Nouvelles de la science faunique et paysagère
Renseigner les scientifiques, les décideurs et les responsables des politiques et autres parties intéressées sur la conservation et la gestion de la faune et son habitat au Canada
Été 2009
Populations sauvages
- Pluviers siffleurs de la Saskatchewan : Synthèse de l’étude sur le terrain de sept ans
- Caribou boréal Examen scientifique de l’habitat essentiel
Habitats et écosystèmes
- La composition des forêts liée aux utilisations passées des terres
- Le Petit Pingouin peut adapter son aire de répartition pour suivre ses proies
- Grands Lacs : les oiseaux d’eau douce comme indicateurs de l’état de l’environnement
Effets des produits toxiques sur la santé
- Cadre de surveillance du mercure dans les écosystèmes de la côte de l’Atlantique
- Publications sur le plomb dans l’environnement
- Études visant à déterminer l’impact des pesticides sur la Chevêche des terriers, espèce en voie de disparition
- Oiseaux de mer : produits ignifuges bromés ne contenant pas d’éther diphénylique polybromé dans les œufs des Goélands argentés des Grands Lacs
- Réchauffement de l’Arctique et impact de la glace de mer et des changements dans l’alimentation sur la dynamique des contaminants chez l’ours blanc
Populations sauvages
> Pluviers siffleurs de la Saskatchewan : Synthèse de l’étude sur le terrain de sept ans
L’exercice financier 2008-2009 marque la septième et dernière année de travaux sur le terrain de l’étude de Cheri Gratto-Trevor sur la survie, les déplacements, la productivité et l’hivernage des Pluviers siffleurs de la Saskatchewan. Cette étude permettra d’améliorer les estimations du taux de survie de cette espèce en voie de disparition et d’adopter des mesures de rétablissement plus éclairées.
D’après les données, le taux de survie des Pluviers siffleurs semble être plus élevé qu’auparavant. Comme ces oiseaux sont relativement longévifs, des variations même faibles du taux de survie peuvent considérablement influer sur les modèles démographiques. Il se peut donc que les modèles antérieurs, utilisant un taux de survie plus faible, aient surestimé le nombre d’oisillons que doit mettre au monde chaque couple par année. Toutefois, il faut mener d’autres analyses pour déterminer exactement le taux d’envol nécessaire au maintien ou à l’augmentation des effectifs.
Les conditions étaient mauvaises pour les oiseaux dans toute la Saskatchewan en 2008. Le lac Big Quill, très vaste milieu humide alcalin, a encore été fortement inondé, le lac Diefenbaker, grand réservoir, a débordé pour une quatrième année de suite, et la région de Missouri Coteau était asséchée pendant une grande partie de l’été. Ce sont des chercheurs d’Environnement Canada qui ont mené la plupart des travaux sur le terrain de l’été 2008, notamment l’identification des oiseaux marqués de couleurs uniques aux fins des analyses de survie.
Pour détecter les oiseaux manquants sur les sites de nidification, on a aussi effectué des travaux dans les sites d’hivernage. Des scientifiques sont partis à la recherche d’oiseaux marqués en 2008 dans le sud du Texas où hivernent la plupart des oiseaux de la Saskatchewan. De décembre 2008 à mars 2009, des oiseaux marqués ont été identifiés le long du golfe du Mexique, depuis la Floride jusqu’au sud du Texas. Au total, 119 oiseaux marqués de couleurs uniques dans le cadre de cette étude ont été signalés au cours de l’hiver 2008-2009. Soixante et un pour cent de ces oiseaux n’avaient pas été vus l’été précédent.
Personne-ressource : Dr. Cheri Gratto-Trevor (306) 975-6128
> Caribou boréal : Examen scientifique de l’habitat essentiel
Le COSEPAC a évalué la population boréale du caribou des bois (aussi appelé le caribou boréal) et déterminé, en mai 2002, qu’elle était menacée. Conformément à la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l’Environnement est tenu d’élaborer un programme de rétablissement dans lequel il désigne, dans la mesure du possible, l’habitat essentiel. Dans le cadre de ses travaux exécutés pour désigner l’habitat essentiel de cette espèce menacée, Environnement Canada a publié, sur le site du Registre public des espèces en péril l'Examen scientifique pour la désignation de l’habitat essentiel de la population boréale du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) au Canada.
