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Des solutions scientifiques pour les effluents des usines de pâtes et papiers améliorés |
| Par: Michael Forbes (Liaison S-T) et Mark Hewitt |
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Le problème
La réglementation mise en œuvre en 1992 a conduit à des améliorations importantes dans les répercussions en aval des usines de pâtes partout au Canada. Ces améliorations ont entraîné des avantages environnementaux évidents pour les écosystèmes aquatiques. Cependant, malgré les efforts de l’industrie des pâtes et papiers afin de se conformer, la surveillance effectuée dans le cadre du Programme de suivi des effets sur l’environnement a permis de constater des répercussions sur les communautés benthiques et de poissons.
Depuis la fin des années 1980, l’ensemble de l’industrie des pâtes et papiers a apporté des changements importants dans les conditions d’exploitation des usines. Ces changements visaient à réduire les répercussions environnementales en conformité aux exigences réglementaires. Par exemple, la réglementation canadienne a conduit à l’élimination de substances toxiques des effluents des usines au moyen d’une combinaison d’utilisation réduite de chlore dans les usines de blanchissage et l’installation de systèmes de biotraitement. Ces mesures ciblées ont été combinées pour réduire l’émission de composés organochlorés comme les dioxines et furanes polychlorés et la demande biologique en oxygène (DBO) réduite, la toxicité aiguë et les matières en suspension dans les effluents.

Conformément au Règlement sur les effluents des fabriques de pâtes et papiers de 1992, en vertu de la Loi sur les pêches, le Programme de suivi des effets sur l'environnement (SEE) permet d’évaluer si les limites de décharge offrent une protection adéquate des environnements récepteurs en aval. Environnement Canada (EC) a récemment tenu une évaluation nationale de trois cycles de suivi des données de SEE partout au Canada. L’évaluation a permis de démontrer que les effluents des usines causent un enrichissement général de leurs environnements récepteurs et des troubles métaboliques chez les poissons. Des recherches effectuées dans le cadre du Programme de SEE se sont avérées de très grande valeur dans la caractérisation des répercussions des effluents sur les écosystèmes aquatiques et plus récemment dans les progrès face aux causes et aux solutions.
À la recherche de solutions au moyen des S et T
L’objectif du SEE est d’évaluer si la réglementation protège adéquatement les poissons, leur habitat et l’utilisation des ressources halieutiques dans la mesure des répercussions possibles des effluents sur les populations de poissons, la contamination des tissus de poisson et les communautés d’invertébrés benthiques. Les répercussions possibles sont évaluées par des phases de suivi et d’interprétation cycliques régulières. Toute usine de pâtes et papiers doit observer la réglementation. Il y a plus d’une centaine d’installations partout au Canada qui effectuent des études de SEE pour chaque cycle.
En gros, leSEE est un outil à fondement scientifique visant à détecter et à mesurer les changements dans les environnements récepteurs aquatiques qui pourraient être touchés par l’activité humaine (c.-à-d. les décharges des effluents). On effectue des enquêtes sur les communautés benthiques et de poissons adultes dans les mêmes emplacements, ce qui offre à la fois une caractérisation spatiale des répercussions possibles et un registre au fil du temps de l’évaluation des changements. L’évaluation nationale des trois premiers cycles de SEE a permis de démontrer que les poissons se trouvant sous les usines de pâtes et papiers croissent plus rapidement, sont plus gros, ont des foies plus gros et allouent moins d’énergie à la reproduction (p. ex. : des gonades plus petites). Les causes de croissance accrue et de spécimens plus gras découlent du contenu en nitrogène, phosphore et carbone des effluents et dépendent largement des conditions de l’environnement récepteur. La détermination de la cause des gonades plus petites et des autres incidences sur la reproduction des poissons s’est avérée très difficile. Jusqu’à maintenant, les preuves semblent indiquer des composés naturels des arbres qui s’infiltrent dans l’effluent et ont une incidence sur la reproduction des poissons.
Les répercussions observées au-dessus d’un niveau établi de préoccupation déclenchent une «recherche des causes», où la source des répercussions et possiblement des produits chimiques qui en sont la cause doit être déterminée. Les recherches de la Direction de la science et de la technologie de l'eau (DSTE) de l’Institut national de recherche sur les eaux d’Environnement Canada a joué un rôle déterminant dans cette enquête, de l’élaboration de conseils en matière de SEE au soutien scientifique permanent et maintenant dans une participation active à la recherche des causes. Les scientifiques de la DSTE travaillent en partenariat avec les autres chercheurs du domaine de FPInnovations-Paprican, de la University of Guelph, de la University of Prince Edward Island et de la Wilfrid Laurier University afin de déterminer les causes et les solutions des répercussions négatives sur la reproduction des poissons. Cette collaboration étroite sans précédent est nécessaire afin de remédier au problème complexe de longue date à l’échelle nationale.
Mettre les connaissances en application
À qui ces résultats servent-ils?
