Aidez le gouvernement du Canada à organiser son site Web!

Remplissez un questionnaire anonyme de 5 minutes. Commencez maintenant.

Nouvelles de la science faunique et paysagère

Été 2010

Populations sauvages

Habitats et écosystèmes

Effets des produits toxiques sur la santé

À propos de ce bulletin


Populations sauvages

> La première étude génétique de la paruline à ailes dorées dans toute l’aire de l’espèce révèle peu de populations pures.

Paruline à ailes dorées | Photo: Carl SavignacSelon une récente étude, il y a beaucoup moins de populations génétiquement pures de parulines à ailes dorées, une espèce menacée dont la conservation est préoccupante à l’échelle mondiale, que ce qu’on croyait initialement, ce qui a des répercussions importantes pour ceux qui travaillent à la conservation des espèces en péril.

Selon les résultats publiés, les populations génétiquement pures de parulines à ailes dorées ne pourraient exister qu’au Manitoba et, selon les estimations des populations de Partenaires d'envol, ne constituent que 1 % de la population mondiale d’oiseaux reproducteurs.

Les chercheurs ont trouvé « très inquiétant » de constater une introgression au Minnesota, où se reproduisent 40 % de la population et où l’oiseau ne bénéficie d’aucune protection.

Les chercheurs ont examiné la génétique de 608 parulines à ailes dorées et de 145 parulines à ailes bleues, dans neuf États américains et trois provinces canadiennes afin de fournir la première évaluation, dans toute l’aire de l’espèce, de l’introgression d’ADN mitochondrial (ADNmt) entre la paruline à ailes dorées et la paruline à ailes bleues. Il s’agit d’une première étape importante pour examiner les tendances, le niveau, le taux et la direction du flux génétique entre les deux espèces et en savoir plus sur les activités de conservation.

L’étude a démontré que les niveaux les plus élevés d’introgression se trouvaient à New York, suivi du centre du Wisconsin et du Tennessee. Un certain niveau d’introgression a été constaté dans tous les États et les provinces, à l’exception du Manitoba et du Québec.

Même si les scientifiques ne connaissent pas encore les répercussions exactes de l’hybridation sur la démographie de l’espèce, ils affirment que l’hybridation est courante et qu’elle mène habituellement à la disparition locale des parulines à ailes dorées.

Depuis 1966, environ 64 % de la population mondiale a été perdue, ce qui en fait l’une des espèces de passereaux qui décline le plus rapidement en Amérique du Nord. En réaction, elle a été inscrite en 2006 parmi les espèces en péril du Canada.

Bien qu’il ne soit pas inscrit sur la liste fédérale américaine, l’oiseau est déclaré en voie de disparition en Indiana, en Ohio et au Massachusetts; comme rare ou menacé en Caroline du Nord, au Maryland, au Vermont et au Kentucky; et considéré comme une espèce préoccupante sur le plan de la conservation au Wisconsin, en Georgie, au Connecticut, au New Jersey et à New York.

Des travaux sont en cours en vue d’augmenter la taille de l’échantillon et la zone géographique d’échantillonnage. Les chercheurs ont déterminé une prochaine étape importante, soit l’analyse de l’ADN nucléaire, qui est hérité des deux parents et qui fournirait une meilleure compréhension que l’analyse de l’ADNmt seulement, qui n’est hérité que par la mère.

Certaines constatations initiales tirées des plus récents travaux indiquent que la population génétiquement pure de parulines à ailes dorées est encore plus restreinte que ne l’indiquent les conclusions publiées et qu’elle ne se trouve que dans les limites les plus extrêmes de l’aire de reproduction au Manitoba.

Ces travaux, en combinaison avec les relevés et la modélisation de l’habitat, sont utilisés par le Golden-winged Warbler Working Group pour déterminer les exigences d’habitats de cet oiseau. Ces travaux ont également servi à un programme de rétablissement qui est actuellement en cours d’élaboration pour la paruline à ailes dorées. La manipulation des habitats pour empêcher le flux génétique entre les deux « espèces sœurs » constitue une solution qui pourrait augmenter les chances de rétablissement de l’espèce.