La désignation de l’habitat essentiel du caribou boréal est un processus à plusieurs étapes qui tient compte de données sur une échelle géographique tant petite que grande ainsi que de données couvrant différentes périodes de temps. L’Examen scientifique fournit la base de connaissances nécessaire afin de déterminer si les populations locales du caribou boréal sont autosuffisantes et définit une méthode de désignation de l’habitat essentiel. Toutefois, l’examen scientifique ne propose pas suffisamment de conseils pour permettre la désignation de l’habitat essentiel aux termes de la LEP. Plus précisément, on étudie actuellement d’autres données pour comprendre la quantité, le type et la répartition spatiale des perturbations qu’une population locale peut subir tout en restant autosuffisante.
Les résultats de l'examen scientifique, les futurs travaux scientifiques et les connaissances des peuples autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux et d'autres parties, concernées ou touchées, au sujet du caribou boréal serviront de base à l’élaboration du programme national de rétablissement de cette espèce, notamment à la désignation de l’habitat essentiel.
Le programme national de rétablissement du caribou boréal proposé sera publié sur le site du Registre public des espèces en péril au cours de l’été 2011 pour une période de consultation publique de 60 jours.
Personne-ressource : Stephen Virc (613) 998-6692
Habitats et écosystèmes
> La composition des forêts liée aux utilisations passées des terres
Selon une nouvelle étude, les effets à long terme des utilisations passées des terres indiquent que l’on devrait accorder une plus grande importance à la conservation des terrains boisés n’ayant subi aucune perturbation plutôt qu’à ceux ayant été défrichés dans le passé à des fins agricoles et abandonnés par la suite.
Ce constat devrait aider les décideurs, les propriétaires fonciers et les groupes de conservation à désigner les terrains boisés à conserver en priorité. L’étude a été menée dans l’est de l’Ontario, mais peut s’appliquer à tout le nord-est de l’Amérique du Nord, où les pratiques de coupe des forêts à des fins agricoles étaient courantes.
Dans l’étude, on a réparti les terrains boisés dans différentes catégories, selon qu’ils ont été défrichés, qu’ils ont servi de pâturage ou qu’ils ont subi des perturbations récentes telles que l’aménagement de routes ou la coupe sélective. On a examiné comment ces catégories affectaient la diversité des espèces et la composition des communautés.
Bien que l’on n’ait détecté aucune incidence des perturbations récentes (sauf très localement), les utilisations passées des terres ont eu une influence sur la diversité des espèces de tous les groupes de végétaux examinés.
En effet, les sites non perturbés ou n’ayant fait que l’objet d’une coupe partielle abritaient la plus grande diversité d’espèces herbacées, indigènes et forestières. De plus, ces sites étaient associés à des espèces se dispersant sur de courtes distances, ce qui est un indicateur de la richesse des boisés. Par contre, les terrains boisés qui ont autrefois été complètement défrichés étaient riches en espèces envahissantes et exotiques, et étaient associés à des espèces dispersées par le vent, ce qui est un indicateur d’habitats perturbés.
Ce type de renseignement est pertinent pour les personnes qui donnent des avis sur les politiques d’utilisation des terres, la protection des terrains boisés et l’acquisition de terres.
Brown, C.D. et C. Boutin. 2009. Linking past land use, recent disturbance, and dispersal mechanism to forest composition, (en anglais seulement), Biological Conservation 142: 1647-1656.
Personne-ressource : Dr. Céline Boutin (613) 998-0493
> Le Petit Pingouin peut adapter son aire de répartition pour suivre ses proies
Dans une nouvelle étude, Tony Gaston et la biologiste de Vancouver Kerry Woo ont constaté que le Petit Pingouin est sans doute l’une des espèces qui ajuste le plus rapidement son aire de répartition à mesure que le climat se réchauffe.