Environnement Canada et les intervenants peuvent utiliser les renseignements issus de cette recherche collaborative pour formuler des stratégies économiques visant à éliminer les répercussions sur la reproduction des poissons associées aux décharges des effluents, assurant ainsi la viabilité autant des organismes aquatiques que de l’industrie des pâtes et papiers.
L’une des plus grande force de la recherche effectuée dans le cadre du programme de SEE est la prestation de renseignements scientifiques détaillés dans un format qui peut être compris par les gestionnaires des risques, les industries réglementées et les autres intervenants. Les communications entre les compétences et les professions ajoutent à la compréhension globale des capacités d’assimilation des communautés d’invertébrés benthiques et de poissons au sein des écosystèmes aquatiques.
Un examen SmartReg 2005 a permis de simplifier les diverses fonctions de SEE, qui incluaient l’établissement d’un mandat pour Environnement Canada afin de travailler avec les intervenants pour enquêter sur les causes et les solutions des répercussions sur la reproduction des poissons. En dernier ressort, l’examen a conduit à des améliorations réglementaires qui ont été publiées dans la Gazette du Canada, partie II le 6 août 2008.
Même si à l’heure actuelle le SEE est mis en œuvre au Canada dans les usines de pâtes et papiers et dans les mines métallifères, le concept s’applique à d’autres types de stresseurs des écosystèmes aquatiques. C’est pour cette raison que le SEE peut être utilisé comme outil d’évaluation afin de contribuer à déterminer la durabilité des activités humaines sur la santé des écosystèmes.
Avantages pour les Canadiens et les Canadiennes
L’industrie forestière canadienne contribue à près de 3 p.100 du produit intérieur brut (PIB) du Canada et 11 p. 100 de nos exportations, ce qui représente un apport de plus de 44 milliards de dollars par année à l’économie. En 2006, le Canada a exporté pour plus de 9,4 milliards de dollars en produits de papier dans le monde entier.
L’évaluation nationale des trois premiers cycles de SEE a permis de conclure que malgré des améliorations importantes dans la qualité des effluents, on observe toujours des répercussions subtiles comme l’enrichissement en matières nutritives et des troubles métaboliques dans les environnements récepteurs aquatiques. On concentre maintenant les efforts sur l’établissement de sources et de causes particulières des répercussions. La recherche coopérative conduit à des progressions plus rapides dans l’évaluation des options de réduction, des effluents plus propres et des incidences environnementales réduites.
Le SEE surpasse la mesure «au point de rejet» des produits chimiques dans les effluents afin d’examiner l’efficacité des mesures de protection environnementale directement dans les écosystèmes aquatiques. Le programme contribue aussi à déterminer une approche nationale uniforme reposant sur le principe du «pollueur-payeur» afin de déterminer si ce sont les effluents qui causent les répercussions dans les écosystèmes. Le succès du Programme de SEE pour le secteur des pâtes et papiers a déjà été étendu au secteur des mines de métallifères et il serait possible de l’utiliser dans les secteurs pétrochimiques et des eaux usées municipales. D’autres pays (p. ex. : le Chili) songent à employer le SEE comme approche à fondement scientifique pour déterminer l’efficacité de leur réglementation dans la protection de l’environnement.
Le Programme canadien de SEE est unique au monde de par son ampleur et son caractère obligatoire. Le SEE fournit le mécanisme pour rassembler les chercheurs (des universités, de l’industrie et du gouvernement) et des décideurs (organismes de réglementation, industrie) afin de résoudre des problèmes complexes et du monde réel. À long terme, cette coopération sera fort probablement plus économique et entraînera des avantages plus rapidement pour l’environnement. Une surveillance, application et prévention de la pollution améliorées sont essentielles à notre économie et à notre environnement. Les sciences et la technologie (S-T) d’EC rend possible ces améliorations, aidant à protéger les Canadiens et les Canadiennes des risques à l’environnement et à la santé humaine et des poissons.
Pour de plus amples renseignements :
Projet national de recherche de causes des effets des effluents sur la reproduction du poisson
Évaluation nationale des données des études de suivi des effets sur l'environnement des fabriques de pâtes et papiers. Série de rapports d’évaluation scientifique de l’INRE No.2.
Dix ans de recherches les effets sur les environnementaux des effluents des fabriques de pâtes et papiers au Canada (1992-2002). Série de rapports d’évaluation scientifique de l’INRE No.4.
Du 14 au 17 juin 2009. 7e Conférence internationale sur le sort et l’incidence des effluents des usines de pâtes et papiers qui a eu lieu conjointement avec le 9e Symposium de la International Water Association sur les eaux usées de l’industrie forestière.
Qu’est-ce que l'Étude de suivi des effets sur l'environnement (ESEE)?
Rapport annuel 2007 – L'État des forêts au Canada
Division de la liaison en S-T | Tél 905 315 5228 | Télécopieur 905 336 4420
© Sa majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le Ministre de l'environnement, 2008.
No. de catalogue En164-15/11-2008F; ISBN 978-1-100-90367-5
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