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Méthodologie des prévisions

Principaux contaminants atmosphériques
Prévisions de base
1990-2010

Introduction

Les prévisions du scénario de base constituent le point de départ et le fondement de toutes les prévisions d'émissions atmosphériques à Environnement Canada. Elles ne présentent donc pas une vue future des émissions, mais constituent plutôt un instrument qui permettra, à l'aide des données recueillies auprès des intéressés, de réaliser les rajustements suggérés afin de donner une image précise des émissions par secteur économique et industriel. L'inventaire tenu à jour par Environnement Canada s'appuie actuellement sur les émissions réelles de 1990, et cela, dans le cas de chacun des principaux contaminants atmosphériques, soit l'anhydride sulfureux, les oxydes d'azote, les composés organiques volatiles, le monoxyde de carbone et les particules. Ces émissions de « l'année de référence » sont projetées jusqu'en l'an 2010 suivant l'hypothèse générale que l'accroissement annuel de l'activité dans un secteur donné entraîne une hausse annuelle correspondante des émissions atmosphériques. Environnement Canada utilise un modèle prévisionnel détaillé des émissions englobant tous les secteurs d'activité économique. Le présent document décrit en détail la méthode suivie pour l'établissement des prévisions de base.

Définition des prévisions de base

Les prévisions de base sont considérées comme telles, pour notre propos, si :

  • elles acceptent les hypothèses sous-jacentes aux intrants utilisés dans le calcul des données relatives aux indicateurs de croissance,
  • elles s'appuient, tout au long de la période de projection, sur la même combinaison technologie-combustible/carburant utilisée pour chaque secteur durant l'année de référence,
  • elles présupposent qu'aucun nouveau programme de réduction des émissions n'a été mis de l'avant durant la période de projection.

Émissions de l'année de référence

Les émissions réelles de 1990 sont tirées de l'inventaire du Système d'inventaire des rejets résiduaires (SIRR). Les indicateurs de croissance sont appliqués aux secteurs industriels des groupements du SIRR établis suivant la Classification type des industries. Ces secteurs industriels sont en outre regroupés en catégories comme suit : Procédés industriels, Transport (routier et hors route), Utilisation des combustibles (industrielle, commerciale et résidentielle) et Incinération/divers.

Indicateurs de croissance

Les données utilisées dans la projection des émissions de l'année de référence pour établir les prévisions dont il est question aux présentes proviennent de trois sources :

  • Informetrica Limited, organisme de prévisions macroéconomiques; la croissance du produit intérieur brut, de la population et de la formation des ménages est tirée des prévisions nationales et provinciales établies à l'aide des modèles TIM et RIM en novembre 1994. Ces indicateurs sont appliqués aux données sur les émissions de 1990 du SIRR, en ce qui a trait, surtout, à la catégorie « Procédés industriels ».
  • Perspectives énergétiques du Canada : 1992-2020, publication de Ressources naturelles Canada datant de septembre 1993, ainsi que la mise à jour de 1994; la croissance de la demande d'énergie par secteur et type de combustible/carburant est employée pour projeter les émissions de l'année de référence, en particulier dans la catégorie « Utilisation des combustibles ».
  • Les données de l'automne 1994, soit les plus récentes, du modèle Mobile 5C d'Environnement Canada; les indicateurs de croissance des émissions du transport routier sont calculés à l'aide des données sur le parc de véhicules et des coefficients d'émissions des véhicules.

Hypothèses relatives aux intrants sur la croissance

Les hypothèses sur lesquelles se fondent nos sources dans le calcul des indicateurs de croissance sont acceptées par Environnement Canada aux fins du calcul des prévisions de base. Ces hypothèses sont résumées ci-dessous pour chacune des sources; on en trouvera une présentation plus détaillée dans les documents publiés.

INFORMETRICA

Perspectives nationales

Informetrica subdivise la production industrielle en cinq catégories et présente la distribution sectorielle de la production intérieure brute comme suit : produits dérivés des matières premières; biens et services durables et biens d'investissement et services connexes; produits et services de consommation; services commerciaux; services gouvernementaux et sociaux. Les groupes de secteurs ayant la plus forte incidence sur les émissions atmosphériques sont les suivants :

  • produits dérivés des matières premières, soit aliments, boissons et tabac; bois et papier; énergie; produits chimiques; minerais et produits métallifères;
  • biens durables et biens d'investissement, soit machinerie et matériel (non électrique); matériel de transport; électricité et composantes électriques; construction et activités connexes.

