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L’ozone dans l’atmosphère en évolution : La contribution canadienne |
| Par: Angus Fergusson et Liaison S-T |
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Le problème
Lancées dans l’atmosphère, les substances appauvrissant la couche d’ozone peuvent détruire la couche d’ozone, ce qui accroît le rayonnement ultraviolet (UV) à la surface terrestre. L’accroissement du rayonnement UV augmente les risques de cancer de la peau et de cataractes et affaiblit le système immunitaire.
En plus d’augmenter les risques à la santé, l’appauvrissement de la couche d’ozone a engendré des changements à la chimie et à la dynamique de l’atmosphère, ce qui a eu des effets sur la météo et le climat. D’après les relevés qui ont été faits, la couche d’ozone au-dessus de la partie sud du Canada demeure appauvrie au printemps et à l’été, ce qui a des conséquences sur la quantité de rayons ultraviolets reçus à la surface terrestre. Il est aussi possible qu’un appauvrissement sérieux se produise dans l’Arctique durant les hivers très froids, ce qui pourrait avoir des effets sur la couche d’ozone dans le reste du Canada.
L’appauvrissement de la couche d’ozone constitue un problème mondial qui touche la société, l’économie et l’environnement et qui requiert des mesures à l’échelle internationale.
À la recherche de solutions au moyen des S et T
Depuis la fin des années 70, le Canada est à l’avant-garde de la recherche sur les mesures visant à protéger la couche d’ozone. Les scientifiques d’Environnement Canada ont conçu l’instrument de mesure de l’ozone le plus précis au monde, le spectrophotomètre d’ozone Brewer, qui est maintenant utilisé dans le monde entier pour mesurer l’épaisseur de la couche d’ozone. Les réseaux du spectrophotomètre d’ozone Brewer et les réseaux des ozonosondes au Canada et dans d’autres pays sont de première importance pour nous permettre de comprendre l’évolution de la couche d’ozone et son rétablissement éventuel.
Au cours des dernières années, le Canada a mené la marche sur le plan des études sur la couche d’ozone de l’espace. Les scientifiques d’Environnement Canada travaillent avec les scientifiques universitaires et gouvernementaux à l’échelle nationale et internationale à la conception d’instruments pour les fusées, les satellites, les ballons et les aéronefs à haute altitude. Ainsi, la technologie des satellites est devenue de plus en plus efficace et peut maintenant fournir des observations en provenance de l’espace de la couche d’ozone et des rayons ultraviolets à l’échelle de la planète.
Le Canada a aussi joué un rôle de premier plan dans la création de la Convention de Vienne et du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Dans le cadre des dixième et vingtième anniversaires du Protocole de Montréal, dont il avait été l’hôte, le Canada avait effectué deux évaluations de la couche d’ozone selon une perspective scientifique unique au Canada pour appuyer l’élaboration d’une politique nationale. En se conformant pleinement aux dispositions du Protocole de Montréal, le Canada a réduit sa consommation et son utilisation de substances appauvrissant la couche d’ozone (SACO) de 98 p. 100, une quantité supérieure aux exigences du Protocole.
Le problème de l’appauvrissement de la couche d’ozone n’a pas été encore résolu, mais il est évident que nous l’abordons le cadre du Protocole de Montréal. La recherche scientifique a démontré que le nombre de substances appauvrissant la couche d’ozone a plafonné ou diminué dans l’atmosphère et que la masse de chlore stratosphérique a commencé à diminuer. On perçoit certains signes indiquant que la couche d’ozone réagit au changement dans la masse de chlore et que l’appauvrissement de l’ozone s’est stabilisé. Toutefois, les changements climatiques influeront sur les futurs niveaux d’ozone.
Selon les modèles atmosphériques de l’interaction entre l’appauvrissement de la couche d’ozone et les changements climatiques, si les mesures de contrôle préconisées dans le Protocole de Montréal sont suivies et que notre compréhension n’accuse pas de lacunes importantes, la couche d’ozone devrait revenir aux niveaux d’avant 1980 (début de l’observation de l’appauvrissement mondial de la couche d’ozone) d’ici le milieu du présent siècle, le trou d’ozone de l’Antarctique disparaissant entre 2060 et 2070. Toutefois, une grande incertitude persiste en ce qui a trait aux aspects régionaux de ces prévisions du fait que nous ne comprenons pas entièrement les effets des changements climatiques sur le rétablissement de la couche d’ozone.
