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Réaction biologique à un incendie de forêt boréale et pratiques de coupe de récupération : Engagements préliminaires en gestion de la forêt

2011-10-04

Pic à dos noir | © J. IbarzabalLes scientifiques ont étudié comment les oiseaux nichent, se nourrissent et résident au sein de leur habitat de la forêt boréale après un incendie et suivant les perturbations provoquées par la coupe de récupération. En comprenant mieux les rapports complexes qui régissent l'habitat, les scientifiques pourront également mieux comprendre les impacts des perturbations naturelles et anthropiques sur les communautés d'oiseaux et faire des recommandations afin de minimiser les impacts nuisibles.

Les oiseaux réagissent suivant la gravité d’un incendie. Les insectivores qui creusent l’écorce des arbres préfèrent les brûlages légers à modérés où les insectes sont vraisemblablement plus abondants que dans les brûlages sévères qui attirent davantage les oiseaux nichant dans les cavités à cause de la disponibilité de l'habitat. Plusieurs de ces oiseaux nicheurs se nourrissent également d'insectes qui vivent dans l'écorce des arbres et s'observent dans les brûlages faibles et sévères où ils se nourrissent et nichent respectivement.

Ceux qui se nourrissent au sol préfèrent les brûlages sévères très probablement à cause des conditions favorables de recherche de nourriture.

Les oiseaux qui nichent au sol et dans les arbustes préfèrent les brûlages sévères, dans la végétation clairsemée le long des cours d’eau qui constitue pour eux un important habitat de nidification.

Les brûlages légers intéressent les oiseaux qui se nourrissent d’insectes présents dans le feuillage et l'écorce, ainsi que les oiseaux qui nichent dans le couvert forestier. Les brûlages sévères sont également appréciés des oiseaux qui nichent au sol, dans les souches d'arbre et dans les arbustes, et par ceux qui se nourrissent au sol.

Un plus grand nombre d’arbres rémanents est favorable aux oiseaux qui nichent dans le couvert et aux insectivores qui mangent les insectes vivant dans le feuillage et l'écorce, alors que les oiseaux nichant au sol et dans les arbustes préfèrent les zones où la récupération est plus intense.

Toutefois, l’équipe de recherche a remarqué plusieurs exceptions à ces résultats et propose la tenue d’une étude sur les rapports entre les habitats et les caractéristiques des oiseaux. Celle-ci les aidera à déterminer les taux de conservation des chicots et à établir où, quand, à quelle fréquence et dans quelle proportion mener les coupes de récupération dans les forêts incendiées.

Source: Azeria, E. T., J. Ibarzabal, C. Hébert, J. Boucher, L. Imbeau et J.-P. L. Savard. 2011. Differential response of bird functional traits to post-fire salvage logging in a boreal forest ecosystem. Acta Oecologica 37(1):1-10.

Personne-ressource: Jean-Pierre Savard 418-648-3500/ Recherche sur la faune

Foret brûlée | © RNCan, C. AgeronForet récupérée | © RNCan, C. Ageron