Les deux scientifiques décrivent la tentative du Petit Pingouin, espèce caractéristique des eaux boréales et du Bas-Arctique, de coloniser le nord de la baie d’Hudson. Le déplacement des Petits Pingouins vers cette région pourrait entraîner une compétition pour la nourriture et avoir des effets néfastes sur la population de Guillemots de Brünnich qui y vit.
Au cours de l’étude, on a observé que les Petits Pingouins ont commencé à explorer de nouveaux sites de reproduction à l’île Coats dans les années 1990, soit au même moment où des scientifiques ont remarqué une augmentation soudaine du nombre de capelans et de lançons dans le régime alimentaire des Guillemots de Brünnich qui nichent au même endroit. Le Petit Pingouin a cette capacité de suivre les populations de proies que certains autres oiseaux de mer n’ont pas, ce qui donne à penser qu’il sera l’une des premières espèces à étendre son aire de répartition dans l’est du Canada à mesure que le climat se réchauffe.
L’aire de répartition des oiseaux qui nichent dans des zones tempérées devrait se déplacer vers le nord à mesure que le réchauffement planétaire progresse. Ces déplacements vers le nord peuvent modifier les interactions entre les espèces et avoir des conséquences inconnues. Par exemple, ils pourraient menacer les populations de certaines espèces et la biodiversité du Canada. Le suivi des déplacements des populations aidera les chercheurs et les décideurs à comprendre les conséquences du réchauffement climatique sur ces populations.
Gaston, A.J. et K. Woo. 2008. Alca torda suit ses proies subarctiques dans l'Arctique canadien: une colonisation qui résulte des changements climatiques? Auk 125 (4): 939-942.
Personne-ressource : Dr. Tony Gaston (613) 998-9662
> Grands Lacs : les oiseaux d’eau douce comme indicateurs de l’état de l’environnement
Des scientifiques d’Environnement Canada, en collaboration avec des collègues au Canada et aux États-Unis, ont récemment publié plusieurs articles soulignant l’utilité des oiseaux aquatiques des Grands Lacs comme indicateurs des changements écosystémiques et de la contamination de l’environnement.
Ils ont découvert que les Goélands argentés mangent de plus en plus de déchets, de petits mammifères et d’invertébrés pour compenser le manque de poissons-proies. La consommation de poissons-proies par les salmonidés introduits est probablement le principal facteur responsable de la baisse de l’abondance des poissons-proies, mais d’autres facteurs propres aux Grands Lacs tels que la réduction des charges en nutriments, la présence d’espèces envahissantes, la rigueur des hivers et la compétition avec d’autres prédateurs (par exemple le Cormoran à aigrettes) ont peut-être également joué un rôle dans cette baisse. Le déclin de l’abondance des poissons-proies pourrait influer sur les politiques, les programmes et les activités de la région.
Les changements dans le régime alimentaire des oiseaux aquatiques peuvent affecter la santé des individus et leur capacité de se reproduire, ce qui peut avoir des effets à l’échelle des populations. De plus, les scientifiques ont constaté que le type d’aliments que consomme un prédateur est peut-être un critère plus important dans la détermination de l’exposition à des contaminants que le « niveau trophique » d’où proviennent les aliments.
Les scientifiques ont consulté la banque de spécimens du Centre national de la recherche faunique pour analyser des œufs datant des années 1970. Ces analyses historiques sont possibles grâce au Programme de surveillance des contaminants dans les œufs des goélands argentés des Grands Lacs, l’un des plus anciens programmes annuels de surveillance des contaminants chez les espèces sauvages du monde. Créé au début des années 1970, le Programme contribue à la découverte des menaces chimiques et écologiques qui pèsent sur les espèces sauvages ainsi qu’à l’établissement des liens avec la santé humaine.
Chaque année, on récolte, analyse et entrepose des œufs dans une banque de spécimens du Centre national de la recherche faunique, à Ottawa. Grâce à cette banque, des échantillons sont disponibles aux fins d’analyse à mesure que des préoccupations environnementales émergent.
Les scientifiques indiquent qu’une meilleure intégration des efforts de surveillance visant les oiseaux, les poissons et d’autres biotes dresserait un portrait plus holistique de l’étendue et des causes des changements dans l’écosystème des Grands Lacs.
