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Assainir l'air des villes canadiennes |
| Par: Ginny Hardy avec la Division de la liaison en S-T |
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Un seul autobus urbain peut remplacer 40 véhicules sur les routes, économiser 70 000 litres de carburant et empêcher 168 tonnes de polluants d'être émis dans l'atmosphère chaque année.
Le problème
Si le transport en commun est privilégié comme solution de rechange durable aux véhicules privés, il est essentiel qu'il soit aussi « propre » que les technologies actuelles le permettent.
La pollution atmosphérique fait beaucoup de ravages à la santé humaine et à l'environnement. Le transport est l'une des sources principales de pollution atmosphérique et d'émissions de gaz à effet de serre au Canada, tout particulièrement dans les zones urbaines. Les véhicules utilitaires lourds et de grande dimension, tels que les autobus et les camions, utilisent des moteurs diesel, qui participent à l'émission de particules, d'oxydes d'azote, de monoxyde de carbone et d'hydrocarbures, de façon importante – et ces particules présentent toutes un danger pour la santé. Environnement Canada a déclaré que les particules, surtout la matière particulaire de moins de 10 microns (mieux connue sous l'appellation MP10) en suspension dans l'air, était toxique selon la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, 1999.
Comme les populations urbaines s'accroissent et que la demande en transport public augmente, il devient de plus en plus pressant de traiter de manière résolue les émissions du transport routier contribuant au smog et aux pluies acides.
De nombreuses études statistiques ont incité les scientifiques à conclure que l'exposition à la pollution atmosphérique peut augmenter le risque de maladies pulmonaires et du coeur.
Des études montrent que, dans l'ensemble du Canada, plus de 5 000 décès prématurés par année peuvent être attribuables à la pollution atmosphérique.
En Ontario seulement, au cours d'une année moyenne, l'exposition à la pollution atmosphérique entraîne environ 60 000 visites dans les salles d'urgence et 17 000 hospitalisations.
À la recherche de solutions au moyen des S et T
En collaboration avec la Clean Air Strategic Alliance et la ville d'Edmonton, ainsi qu'en partenariat avec la province d'Alberta et le secteur privé, les ingénieurs et les scientifiques du Centre des sciences et technologies environnementales d'Environnement Canada (Ottawa) ont mis à l'épreuve une technologie de réduction des émissions, qui fonctionne à l'aide de diesel à faible teneur en soufre, sur des autobus municipaux locaux dans des conditions canadiennes typiques de temps froid.
Deux autobus urbains de la ville d'Edmonton à moteur diesel ont été équipés de filtres à particules pour diesel qui se régénèrent continuellement, ce qui entraîne la réduction de particules, du monoxyde de carbone et des hydrocarbures provenant de l'échappement des moteurs.
Afin de mesurer les émissions de gaz d'échappement, les ingénieurs d'Environnement Canada ont utilisé un appareil de test portable unique conçu dans leurs laboratoires pour mesurer les émissions d'un véhicule en service, le Système d'échantillonnage par dilution dynamique des gaz d'échappement des véhicules routiers et non routiers (DOES2). Le DOES2 est fixé sur le véhicule d'essai et permet aux scientifiques et aux ingénieurs de mesurer et d'établir les caractéristiques des émissions de gaz d'échappement en contexte réel, alors que le véhicule se déplace dans son milieu d'utilisation normal.
Les émissions de gaz d'échappement des autobus urbains ont été analysées afin de calculer les émissions totales d'hydrocarbures, d'oxydes d'azote, de monoxyde de carbone, de dioxyde de carbone et de particules. Les résultats ont montré que le filtre réduisait de façon importante les émissions de trois polluants majeurs: les émissions totales d'hydrocarbures ont été réduites jusqu'à 87 pourcent, celles de monoxyde de carbone jusqu'à 89 pourcent et les émissions totales de particules ont été réduites jusqu'à 75 pourcent.
Joints à l'utilisation de carburant diesel à faible teneur en soufre, les filtres à particules pour diesel contribuent à la réduction considérable des émissions nocives des véhicules utilitaires lourds, y compris des autobus urbains. Le carburant diesel à faible teneur en soufre est devenu la norme au Canada à partir du 1er septembre 2006, conformément au Règlement sur le soufre dans le carburant diesel du gouvernement fédéral. Fait à noter dans le contexte canadien, le filtre à particules pour diesel a très bien fonctionné par le temps très froid que l'on a connu pendant la période d'essai.
Mettre les connaissances en application
À qui ces résultats servent-ils?
Les résultats découlant des essais de contrôle des émissions en « conditions réelles » peuvent aider les municipalités, les provinces, les organismes de transport et les industries du secteur privé à agir pour réduire et contrôler les émissions afin de respecter les nouvelles normes exigeantes. Ces contrôles d'émissions sont maintenant des technologies d'usage courant sur bon nombre de nouveaux autobus urbains.
Environnement Canada accorde maintenant une attention particulière à la flotte d'autobus actuelle à travers un programme de l'Association canadienne du transport urbain (ACTU) qui appuie l'installation de ces filtres sur les vieux autobus. Ces travaux sur le terrain sont un exemple des activités en matière de sciences et de technologie menées au sens de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, 1999 en vue de réduire les émissions des véhicules en service et d'appuyer l'élaboration de nouveaux règlements, de nouvelles lignes directrices et de facteurs d'émissions provenant de sources mobiles.
Les essais pratiques permettent aussi aux décideurs et aux gestionnaires de l'environnement de mieux comprendre l'efficacité des technologies de réduction et de contrôle de la pollution, appuyant ainsi les mesures qu'ils prennent pour réduire les répercussions des polluants sur la santé humaine et l'environnement.
Avantages pour les Canadiens et les Canadiennes
Les véhicules sur la route participent à plus de 35 pourcent des émissions qui contribuent au smog et jusqu'à 19 pourcent des émissions totales canadiennes de gaz à effet de serre (GES).
Un véhicule à moteur diesel typique émet 1½ à 2 fois autant d'oxydes d'azote dans l'atmosphère qu'un véhicule similaire à essence. Lorsque les oxydes d'azote et les composés organiques volatils (COV) réagissent à la lumière du soleil et à l'air stagnant, ils forment l'ozone de la basse atmosphère – la composante principale du smog.
Les moteurs diesel sont une cause majeure des particules urbaines qui peuvent propager des agents cancérogènes et causer des problèmes respiratoires.
Dans 15 villes canadiennes, plus de 330 autobus urbains construits entre 1990 et 1993 ont été équipés de catalyseurs d'oxydation pour diesel.
Un environnement plus sain dans les villes entraîne des épargnes en coûts liés à la santé et à la dépollution environnementale. Un seul autobus urbain qui fonctionne adéquatement peut transporter autant de passagers qu'entre 40 et 50 véhicules privés, en ne produisant que 25 pourcent de leurs émissions. La réduction des émissions toxiques produites par les véhicules, comme les MP10, a des effets positifs sur la qualité de l'air, réduit le smog et les changements climatiques, profitent à la santé publique, à l'économie ainsi qu'à l'environnement. Une amélioration du rendement du carburant entraîne des avantages économiques directs pour les consommateurs.

Pour de plus amples renseignements :
Branché sur l'air pur d'Environnement Canada
Projet Clean Bus de la Clean Air Strategic Alliance (site en anglais)
S&T Liaison | Tél 905 336 4513 | Télécopieur 905 336 4420
© Sa majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le Ministre de l'environnement, 2007.
No. de catalogue En164-15/6-2007F-PDF; ISBN 978-0-662-07067-2
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