Travailler pour Relevés hydrologiques du Canada :

Profils des techniciens en hydrométrie de la Division des relevés hydrologiques du Canada


Brian Yurris, région des Prairies et du Nord, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)

Une motoneige roulent sur l'amoncellement de glace rugueuse du fleuve Mackenzie gelé.
Photo: Un technicien en hydrométrie navigue de glace rugueuse du fleuve Mackenzie gelé.
©Environment Canada

Le bruit de deux motoneiges qui roulent sur l'amoncellement de glace rugueuse du fleuve Mackenzie gelé perturbe le calme du petit matin. Il fait un froid glacial de -38 °C (sans tenir compte du refroidissement éolien). Les braves voyageurs s'arrêtent, déchargent leurs équipements, les installent et se mettent au travail : ils effectuent des relevés de niveau d'eau et mesurent le débit sous la glace. « Le débordement qui se trouve à la surface glacée de la rivière, lorsque nous le perçons, peut vous couvrir d'une couche d'embruns glacés. Et à de rares occasions, vous pourriez toucher un trou sous pression qui forcerait votre tarière à l'extérieur du trou et vous pourriez assister pendant quelques minutes au jaillissement d'un geyser d'une hauteur de huit pieds. » 

Cette description glaciale nous laisse entrevoir une journée difficile et remplie de défis, mais très exaltante dans la vie de Brian Yurris. Après plus de 20 ans en tant que technicien en hydrométrie d'Environnement Canada au sein de la Division des relevés hydrologiques du Canada (DRHC), M. Yurris aime toujours son travail.

« Chaque voyage est une aventure. Le mois dernier, en montant à motoneige vers le ruisseau Bosworth, nous avons été tout près d'un lynx. Nous voyons un grand nombre d'animaux sauvages, découvrons des paysages enchanteurs et travaillons sur les rivières éloignées où peu de personnes ont pagayé. »

Technicien en hydrologie Brian Yurris prend un pause avec son équipe.

 

Photo: Technicien en hydrologie Brian Yurris prend un pause avec son équipe.©Environment Canada

Tout au long de l'année, M. Yurris assure le fonctionnement du secteur des terrains de Norman Wells et s'occupe de l'entretien des stations qui se trouvent sur le fleuve Mackenzie et ses affluents. Il participe également au travail sur le terrain dans le centre de l'Arctique, sur l'île de Baffin, dans le delta du Mackenzie, et même sur l'île d'Ellesmere. Il s'agit d'un travail qui exige aussi bien de la force physique que de la force mentale. Dans le Nord, on ne peut accéder à la majorité des stations de jaugeage des cours d'eau qu'à distance; vous y arrivez par hélicoptères affrétés et aéronefs à voilure fixe sur flotteurs, sur skis et sur roues-skis. « La planification et la logistique sont les principaux éléments d'une excursion réussie. Vous n'avez pas droit à l'erreur, puisque vous n'allez pas y retourner le lendemain pour régler le problème. »

M. Yurris pense qu'il gagne sur tous les plans – un beau mélange de travail de bureau et de travail sur le terrain. Au bureau, à l'aide de logiciels sophistiqués, ils travaillent sur les données recueillies relatives au niveau et au débit d'eau. La télémesure satellitaire leur permet de surveiller la situation des stations à partir de leurs ordinateurs de bureau. « Grâce aux visites de station au cours de toutes les saisons, nous nous familiarisons bien avec les rivières que nous surveillons et intégrons notre connaissance approfondie des caractéristiques des rivières aux données hydrométriques de classe mondiale publiées. Il est très valorisant de participer à toutes les étapes du processus. »

Les données relatives à la région de Norman Wells, recueillies et publiées par M. Yurris et par ses collègues, sont utilisées par une grande variété d'utilisateurs dans de multiples applications. Ces données sont d'une grande importance pour : des industries telles que les sociétés minières; le grand public pour les activités récréatives; d'autres scientifiques qui étudient la faune, l'environnement ou les changements climatiques; des ministères tels que Pêches et Océans Canada qui finance les prévisions annuelles relatives au niveau d'eau du fleuve Mackenzie, lesquelles sont produites et diffusées par la Division des relevés hydrologiques à Yellowknife au nom de la Garde côtière canadienne.

M. Yurris affirme qu'aujourd'hui, les techniciens en hydrométrie font le même travail de base que les techniciens effectuaient il y a 100 ans, soit quand la Division des relevés hydrologiques du Canada a été fondée. Ils surveillent continuellement les rivières relativement à leur niveau d'eau et à leur débit correspondant. Cependant, la technologie du domaine hydrométrique a connu une croissance fulgurante. Au cours de sa carrière, il a été témoin du passage de la technologie analogue à la technologie numérique et au-delà. « C'est très passionnant. En pressant une simple touche, nos instruments numériques de haute technologie et nos enregistreurs de données transmettent les renseignements provenant de nos stations vers le satellite GOES à un débit binaire élevé afin de produire des données sur le débit en temps réel pour nos clients et partenaires de partage des coûts sur le site Web de la Division des relevés hydrologiques du Canada. »

Une équipe de techniciens hydrométriques sur la rive le fleuve  Mackenzie gelé.
Photo: Yurris avec son équipe sur la rivère Mackenzie.
©Environment Canada

Dans son milieu, le travail d'équipe est primordial et, en collaborant étroitement avec d'autres techniciens sur le terrain et d'autres participants précieux tels que les pilotes qui les y emmènent et qui les ramènent, il a développé une véritable camaraderie.