Hébert, C.E., D.V. Weseloh, L.T. Gauthier, M.T. Arts et R.J. Letcher. 2009. Biochemical tracers reveal intra-specific differences in the food webs utilized by individual seabirds, (en anglais seulement), Oecologia 160 (1): 15-23.
Hébert, C.E., D.V.C. Weseloh, A. Idrissi, M.T. Arts et E.F. Roseman. 2009. Diets of aquatic birds reflect changes in the Lake Huron ecosystem, (en anglais seulement), Aquatic Ecosystem Health and Management 12 (1): 37-44.
Hébert, C.E., D.V.C. Weseloh, A. Idrissi, M.T. Arts, R. O’Gorman, O.T. Gorman, B. Locke, C.P. Madenjian et E.F. Roseman. 2008. Restoring piscivorous fish populations in the Laurentian Great Lakes causes seabird dietary change, (en anglais seulement), Ecology. 89: 891-897.
Hébert, C.E., D.V. Weseloh, T. Havelka, C. Pekarik, L.J. Shutt, M. Shieldcastle et F. Cuthbert. 2008. Lake Erie colonial waterbirds, 1974-2002: Trends in populations, contaminant levels, and stable isotope indicators of diet, p. 497-528. In Checking the Pulse of Lake Erie, M. Munawar and R. Heath (ed.). Ecovision World Monograph Series. Aquatic Ecosystem Health and Management Society, Burlington, ON, Canada.
Personne-ressource : Dr. Craig Hébert (613) 998-6693
Effets des produits toxiques sur la santé
> Cadre de surveillance du mercure dans les écosystèmes de la côte de l’Atlantique
Des chercheurs ont mis sur pied un programme de surveillance du mercure dans les écosystèmes estuariens et marins tempérés de la côte de l’Atlantique de l’Amérique du Nord. Fondé sur un plan de surveillance américain semblable, le cadre, applicable aux écosystèmes marins arctiques et tropicaux, peut faciliter la prise de décisions éclairées sur la gestion coordonnée, les politiques et la réglementation.
La prise de décisions fondée sur des bases scientifiques nécessite la mesure quantitative du mercure dans l’environnement. Pour bien suivre cet élément volatil, le cadre considère plusieurs indicateurs pour caractériser les charges de mercure dans l’environnement et la bioaccumulation dans les réseaux trophiques marins. Il comprend la surveillance de l’air, des sédiments, de l’eau et d’une matrice d’indicateurs biotiques, dont des invertébrés, des poissons, des oiseaux et des mammifères.
Bien que les émissions nationales de mercure aient diminué de 90 % depuis les années 1970, quelque 120 tonnes de mercure se déposent annuellement au Canada à cause des déplacements atmosphériques globaux.
Le mercure pose des risques particulièrement lorsqu’il pénètre dans les milieux aquatiques où il prend sa forme la plus toxique (méthylmercure) et entre dans le réseau trophique. Les humains et les espèces sauvages s’exposent au méthylmercure en consommant des aliments provenant des milieux dulcicoles et marins. Ce programme extensif permettra de détecter les tendances spatio-temporelles du mercure, de soutenir l’évaluation des risques de toxicité pour les espèces et les réseaux trophiques, et d’assurer la protection de la santé des humains et de l’environnement.
Evers, D., R.P. Mason, N.C. Kamman, C.Y. Chen, A.L. Bogomolni, D.L. Taylor, C.R. Hammerschmidt, S.H. Jones, N.M. Burgess, K. Munney et K.C. Parsons. 2009. Integrated mercury monitoring program for temperate estuarine and marine ecosystems on the North American Atlantic coast(en anglais seulement), EcoHealth 5 (4): 426-441.
Personne-ressource : Neil Burgess (709) 772-4143
> Publications sur le plomb dans l’environnement
Le compte rendu de la conférence « Ingestion of Lead from Spent Ammunition: Implications for Wildlife and Humans » (Université d’État à Boise; du 12 au 15 mai 2008) ainsi que l’article central de Tony Scheuhammer intitulé « Historical Perspective on the Hazards of Environmental Lead from Ammunition and Fishing Weights in Canada » sont maintenant accessibles en ligne, en anglais seulement, sur le site du Peregrine Fund.
