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l’Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (IEPA)

Annexe 1 - Définition des polluants atmosphériques

Dans cette annexe figure la définition des 17 polluants atmosphériques répertoriés par l’Inventaire des émissions des polluants atmosphériques (IEPA) et énumérés au chapitre 1. On y fait également mention de certaines sources principales de ces polluants.

A1.1 Principaux contaminants atmosphériques

Matière particulaire (PM)
La matière particulaire (PM) désigne toute particule microscopique solide ou liquide de diverses origines qui demeure en suspension dans l’air pendant un certain temps. La PM englobe un large éventail d’espèces chimiques, comme le carbone élémentaire et les composés de carbone organique, les oxydes de silicium, d’aluminium et de fer, les métaux traces, les sulfates, les nitrates et l’ammoniac (NH3). La matière particulaire est omniprésente et provient de sources à la fois naturelles et anthropiques (d’origine humaine). Les particules fines (PM2,5) et leurs gaz précurseurs proviennent généralement de procédés de combustion : les véhicules à moteur, les procédés industriels, le brûlage de la végétation et les cultures agricoles.
Matière particulaire totale (MPT)
Toute particule dont le diamètre est inférieur à 100 micronsNote de bas de page 4.
Particules d’un diamètre inférieur ou égal à 10 microns (PM10)
Toute particule dont le diamètre est inférieur ou égal à 10 micronsNote de bas de page 5.
Particules d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 microns (PM2,5)
Toute particule dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 microns.
Oxydes de soufre (SOx)
Les oxydes de soufre (SOx) sont une famille de gaz composée principalement de dioxyde de soufre (SO2). Ce gaz incolore peut être transformé par réaction chimique en polluants acides, comme l’acide sulfurique et les sulfates (les sulfates sont un constituant majeur des particules fines dans l’air ambiant). Le SO2 est généralement un sous-produit des procédés industriels et de la combustion de combustibles fossiles; les principaux responsables étant la fusion du minerai, les centrales électriques alimentées au charbon et le traitement du gaz naturel. Lorsqu’il se transforme en acide sulfurique, le SO2 devient alors le principal ingrédient des pluies acides qui peuvent endommager les cultures, les forêts et les écosystèmes.
Oxydes d’azote (NOx)
Les oxydes d’azote (NOx) comprennent le dioxyde d’azote (NO2) et l’oxyde d’azote (NO), les deux étant exprimés en équivalents de NO2. Les NOx contribuent à la formation de l’ozone troposphérique à la suite d’une réaction photochimique avec les composés organiques volatils (COV) sous l’effet de la lumière solaire. Ils peuvent également se transformer en PM dans l’air ambiant (particules de nitrate) et entrent dans la composition des pluies acides. Les NOx proviennent de sources à la fois anthropiques et naturelles. Les principales sources anthropiques sont les sources mobiles (véhicules routiers), la production d’électricité, l’industrie pétrolière en amont, tandis que les principales sources naturelles sont les éclairs et l’activité microbienne des sols.
Composés organiques volatils (COV)
Les composés organiques volatils (COV) contiennent un ou plusieurs atomes de carbone qui s’évaporent rapidement dans l’atmosphère et contribuent, par réaction photochimique, à la formation de l’ozone troposphériqueNote de bas de page 6. Les COV peuvent se condenser dans l’atmosphère et induire la formation de PM dans l’air ambiant. Outre les sources biogènes (comme la végétation), on compte parmi les autres sources importantes l’industrie pétrolière, les sources mobiles et l’utilisation de solvants. Certains COV, comme le formaldéhyde et le benzène, sont cancérogènes.
Monoxyde de carbone (CO)
Le CO est un gaz incolore, inodore, insipide et toxique. En cas d'inhalation il forme la carboxyhémoglobine, un composé qui inhibe la capacité du sang à transporter l'oxygène vers les organes et les tissus. Il participe également, dans une moindre mesure, à la formation de l’ozone troposphérique. La plus importante source humaine de CO est la combustion incomplète de combustibles à base d'hydrocarbures issue principalement à partir de sources mobiles (véhicules routiers). D'autres sources mineures, mais importantes, sont l'industrie du bois, le chauffage résidentiel du bois et les incendies de forêt. Les concentrations de CO dans l’air ambiant sont bien plus élevées dans les zones urbaines en raison du nombre de sources anthropiques.
Ammoniac (NH3)
L’ammoniac (NH3) gazeux issu de sources anthropiques est répertorié comme étant l’un des principaux précurseurs des PM2,5. L’utilisation d’engrais en agriculture, l’élevage de bétail et la fabrication d’engrais synthétiques en sont les principales sources.