Mettre les connaissances en application
Pour faire du rétablissement de la couche d’ozone une réalité, nos connaissances sans cesse croissantes de l’appauvrissement de la couche d’ozone doivent inspirer nos politiques, notre processus décisionnel et les mesures que nous prenions pour que le tout soit efficace. Il est évident que nous ne connaissons pas tout, en particulier en ce qui a trait à l’Arctique où peuvent encore se produire de sérieux appauvrissements. Ces appauvrissements peuvent influer sur les niveaux d’ozone au printemps et à l’été dans le sud du Canada. Il est important que le Canada maintienne un programme de surveillance bien structuré pour suivre ces changements et déterminer leurs effets sur les Canadiens et Canadiennes, tout en contribuant aux mesures mondiales mises en place pour surveiller l’évolution à long terme de la couche d’ozone.
En premier lieu, le Canada devrait maintenir son réseau de stations de surveillance de l’ozone ainsi son réseau d’ozonosondes. En deuxième lieu, le Canada devrait favoriser la conception de modèles informatiques plus performants pour stimuler la chimie de l’appauvrissement de l’ozone et les processus dynamiques et radiatifs et, par le fait même, traiter des questions de nature stratégique. En dernier lieu, le Canada devrait continuer à investir dans son programme couronné de succès de satellites scientifiques.

Figure montrant la quantité totale d’ozone dans presque tout le globe, comme prévu par le Modèle canadien de l'atmosphère moyenne (gris), changements prévus dans la quantité de chlore organique (vert) et les changements observés dans les niveaux d’ozone de 1964 et aujourd’hui (rouge).
Avantages pour les Canadiens et les Canadiennes
Les travaux du Canada, dans le cadre du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, et en collaboration avec les autres 191 pays, nous ont mis sur une voie qui pourrait nous mener à voir la couche d’ozone revenir à ce qu’elle était vers la fin de la deuxième moitié du XXIe siècle. Cela demandera un engagement ferme de la part de tous les pays signataires du Protocole de Montréal et de la Convention de Vienne, le fondement scientifique de cet engagement.
D’après les données recueillies dans le cadre du Programme des Nations Unies pour l’environnement, grâce au Protocole de Montréal et aux modifications qui y ont été apportées, la masse atmosphérique des substances appauvrissantes de la couche d’ozone sera dix fois moins grande d’ici 2050, ce qui engendrera 20 millions moins de cas de cancer de la peau et 130 millions moins de cas de cataractes. À titre de citoyens du monde, les Canadiens et Canadiennes bénéficieront des mesures prises dans le monde et rendues possibles, en grande partie, par la contribution de l’appareil scientifique du gouvernement du Canada.
Les scientifiques canadiens ont effectué la première évaluation canadienne de la couche d’ozone, un document intitulé La science de l’ozone : perspective canadienne sur la couche d’ozone, document qui a été distribué aux délégués à la conférence sur le Protocole de Montréal, en septembre 1997.
Lors du vingtième anniversaire, en septembre 2007, on a émis une brochure qui renfermait des articles sur l’historique de l’ozone, un aperçu de la science de l’ozone au Canada et les résultats de l’évaluation de 2007 de la science de l’ozone au Canada. Cette évaluation, qui comporte divers articles rédigés par des scientifiques canadiens de premier plan, a été publiée dans un numéro spécial de la revue Atmosphere-Ocean, en mars 2008. Un sommaire a aussi été publié à la même époque.
Pour de plus amples renseignements :
Appauvrissement de l’ozone et le rayonnement UV : Section sur les études expérimentales
Indice UV et protection contre le soleil
Division de la liaison en S-T | Tél 905 315 5228 | Télécopieur 905 336 4420
© Sa majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le Ministre de l'environnement, 2008.
No. de catalogue En164-15/10-2008F; ISBN 978-1-100-90223-4
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