Source: Vallender, R., S.L. Van Wilgenburg, L.P. Bulluck, A. Roth, R. Canterbury, J. Larkin, R. Fowlds et I.J. Lovette. 2009. L’introgression mitochondriale largement répandue dans l’ensemble de l’aire de reproduction indique l’existence d’une importante hybridation cryptique chez la Paruline à ailes dorées (Vermivora chrysoptera). Écologie et conservation des oiseaux (2)4.

Personne-ressource : Steve Van Wilgenburg (306) 975-5506 or Rachel Vallender (819) 953-3296


> L’assouplissement des restrictions de chasse ne réduit pas les populations d'oies des neiges, les gestionnaires de la sauvagine sont encouragés à réévaluer la stratégie

Une récente étude semble indiquer que les efforts de toute une décennie visant à réduire la population de la Petite oie des neiges au centre du continent n’ont pas donné les résultats voulus.

Chasseur avec oie | Photo: Ray Alisauskas, Environnement CanadaÀ partir de 1999, les chasseurs ont obtenu la possibilité sans précédent de chasser les différentes populations d’oies blanches (oies de Ross, petite oie des neiges et grande oie des neiges) dans certaines parties du Canada et des États-Unis, en raison des dommages qu’ils causaient aux écosystèmes terrestres et des marais salés dans le centre et l’est des régions arctiques et subarctiques canadiennes de la baie d’Hudson.

D’après les auteurs de l’étude, malgré les possibilités de chasse étendues (y compris les prises au printemps), l’utilisation de matériel qui était auparavant interdit et l’absence de limite dans les prises ou la possession quotidienne dans la majeure partie de l’Amérique du Nord, la population de petites oies des neiges du centre du continent n’a cessé de croître durant ces mesures de conservation, quoique à un taux moins important.

Au cours des dix ans qui ont précédé, les gestionnaires de la sauvagine avaient progressivement libéralisé les règles de chasse en raison de l’augmentation rapide des populations d’oies blanches; toutefois, en raison de la préoccupation croissante pour les écosystèmes de l’Arctique, l’Initiative de gestion des oies de l’Arctique recommandait en 1997 que les prises annuelles des oies blanches au centre du continent augmentent du triple pour un objectif de 2,2 millions d’oiseaux. Les règlements ont été ajustés pour permettre cette augmentation des prises.

Immédiatement après ces mesures spéciales, les prises annuelles des populations du centre du continent ont atteint un sommet, à un million d’oies, à deux reprises seulement. Compte tenu de cette brève période, ces chiffres n’ont pas suffi à avoir une incidence sur la survie globale de l’oie des neiges et sur la taille de la population de la région du centre du continent. Une autre étude sur l’abondance de grandes oies des neiges qui séjournent le long du fleuve Saint-Laurent au printemps et à l’automne semble indiquer qu’initialement, l’augmentation des prises a réussi à réduire les niveaux de populations, mais que la croissance de celles-ci a repris après une baisse des efforts et de succès de la chasse.

La réduction du nombre de chasseurs qui ont participé aux prises du printemps a contribué à une diminution des prises de petites oies des neiges, et les prises n’ont pas suffi à stopper l’augmentation de la population. Les chercheurs semblent également indiquer que les oiseaux peuvent être devenus prudents et ont adapté leurs comportements pour éviter d’être vulnérables.

La pression accrue de la chasse peut avoir réduit la capacité des oies à prendre du poids au printemps et à nidifier dans l’Arctique, réduisait par le fait même le nombre d’oisons produits par adulte. On ignore toutefois si c’est la pression de la chasse ou d’autres facteurs qui ont causé les déclins dans la production annuelle de petits, affirment les chercheurs

Les chercheurs soulignent qu’historiquement, le taux de croissance des oies a augmenté en raison de leur capacité à survivre, alimentée par la production agricole sur les sols d’hivernage ainsi que les itinéraires de migration.

Afin de réduire les populations d’oies et de protéger les écosystèmes fragiles de l’Arctique, les auteurs proposent aux gestionnaires d’oies plusieurs options.

