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Impacts du terrorisme sur l’environnement : Outils et technologies de protection et de prévention

Par:  Ginny Hardy avec la Division de la liaison en S-T

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Le problème

Les attaques terroristes sont porteuses d’une mort et d’une destruction immédiates. Elles sont aussi une source de pollution de l’environnement, dans l’immédiat et à long terme. Comment la science et la technologie canadiennes peuvent-elles relever le défi de protéger l’air, les sols, l’eau et la faune du Canada des impacts du terrorisme sur l’environnement?

Employés à l’installation mobile d’inspection des échantillons | Photo: Michele Meyer, DRDCAprès le choc initial des attaques du 11 septembre à New York, les impacts d’une telle destruction sur l’environnement ont suscité une foule de questions :

  • Quels polluants sont émis et comment peut-on les identifier et les mesurer dans l’air, l’eau et les sols?
  • Comment peut-on évaluer et gérer le risque environnemental qu’ils présentent?
  • Les organismes du gouvernement sont-ils outillés pour surveiller et évaluer les effets des incendies et des débris sur la qualité de l’air?
  • S’il faut procéder au nettoyage du lieu d’une attaque, existe-t-il des procédures appropriées de surveillance et de remise en état permettant de réduire au minimum les risques pour l’environnement et la santé humaine?
  • Dispose-t-on d’objectifs et de normes d’assainissement régissant la décontamination des immeubles et des matériaux après une attaque terroriste chimique ou biologique?
  • Dispose-t-on de procédures adéquates régissant la décontamination des lieux après une attaque chimique ou biologique?

 

À la recherche de solutions au moyen des S et T

En mai 2002, le ministère de la Défense nationale a lancé son Initiative de recherche et de technologie (IRTC) sur les agents chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosifs (CBRNE) à titre de réponse du milieu scientifique du gouvernement fédéral du Canada aux menaces terroristes de ce genre. Environnement Canada est l’un des 14 ministères et organismes à vocation scientifique et de sécurité qui participent au programme.

La Division des urgences – science et technologie du Centre des sciences et technologies environnementales (CSTE) a plusieurs décennies d’expérience en recherche-développement dans le domaine des déversements de matières dangereuses. Son personnel a mis au point des technologies de décontamination et des normes de nettoyage et aidé les équipes de secours lors d’incidents concrets marqués par un déversement. Cet effectif emploie maintenant son expertise à faire progresser les travaux de l’IRTC; il a organisé toute une série d’exercices de formation visant à aider les groupes membres à acquérir des ensembles de compétences spécifiques.

Dans le cadre de l’Initiative, l’équipe de la Division des urgences – science et technologie a conçu une installation d’inspection mobile unique pour traiter et trier les échantillons de matières dangereuses. La remorque étanche est munie d’espaces de rangement aux caractéristiques techniques particulières convenant à la manipulation d’échantillons présentant des dangers inconnus. Elle permet au personnel d’intervention d’urgence d’Environnement Canada d’examiner et d’analyser en toute sécurité les échantillons de matières dangereuses prélevés à la suite d’un incident, y compris un acte terroriste, dans un environnement contrôlé, ce qui réduit de beaucoup les risques d’exposition.

Un programme de recherche et de développement d’une durée de trois ans a permis de dégager des lignes directrices pour la sélection et l’utilisation des technologies les plus adéquates en ce qui a trait à la décontamination et à la restauration de l’intérieur et de l’extérieur des immeubles après une attaque chimique, biologique, radiologique ou nucléaire. Ces travaux ont été menés de concert avec d’autres organismes gouvernementaux canadiens, la U.S. Environmental Protection Agency et des entreprises du secteur privé. Ils permettront de produire un nouveau type de guide d’utilisation qui contiendra des renseignements destinés aux premiers intervenants et aux autres parties intéressées afin qu’ils puissent utiliser de façon sécuritaire et efficace la grande variété de technologies et d’équipements qui existent actuellement, et effectuer un choix judicieux à cet égard. 

La Division des urgences – science et technologie gère un important projet sur le terrain qui vise à faire la démonstration et l’évaluation de technologies de pointe en matière de décontamination d’immeubles. Des essais chimiques et biologiques ont été menés en Alberta en août 2006 et une démonstration d’essai radiologique a eu lieu à la fin de 2007.

Un projet de recherche-développement d’une durée de quatre ans est en cours afin d’élaborer des normes décisionnelles relativement aux mesures de décontamination après le rejet malveillant d’agents chimiques ou biologiques. Ces travaux sont menés en partenariat avec d’autres ministères du gouvernement canadien, l’Environmental Protection Agency des États-Unis, l’Université de Leeds, au Royaume-Uni, et l’Institut russe de recherche sur l’hygiène, la toxicologie et la pathologie professionnelle.

