Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Rapport d‘étape de 2003 du Canada sur les PA

Port de Collingwood

ImageImageImage

Situé à la pointe sud de la baie Georgienne, dans le lac Huron, le port de Collingwood englobe 0,8 kilomètre carré au cæur d ’un bassin versant d ’environ 33 kilomètres carrés de superficie. Le port, ceinturé par la ville de Collingwood, comprend un complexe marécageux ainsi que les vestiges d ’un chantier naval et d ’un terminal céréalier.

Le port était fortement eutrophique, la principale source de la charge en nutriments étant la station d ’épuration des eaux usées (SEEU). La destruction de l ’habitat et l ’entrée de contaminants étaient en grande partie historiques et attribuables aux activités industrielles.

RÉALISATIONS

En 1994, le port de Collingwood est devenu le premier secteur des Grands Lacs à être radié de la liste des secteurs préoccupants par le Canada et l’Ontario.

Le plan d’assainissement avait pour composante essentielle une stratégie visant à réduire la charge en phosphore et à contrôler l’eutrophisation et l’anoxie temporelle. Les solutions techniques étaient axées sur l’optimisation de l’élimination du phosphore à la SEEU de Collingwood dans le cadre d’un projet pilote innovateur. Cette technologie a produit des effluents d’une qualité comparable à celle obtenue par un traitement tertiaire, mais à moins de 10 pour cent du coût de ce dernier. Depuis cette réduction des charges, le port n’est plus eutrophique.

En novembre 1992, un projet pilote a été mis sur pied afin d’enlever de façon sécuritaire les sédiments contaminés par des métaux lourds (le cuivre, le plomb, le zinc et le chrome) au moyen d’une technologie de dragage innovatrice, la pompe Pneuma. Les sédiments ont été placés dans une installation d’élimination confinée (IEC) qui, depuis, a été déclassée. Le succès de ce projet pilote a mené à l’assainissement à grande échelle du port en 1993 afin de rétablir la communauté benthique qui s’était dégradée, d’éliminer la toxicité chronique et de lever les restrictions à l’égard du dragage maritime. C’était la première fois que cette drague était utilisée en Amérique du Nord; l’assainissement a constitué une étape cruciale vers la restauration du port. Le coût total du projet pilote et de l’assainissement s’est élevé à 635 000 $ et 7 300 mètres cubes de sédiments contaminés ont été enlevés. Le projet a réussi à réduire les dangers pour l’écologie. Depuis la fermeture des terminaux de Collingwood et de l’IEC, aucune autre activité de dragage maritime n’est prévue.

On a également consacré d’importants efforts à la protection du complexe existant de milieux humides de Collingwood (96 hectares), au contrôle de l’invasion de Salicaire pourpre dans les marécages et par le rétablissement de l’habitat des poissons et des autres espèces sauvages dans le port et le bassin versant. On a créé une frayère et un habitat de grossissement pour l’achigan et le brochet, ainsi que des possibilités d’habitat pour le balbuzard, les oiseaux aquatiques, les amphibiens et les reptiles. Un réseau communautaire de bénévoles s’est mobilisé afin de surveiller les populations d’animaux sauvages. Le Projet de rétablissement du ruisseau Black Ash visait à prévenir l’érosion tout en intégrant le rétablissement de l’habitat à une démarche naturelle stabilisation des berges par le génie biologique. Les populations de poisson ont bien réagi à ces initiatives, qui se sont soldées par la première recrudescence observée en plus de 30 ans. Les populations d’autres espèces sauvages sont également considérées non altérées.

Le PA mettait fortement l’emphase sur la prévention de la pollution. Collingwood devient de plus en plus " écologique" grâce à un plan d’action communautaire visant la prévention de la pollution par les résidants, les entreprises et les industries. Les premières activités complètes du programme Green Home Tune-ups (Mise au point écologique des résidences) en Ontario ont été réalisées à Collingwood en 1994 à l’aide d’incitatifs offerts par le secteur financier.

L’un des projets les plus novateurs visant à sensibiliser la population à l’importance de la prévention de la pollution est le terrain de jeu écologique ENVIROPARK. Situé dans le parc Sunset Point, ce réseau unique de structures de jeu est conçu de manière à instiller aux enfants une compréhension de l’impact direct qu’à la vie quotidienne sur notre environnement. Les jeunes y apprennent en jouant plutôt qu’assis en classe.

Grâce à l’engagement de la collectivité à l’égard du PA, la qualité de l’environnement s’est grandement améliorée, à tel point que toutes les cibles de radiation du secteur de la liste des SP ont été atteintes ou dépassées.

SURVEILLANCE

Les données sur la surveillance sont essentielles au suivi et à la confirmation de la radiation de la liste des SP. Il faut qu’une période de temps convenue d’avance s’écoule pour qu’on puisse prouver la persistance de l’amélioration des conditions environnementales et la durabilité du rétablissement des utilisations bénéfiques. Dans le cas du port de Collingwood, en trois ans de surveillance de la qualité de l’eau et des alevins dans le port et ses affluents, les cibles de radiation de la liste des SP ont été constamment atteintes. Le MEO entreprendra en 2003 la surveillance de la qualité de l’eau et des sédiments du lac Huron, notamment au port de Collingwood. La surveillance des poissons et des autres espèces sauvages par la collectivité se poursuit.

La surveillance des sédiments effectuée en 1995 par Environnement Canada indique que les espèces benthiques du port sont différentes de celles des sites de référence. Toutefois, cette différence est attribuable à l’assemblage d’organismes présents, qui reflètent les conditions relatives aux nutriments, et non à la présence de contaminants. Les recommandations à l’égard des mesures futures comprennent la répétition des essais de toxicité sur les sédiments et le prélèvement de nouveaux échantillons sur les sites afin de déterminer si la communauté benthique se rétablit conformément aux conditions de référence. Environnement Canada prévoit procéder en 2004 à une évaluation des sédiments benthiques à des fins de suivi.