Population abondante d’oies des neiges | Photo: Ray Alisauskas, Environnement CanadaPremièrement, les mesures actuelles pourraient demeurer en vigueur et être considérées comme une série d’outils disponibles pour tenter de réduire le nombre d’oies à long terme. Deuxièmement, là où cela n’a pas été fait, les restrictions de chasse à l’oie blanche au Canada pourraient être assouplies, comme elles l’ont été aux États-Unis. En particulier, les prises d’oies de Ross au printemps, actuellement interdites au Canada, pourraient être autorisées, car cette population continue d’augmenter encore plus rapidement que celle de l’oie des neiges. Troisièmement, le contrôle direct des oies et des œufs au besoin. Enfin, le recrutement actif de chasseurs d’oies des neiges et d’oies de Ross peut être accru par l’octroi de permis de chasse ou la légalisation du commerce des oies blanches chassées.

Les chercheurs semblent indiquer que l’abondance d’oies des neiges au centre du continent a probablement été sous-estimée dans le passé et peut avoir contribué à une confiance excessive dans la capacité présumée de le pression de la chasse pour réduire le taux de survie et entraîner un déclin des populations. Ils mentionnent plusieurs moyens de recherche additionnels qui aideraient à mieux comprendre les interactions entre les habitats des oies, dont l’inventaire des habitats convenables pour les oies par la télédétection. Ils recommandent fortement le baguage continu des oies dans l’Arctique afin de conserver la capacité de surveiller la survie, la répartition et l’abondance sur le continent.

Source: Alisauskas R., et al. (en revision.) Effect of population reduction efforts on harvest, survival and population growth of midcontinent Snow Geese. Wildlife Monographs.

Personne-ressource : Ray Alisauskas (306) 975-4556


Habitats et écosystèmes

> Les oiseaux qui migrent à de plus hautes altitudes courent un risque moins élevé de prédation sur les nids

La diminution moyenne de la latitude dans le risque de prédation sur les nids et la carte des lieux de reproduction des oiseaux de rivage ont été surveillés. La diminution du risque de prédation (3,6 % par degré relatif au site le plus au sud, l’île Akimiski) est indiquée à des intervalles de 5° sur l’échelle latitudinale de droite.

La diminution moyenne de la latitude dans le risque de prédation sur les nids et la carte des lieux de reproduction des oiseaux de rivage ont été surveillés. La diminution du risque de prédation (3,6 % par degré relatif au site le plus au sud, l’île Akimiski) est indiquée à des intervalles de 5° sur l’échelle latitudinale de droite.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Science, plus les oiseaux migrateurs nichent au nord, plus le risque de prédation sur les nids diminue, ce qui constitue une preuve documentée jamais vue que la prédation, comme la disponibilité de la nourriture et le risque d’infection parasitaire, peut être un facteur qui influence la décision de migrer.

Les chercheurs d’Environnement Canada, en partenariat avec les étudiants précédents d’Environnement Canada, ont découvert que pour chaque degré d’augmentation de la latitude, le risque relatif de prédation diminue de 3,6 %.

Les chercheurs ont surveillé 1 555 nids artificiels le long d’un gradient latitudinal de 3 350 km des régions subarctiques à celles du haut Arctique du Canada. Ils ont découvert que les oiseaux qui nichaient le plus au sud de leur étude avaient un risque de prédation accru de 65 % par rapport à leurs semblables plus au nord.

La prédation a longtemps été considérée comme un facteur pour déterminer les lieux des nids et la taille des pontes, mais c’est la première fois qu’elle est considérée comme un avantage pour les oiseaux qui paient un prix élevé à migrer sur de grandes distances, plusieurs milliers de kilomètres pour certains.

Les oiseaux qui nichent à de hautes altitudes ont besoin de grosses réserves énergétiques et métaboliques, et risquent la mortalité en raison des conditions météorologiques exceptionnelles. Selon cette étude, ces coûts peuvent être compensés par une réduction des risques de prédation sur les nids.

Afin d’expliquer davantage ces changements de stratégies dans le cycle biologique des oiseaux, les chercheurs affirment qu’ils doivent comparer les conditions écologiques sur les lieux de reproduction, les éléments reproducteurs et la survie des adultes afin de mieux comprendre l’évolution de la migration sur de longues distances.

Les chercheurs affirment que l’accès aux stations expérimentales, la collaboration des étudiants et les ensembles de données partagées sont essentiels pour en arriver à ces conclusions.

Cet article est le fruit des travaux réalisés dans le cadre du projet de l’Année polaire internationale intitulé « ArcticWolves ».

Consulter une critique parue dans Science sur la pertinence des nids artificiels et lire la réponse des auteurs à la lettre.

