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Élimination des cadavres d’animaux de ferme : la science et la technologie au service des agriculteurs |
| Par: Ginny Hardy avec la Division de la liaison en S-T |
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Le problème
Les agriculteurs canadiens ont besoin de solutions rentables et sécuritaires au plan environnemental pour éliminer les cadavres d’animaux de ferme, afin de réduire la transmission de maladies infectieuses au plan agricole, ainsi que les risques connexes pour l’environnement et, éventuellement, pour la santé humaine.
Habituellement, les usines d’équarrissage se chargent des cadavres d’animaux se trouvant dans les fermes canadiennes. Toutefois, en raison d’une peur généralisée à l’égard des virus et d’autres infections, le marché des produits de la viande et de farine d’os a chuté de manière significative. Plusieurs usines n’acceptent plus les carcasses ou des parties de carcasses provenant de certaines espèces animales, et exigent que les agriculteurs garantissent que les carcasses d’animaux sont « propres » et exemptes de médicaments vétérinaires à base de sulfamide.
Par conséquent, les agriculteurs canadiens sont aux prises avec un marché de cadavres d’animaux en décroissance, une hausse des frais d’élimination à l’extérieur, et une hausse des dépenses relatives au transport en raison de l’augmentation des coûts du carburant. En plus des problèmes économiques, ils font aussi face à des problèmes d’ordre environnemental. Les collectivités avoisinantes sont, tout naturellement, préoccupées par la question du transport local de cadavres d’animaux possiblement infectés, ainsi que par le risque de contamination du sol et des eaux souterraines à la suite de l’enfouissement d’animaux infectés.
À la recherche de solutions au moyen des S et T
L’incinération à la ferme pourrait peut-être régler ce problème. Les scientifiques et les ingénieurs du Centre des sciences et technologies environnementales (CSTE) d’Environnement Canada collaborent avec les organismes provinciaux, les universités et le secteur privé, afin d’évaluer l’incidence, sur l’environnement, de l’utilisation des incinérateurs d’animaux morts à la ferme, de manière à s’assurer qu’ils sont sécuritaires pour l’environnement et satisfont aux lignes directrices provinciales et nationales actuelles. On étudie aussi les émissions de substances toxiques dans l’atmosphère, les concentrations éventuelles de produits chimiques dans les cendres et le devenir des agents pathogènes, des spores et des maladies infectieuses à la suite de l’incinération.
De 2003 à 2006, on a étudié un grand nombre de ces appareils dans le cadre d’un programme volontaire comprenant des essais jamais effectués auparavant en Amérique du Nord. En collaboration avec l’Université de Guelph, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario et le ministère de l’Environnement de l’Ontario, les spécialistes du CSTE se sont servis d’équipement de laboratoire mobile et spécialisé pour caractériser les émissions atmosphériques et les résidus de cendres provenant de quatre incinérateurs de volaille et de porc.
Ils ont mesuré les composés associés au smog, comme le dioxyde de carbone, l’oxyde d’azote et le dioxyde de soufre, ainsi que les gaz acides, les particules, les dioxines et les furannes, les polluants organiques persistants, les métaux, comme le mercure, et d’autres substances toxiques visées par les dispositions sur la quasi-élimination de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999).
Ils ont utilisé les méthodes d’essai élaborées et normalisées par Environnement Canada, notamment la Méthode de référence en vue d’essais aux sources : dosage des composés organiques semi-volatils dans les émissions de sources fixes. C’est la méthode la plus utilisée par le gouvernement, les universitaires et l’industrie pour mesurer les composés organiques dont le point d’ébullition est supérieur à 100 °C.
En vertu de la LCPE 1999, Environnement Canada (EC) peut collaborer avec tout organisme gouvernemental ou une autre institution en commanditant des études de recherche ou des activités associées à la qualité de l’environnement, à la prévention de la pollution, aux urgences environnementales, à la lutte contre la pollution ou à la réduction de la pollution, et en y participant.
Selon les résultats des essais des quatre incinérateurs, les concentrations au sol de chaque polluant déclaré étaient très inférieures aux concentrations maximales permises. On a comparé les données aux limites permises en Ontario en ce qui a trait à l’émission de polluants atmosphériques qui frappent un édifice ou dépassent la limite d’une propriété. Les chercheurs ont noté que l’incidence variera selon la capacité de l’appareil, les conditions météorologiques, le terrain adjacent et les secteurs précis d’incidence éventuelle (récepteurs ponctuels).
