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Rapport d‘étape de 2003 du Canada sur les PA

Thunder Bay

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Le SP de Thunder Bay s ’étend sur environ 28 km le long des rives du lac Supérieur et sur neuf kilomètres au large des côtes, en amont, à partir de la ville de Thunder Bay. Le bassin hydrographique de Thunder Bay est drainé par le système riverain de Kaministiquia et par quelques rivières et ruisseaux de moindre importance. La zone marécageuse du port constitue une importante portion des terres humides canadiennes dans le bassin du lac Supérieur. Les marécages portuaires offrent un habitat pour les espèces d ’oiseaux nicheurs et migrateurs ainsi qu ’une grande variété de poissons indigènes et non indigènes et on y pratique la pêche sportive et commerciale.

La ville de Thunder Bay est le centre économique de la région. Depuis plus de 20 ans, les activités portuaires d ’expédition du grain, en particulier, et l ’économie de la région, en général, ont connu une baisse. Thunder Bay demeure l ’un des plus importants ports d ’embarquement au Canada, mais l ’intérêt manifesté par le public envers des activités économiques plus diversifiées a entraîné un réaménagement de sa zone portuaire.

UTILISATIONS ALTÉRÉES

Actuellement, on compte 14 utilisations bénéfiques altérées (Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, 1987) dans le SP de Thunder Bay. Les développements industriels et urbains le long du littoral de Thunder Bay et dans le bassin hydrographique de la rivière Kaministiquia (Kam) en sont les principaux responsables. D’importants travaux de drainage et de remplissage des zones riveraines ont été effectués dans le secteur industriel de la zone portuaire, d’où la dégradation et le recul des terres humides. Le dragage, l’élimination des déchets, les canalisations et le rejet de certains polluants ont éliminé d’importants habitats de qualité le long du littoral. Il s’en est suivi une réduction du nombre et de la diversité des espèces, des activités récréatives et de la valeur esthétique du secteur.

L’amélioration du traitement des effluents et les changements effectués dans les processus industriels ont eu pour effet de réduire considérablement les répercussions environnementales au cours des dernières années; l’écosystème demeure néanmoins altéré. Des restrictions à la consommation de poisson sont imposées en raison des concentrations tissulaires de mercure, de BPC et de toxaphène, et ce, même s’il n’existe aucune source de pollution ponctuelle de toxaphène ni dans ce SP ni du côté canadien du lac Supérieur.

Des études d’Environnement Canada ont permis de constater que le toxaphène qui était autrefois utilisé dans les régions agricoles du sud des États-Unis a été transporté dans l’atmosphère vers les Grands Lacs. On a constaté en 1994 que les charges corporelles de dioxine relevées dans les poissons qui consomment des oiseaux des colonies portuaires dépassaient les niveaux relevés dans les colonies des eaux lacustres libres. On a signalé des cas de cancer du foie chez le meunier noir en 1991, mais ils sont peut-être dus à des sources de pollution provenant d’ailleurs, étant donné que les sources de pollution locale ont été éliminées. Les populations de poissons ont été affectées à la suite de l’introduction d’espèces exotiques, de la perte d’habitats, du rejet de déchets organiques et de la contamination sur place des sédiments. À certains endroits de ce SP, on ne trouve que les communautés benthiques pouvant tolérer les matières organiques utilisées pour enrichir le milieu ou les sédiments contaminés. La perte d’habitat est liée notamment aux activités de dragage et les restrictions demeurent en vigueur, vu la contamination des sédiments dans le port. Les niveaux élevés de bactéries obligent la fermeture périodique des plages locales puisque les activités aquatiques à ces endroits peuvent présenter un danger pour la santé. Les bâtiments abandonnés, l’élimination des déchets, les ordures et les développements industriels et résidentiels sont autant d’éléments qui ont réduit la valeur esthétique de la rivière et du port.

RÉALISATIONS

Des stratégies en matière d’utilisations bénéfiques altérées ont été conçues afin d’augmenter le nombre d’habitats lacustres et terrestres, favoriser les activités récréatives et améliorer la valeur esthétique du port et de ses affluents. Le projet le plus médiatisé, le Northern Wood Preservers Alternative Remediation Concept (NOWPARC), a été élaboré dans le but de réduire la contamination des sédiments, renouveler l’habitat et améliorer la valeur esthétique du site. Un consortium d’intervenants a permis d’appliquer une stratégie visant l’isolement des sources de contamination et le traitement des sédiments contaminés. Par ailleurs, on poursuivra les travaux de restauration de l’habitat et de la végétation en 2003 (voir l’encadré).