Source: McKinnon, L., P.A. Smith, E. Nol, J.L. Martin, F.I. Doyle, K.F. Abraham, H.G. Gilchrist, R.I.G. Morrison et J. Bêty. 2010. Lower predation risk for migratory birds at high latitudes. Science 327(5963): 326-327. [DOI: 10.1126/science.1183010]

Source: Faaborg, J. 2010. Suitability of Artificial Nests. Science 328(5974): 46. [DOI: 10.1126/science.328.5974.46-a]

Source: McKinnon, L., et al. 2010. Suitability of Artificial Nests-Response. 2010. Science 328(5974): 46-47. [DOI: 10.1126/science.328.5974.46-b]

Personne-ressource : Paul Smith (613) 998-7362


Effets des produits toxiques sur la santé

> Effets des contaminants sur la faune et la santé de l’Arctique : une nouvelle évaluation récemment publiée

Our blanc | Photo: photos.comUn nouveau rapport d’évaluation scientifique décrit la façon dont les contaminants nuisent à la santé des poissons et la faune de l’Arctique, met en lumière plusieurs « points chauds » préoccupants et recommande d’autres domaines d’étude pour les chercheurs.

L’étude, l’une des nombreuses qui ont été réalisées pour un rapport de 2010 par l’Arctic Monitoring and Assessment Program (AMAP) circumpolaire, contient un sommaire des nouvelles données recueillies depuis 2002 sur l’exposition et les effets des contaminants organohalogénés persistants, y compris les composés anciens et d’intérêt émergent, et comporte une évaluation des niveaux seuils de contaminants dans la faune arctique afin d’évaluer les risques pour la santé.

Les espèces et les populations aux points chauds les plus à risque d’exposition aux contaminants organohalogénés mentionnées dans le rapport d’évaluation sont :

  • ours blancs (populations de l’est du Groenland, de Svalbard et de l’ouest et du sud de la baie d’Hudson)
  • épaulards (populations de l’Alaska et de la Norvège)
  • mouettes tridactyles, goélands marins et bruns, et goélands argentés (populations du nord de la Norvège)
  • goélands bourgmestres (populations de Svalbard)
  • mouettes blanches (centre et haut Arctique canadien)
  • fulmars boréals (populations de Svalbald et du haut Arctique canadien)
  • phoques annelés (population de l’est du Groenland)
  • otaries de Steller (population de la mer de Béring)
  • ombles chevaliers (population de Svalbard)
  • requins du Groenland

épaulards | Photo: Corel CorporationLes chercheurs ont découvert que, même si ces espèces ont dépassé une concentration tissulaire supérieure au niveau préoccupant établi d’une partie par million, il n’existe pas de preuve évidente que les contaminants organohalogénés causent un stress au niveau des populations de toutes les espèces.

Afin d’évaluer la façon dont ces espèces pourraient être touchées aux niveaux des populations, les chercheurs ont examiné la contamination dans un contexte plus large des autres interactions complexes entre les facteurs de stress environnementaux, écologiques et physiologiques d’origine naturelle ou anthropique qui sont présents en Arctique, car ces facteurs peuvent influencer l’exposition aux contaminants et leurs effets.

La maladie, la prédation, les changements climatiques, la rareté de la nourriture, l’état corporel ainsi que diverses tendances spatio-temporelles peuvent influer sur la façon dont les contaminants ont des incidences sur les espèces au niveau des populations. Les chercheurs affirment également qu’un cocktail complexe de contaminants retrouvé dans le biote arctique signifie que les contaminants peuvent agir seuls ou en combinaison, et qu’ils peuvent subir une biotransformation pouvant rendre les métabolites plus toxiques que le composé original, ce qui ajoute à la complexité des facteurs.

Renard arctique | Photo: photos.comPar exemple, des études contrôlées sur des chiens de traîneau et des renards arctiques nourris au petit lard de petit rorqual et au gras de porc ont démontré que les contaminants organohalogénés nuisent aux fonctions du foie et des reins, la réaction immunitaire et le système endocrinien des ours blancs, qui aide à réguler la croissance, les capacités cognitives et la température corporelle. Ces dégradations peuvent diminuer la capacité des ours à s’acclimater et à s’adapter à des environnements arctiques extrêmes.