Le présent résumé traite des hypothèses sous-jacentes à la croissance de la production dans les groupes de secteurs précités. En général, Informetrica ne prévoit qu'une évolution modérée dans la composition globale de la production industrielle à long terme.

Il est prévu que les taux d'intérêt demeureront les mêmes au cours de la période de projection, ce qui limitera les investissements commerciaux et la production des entreprises qui répondent à ce genre de demande. Le gros des rajustements à la baisse dans le secteur de l'énergie est à peu près terminé. Néanmoins, la production réelle d'énergie croît moins rapidement que l'activité économique en général, en raison des contraintes du côté de l'offre et des gains continus d'efficacité énergétique (réduction de la consommation d'énergie par unité de production) réalisés par les consommateurs d'énergie. Dans l'avenir, les prix réels de l'énergie ne subiront que des majorations modestes, mais les gains réalisés au chapitre de l'efficacité énergétique se poursuivront, ce qui aura pour effet de maintenir la croissance de la production réelle d'énergie en dessous de celle de l'activité économique en général. Selon les prévisions, la croissance annuelle moyenne sera modérée de 1996 à 2000, s'établissant à 2,4 p. 100.

À court terme, les prévisions nationales indiquent une hausse des exportations que viendra annuler le fléchissement de la demande intérieure. Les secteurs axés sur les exportations, soit la fabrication, les mines et les services publics, devraient connaître une croissance solide, tandis qu'une faible croissance est prévue dans l'agriculture, les pêches et le secteur forestier. Le PIB s'est redressé après la récession du début des années 90, atteignant 3,8 p. 100 en 1994.

À moyen terme, les secteurs des ressources et des biens durables devraient bénéficier d'une forte croissance. Cependant, la réduction de la taille du gouvernement devrait entraver la croissance des services gouvernementaux et sociaux et entraîner une hausse de la proportion des biens de production dans l'économie.

Les perspectives à plus long terme s'appuient sur l'hypothèse qu'il n'y aura pas de récession ni de changement d'orientation majeur sur le plan intérieur. Bien que la croissance économique soit mue par l'expansion des services privés, globalement, elle sera réfrénée par l'augmentation plus faible des variables démographiques.

Faits saillants de la croissance nationale

Taux de croissance annuels moyens

PIB POPULATION MÉNAGES
1990-1992 ..... -0.1 1.5 2.0
1993 ................ 2.7 1.5 1.9
1994 ................ 3.8 1.3 1.9
1995-1998 ...... 2.7 1.1 1.4
1999-2010 ...... 2.4 0.9 1.2
2011-2020 ...... 2.2 0.8 1.4

Taux de chômage (%)

1990-1992 .... 9.9
1993 .............. 11.2
1994 .............. 10.5
1995-1998 .... 10.6
1999-2010 .... 9.1
2011-2020 .... 7.7

Perspectives pour les provinces

Terre-Neuve

L'expansion à court terme sera plus faible que la moyenne nationale. à la fin des années 90 et au-delà de l'an 2000, la majeure partie de la croissance proviendra des entreprises axées sur l'énergie et de la construction non résidentielle. La production de fer devrait augmenter en 1995 et s'estomper ensuite. La production pétrolière des puits marins et l'augmentation de capacité du secteur de production d'électricité seront les moteurs de l'économie. La raffinerie de Come-By-Chance sera remise en exploitation en 1995.

Les perspectives de croissance à long terme sont inférieures à la moyenne nationale et sont concentrées dans les produits dérivés des matières premières et les services gouvernementaux et sociaux. Par ailleurs, l'expansion modérée des entreprises axées sur l'énergie aura pour effet, à long terme, de restreindre la croissance dans le secteur des produits dérivés des matières premières. La production pétrolière au large de Terre-Neuve devrait atteindre un sommet en 2001, et la mise en exploitation de ces réserves aidera à maintenir la production à peu près au même niveau jusqu'en l'an 2020. En ce qui a trait au secteur de production d'électricité, une augmentation de la capacité a été prévue par suite de la réalisation du projet de Lower Churchill, au Labrador, après le tournant du siècle. Le secteur des pâtes et papiers continuera d'éprouver des problèmes d'approvisionnement, ce qui devrait limiter sa croissance à quelque 1 p. 100 à long terme. Les prévisions ne font pas état cependant de fermetures d'usines.

La croissance économique globale sera ralentie par la piètre performance prévue des variables démographiques (croissance de la population, des ménages et de la main-d'oeuvre).