Chaque année, il passe entre 50 et 70 nuits loin de chez lui. « Bien que le travail soit quelque peu éreintant, j'ai la chance d'avoir une conjointe et trois enfants qui apprécient mon engagement et savent aussi que papa aime son travail. » Et il ne changerait de travail pour rien au monde, même lorsqu'il réchauffe ses doigts glacés et qu'il s'installe avec un équipage fatigué à la fin d'une journée froide et humide.

 

 

Debi Forlanski, région des Prairies et du Nord, Winnipeg (MB)

Debi Forlanski fait un revue des données..

Photo: Debi Forlanski fait un revue des données. ©Environment Canada

 

On était en 1999 et les résidants de petites villes dans le sud du Manitoba avaient des souvenirs fulgurants de « l'inondation du siècle » de 1997 lorsque la rivière Rouge a inondé ses rives entraînant ainsi un appel à l'Armée de terre pour obtenir de l'aide. Cette fois, la rivière Souris inondait les routes et endommageait des ponts, ce qui a rendu 800 000 hectares de terres agricoles non ensemençables. La Division des relevés hydrologiques du Canada d'Environnement Canada (DRHC) a fait appel à du personnel supplémentaire pour élargir le réseau hydrométrique de la région et Debi Forlanski faisait partie de ce personnel. En sortant de l'université, elle a participé au programme d’amélioration du bassin de la rivière Rouge de la Division des relevés hydrologiques du Canada et a été embauchée pour un mandat de deux ans. « La Division avait besoin de plus d'employés pour l'aider à établir et à gérer les nouvelles stations de jaugeage. J'y suis restée. J'ai trouvé que ce poste me convenait. » Elle travaille au sein de cette division depuis ce temps.Avoir un large éventail de compétences bien développées, être en mesure de s'adapter et faire preuve d'innovation sont des qualités essentielles pour réussir dans ce domaine. Mme Forlanski affirme que la grande diversité des composantes du travail le rend très attrayant. « C'est un travail très pratique. Il faut se familiariser avec le système informatique avec lequel nous compilons nos données. Il faut apprendre à utiliser un grand nombre de types d'instruments et d'équipement de surveillance de haute technologie, notamment le profileur de courant à effet Doppler pour mesurer le débit. »

Il y a une courbe d’apprentissage abrupte et il faut du temps pour s'y habituer, comme le dit Mme Forlanski. Les employés nouvellement embauchés doivent passer par un programme de perfectionnement professionnel de trois ans et demi qui comprend une formation en cours d'emploi. « Il n'est pas possible de vivre toutes les conditions météorologiques au cours d'une année. Au Manitoba, il y a toute une gamme de conditions météorologiques – sécheresses, inondations majeures, chaleurs étouffantes, fortes chutes de neige, vents glacials et froids extrêmes – parfois au cours de la même saison, et pas très éloignées les unes des autres sur la carte. »

Pendant une autre élévation marquée du niveau des eaux, il y a deux ans, dans la région au nord d'Interlake, elle se souvient avoir mis un bateau dans les eaux d'inondation, sur le bord d'une route, et l'avoir gouverné à travers un marais pour se rendre à l'embouchure de la rivière, puis s'être déplacée sur 27 km pour arriver à la station de jaugeage. Elle a dû naviguer jusqu'à la station de jaugeage pour réparer l'équipement et effectuer une mesure du débit.

« La beauté d'être sur l'eau était incroyable. Et j'aime l'indépendance qui y est associée. Avoir à compter sur ses propres capacités d'improvisation et accomplir le travail avec succès, c'est tout un accomplissement. »

Mme Forlanski aime les défis physiques du travail sur le terrain, même si le travail est parfois difficile. Pendant l'hiver, les employés travaillent par deux et voyagent parfois en hélicoptère ou en motoneige. Leurs tâches peuvent comprendre l'obtention des mesures d'un pont dans des conditions difficiles et le forage à travers la glace pour mesurer le niveau et le débit de l'eau.

Technicienne Debi Forlanski perce la glace d'une rivière gelée (Cooks Creek) avec une tarière près d'Oakbank (MB).
Photo: Forlanski perce la glace d'une rivière gelée (crique Cooks) avec une tarière
près d'Oakbank en Manitoba. ©Environment Canada

« Tout ce travail acharné fournit des données hydrométriques essentielles aux clients. »

Le gouvernement et d'autres organismes peuvent utiliser les données pour la prévision des crues, la délivrance de permis d'exploitation hydraulique, les évaluations environnementales ou les processus réglementaires. Les résultats donnent aux établissements d'enseignement ou aux institutions ce dont ils ont besoin pour effectuer des recherches et des enquêtes sur les changements climatiques. Le public consulte ces renseignements pour planifier les activités récréatives. Les compagnies d'énergie hydroélectrique ou les établissements qui gèrent les réservoirs ou les dérivations accordent également de l'importance aux données. Mme Forlanski ajoute : « Nous avons aujourd'hui l'équipement qui nous permet de surveiller de nombreuses stations de jaugeage à distance et d'offrir aux clients des données en temps quasi réel sur le Web. »

La technologie hydrométrique n'était pas son plan de carrière en 1999, mais pour Mme Forlanski, cette technologie est devenue une profession aussi gratifiante et satisfaisante qu'elle pourrait l'imaginer.

 

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