Lorsque ces effets sont examinés en combinaison avec les changements climatiques, les périodes naturelles de jeûne, le taux de survie des oursons et la dégradation de la reproduction des femelles, les populations d’ours blancs de l’Est du Groenland et de Svalbard peuvent courir des risques plus élevés de stress chronique au niveau des populations.

De même, les niveaux de contaminants organohalogénés chez les goélands bourgmestres de Svalbard et de l’est de l’Arctique russe ont été associés aux dépenses d’énergie, au comportement au nid, à la thermorégulation et à la capacité de transférer la chaleur aux œufs durant l’incubation.

Goéland bourgmestre  | Photo: USFWSD’autres études sur des goélands marins du nord de la Norvège ont montré que les effets de certains contaminants organohalogénés sont aggravés lorsque les oiseaux sont exposés aux parasites, à la prédation, aux agents pathogènes, aux changements climatiques et à la rareté de la nourriture.

En général, les niveaux de contaminants organohalogénés chez les poissons n’ont pas soulevé de préoccupations. Une exception a été un point chaud à Svalbard où l’omble chevalier dans un lac d’eau douce recevait une charge élevée de contaminants provenant du guano d’une colonie d’oiseaux de mer à proximité. De nouvelles expériences ont également indiqué que les contaminants organohalogénés peuvent être redistribués, des stocks de graisse de l’omble chevalier aux tissus essentiels, comme le cerveau et le foie, en réaction au long jeûne saisonnier.

Les chercheurs recommandent plusieurs moyens d’études qui aideraient le milieu scientifique à mieux expliquer la complexité des effets des contaminants sur le biote arctique.

Cela comprend :

  • établissement de données de base écologiques et physiologiques pour la faune arctique (p. ex. hormones, vitamines, les variables sanguines, les facteurs immunitaires, etc.) et d’autres facteurs qui peuvent les influencer (p. ex., heure du jour/année, état de santé).
  • étude d’espèces vulnérables ou centrales additionnelles (p. ex., mouette blanche, grand labbe, phoque annelé)
  • effets des contaminants organohalogénés durant les périodes de sensibilité physiologique (p. ex., croissance, reproduction, périodes de jeûne)
  • nouveaux contaminants
  • effets combinés des contaminants organohalogénés et des autres facteurs de stress naturels et anthropogéniques.

Les chercheurs recommandent également une plus grande collaboration entre les scientifiques dans les études sur les tendances spatio-temporelles en Arctique, plus d’harmonisation dans la collecte et le stockage des données, et des analyses en laboratoire constantes afin d’améliorer l’incidence des résultats scientifiques.

Source: Letcher, R.J., J.-O. Bustnes, R. Dietz, B.M. Jenssen, E.H. Jørgensen, C. Sonne, J. Verreault (Post Doctoral Fellow), M. Vijayan et G.W. Gabrielsen. 2009. Exposure and effects assessment of persistent organic pollutants in Arctic wildlife and fishSci. Total Environ. Publié en ligne.

Personne-ressource : Robert Letcher (613) 998-6696


> Une étude extérieure effectuée sur des espèces indigènes a démontré que de faibles concentrations d’un pesticide courant transforment des grenouilles mâles en femelles

Grenouille léopard | Photo: Ryan BoltonL’un des pesticides les plus utilisés dans le monde semble transformer les grenouilles léopards mâles en grenouilles femelles et ralentir leur métamorphose, selon une récente étude réalisée par des chercheurs de l’Université d'Ottawa en collaboration avec Environnement Canada et Santé Canada.

L’équipe a découvert que l’herbicide atrazine pouvait déclencher la féminisation des grenouilles léopards à des concentrations de seulement 1,8 partie par million (ppb). À cette faible concentration, il y avait 20 % plus de femelles comparativement aux contrôles. Toutefois, sans sexage génétique facile de ces grenouilles, les chercheurs n’avaient aucune façon de confirmer le nombre de femelles véritables par rapport au nombre de mâles qui semblaient être des femelles, d’après la morphologie de leurs gonades.

Les chercheurs ont également recueilli des preuves que l’exposition à l’atrazine nuisait à l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïde des têtards. Cet axe sert à réguler leur développement, et l’équipe a découvert qu’au moins la moitié des têtards exposés n’ont pas été capables de se métamorphoser en animaux juvéniles avant la fin de l’expérience. Le taux de survie était également beaucoup moins élevé dans les baignoires pour traitement de 1,8 ppb comparativement à celui des baignoires de contrôle.