De plus, selon les résultats, on peut réduire énormément les émissions atmosphériques en optimisant l’efficacité des petits incinérateurs selon des conditions propres à chaque endroit. Un appareil d’incinération sur place, doté d’un dispositif de postcombustion qui améliore la combustion des composés du carbone dans les gaz d’échappement, est la meilleure technologie sur le marché pour éliminer les restes d’animaux.
Le Cadre réglementaire sur les émissions atmosphériques du Canada définit le plan de réglementation gouvernemental des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des polluants atmosphériques, ainsi que les autres initiatives en matière de réduction des émissions. On peut utiliser des mécanismes de réglementation existants, notamment la LCPE 1999, pour mettre en œuvre des mesures exécutoires en vertu de ce Cadre, afin de protéger la santé des Canadiens et d’améliorer la qualité de l’environnement au Canada.
Mettre les connaissances en application
À qui ces résultats servent-ils?
Les résultats ont été publiés dans les bulletins de l’industrie agricole, présentés durant des conférences de l’industrie, et fournis aux ministères fédéraux et provinciaux chargés des questions relatives à l’agriculture, à l’environnement et à la santé. Les données scientifiques tirées d’études effectuées par EC permettront aux représentants provinciaux de prendre des décisions relativement aux politiques sur l’incinération des animaux morts en s’appuyant sur ces renseignements.
Certaines provinces, notamment l’Ontario, songent à permettre l’incinération comme méthode d’élimination acceptée pour tout le bétail, sauf si elle a un effet négatif sur l’environnement. Plus précisément, la province de l’Ontario étudie des options pour permettre l’incinération afin d’éliminer les animaux morts, en vertu de la Loi sur la gestion des éléments nutritifs visant les agriculteurs, et la Loi sur la qualité et la salubrité des aliments (2001) visant les abattoirs.
Ces renseignements ont été présentés à l’industrie agricole et permettent d’évaluer les aspects scientifiques et économiques associés aux différentes options d’élimination. Ils aident également les agriculteurs à être prêts si l’incinération à la ferme devenait légale.
Avantages pour les Canadiens et les Canadiennes
L’industrie canadienne de la viande rouge et des produits de la viande, qui comprend le bœuf, le porc, l’agneau, le gibier et le bison, est le secteur le plus important de l’industrie de la transformation des aliments au Canada. En 2002, l’industrie s’est classée au quatrième rang des principales industries de la fabrication au Canada. La valeur de ses envois annuels atteint 14,6 milliards de dollars. On estime que les exportations de bœuf et des produits du bœuf atteignent 1,85 milliard de dollars [source : Statistique Canada, Recensement de l’agriculture et calculs d’AAC].
Au Canada, l’industrie agricole est importante pour assurer la prospérité économique des Canadiens. Au plan national, le fait de trouver une solution rentable à un problème éventuellement coûteux permet de maintenir la compétitivité et la prospérité de l’agriculture canadienne.
À l’échelle locale, les solutions sur place serviront à réduire le déplacement des camions qui ramassent les animaux morts, et à accroître la biosécurité en réduisant la transmission de maladies infectieuses dans le secteur agricole. Les Canadiens qui vivent près des exploitations agricoles bénéficieront d’une biosécurité accrue. L’incinération sur place constitue également un avantage pour les Canadiens vivant sur une ferme ou dans son voisinage. Il s’agit en effet d’une mesure de rechange plus sûre au plan environnemental par rapport à d’autres méthodes, comme l’enterrement sur place par exemple, qui comportent un risque pour les eaux souterraines et les réseaux d’approvisionnement en eau.
Pour de plus amples renseignements :
Recherche sur les émissions par source du Centre des sciences et technologies environnementales
Environnement Canada, « Méthode de référence en vue d’essais aux sources : dosage des composés organiques semi-volatils dans les émissions de sources fixes»
Environnement Canada, Liste de quasi-élimination (LCPE 1999)
Cianciarelli, D. et C. House. 2006. « Characterization of Emissions from an Animal Crematorium Waste Spectrum Usk ». Environnement Canada, Rapport ERMD 2006-01, mai 2006.
Cianciarelli, D. et G. Marson. 2006. « Characterization of Emissions from an Animal Crematorium Shenandoah A850 ». Environnement Canada, Rapport ERMD 2005-03, mars 2006.
Division de la liaison en S-T | Tél 905 315 5228 | Télécopieur 905 336 4420
© Sa majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le Ministre de l'environnement, 2008.
No. de catalogue En164-17/2-2008F-PDF; ISBN 978-0-662-08636-9
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