A1.2 Certains métaux lourds

Plomb (Pb)
Le plomb (Pb) est présent à l’état naturel dans la croûte terrestre. Il fait partie de la liste des substances toxiques de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (LCPE) et est largement utilisé dans l’industrie pour fabriquer des produits comme les batteries d’accumulateurs au plomb et les écrans de protection radiologique. La transformation des métaux est la principale source d'émissions accidentelles de Pb dans l'atmosphère; les niveaux les plus élevés provenant de la fonte et de l’affinage de métaux non ferreux.
Cadmium (Cd)
Le cadmium (Cd), substance déclarée toxique en vertu de la LCPE, est présent dans l’atmosphère en raison d’activités anthropiques et de processus naturels. La principale source anthropique est la production de métaux (en particulier la fonte et l’affinage de métaux de base).
Mercure (Hg)
Le mercure (Hg) est déclaré toxique en vertu de la LCPE. Les propriétés uniques du Hg sont utilisés dans divers produits de consommation, tels que les lumières fluorescentes. Lorsque le Hg est libéré dans l'atmosphère, il peut être transporté par les courants de vent, déposé sur le sol et être de nouveau émis dans l’atmosphère plusieurs fois.

A1.3 Polluants organiques persistants

Dioxines et furanes
Les dioxines et les furanes (D/F) sont une famille de composés dont le degré de toxicité varie grandement. Les congénères des dioxines et des furanes sont exprimés en unités d’équivalence de toxicité (ET) par rapport à la forme la plus toxique des dioxines : 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD). La plus importante source de dioxines et de furanes au Canada est l’incinération de déchets urbains et médicaux. La sidérurgie, le brûlage sur place de déchets domestiques, la combustion de combustibles pour le transport et le chauffage des habitations comptent parmi les autres sources principales.
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont un groupe de composés organiques émis dans l’environnement au Canada par des sources naturelles et anthropiques. Des renseignements complets sur les émissions atmosphériques sont disponibles pour les quatre HAP suivants : benzo[a]pyrène, benzo[b]fluoranthène, benzo[k]fluoranthène et indéno[1,2,3-cd]pyrène. On dispose aussi de données déclarées par les installations dans le cadre de l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP) pour d’autres hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les sources anthropiques les plus importantes de rejets atmosphériques d’hydrocarbures aromatiques polycycliques sont le chauffage au bois résidentiel et les alumineries.
Hexachlorobenzène (HCB)
L’hexachlorobenzène (HCB) est un sous-produit de la fabrication et de l’utilisation de solvants chlorés et de pesticides. Ce polluant organique persistant est libéré en quantités traces et issu du transport à longue distance, des dépôts atmosphériques, de l’incinération et d’autres procédés industriels.

A1.4 Références

Pirrone N, Cinnirella S, Feng X, Finkelman RB, Friedli HR, Leaner J, Mason R, Mukherjee AB, Stracher GB, and Streets DG. 2010. Global mercury emissions to the atmosphere from anthropogenic and natural sources (en anglais seulement) (Format PDF 550 Ko). Atmospheric Chemistry and Physics 10 (13):5951-64.

[PNUE] Programme des Nations Unies pour l’environnement. 2013. Global Mercury Assessment 2013: Sources, Emissions, Releases and Environmental Transport (en anglais seulement) (Format PDF 8.9 Mo). PNUE Substances chimiques, Genève, Suisse.

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