L’étude a porté sur des espèces indigènes placées dans des baignoires extérieures constituées de débris naturels et d’une exposition aux éléments, afin de reproduire l’exposition des grenouilles dans la nature. Ce modèle d’étude visait à taire les critiques selon lesquelles les expériences en laboratoire sur des espèces non indigènes dans des aquariums de laboratoire ne sont pas valables pour évaluer les effets potentiels de l’exposition des espèces indigènes dans de véritables conditions ambiantes.

Les chercheurs ont ajouté 30 têtards dans chacune des cinq baignoires qui avaient reçu un traitement : un groupe de baignoires était un contrôle dans de l’eau propre, un autre groupe contenait des concentrations d’atrazine de 0,1 ppb, et un autre groupe contenait des concentrations de 1,8 ppb. Les baignoires étaient remplies d’eau de forage pour éviter toute contamination à l’atrazine, et de l’atrazine a été ajoutée aux baignoires de traitement à deux reprises en mai, après la pulvérisation agricole canadienne. Les têtards ont été laissés à leur développement naturel dans les baignoires pendant l’été jusqu’à la fin du test en septembre.

Les chercheurs ont découvert que l’atrazine contaminait les grenouilles par de multiples voies d’accès. Par exemple, les grenouilles exposées à la plus haute concentration d’atrazine subissaient des altérations dans l’expression génétique de leur cerveau, qui pouvaient rendre les animaux plus sensibles à l’hormone femelle œstrogène, et entraîner d’autres modifications physiologiques. Puisque de nombreuses espèces réagissent aux signaux des hormones de façon semblable aux amphibiens, l’étude a des répercussions potentielles pour ceux qui étudient d’autres groupes taxinomiques.

Récemment, on s’est beaucoup penché sur l’atrazine et ses effets sur les amphibiens, avec une récente étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences qui décrit la façon dont l’atrazine transformaient des dactylèthres africaines mâles en femelles fonctionnelles qui copulaient avec des mâles non exposés et qui produisaient des œufs viables.

L’atrazine est couramment utilisée dans la lutte contre les mauvaises herbes dans des cultures telles que le maïs, et est ubiquiste dans l’eau de surface, l’eau souterraine et les précipitations. Les concentrations dans l’eau de surface peuvent dépasser les normes pour la vie aquatique en eau douce et l’eau potable; dans le mid-ouest américain, les concentrations d’atrazine dépassaient 200 ppb dans les ruisseaux et les rivières, les eaux de surface dont les résidus de pesticides sont habituellement surveillés.

Les scientifiques doivent déterminer les incidences potentielles de l’exposition à l’atrazine à grande échelle sur les populations mondiales d’amphibiens, et s’il y a des effets au niveau des populations. D’un point de vue plus général, la recherche sur les contaminants et les amphibiens est nécessaire afin de mieux établir les politiques, les lignes directrices et les efforts de rétablissement relatifs aux contaminants, et de déterminer si les amphibiens sont suffisamment protégés par des règlements de prévention de la pollution.

Source: Langlois, V.S., A.C. Carew, B.D. Pauli, M.G. Cooke et V.L. Trudeau. 2010. Low levels of the herbicide atrazine alter sex ratios and reduce metamorphic success in Rana pipiens tadpoles raised in outdoor mesocosms. Environmental Health Perspectives 118:552-557.

Source: Hayes, T.B. et al. 2010. Atrazine induces complete feminization and chemical castration in male African clawed frogs (Xenopus laevis). PNAS. Available online March 1.

Source: Lazorko-Connon, S., et G. Achari. 2009. Atrazine: its occurrence and treatment in water. Environ. Rev. 17: 199-214.

Personne-ressource : Bruce Pauli (613) 998-6690


> Des études intercontinentales d’oiseaux de rivières ont révélé des répercussions pour mesurer les contaminants dans les œufs

Écosystème d’eau douce | Photo: photos.comDe récentes études examinant les modifications de l’alimentation de deux cincles plongeurs – une espèce d’oiseaux chanteurs qui attrapent leur nourriture sous l’eau dans des rivières au débit rapide, démontrent comment les conditions ambiantes locales peuvent altérer le comportement de recherche de nourriture et modifier la composition des contaminants dans les œufs, ce qui a des incidences dans l’analyse des voies d’accès des contaminants.