Plus récemment, la Division a lancé deux importants projets financés par l’IRTC et auxquels participent l’industrie canadienne, le milieu universitaire et les partenaires de recherche d’autres pays dans le but d’élaborer des formulations avancées pour la décontamination des immeubles, des équipements sensibles et du sol.

Mettre les connaissances en application

À qui ces résultats servent-ils?

Les résultats des travaux accomplis jusqu’ici ont été communiqués aux parties prenantes, et le guide sur la décontamination des immeubles a été distribué. Les résultats de recherche sont publiés dans des revues techniques et des périodiques de recherche et ont été présentés à divers congrès et colloques nationaux et internationaux, ce qui leur a donné une exposition accrue tout en informant un large auditoire international. De nouveaux partenariats de recherche ont été élaborés, entre autres, avec le ministère de la Sécurité intérieure des États-Unis, le Centre international des sciences et de la technologie et l’Institut de recherche sur les technologies de protection et la protection nucléaire, biologique et chimique (WIS) de la Bundeswehr, en Allemagne.

En 1973, le cabinet fédéral approuvait une directive (1175-73RD) qui est à l’origine du programme des urgences environnementales d’Environnement Canada. Il s’agit d’un principal document régissant cette partie du mandat d’EC, et on y définit clairement les rôles et les responsabilités du Ministère en situation d’urgence.

Quand les tours du World Trade Center se sont effondrées en 2001, la poussière qui a recouvert le Lower Manhattan contenait entre autres de l’amiante, du plomb, de la fibre de verre et du béton. Les incendies ont dégagé des polluants dangereux et toxiques, notamment des particules, divers métaux, des biphényles polychlorés (BPC), des composés organiques volatils (COV), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des dioxines.

Avantages pour les Canadiens et les Canadiennes

Les Canadiens tirent de nombreux avantages des travaux réalisés par la Division des urgences – science et technologie pour contrer les effets d’une attaque terroriste. Le développement des capacités de protection, de détection et de décontamination améliore la sécurité du public.

Chercheur décontaminant un bâtiment dans une simulation d’un déversement dans l’environnement | Photo: Michele Meyer, DRDCLes chercheurs qui œuvrent dans le cadre de l’initiative interministérielle qu’est l’IRTC ont pris conscience de la nécessité de tenir compte des nouveaux produits toxiques générés par la décomposition des agents chimiques. Les scientifiques d’Environnement Canada ont constaté que jusqu’à récemment, on avait tendance à négliger ce phénomène, malgré ses conséquences importantes sur la manière d’appliquer et d’utiliser les produits de décontamination pour détruire l’agent chimique et ses produits de dégradation éventuels. Les premiers intervenants peuvent désormais prendre des décisions éclairées afin d’assurer la sécurité de la population canadienne, sur la base d’une information scientifique améliorée quant aux moyens de décontaminer les immeubles et structures.

Les normes relatives aux objectifs d’assainissement associés à la décontamination des immeubles et des matériaux de construction après une urgence chimique ou biologique amélioreront les procédures d’intervention, au Canada comme à l’étranger. Actuellement, à l’échelle mondiale, il existe peu de normes pour la remise en état des sites dont la contamination résulte d’agents de guerre chimique. Il y en a encore moins dans le cas des produits chimiques industriels toxiques et aucun pour les agents biologiques.

De meilleurs outils judiciaires en matière environnementale s’avèrent précieux pour poursuivre les pollueurs et imputer les coûts de l’assainissement aux responsables de la contamination, ce qui rend les procès plus rapides et moins coûteux.

Technicien de laboratoire analysant les contaminants de l’environnement | Photo: Sarah Harrison, SAIC CanadaAux termes de la loi, il incombe à Environnement Canada de recueillir des connaissances et de mettre au point des outils aux fins des interventions en cas de déversement de produits pétroliers et chimiques. Sa capacité de s’acquitter de cette responsabilité envers la population canadienne s’est accrue grâce au travail effectué en vue de contrer l’impact environnemental des attaques terroristes. Pour prélever des échantillons à des fins judiciaires, les scientifiques possèdent dorénavant des connaissances et des capacités accrues, ce qui augmente leur capacité d’appuyer les lois comme la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999).

Pour de plus amples renseignements :

Environnement Canada, Centre des sciences et technologies environnementales

Environnement Canada, Urgences environnementales

Décision du Cabinet de 1973 concernant le mandat d’Environnement Canada en matière d’urgences environnementales

Initiative de recherche et de technologie (IRTC) sur les CBRNE

Grappe de la chimie de l’IRTC

Volchek, K. et G. Thouin. 2006. « Foam on the Range ». CBRNe World, hiver 2006.

Division de la liaison en S-T | Tél 905 315 5228 | Télécopieur 905 336 4420
© Sa majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le Ministre de l'environnement, 2008.
No. de catalogue En164-17/1-2008F-PDF; ISBN 978-0-662-08634-5