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Facteurs de régulation des populations de Pygargue à tête blanche dans le Nord-Ouest du Pacifique

2012-02-24

Pygargue à tête blanche perché dans un arbre | © M. Shewchuk / 115755127 / photos.comLes populations de Pygargue à tête blanche dans le Nord-Ouest du Pacifique ont quadruplé et se sont stabilisées depuis le début des années 1980. On estime aujourd'hui à plus de 50 000 le nombre de Pygargues à tête blanche sur la côte de la Colombie-Britannique. Les chercheurs ont examiné les facteurs actuels de régulation des populations, incluant le succès de la reproduction, la population en âge de se reproduire, la population hivernante, la mortalité et l'utilisation des cours d'eau à saumon.

Lourdement affectées dans le passé par les polluants et la persécution, les populations semblent aujourd'hui être en partie limitées par leur densité dans les aires de nidification et en partie par la mortalité des sujets adultes en fin d'hiver. Le succès de la nidification a diminué et semble contribuer à un ralentissement de la croissance de la population d'oiseaux en âge de se reproduire et de la population hivernante. La mortalité en fin d'hiver est probablement attribuable à la diminution des stocks de saumon, qui force les Pygargues à se rabattre sur des proies marginales, comme les autres oiseaux. L'utilisation de telles proies peut avoir pour double conséquence une augmentation du taux de mortalité hivernale et des femelles en mauvais état corporel au début de la période de reproduction.

Les populations qui hivernent en Colombie-Britannique se nourrissent principalement de saumon kéta et passent aux oiseaux vers la fin de l'hiver. Les Pygargues ont tendance à arriver après la période de pointe de la migration anadrome des saumons, dans le cadre d'une migration associée aux cours d'eau à saumon situés entre l'Alaska et le nord de l'état de Washington. Les populations de Pygargues étaient plus nombreuses dans le sud de la Colombie-Britannique au cours des hivers froids de l'Alaska et dans les années de forte disponibilité du saumon kéta.

La stabilisation des populations de Pygargue à tête blanche pourrait atténuer certaines préoccupations à l'effet qu'une population trop élevée de ces oiseaux aurait des effets négatifs sur la reproduction des espèces d'oiseaux marins, notamment les guillemots, les cormorans, les goélands et les hérons. Il a été signalé que la présence des Pygargues avait des répercussions importantes sur le succès de reproduction des espèces qui nichent en grandes colonies, en s'attaquant aux jeunes et en causant des perturbations qui permettent à d'autres prédateurs des nids, comme les corbeaux, les corneilles et les goélands, de s'emparer des œufs ou des oisillons.

Cette étude, qui aide à comprendre les facteurs évolutifs de la régulation des populations de Pygargue à tête blanche, illustre la valeur des programmes de surveillance à long terme et la façon dont les données recueillies par des « chercheurs citoyens » -- dans ce cas-ci, par l'entremise du Recensement des oiseaux de Noël -- peuvent appuyer les travaux des biologistes professionnels.

Source :

Elliott, K. H., Elliott, J. E., Wilson, L. K., Jones, I. and Stenerson, K. 2011. Density-dependence in the survival and reproduction of Bald Eagles: Linkages to Chum Salmon. The Journal of Wildlife Management, 75: 1688–1699. doi: 10.1002/jwmg.233

Le présent document a été présenté récemment à la Salish Sea Conference 2011 (anciennement connu sous le nom de la région de la mer des Salish Georgia Puget Sound) à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Personne-ressource : John Elliott, Ph. D., 604-940-4680, Division de l'écotoxicologie et de la santé de la faune