Île-du-Prince-édouard

La construction du pont reliant l'île-du-Prince-édouard à la Nouvelle-écosse (Fixed Link Project) a donné lieu à un essor de 21 p. 100 dans le secteur de la construction et à une croissance économique de 4,1 p. 100 en 1994. Les investissements dans la construction non résidentielle seront faibles à long terme.

Les perspectives de croissance de la population et de la main-d'oeuvre sont faibles tant à court qu'à long terme. La croissance des ménages s'est accélérée en 1994 pour ralentir ensuite et cette tendance se maintiendra tout au long de la période de projection.

Nouvelle-écosse

À court terme, le PIB augmentera, en moyenne, de 1,3 p. 100 de 1995 à 1998, ce qui sera bien inférieur à la moyenne nationale. Dans le secteur des produits dérivés des matières premières, plusieurs entreprises axées sur les exportations hausseront leur production, notamment les fabricants de caoutchouc, de bois d'oeuvre, de pâtes et papiers, de métaux et de textiles, mais la piètre performance des entreprises axées sur l'énergie viendra assombrir ce tableau par ailleurs positif. Grâce à l'accroissement de l'activité dans le secteur de la construction résidentielle et non résidentielle, le PIB de la construction devrait afficher un taux de croissance de l'ordre de 2,5 à 3 p. 100 tout au long de la prochaine période.

La croissance du PIB provincial à long terme continuera de se situer sous la moyenne nationale. L'impulsion économique viendra du secteur des biens durables et des biens d'investissement.

Comparativement à d'autres provinces, les projections annuelles de population sont faibles pour la Nouvelle-écosse, puisqu'elles se maintiendront sous la barre de 1 p. 100 durant toute la période de projection. L'expansion des ménages ralentira autour de 1 p. 100 à long terme.

Nouveau-Brunswick

Pendant la prochaine période (1995 à 1998), la croissance du PIB dépassera à peine 1,5 p. 100 en moyenne. De 1999 à 2010, la croissance annuelle moyenne oscillera autour de 2 p. 100, légèrement en dessous de la croissance nationale.

Le secteur des produits dérivés des matières premières progressera, annuellement, de 2,4 p. 100 à court terme et de 1,8 p. 100 à long terme. Tant la production des pâtes et papiers que celle du zinc continueront de donner un solide coup de pouce à la croissance globale dans l'immédiat. Le secteur de l'énergie devrait croître de près de 3 p. 100 par année à court terme, tandis que la construction connaîtra une hausse modeste qui se raffermira vers la fin de la période de projection.

À court terme, il est prévu que la population augmentera à raison de 1,1 p. 100 par année. Sur ce plan, la croissance à long terme suivra celle du Canada dans son ensemble, c.-à-d. un peu moins de 1 p. 100 par année.

Québec

Une forte reprise est prévue au Québec, ce qui devrait se traduire par une hausse moyenne de 2,6 p. 100 du PIB jusqu'en 1998. L'économie ralentira quelque peu à plus long terme mais devrait continuer de progresser au même rythme que le PIB canadien. La production manufacturière occupe une grande place dans ces perspectives, l'activité devant être particulièrement vigoureuse dans les domaines des produits électriques, des métaux primaires, de la machinerie et des produits métalliques. à court terme, le taux de croissance moyen du secteur des produits dérivés des matières premières dépassera la moyenne, avec 3,5 p. 100, mais il ralentira à long terme pour s'établir juste au-dessus de 2 p. 100. Les meneurs dans ce secteur seront les produits chimiques, les minerais et produits métallifères, et l'énergie. La production des biens durables et des biens d'investissement enregistrera à court terme une croissance moyenne de 4,5 p. 100, puis progressera d'un peu moins de 3, p. 100 au cours de la période de 1999 à 2020.

Selon les prévisions, la population croîtra de 0,9 p. 100 et de 0,5 p. 100, respectivement, à court et à long terme.