Bien des problèmes entourant la qualité de l’eau ont été résolus grâce aux nouveaux procédés de traitement des effluents des usines locales de pâtes et papiers. Le traitement secondaire effectué à l’usine de pâtes et papier de la Bowater Canadian Forest Products Ltée et le remplacement de la totalité du dioxyde de chlore ont amélioré la qualité des effluents de façon remarquable. Grâce au traitement secondaire effectué dans les usines d’Abitibi Consolidated Inc., Smurfit Stone et Cascades Inc. ces sociétés respectent maintenant les exigences relatives aux rejets dans le lac Supérieur. Ces initiatives permettront assurément d’améliorer la qualité de l’eau et des sédiments et elles favoriseront le retour de communautés biotiques en bonne santé.

Divers projets de remise en état des habitats fauniques et halieutiques ont été réalisés dans les terres humides du littoral et le long des affluents. Citons notamment l’amélioration des zones de frai du doré, la restauration de la diversité de l’habitat le long des évacuateurs de crues, l’amélioration de la diversité de l’habitat dans les canaux de navigation dragués, créant ainsi des habitats d’alevinière et des terres humides à proximité des zones riveraines et atténuant les barrières à la migration du poisson. La restauration et la protection des milieux humides et riverains favoriseront l’extension d’habitats terrestres et aquatiques productifs. On a tenté de faciliter l’accès du saumon dans la partie supérieure de la rivière Current, mais cette initiative s’est soldée par un échec; toutefois, la modernisation de l’usine de pâtes et papiers Bowater a amélioré la qualité de l’eau, permettant la migration de poissons dans la rivière Kam.

Depuis 1990, le gouvernement du Canada a versé 8,6 millions de dollars à même le Fonds de durabilité des Grands Lacs à la réalisation de 14 projets de restauration des utilisations bénéfiques altérées dans le SP de Thunder Bay, dont 5,6 millions de dollars au projet d’assainissement des sédiments de Northern Wood Preservers. Cet investissement a permis d’obtenir un montant additionnel de 12,7 millions de dollars en financement direct des partenaires.

Plusieurs projets en cours misent sur les réussites remarquables réalisées dans le SP de Thunder Bay. Plusieurs projets visant la restauration de l’habitat du poisson et des autres espèces sauvages des terres humides le long des zones riveraines de Thunder Bay et aux embouchures des rivières qui se jettent dans Thunder Bay sont presque terminés.

Une étude pilote visant la modernisation de l’usine de traitement primaire des eaux d’égout de la ville de Thunder Bay est terminée et la ville procède actuellement à l’agrandissement de l’usine et à la mise en place du traitement secondaire qui fera appel à une technique d’aération et de filtration biologique. Le traitement secondaire réduira la demande biologique d’oxygène et les décharges annuelles de solides dissous dans la rivière Kam et dans le port. Ce projet évalué à 53 millions de dollars devrait être finalisé en 2004.

PARTICIPATION DU PUBLIC

La participation et la détermination du public, de même que sa ferme volonté de restaurer et de préserver la santé de cet écosystème ont largement contribué au succès du PA dans Thunder Bay. Le Comité de consultation publique (CCP) a joué un rôle de chef de file dans diverses initiatives, telles le nettoyage du littoral de Thunder Bay, sa participation aux célébrations de la Journée du lac Supérieur et l’organisation d’ateliers sur le développement du littoral. Ces activités ont stimulé le sens de la coopération et favorisé une meilleure compréhension des divers enjeux, ce qui continuera sans aucun doute à avoir des effets positifs sur la collectivité et sur sa perception des problèmes environnementaux.

PROBLÈMES NON RÉGLÉS

L’installation d’un système de traitement secondaire des égouts municipaux, l’amélioration des effluents de l’usine de pâtes et papiers, la mise en place du NOWPARC pour résoudre le problème de contamination des sédiments et divers projets de création d’habitats dans ce SP permettront sans doute à Thunder Bay de maintenir son port en activité tout en protégeant son écosystème. Ainsi, le port offrira un environnement naturel hospitalier, tout en apportant une contribution cruciale à l’économie locale.

Certains problèmes environnementaux qui nécessitent notre attention n’ont cependant pas encore été résolus dans ce SP.

LES SÉDIMENTS À PROXIMITÉ DE CASCADES INC.

Des niveaux élevés de mercure ont été relevés dans les sédiments de surface à l’extrémité nord du port, à côté de la propriété de Cascades Inc. Des études effectuées récemment indiquent que les concentrations de mercure dans les sédiments sont moins élevées qu’au début des années 70. Néanmoins, cette concentration dépasse les niveaux entraînant des effets graves tels qu’établis dans les lignes directrices provinciales relatives à la qualité des sédiments qui sont de deux parties par million (2 µg/g) sur une superficie d’environ trois hectares à proximité de l’émissaire d’effluents de Cascades Inc. Des évaluations biologiques sont prévues afin d’aider à déterminer le volume de sédiments contaminés au mercure qu’il faudrait peut-être décontaminer. L’une des études entreprises par Environnement Canada en 2002 déterminera si le mercure est bio-disponible et on prévoit obtenir les résultats en 2003. Des études antérieures ont évalué ce volume à quelque 20 000 mètres cubes.