Au moyen d’une analyse d’isotopes stables alimentaires et modernes, les scientifiques ont examiné le sang, les selles, les proies et les œufs des cincles d'Amérique provenant de rivières riches en saumon de la Colombie-Britannique et les ont comparés aux échantillons de cincles plongeurs provenant des rivières rurales galloises ayant des taux d’acidité variés.

Même si les espèces de cingles plongeurs ont une écologie semblable, ils contiennent des charges de contaminants différentes. Les scientifiques ont déterminé que les cingles plongeurs femelles aux deux endroits modifiaient leurs façons de chercher de la nourriture pour s’adapter aux exigences nutritionnelles changeantes durant la ponte et que les différentes conditions locales causaient différentes disponibilités des aliments et voies d’accès des contaminants chez les deux espèces étroitement liées.

Les cingles d’Amérique, même s’ils étaient nourris à un niveau trophique supérieur avec une alimentation riche en poisson, n’avaient généralement pas une charge de contaminants supérieure à celle des cingles plongeurs. Les organochlorés comme le mirex et la dieldrine semblaient être absents des œufs des cingles d’Amérique, mais se trouvaient dans 86 % des œufs des cingles plongeurs à des lieux acides, malgré une interdiction en Europe en 1989. Toutefois, les niveaux de mercure étaient supérieurs chez les cingles d’Amérique, même si c’était à des niveaux qui ne représentaient pas de risques pour la reproduction, parce qu’ils se fient sur les poissons dans leur alimentation de ponte. Les deux espèces avaient des niveaux semblables de biphényles polychlorés (BPC) et d’éther diphénylique polybromé (PBDE) avec des congénères semblables.

Une analyse d’isotopes stables dans le plasma et les globules rouges a permis aux chercheurs de déterminer l’alimentation récente des quatre derniers jours, et de la comparer à l’alimentation des 30 derniers jours. Même s’il a été démontré que le sang peut révéler un changement d’alimentation, peu d’études ont validé cette technique ou l’ont utilisée en combinaison avec une analyse alimentaire traditionnelle. Les chercheurs affirment que les données corroborantes provenant des deux méthodes apportent plus de confiance dans les résultats.

Les cincles plongeurs ont été examinés parce qu’ils sont de bons indicateurs des écosystèmes d’eau douce et qu’ils sont utilisés dans des programmes de surveillance pour examiner les niveaux de mercure, de sélénium, de BPC et de pesticides organochlorés. On suppose souvent que les œufs d’oiseaux reflètent les conditions de contamination locales, mais cette étude a porté sur les variations et les interactions spatio-temporelles plus complexes qui peuvent influer sur les charges de contaminants.

Source: Morrissey, C.A., J.E. Elliott et S.J. Ormerod. 2009. Diet shifts during egg laying: Implications for measuring contaminants in bird eggs. Environmental Pollution. Publié en ligne.

Source: Morrissey, C.A., J.E. Elliott et S. J. Ormerod. 2010. Local to continental influences on nutrient and contaminant sources to river birds. Environmental Science and Technology. Publié en ligne.

Personne-ressource : John Elliott (604) 940-4680


À propos de ce infobulletin

Abbonez-vous

Cet infobulletin mis à jour chaque trimestre s’adresse aux scientifiques, praticiens, gestionnaires, décideurs et autres personnes dont le travail consiste à comprendre, conserver et gérer la faune et les habitats du Canada.

Inscrivez-vous : Vous recevrez notre infobulletin chaque trimestre.
Non merci
: Vous désirez que votre adresse électronique soit retirée de la liste des destinataires.

Cet infobulletin gratuit est produit par la Liaison S-T et publié par la Direction générale des sciences et de la technologie d’Environnement Canada.

Protection des renseignements personnels

Environnement Canada s’engage à ne pas vendre ni communiquer votre adresse à qui que ce soit.

Contact

Veuillez envoyer vos commentaires ou questions à :

Courtney Price
Liaison scientifique, Faune et paysage
Liaison en sciences et technologie
Environment Canada | 4905 Dufferin St., Toronto, ON Canada M3H 5T4
Tél: (416) 739-5954 | Fax: (416) 739-5845