Ontario

La croissance en Ontario suivra de près celle du PIB national pendant la période de projection, la devançant légèrement à compter de 1995. Les perspectives sont optimistes à court terme pour le secteur des biens durables et des biens d'investissement, soit environ 7,7 p. 100, et également à long terme, avec une croissance prévue de 3,5 p. 100. Cette bonne performance sera renforcée par plusieurs industries de transformation des matières premières, comme les produits métalliques et les produits chimiques, la croissance de ces industries de production primaire étant liée à celle de l'industrie ontarienne de l'automobile et des pièces d'automobile. Les dépenses élevées d'acquisition de machinerie et de matériel par les fabricants y contribueront également, de même que la bonne santé du secteur de la construction qui profitera de la croissance relativement forte des ménages. La croissance dans les pâtes et papiers diminuera pour s'établir sous la normale pour ce secteur. Par contre, les industries de produits métalliques et de produits chimiques poursuivront leur expansion au-dessus de la moyenne, puisque leurs produits constituent les intrants du secteur des biens durables et des biens d'investissement.

La population et les ménages devraient progresser à un taux inférieur à la moyenne durant la période de projection.

Manitoba

De 1990 à 1993, le PIB du Manitoba a enregistré une croissance réelle négative. Au cours des prochaines années, soit de 1995 à 1998, il maintiendra une croissance inférieure à la moyenne nationale avec près de 2 p. 100. à court terme, la croissance sera concentrée dans le secteur des produits dérivés des matières premières, nommément le bois et le papier, l'agriculture et la production d'électricité, de même que dans le secteur des biens durables et des biens d'investissement, en particulier la machinerie non-électrique et électrique et le matériel de transport.

À long terme, le PIB du Manitoba croîtra de façon parallèle au taux national tout en demeurant inférieur. Les biens durables et les biens d'investissement afficheront une bonne vigueur à long terme, avec une progression moyenne annuelle d'environ 3,5 p. 100, tandis que celle du secteur des produits dérivés des matières premières sera de près de 2 p. 100. Après l'an 2000, les fabricants de produits chimiques, de minerais et de produits métallifères enregistreront une expansion annuelle d'environ 2 à 3 p. 100.

Les prévisions à court terme font état d'une croissance de la population et des ménages sous la moyenne nationale, cette faiblesse démographique freinant les niveaux d'activité prévus dans la province.

Saskatchewan

La croissance irrégulière du PIB de 1990 à 1994 devrait céder le pas à une croissance modérée d'environ 2 p. 100 au cours de la période de projection, c.-à-d. sous la moyenne nationale. De solides investissements, en particulier dans la machinerie et le matériel, devraient permettre au secteur des biens durables et des biens d'investissement de maintenir une croissance supérieure à la moyenne au-delà de l'an 2000, surtout pour les fabricants de matériel électrique et non électrique. L'expansion sera modérée à court terme et mixte à long terme dans le secteur des produits dérivés des matières premières.

La croissance de la population et des ménages devrait être très faible à court terme. à long terme, la population de la Saskatchewan devrait augmenter au même rythme que la moyenne nationale annuelle, soit environ 0,8 p. 100.

Alberta

Après deux années de croissance soutenue (1993 et 1994) le PIB progresse plus lentement, soit autour de 2 p. 100, et devrait demeurer en dessous de la moyenne nationale durant la période de projection malgré une performance relativement solide des industries de biens durables et des biens d'investissement. à court terme, la croissance sera concentrée dans le secteur des produits dérivés des matières premières.

La croissance à long terme, en Alberta, sera moindre que la moyenne nationale à cause de la faiblesse du prix du pétrole qui freinera l'expansion du secteur du pétrole et du gaz naturel. La progression des industries de transformation des matières premières s'atténuera considérablement vers la fin de la période de projection. Le piètre rendement du secteur du pétrole et du gaz naturel masquera la croissance supérieure à la moyenne de plusieurs autres secteurs, notamment ceux de l'agriculture, du bois et du papier, et des produits chimiques.

À court et à long terme, les perspectives sont favorables sur le plan démographique, puisque la population de l'Alberta augmentera plus rapidement que la moyenne nationale.

Colombie-Britannique

Conséquemment à la pointe de croissance de 4,5 p. 100 enregistrée en 1994, l'économie de la Colombie-Britannique devrait progresser au rythme annuel de 2,7 p. 100 à court terme et de 2,2 p. 100 à long terme. à court terme, la croissance devrait être particulièrement ferme dans le secteur des produits dérivés des matières premières. Le secteur des biens durables et des biens d'investissement devrait afficher une bonne vitalité à long terme, par suite d'une croissance relativement stable dans la construction et d'une forte croissance dans le secteur des composants électriques et électroniques.

La croissance de la population devrait être supérieure à la moyenne nationale tout au long de la période de projection.

