Surveillance nationale intégrée de l’eau
Deux exemples :
- l’intégration de programmes à surveillance automatisée de l’eau
- l’intégration de l’information biologique à la surveillance de la qualité de l’eau
Intégrer les stations de surveillance de la qualité de l’eau aux stations hydrométriques
Un nouveau réseau national de surveillance automatisée de la qualité de l’eau a été mis sur pied en 2006 dans le cadre du programme de surveillance et de communication de données relatif à la qualité de l’eau d’Environnement Canada. Cette surveillance de la qualité de l’eau se fait au moyen d’un dispositif automatisé habituellement composéd’une sonde multiparamétrique, d’un enregistreur de données et de capacités de pointe en télémesure et télécommunication capables de transmettre les données en temps quasi réel directement sur Internet. Les dispositifs sont déployés pour collecter des données en continu durant quelques semaines à quelques mois, selon les conditions du cours d’eau étudié. Les données enregistrées par les sondes comprennent l’oxygène dissous, le pH, la conductivité, la turbidité et la température.
Ce type de surveillance permet à l’utilisateur de recueillir une série chronologique de données représentativesde la qualité de l’eau qui lui permettront d’établir les tendances et les conditions de référence et de détecter les premiers signes d’un cours d’eau en mauvaise condition et permet de communiquer l’information aux gestionnaires et au public en temps quasi réel sur Internet. Le réseau fournit également de l’information à d’autres programmes, par exemple l’Indice de la qualité des eaux (IQE) de l’initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE).
Cette année, environ 45 sites composeront le réseau, parmi lesquels des sites gérés par Environnement Canada et des sites gérés par des partenaires provinciaux, territoriaux, des Premières nations et de l’industrie et faisant partie de réseaux déjà en place. Trois des sites du réseau national se trouvent dans des régions éloignées des Territoires du Nord-Ouest, alors que plus de la moitié se trouvent dans le Canada atlantique, dont des sites des réseaux provinciaux de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Nouvelle-Écosse. Au Québec, en plus de pouvoir mesurer les paramètres physiques par des sondes automatisées, les stations sont aussi pourvues de dispositifs permettant la collecte automatisée d’échantillons d’eau. Cette année, un nouveau site sera installé sur une bouée et placé à l’embouchure de la rivière Fraser. En 2007-2008, l’objectif principal est de mettre au point un système national de gestion des données et de l’information qui permettra de rendre les données accessibles au public en temps quasi réel sur Internet. On a aussi pour objectif de préparer et de documenter un guide national sur les méthodes standard qui comprendra des protocoles d’assurance et de contrôle de la qualité (AC/CQ) et la terminologie normalisée.

Le nouveau réseau encouragera une meilleure intégration des sites de surveillance de la qualité de l’eau aux stations actuellement en service du Service météorologique du Canada, lesquelles surveillent les eaux au moyen de paramètres hydrométriques. Situer ces deux types de station au même endroit permet la collecte et l’utilisation de données complémentaires, un partage de la capacité en ce qui touche la maintenance des stations et un partage de l’infrastructure appartenant à Environnement Canada, entre autres les enregistreurs de données, les équipements de télécommunication et les abris. En outre, une collaboration avec nos collègues du domaine de l’hydrométrie est essentielle à l’installation de nouvelles stations pouvant transmettre les deux types de données (sur l’hydrométrie et sur la qualité de l’eau). Les stations de surveillance automatisée de la qualité de l’eau du présent réseau sont presque toutes intégrées à des stations hydrométriques.
En juin dernier, des experts de la Division de la surveillance de la qualité de l'eau d’Environnement Canada en charge du développement de ce réseau ont partagé leur expérience et leur savoir lors d’un atelier national sur la surveillance en temps réel de la qualité de l’eau présenté à St. Johns par la Water Resources Management Division du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. Plus de 60 experts en qualité de l’eau venant de partout au Canada et œuvrant dans le domaine en plein essor de la surveillance automatisée, en temps quasi réel et in situ des cours d’eau et des lacs, y ont assisté. Environnement Canada y a fait une brève présentation du nouveau réseau national, ainsi que des présentations plus détaillées de sites du réseau se trouvant dans la région du Pacifique et du Yukon et dans la région de l’Atlantique.
Intégrer l’information biologique à la surveillance de la qualité de l’eau par le biais du Réseau canadien de biosurveillance aquatique (CABIN)
Le Réseau canadien de biosurveillance aquatique (CABIN) amorce sa deuxième année de mise en œuvre à l’échelle nationale dans le cadre du programme de surveillance et de communication des données relatives à la qualité de l’eau d’Environnement Canada. Dans le CABIN, les données relatives aux macro-invertébrés benthiques, à l’habitat et aux cours d’eau d’un site sont collectées au moyen d’un protocole uniformisé d’évaluation de la condition des cours d’eau. Environnement Canada vise à mettre sur pied des ensembles de sites de référence (des sites dont la condition est la meilleure possible, qui sont les moins touchés) dans tout le pays dans le but d’évaluer la dégradation dans les écosystèmes des cours d’eau par l’approche des conditions de référence, une méthode aujourd’hui bien établie.
