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Double couvée chez cinq espèces d’oiseaux chanteurs migrateurs d’Amérique du Nord

2010-03-12

Double couvée chez cinq espèces d'oiseaux chanteurs migrateurs d'Amérique du Nord

Des biologistes ont observé pour la première fois chez cinq espèces d’oiseaux chanteurs d’Amérique du Nord une double couvée, la deuxième survenant au cours de la migration vers les quartiers d’hiver, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Après une première couvée dans les régions tempérées du Canada et des États-Unis, ces oiseaux font une halte dans l’ouest du Mexique, où ils ont une deuxième couvée. Cette découverte a des répercussions pour la planification des mesures de conservation.

Paruline masquée | Photo: M. DanzenbakerIl s’agit de la première mention d’une deuxième couvée en cours de migration pour des oiseaux du Nouveau Monde, et de la première mention d’une deuxième couvée en cours de migration vers le sud pour tous les oiseaux du monde. Certaines espèces ailleurs dans le monde ont une double couvée, mais la deuxième survient au cours de leur migration vers le nord au printemps.

On savait depuis longtemps qu’après s’être reproduits dans le Nord, le Coulicou à bec jaune, la Paruline polyglotte, l’Oriole des vergers, le Viréo de Cassin et l’Oriole masqué s’envolent vers le nord-ouest du Mexique, où ils muent et profitent des pluies de mousson. On sait maintenant que des sous-populations de ces espèces se reproduisent de nouveau au Mexique avant de poursuivre leur migration vers le sud pour l’hiver.

L’étude donne à croire que les populations reproductrices de ces cinq espèces fréquentent peut-être des régions situées bien en dehors de leur aire de reproduction connue aux États-Unis et au Canada ainsi que des régions du nord-ouest du Mexique qui connaissent actuellement un développement agricole à grande échelle. 

Les chercheurs sont d’avis que la disparition des forêts épineuses côtières au profit de l’agriculture industrielle pourrait expliquer le déclin des populations chez les oiseaux migrateurs à double couvée et chez les oiseaux utilisant la région comme halte pour subir la mue.

Ainsi, le Coulicou à bec jaune pourrait être particulièrement vulnérable à une transformation des paysages de l’ouest du Mexique, car la deuxième couvée qu’il a dans cette région est peut-être nécessaire pour assurer sa survie. Dans la majeure partie de son aire de reproduction aux États-Unis et au Canada, le Coulicou à bec jaune a presque disparu, et son effectif a beaucoup diminué.

Coulicou à bec jaune | Photo: J.A. SpendelowCes nouvelles données remettent en question l’hypothèse longtemps tenue pour acquise selon laquelle les oiseaux seraient trop déterminés par leurs systèmes hormonal et reproductif pour pouvoir ajouter un stade supplémentaire à leur cycle annuel.

À l’aide de méthodes faisant intervenir des isotopes stables, des chercheurs de l’University of Washington et d’Environnement Canada ont tenté de prédire la latitude approximative à laquelle se formaient les tissus. Cette étude a été réalisée sur les plumes, les muscles et les tissus reproducteurs d’oiseaux nichant ou muant dans l’ouest du Mexique à la fin de l’été. L’étude a montré que certains oiseaux étaient des résidents de la région, que d’autres étaient venus s’y installer pour muer après s’être reproduits dans l’Ouest de l’Amérique du Nord, et qu’un groupe distinct avait manifestement commencé à se reproduire après une tentative au Canada ou aux États-Unis.

Ces travaux soulignent l’importance de la connectivité pour les populations des espèces visées par la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Les chercheurs demandent aux responsables des politiques et programmes de prendre en considération la connectivité et, en particulier, la double couvée dans l’élaboration des modèles démographiques, dans les études sur les populations et dans les plans de conservation.

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