exclure la possibilité que les hiboux ont subi des changements comportementaux parce qu’ils ont été exposés au rodenticide, ce qui les aurait rendus plus vulnérables aux accidents.
En Colombie-Britannique, de 1991 à 2003, les ventes d’un ingrédient actif dans le brodifacoume et le bromadiolone ont augmenté respectivement de 100 p. 100 et de 24 p. 100. Ces produits chimiques se sont révélés bien plus toxiques que les rodenticides dits de la première génération et ont tendance à rester plus longtemps dans les tissus des animaux. L’achat de RADG pour lutter contre les organismes nuisibles se fait sans permis et on les trouve dans les établissements commerciaux et résidentiels, les services d’alimentation, les décharges publiques et les installations de transport, et autour de ces bâtiments.
Les preuves recueillies lors d’études comme celle-ci ont conduit le Canada et les États-Unis à apporter des modifications à leurs règlements afin d’étiqueter tous les produits contenant du brodifacoume dans le but de réduire les empoisonnements de la faune non ciblée. Les activités de recherche et de surveillance se poursuivent afin de déterminer les effets du rodenticide, en particulier sur les populations vulnérables de hiboux, et de développer de nouveaux outils permettant de mesurer les effets des expositions aux produits non létaux.
Les scientifiques d’Environnement Canada commencent à penser que les rodenticides anticoagulants joueraient un rôle dans l’empoisonnement d’oiseaux qui présentaient une grave hémorragie abdominale durant leur étude sur les pesticides anticholinestérasiques et leurs effets toxiques sur les rapaces. La recherche menée sur les pesticides anticholinestérasiques a conduit au retrait, à l’échelle locale, de substances chimiques nocives en raison de leurs effets toxiques sur la faune non ciblée.
Source: Albert, C.A., L.K. Wilson, P. Mineau, S. Trudeau et J.E. Elliott. 2009. Anticoagulant rodenticides in three owl species from Western Canada, 1988-2003. Archives of Environmental Contamination and Toxicology 58(2): 451-459.
Personne-ressource : John Elliott (604) 940-4680
À propos de ce infobulletin
Abbonez-vous
Cet infobulletin mis à jour chaque trimestre s’adresse aux scientifiques, praticiens, gestionnaires, décideurs et autres personnes dont le travail consiste à comprendre, conserver et gérer la faune et les habitats du Canada.
Inscrivez-vous : Vous recevrez notre infobulletin chaque trimestre.
Non merci : Vous désirez que votre adresse électronique soit retirée de la liste des destinataires.
Cet infobulletin gratuit est produit par la Liaison S-T et publié par la Direction générale des sciences et de la technologie d’Environnement Canada.
Protection des renseignements personnels
Environnement Canada s’engage à ne pas vendre ni communiquer votre adresse à qui que ce soit.
Contact
Veuillez envoyer vos commentaires ou questions à :
Courtney Price
Liaison scientifique, Faune et paysage
Liaison en sciences et technologie
Environment Canada | 4905 Dufferin St., Toronto, ON Canada M3H 5T4
Tél: (416) 739-5954 | Fax: (416) 739-5845
- Date de modification :