En 2006, on a échantillonné plus de 90 nouveaux sites de référence dans des bassins choisis à travers le pays, notamment dans les rivières Okanagan, Mackenzie et Annapolis, de même que dans les parcs nationaux du Mont-Riding, des Îles-du-Saint-Laurent, Gwaii Haanas et de la Mauricie et d’autres de partout au Canada. Parcs Canada est un partenaire essentiel du réseau CABIN qui a aussi un intérêt dans la surveillance des écosystèmes aquatiques et à fournir des emplacements de choix pour l’établissement de sites de référence. Les parcs utiliseront les informations recueillies à l’aide du protocole CABIN pour préparer leurs rapports sur l’intégrité écologique ( http://www.pc.gc.ca/progs/np-pn/eco_integ/index_f.asp).
Traditionnellement, nos programmes de surveillance de la qualité de l’eau reposent sur la mesure des paramètres physiques et chimiques. Dans le réseau CABIN, ce sont les communautés de macro-invertébrés benthiques qui nous informent de la condition d’un écosystème d’eau douce. En intégrant l’information biologique à notre programme national de surveillance de la qualité de l’eau, nous recueillons des données complémentaires qui permettent de mesurer comment un système d’eau douce réagit aux stresseurs, par exemple les modifications dans la quantité d’eau et la dégradation de l’habitat.

En mai, le Bureau de surveillance de la qualité de l’eau de la Région du Pacifique et du Yukon a présenté un atelier de formation CABIN à des groupes du bassin hydrographique Columbia au College of the Rockies de Cranbrook, en Colombie-Britannique, dans le cadre d’un cours commandité par le Columbia Basin Trust et organisé par le Kootenay River Network de la Colombie-Britannique. Récemment, la formation CABIN a aussi été donnée à des employés de Parcs Canada du parc national de Prince Albert en Saskatchewan et de parcs des montagnes Rocheuses canadiennes de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, des employés du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique de la région de Kootenay et des employés du Selkirk College. L’atelier a donné lieu à la mise au point de la première étude du programme national CABIN à faire intervenir plusieurs partenaires et à porter sur l’ensemble d’un bassin. Les sept parcs des montagnes Rocheuses ont adopté le protocole CABIN de surveillance des cours d’eau.
Cette année, l’équipe du CABIN d’Environnement Canada et un grand nombre de partenaires provinciaux, territoriaux, des Premières nations et des secteurs industriel et académique continueront d’établir dans tout le pays des ensembles de sites de référence, dans des bassins ayant été échantillonnés l’an dernier ainsi que dans d’autres parcs nationaux, dont les parcs nationaux de la Péninsule-Bruce, Kejimkujik et des Monts-Torngat. Le réseau s’étend aussi vers le nord à titre de projet de l’Année polaire internationale (API). Par des travaux de recherche dirigés par Donald Baird, on cherche à développer de nouveaux moyens techniques pour appuyer ces initiatives, notamment, en collaboration avec l’Université de Guelph, des méthodes permettant l’identification des taxons par des codes à barres d’ADN.
Le succès qu’ont connu les ateliers de formation CABIN a créé une forte demande, partout au pays, pour de la nouvelle formation qui permettrait de connaître et de mettre en œuvre le protocole uniformisé du CABIN. Pour répondre à cette demande, Environnement Canada, en partenariat avec l’Institut canadien des rivières (ICR) à l’Université du Nouveau-Brunswick, élabore présentement un nouveau programme de formation qui se composera de cinq modules en ligne puis d’un court atelier de certification d’un ou deux jours. Le nouveau programme devrait être prêt pour 2008.
Le Réseau canadien de biosurveillance aquatique (CABIN) est à la fois un programme coopératif national et un réseau permettant la collecte, l’évaluation et la communication d’information sur la condition biologique et la biodiversité des systèmes aquatiques du Canada. En tant que réseau de réseaux, Environnement Canada collabore avec d’autres groupes et organismes pour connaître la situation de l’eau douce du Canada tout en offrant à ses partenaires des outils et des données de référence pour leurs propres programmes de surveillance biologique.
L’élaboration du programme de surveillance automatisée de la qualité de l’eau et du programme de biosurveillance aquatique (CABIN) est coordonnée à l’échelon national par Giselle Bouchard du Bureau national de surveillance de la qualité de l'eau. Pour en savoir plus sur le CABIN, visitez le http://cabin.cciw.ca/ . (site en Anglais)
Leah Brannen
Liaison S-T
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