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Absorption par les ours blancs de mercure et d'autres oligo-éléments influencée par les sources de carbone et de lipides dans le régime alimentaire

2013-09-03

Carte de l’Arctique accompagnée d’une photo d’ours blancs et d’un thermomètre.
Les sources de graisses et de carbone influencent les
différences décelées à l’échelle régionale dans les
concentrations d’éléments traces (dont le mercure)
mesurées dans les ours blancs des sous-populations
arctiques de l’Est du Groenland, du Canada et de l’Alaska
© Environment Canada, R. Letcher

En collaboration avec des chercheurs spécialisés dans l'Arctique issus des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, au Canada, ainsi que du Danemark, du Groenland et des États-Unis, Robert Letcher, Ph. D., et son équipe ont étudié l'influence des sources de carbone et de lipides sur les différences régionales des concentrations d'oligo-éléments mesurées dans le foie d'ours blancs provenant de sous-populations de l'Alaska, de l'Arctique canadien et de l'est du Groenland. Selon les résultats de l'étude, les sources de carbone et de lipides auxquelles ont accès les ours blancs devraient être prises en compte lorsqu'on évalue les tendances spatiales et temporelles des oligo-éléments transportés sur de longues distances.

Une relation négative entre le mercure total et les isotopes du carbone a laissé entendre que les ours blancs se nourrissant dans des régions fluviales à plus fort apport de carbone terrestre accumulent plus de mercure que les ours se nourrissant dans les régions à plus faible apport d'eau douce.

Les concentrations de mercure ont également été associées positivement à l'acide gras particulier qui est biosynthétisé en grandes quantités dans les crustacés microscopiques appartenant au genre Calanus, appelés copépodes. Cette constatation soulève l'hypothèse selon laquelle les copépodes de l'espèce Calanus glacialis représentent un maillon important de l'accumulation du mercure dans le réseau alimentaire marin et, au bout du compte, dans l'organisme des ours blancs.

Les sources de carbone et de lipides ont été déterminées par les ratios d'isotope du carbone dans le tissu musculaire et les profils d'acides gras logés dans le tissu adipeux sous-cutané, qui ont servi de traceurs chimiques. Les concentrations totales non corrigées de mercure, de sélénium et d'arsenic ont démontré une plus grande variation parmi les sous-populations d'ours blancs par rapport aux concentrations corrigées pour les sources de carbone et de lipides.

Routti, H., Letcher, R.J., Born, E.W., Branigan, M., Dietz, R., Evans, T.J., McKinney, M.A., Peacock, E., Sonne, C. 2012. Influence of carbon and lipid sources on variation of mercury and other trace elements in polar bears (Ursus maritimus). Environmental Toxicology and Chemistry 31: 2739-2747.

Personne-ressource : M. Robert Letcher, 613-998-6696, Division de l’écotoxicologie et de la santé de la faune et Direction des sciences de la faune et du paysage