PLAN DE GESTION DU BASSIN HYDROGRAPHIQUE DE LA RIVIÈRE SLATE

Ce plan recommande que soient mises en oeuvre des pratiques de gestion agricole dans le bassin hydrographique de la rivière Slate, afin de réduire les répercussions de l’enrichissement du milieu par des matières organiques, la turbidité et la sédimentation dans la rivière Kaministiquia située à proximité. Ce plan est présentement révisé par le Lakehead Region Conservation Authority, vu les faibles niveaux d’eau des deux dernières années.

PLAGE CHIPPEWA

Les niveaux élevés de coliformes fécaux dans l’eau ont entraîné de nombreuses fermetures de plage. Les diverses stratégies qui permettraient de réduire ces niveaux de bactéries ont été recensées dans une étude. On n’a pas encore décidé des mesures à prendre, mais certaines améliorations ont déjà été apportées aux toilettes publiques et aux fosses septiques adjacentes qui avaient été identifiées comme des facteurs contribuant au problème.

MESURES À VENIR

Afin de rétablir les neuf utilisations bénéfiques altérées, le rapport de la deuxième étape du PA suggère 26 mesures correctrices dont 18 ont été appliquées. Parallèlement, onze mesures éducatives et de gouvernance sont requises, dont quatre sur une base continue. Les mesures de restauration seront suivies de 29 activités de surveillance. Par ailleurs, il faudra tenir la population au courant et faire rapport des mesures prises et des stratégies de surveillance adoptées.

PERSPECTIVES DE RADIATION DE LA LISTE

Pour pouvoir radier Thunder Bay de la liste des SP, des mesures devront être prises pour régler le problème de contamination des sédiments à divers endroit, assurer le traitement secondaire des égouts municipaux, apporter d’autres améliorations au parc Chippewa et terminer les projets d’aménagement d’habitats. Des activités de surveillance permettront de vérifier l’efficacité des mesures prises pour le rétablissement des utilisations bénéfiques.

 

NORTHERN WOOD PRESERVERS ALTERNATIVE REMEDIATION CONCEPT (NOWPARC)

La contamination des sédiments du port de Thunder Bay aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), aux chlorophénols, aux dioxines et aux furanes,à proximité du site de la Northern Wood Preservers, ont amené la Commission mixte internationale (CMI) à considérer le port comme un SP.

L’Abitibi Consolidated Inc., la Northern Wood Preservers Inc., le Canadian National Railway Co., Environnement Canada et le ministère de l’Environnement ont travaillé ensemble afin de régler les problèmes de contamination près de la Northern Wood Preservers. L’objectif du projet NOWPARC est d’isoler la source de contamination, de nettoyer les sédiments contaminés et de renforcer l’habitat du poisson. Entre 1997 et 2003, plus de 18 millions de dollars ont été attribués au projet NOWPARC pour régler le problème de contamination des sédiments.

Une évaluation biologique a été menée par le MEO afin d’établir des critères spécifiques de nettoyage du site. Ces critères, fondés sur les concentrations de HAP dans les sédiments, ont été établis à partir de tests biologiques. Trois zones de nettoyage, soit les secteurs de toxicité aiguë, les secteurs de toxicité chronique et les secteurs de toxicité non mesurable ont été déterminés en fonction des effets biologiques mesurés.

LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU PROJET SONT :

  • Installation d’une risberme d’enrochement afin de protéger le site de la société NWP et de confiner quelque 21 000 mètres cubes de sédiments contaminés.
  • Dragage environnemental d’environ 11 000 m3 de sédiments hautement contaminés en vue de traitements ultérieurs. Les sédiments légèrement contaminés ont été laissés à l’extérieur de la risberme d’enrochement pour une remise en état par voie naturelle.
  • Traitement des sédiments sur le site et un autre 17 000 tonnes de sédiments dragués a été traité thermiquement avec succès à Princeton, en Colombie-Britannique.
  • Isolement des contaminants sur le site avec la construction d’une barrière d’isolement en argile à proximité du quai de la NWP et de parois Waterloo en palplanches d’acier, afin d’assurer que les contaminants soient confinés sur le site.
  • Remblayage avec des matériaux propres afin de créer une zone tampon entre la risberme et les barrières d’isolement.
  • Usine de traitement des eaux souterraines afin de traiter les eaux souterraines contaminées qui s’accumulent derrière les barrières d’isolement en argile et en pieux métalliques.
  • Mesures d’atténuation pour l’habitat du poisson visant à remplacer les pertes en habitat halieutique après les opérations de dragage et de remblayage.
  • Surveillance, après les travaux de construction, des eaux souterraines, des habitats du poisson récemment créés et des sédiments à l’extérieur de la risberme.