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l’Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (IEPA)

Chapitre 4 - Contrôle de la qualité des données

Le contrôle de la qualité des données d’inventaire a lieu en deux phases. Dans la phase 1, le contrôle de la qualité vise les plus récentes données sur les émissions de sources ponctuelles (installations) déclarées aux fins de l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP), avant leur inclusion dans l’Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (IEPA). La section 4.1 présente un résumé du processus pour l’IEPA.

La phase 2 du contrôle de la qualité a lieu après la compilation et le rapprochement des données sur les émissions de sources étendues et de sources ponctuelles en vue de constituer l’IEPA. Durant la phase 2, les émissions sont vérifiées en fonction de certains critères établis (la section 4.2 présente une description de ce processus).

4.1 Phase 1 : Données des émissions des installations

Le processus de contrôle de la qualité repose sur un système d’activités et de procédures documentées qui sont effectuées par une équipe attitrée afin de déceler les données aberrantes, les incohérences, les données manquantes, les inexactitudes et les erreurs. Il exige aussi de communiquer avec les installations pour résoudre les problèmes soulevés. Le processus peut être adapté de manière à ce que des procédures de contrôle de la qualité propres à chaque catégorie ou à chaque secteur soient appliquées selon les besoins.

L’identification des déclarations/installations déclarantes manquantes et l’évaluation des nouvelles déclarations/installations déclarantes constituent un élément essentiel du contrôle de la qualité, qui vise à assurer la prise en compte des données appropriées.

La détection des données aberrantes (soit les déclarations qui s'écartent de manière significative de l’analyse des tendances) est d’importance capitale pour assurer l’utilité des données sur les émissions de sources ponctuelles de l’INRP. C’est au début du processus de contrôle de la qualité que l’on procède à la détection des données aberrantes, au suivi auprès des installations et à la résolution des problèmes. La plus grande incidence de ces vérifications sur les données de 2015 a été de relever des erreurs relatives aux unités de mesure, comme des données déclarées en kilogrammes plutôt qu’en tonnes. Ces erreurs ont été constatées et corrigées dans le rapport de cette année.

On définit comme potentiellement aberrantes toutes les déclarations à l’INRP qui :

  • présentent une forte variation d’une année à l’autre;
  • contribuent à une proportion hautement irréaliste de la quantité totale déclarée d’un polluant atmosphérique pour l’année en cours ou l’année précédente.

Le contrôle de la qualité comprend aussi l’analyse des éléments suivants :

  • l’impact des données de la première année de déclaration;
  • les substances qui ne sont plus déclarées;
  • les déclarations de substances pour lesquelles on constate un changement important de leur contribution ou de leur impact sur le total déclaré;
  • les déclarations de substances qui affichent une forte variation sur une période de cinq ans;
  • les installations affectées à des sous-secteurs incorrects.

Par le passé, les erreurs relatives aux différentes classes granulométriques de matières particulaires (PM) étaient courantes dans les déclarations de polluants aux fins de l’IEPA. Depuis 2013, des mesures de vérification de la saisie des données ont été mises en place dans le processus de collecte de données en ligne, ce qui a permis de réduire la fréquence de ce type d’erreur. D’autres vérifications de contrôle de la qualité ont été réalisées en 2016 sur les questions en suspens reliées aux émissions de matières particulaires.

Les renseignements transmis par les installations font également l’objet de vérifications de contrôle de la qualité. Ceux-ci comprennent la vérification des codes du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), des numéros d’identification des installations et des données géographiques (ville, province, adresse et latitude/longitude) fournis.

L’équipe de contrôle de la qualité effectue un suivi continu des questions non résolues, et toute mise à jour des données est intégrée à l’édition suivante de l’inventaire.