Dans son article, Scheuhammer examine les activités de recherche et de surveillance ainsi que les règlements et les mesures de contrôle subséquents qu’a pris le Canada pour réduire les concentrations de plomb provenant des munitions consommées dans l’environnement. Il fait ressortir les faits scientifiques à considérer pour déterminer comment les règlements actuels pourraient être améliorés afin de réduire davantage le dépôt de plomb dans l’environnement.
En 1999, le Canada a interdit l’utilisation des grenailles de plomb pendant la chasse aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier. Il a toutefois exclu de l’interdiction la chasse aux espèces d'oiseaux terrestres considérés comme gibier, comme la Bécasse d’Amérique, la Tourterelle triste et le Pigeon à queue barrée, en raison du manque de données sur l’accumulation élevée de plomb chez ces espèces. Depuis, plusieurs études ont démontré que les concentrations de grenailles de plomb ingérées par les espèces d'oiseaux terrestres considérés comme gibier se comparent à celles mesurées dans la sauvagine avant l’entrée en vigueur de l’interdiction sur les grenailles de plomb. De plus, les humains qui consomment du gibier, de même que les prédateurs et les charognards, notamment l’Aigle royal, la Buse à queue rousse et le Grand-duc d’Amérique, courent des risques accrus d’intoxication après avoir consommé des espèces d'oiseaux terrestres considérés comme gibier ayant ingéré du plomb.
La réglementation en vigueur sur les munitions non toxiques est très efficace. La conformité élevée a entraîné une baisse des quantités de plomb de 50 à 90 % chez la sauvagine du Canada. Si une réglementation semblable était appliquée aux espèces d'oiseaux terrestres considérés comme gibier, l’accumulation de plomb dans l’environnement et chez les espèces sauvages diminuerait davantage selon Scheuhammer.
Enfin, l’article analyse les mesures réglementaires prises par d’autres gouvernements pour réduire l’utilisation de pesées et de turluttes de plomb dans les engins de pêche ainsi que la possibilité envisagée par Environnement Canada d’exercer des contrôles plus étendus de ces produits.
Personne-ressource : Dr. Tony Scheuhammer (613) 998-6695
Selon deux études, il est peu probable que l’alimentation de la Chevêche des terriers, espèce en voie de disparition au Canada, soit affectée par la doramectine, un endectocide couramment utilisé pour lutter contre les organismes nuisibles du bétail, et ce, même si le composé peut réduire le nombre d’insectes se reproduisant dans des excréments. Ces études ont été menées, car l’on craignait que les endectocides nuisent aux populations d’insectes se reproduisant dans des excréments qui sont une source de nourriture pour les oiseaux en voie de disparition.
On utilise les endectocides pour lutter contre divers parasites internes et externes chez le bétail. Une fois l’animal traité, le corps métabolise la substance, et il peut y avoir un certain degré d’activité biologique dans les excréments pendant une période allant jusqu’à six mois. La plupart des animaux sont traités deux fois par année, et leurs excréments peuvent être toxiques pour les insectes pendant toute l’année.
Dans la première étude, on a surveillé l’émergence des insectes dans les excréments de bétail traité avec la dose topique recommandée de doramectine. Le nombre d’insectes a baissé pendant 16 semaines; ce constat confirmait les inquiétudes soulevées. Dans la seconde étude, on a analysé les boulettes régurgitées provenant de 206 nids de Chevêches des terriers. Les coléoptères coprophages représentaient environ un dixième de un pour cent de la biomasse totale des proies. La dépendance de la Chevêche des terriers étant suffisamment faible, l’utilisation de doramectine chez le bétail ne devrait pas affecter de manière appréciable l’alimentation de cet oiseau.
Floate, K.D., P. Bouchard, G.L. Holroyd, R.G. Poulin et T.I. Wellicome. 2008. Does doramectin use on cattle indirectly affect the endangered Burrowing Owl? (en anglais seulement), Rangeland Ecology & Management 61 (5): 543-553.
