Stations de jaugeage internationales (SJI)

Depuis 1909, le Canada et les États-Unis travaillent de concert à la surveillance des eaux dans les bassins versants frontaliers. En vertu du Traité des eaux limitrophes (1909), les stations de surveillance requises pour déterminer le volume d’eau qui traverse la frontière Canada-États-Unis ou pour surveiller le niveau d’eau dans les plans d’eau communs sont appelées « stations de jaugeage internationales ». C’est également dans le cadre de ce Traité qu’a été constituée la Commission mixte internationale (CMI) qui aide à déterminer et à officialiser les obligations internationales concernant la surveillance des eaux.

Par la suite, deux lois fédérales, la Loi du Traité des eaux limitrophes internationales (1911) et la Loi sur les ouvrages destinés à l'amélioration des cours d'eau internationaux (1955) et quelque 32 traités, conventions et accords sur les eaux ont été établis, entraînant une hausse importante du nombre de stations hydrométriques1 dans les bassins communs. Les données fournies par ces stations sont utilisées à diverses fins : répartition du débit naturel des cours d’eau entre les deux pays, atténuation des impacts des inondations, aménagement de centrales hydroélectriques, gestion des pêches, gestion des bassins versants, santé et protection des écosystèmes, etc.1

En 1985, on a réalisé une étude détaillée2 qui déterminait quelles stations hydrométriques situées dans les bassins versants limitrophes étaient considérées comme essentielles par les deux pays et qui ont alors obtenu la désignation officielle de « stations de jaugeage internationales » (SJI). Selon le guide, une station ne peut être désignée comme « station de jaugeage internationale » que par l’un ou l’autre des processus suivants :

  1. approbation en appui aux activités de la CMI, et
  2. approbation diplomatique bilatérale.

Cette étude a permis de désigner officiellement 79 stations au Canada comme « stations de jaugeage internationales ». Ces stations constituent un petit sous-groupe du nombre réel de stations hydrométriques qui sont exploitées dans les bassins versants limitrophes. Il y beaucoup plus de stations qui fournissent des données de soutien pour les calculs de partage des eaux ou qui assurent la surveillance des débits dans les Grands Lacs; bien qu’importantes, ces stations ne sont pas considérées comme essentielles dans le cadre de ce processus.

Depuis que la liste a été établie, 9 stations (8 stations de mesure du débit et 1 station de mesure du niveau d’eau) du côté canadien ont été fermées à la suite d’un accord mutuel entre les deux pays. De plus, il n’y a eu aucune nouvelle désignation au cours de cette période.

Ces stations sont exploitées conformément aux normes et procédures du pays hôte. Au Canada, les normes nationales sont établies et décrites dans le Programme des relevés hydrologiques du Service météorologique du Canada. Les données et les renseignements fournis par ces stations sont examinés par les deux pays et partagés de bon gré.

Références

  1. Bruce, J. et B. Mitchell, 1995. Élargissement des perspectives relatives aux problèmes hydriques, Programme canadien des changements à l’échelle du globe, Rapport no IR95-1.
  2. Huberman, S., J.E. Slater et A. Condes, 1985. Procedural Guide for International Gauging Stations on Boundary Waters between Canada and the United States of America, WRB Report IWD-HQ-WRB-PG-85-1, Rapport interne d’Environnement Canada.

Définition

  • Une station hydrométrique, ou station de jaugeage, est un emplacement où l’on enregistre systématiquement les mesures de niveau d’eau ou les mesures de niveau d’eau et de débit.