4.2 Phase 2 : IEPA compilé

La phase 2 du processus de contrôle de la qualité vise à détecter et à vérifier les incohérences dans l’IEPA à l’échelle des sous-secteurs. On entreprend un ensemble de vérifications et de contrôles de la qualité visant les estimations des émissions de sources étendues de l’année en cours en vue d’assurer la qualité, l’exactitude et la cohérence de celles-ci. La vérification cible les éléments suivants :

  • les données d’activité;
  • les coefficients d’émission;
  • la conversion des unités;
  • le calcul des émissions.

La phase 2 du contrôle de la qualité est menée à bien en mettant en œuvre les mesures suivantes portant sur l’IEPA compilé :

  • la vérification manuelle des données actualisées sur les émissions à mesure qu’elles sont saisies dans la base de données sur les principales tendances;
  • la comparaison des émissions par rapport aux données d’inventaire et aux tendances de l’année précédente.

Les données d'inventaire sont revues et toutes les changements significatifs (+/- 15 %) d'une année à l'autre sont identifiées et expliquées. Le choix d’un seuil de 15 % repose sur les fluctuations acceptables de l’activité, de la production et des émissions industrielles qui ont généralement lieu d’une année à l’autre. En outre, les changements importants (+/- 10 %) des émissions dans l’inventaire sont repérés et expliqués. Le choix d’un seuil de 10 % repose sur les fluctuations acceptables des émissions qui surviennent généralement lorsque les coefficients d’émission et les déclarations d’émission des installations sont mis à jour.

4.3 Complétude

La déclaration des substances visées par l’INRP à Environnement et Changement climatique Canada demeure la principale source de collecte de données sur les émissions de polluants atmosphériques au Canada. Les secteurs qui comprennent des sources ponctuelles de grande envergure (p. ex., les raffineries de pétrole, les usines de fusion) sont bien représentés par les émissions déclarés à l’INRP.

L’exhaustivité de l’IEPA est évaluée en fonction du degré d’inclusion de toutes les sources mesurables connues d’émissions de polluants dans les valeurs totales provinciales ou territoriales. Les sources concernées sont celles qui sont attribuées à des activités anthropiques. Lorsqu’il y a des lacunes dans les données sur les émissions de sources ponctuelles de l’INRP, on complète la couverture sectorielle par l’estimation des émissions de sources étendues. Lorsque les données sur les émissions de sources ponctuelles de l’INRP ne constituent pas une couverture sectorielle complète, Environnement et Changement climatique Canada procède à des estimations supplémentaires. Dans un tel cas, l’estimation globale de l’exhaustivité repose sur la disponibilité et la fiabilité des données d’activité des sources étendues et sur les méthodes de compilation.

L’élaboration d’estimations complémentaires n’est pas requise dans les secteurs pour lesquels les données sur les installations de l’INRP fournissent une couverture complète des émissions de polluants atmosphériques (p. ex., les pâtes et papiers). En revanche, elle est requise pour les secteurs dont certaines installations ne produisent pas de déclaration à l’intention de l’INRP parce qu’elles n’atteignent pas le seuil de déclaration, (p. ex., l’industrie pétrolière en amont, les installations de l’industrie du bois et les fonderies), afin d’assurer l’exhaustivité de l’inventaire.

D'autres sources de polluants atmosphériques, comme la combustion de combustibles résidentiels, le transport ou les incendies, ne font pas l’objet d’une déclaration dans l’INRP, et leur couverture n’est assurée que par le calcul des émissions de sources étendues.

Même si toutes les sources de polluants atmosphériques majeures sont incluses dans l’IEPA, un certain nombre d’entre elles ne sont pas visées par l’inventaire national, comme l’incinération des déchets agricoles et les activités de démolition dans l’industrie de la construction. Les estimations de brûlage au bois à la maison ont été mises à jour; Cependant, il n'y avait aucune estimation du bois utilisé comme combustible pour les trois territoires canadiens (Territoire du Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut). En outre, la combustion du charbon dans le secteur résidentiel n’a pas été estimée pour toutes les provinces en raison du manque d’informations accessibles au public. Il est toutefois possible que ces secteurs soient inclus dans l’inventaire à l’avenir, si les données d’activité devenaient disponibles.

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