Personne-ressource : Geoffrey Holroyd (780) 951-8689
D’après une étude récente, l’apparition des produits ignifuges bromés (PIB) ne contenant pas d’éther diphénylique polybromé (PBDE) chez les femelles de Goélands argentés et leurs œufs au cours des 25 dernières années révèle la présence, l’exposition et la bioaccumulation continues de plusieurs PIB importants sur le plan environnemental dans les Grands Lacs.
Plusieurs PIB ne contenant pas de PBDE ont été trouvés dans les œufs de Goélands argentés prélevés dans sept colonies des Grands Lacs, mais leurs concentrations variaient. Certains contaminants deviennent plus présents avec le temps, et d’autres se trouvent à de faibles concentrations. On a notamment observé la présence du décabromodiphényléther (DBDPE), qui n’avait pas été détecté dans les œufs prélevés avant 1996, mais qui a commencé à faire son apparition en 2004, et ce, à des concentrations de plusieurs centaines de parties par milliard dans certaines colonies.
La production et l’utilisation des produits de remplacement des PIB à base de PBDE sont à la hausse même si ces produits sont très sous-étudiés dans les échantillons prélevés dans l’environnement, précise-t-on dans l’étude.
Aux fins de l’étude, on a consulté la banque de spécimens du Centre national de la recherche faunique d’Ottawa, qui abrite plus de 65 000 échantillons biologiques et un demi-million de sous-échantillons. Cette banque permet aux chercheurs d’étudier les tendances environnementales et d’effectuer des analyses rétrospectives lorsque de nouvelles préoccupations, comme celles entourant les PIB ne contenant pas de PBDE, sont soulevées. L’accès à la banque de spécimens a d’abord permis aux scientifiques de découvrir la présence du PBDE et de dioxines dans les Grands Lacs.
Gauthier, L.T. (ancien étudiant à la maîtrise), D. Potter, C.E. Hébert et R.J. Letcher. 2008. Temporal trends and spatial distribution of non-polybrominated diphenyl ether flame retardants in the eggs of colonial populations of Great Lakes herring gulls, (en anglais seulement), Environ. Sci. Technol. 43 (2): 312-317.
Personne-ressource : Dr. Robert Letcher (613) 998-6696
D’après une étude conjointe menée entre Environnement Canada et le ministère de l’Environnement du Nunavut, les ours blancs de l’ouest de la baie d’Hudson, dans le Canada subarctique, modifient leur alimentation en raison de la nouvelle période de débâcle. Il s’agit d’une des conséquences du réchauffement de l’Arctique qui entraîne une augmentation, ou un changement, des concentrations de certains contaminants persistants et bioaccumulatifs chez cette sous-population.
L’étude rapporte la première évidence selon laquelle le moment précoce auquel est survenue la débâcle depuis les 18 dernières années est un facteur ayant contribué à un changement dans l’alimentation des ours blancs, et il est possible que ce changement entraîne une exposition accrue aux PCB, aux pesticides organochlorés et aux produits ignifuges à base de PBDE.
Pour identifier les sources de ces contaminants chez les ours blancs, l’équipe a mesuré les concentrations des traceurs alimentaires que représentent les acides gras et les isotopes du carbone. Avec le temps, aux endroits où la débâcle survient plus tôt, ces traceurs ont montré que les ours mangeaient plus d’espèces d’eaux libres telles que le phoque commun et le phoque du Groenland que des espèces associées à la glace telles que le phoque barbu. Les phoques communs et les phoques du Groenland accumulent des teneurs plus élevées en contaminants que les phoques barbus parce qu’ils se trouvent à des niveaux trophiques supérieurs, leur régime alimentaire étant plus riche en poissons.
Cet article fait l’objet du sujet principal d’un communiqué de la revue Environmental Health Perspectives qui aborde les conséquences de l’étude sur l’alimentation de subsistance traditionnelle des chasseurs.
McKinney, M.A. (étudiant au doctorat), E. Peacock and R.J. Letcher. 2009. Sea ice-associated diet change increases the levels of chlorinated and brominated contaminants in polar bears. Environ. Sci. Technol. 43 (12): 4334-4339.
Personne-ressource : Dr. Robert Letcher (613) 998-6696
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