Yukon et Territoires du Nord-Ouest

La croissance du PIB du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest a été beaucoup plus instable que celle de l'ensemble du pays, cette situation étant attribuable aux développements survenus dans les grands projets et aux cycles du prix des produits primaires. Il faut s'attendre à long terme à une croissance inférieure à la moyenne nationale par suite d'une hausse plus faible de la population, bien que le secteur minier fasse bonne figure et améliore, par le fait même, les perspectives dans le secteur des produits dérivés des matières premières. L'absence d'augmentation de la capacité dans le secteur pétrolier et du gaz naturel provoquera un affaiblissement de la croissance dans ce secteur après 1995.

RESSOURCES NATURELLES CANADA

Les hypothèses ayant servi à établir les projections de demande d'énergie de Ressources naturelles Canada (RNCan) sont décrites dans l'ouvrage Perspectives énergétiques du Canada : 1992-2020, publié en septembre 1993, ainsi que dans Perspectives énergétiques du Canada : 1992-2020 Mise à jour 1994. Les projections de demande d'énergie élaborées par RNCan tiennent compte de nombreux facteurs « externes », notamment les prix internationaux de l'énergie, le taux et la composition de l'activité économique, les données démographiques et la politique gouvernementale (inchangée tout au long de la période de projection). Il est présumé que le Canada est assujetti aux prix fixés pour le pétrole et que les prix internationaux demeureront constants durant la période de projection, tandis que les prix intérieurs du gaz naturel grimperont très fortement durant les années 90 mais augmenteront ensuite de façon plus modeste et plus progressive à moyen et à long terme. Cette hausse est attribuable à une diminution de la capacité de production et à une augmentation de la demande de même qu'au développement et au branchement de nouveaux gisements dont le coût d'exploitation sera plus élevé.

Les hypothèses macroéconomiques de RNCan sont tirées des prévisions nationales et provinciales publiées par Informetrica à l'hiver de 1993. à long terme, Informetrica prévoit que la croissance économique du Canada sera largement tributaire de l'évolution démographique et de la croissance économique aux états-Unis. La population canadienne devrait augmenter d'environ 1 p. 100 par année jusqu'en l'an 2000, ce rythme devant ensuite ralentir jusqu'en 2020. L'économie américaine (produit intérieur brut) devrait croître, annuellement, de 2,6 p. 1000 d'ici à l'an 2000, puis de 2,2 p. cent jusqu'en 2020. La composition de l'activité économique est un autre facteur déterminant de la demande d'énergie et, à cet égard, Informetrica prévoit une croissance plus forte dans le secteur industriel que dans le secteur des services jusqu'en l'an 2000 (3,7 p. 100 comparativement à 2,4 p. 100 par année), puis une croissance similaire jusqu'en 2020 (2,4 p. 100 par rapport à 2,1 p. 100 par année). Ces prévisions revêtent une certaine importance compte tenu de l'intensité énergétique plus élevée dans le secteur industriel.

À la lumière des hypothèses ci-dessus, RNCan prévoit que la consommation d'énergie augmentera, au Canada, de 1,2 p. 100 par année pendant la période de projection.

Hypothèses relatives au cadre d'action

L'hypothèse sous-jacente au scénario de base est que, tout au long de la période de projection, les politiques énergétiques fédérales et provinciales et les politiques connexes ayant une incidence sur les tendances canadiennes en matière d'énergie ne seront pas modifiées, c.-à-d. que le cap actuel sera maintenu. Chaque fois qu'il a été possible de spéculer sur le changement de comportement des producteurs d'énergie et des consommateurs au Canada (lorsque suffisamment de données étaient disponibles), ce facteur a été pris en compte dans les projections. Un tel changement peut avoir trait à une réorientation des marchés, à une modification des structures d'investissement ou à l'adoption d'une nouvelle technologie. De même, pour ce qui est de certaines mesures prises récemment dans le domaine environnemental, nous avons évalué s'il convenait ou non de les inclure dans le scénario de base.

Les hypothèses suivantes dénotant un maintien de cap ont été retenues pour ce qui est des mesures de nature environnementale dans le cadre d'action actuel :

  • La politique canadienne actuelle en matière d'énergie et les politiques afférentes faciles à définir sont prises en compte, p. ex. les ententes intervenues au milieu des années 80 sur la déréglementation des prix et des marchés du pétrole et du gaz naturel, et la constance des mesures fiscales en ce qui a trait à l'énergie.
  • L'Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement des états-Unis d'Amérique sur la qualité de l'air (mars 1991) a été pris en compte quoique la limite de SO2 n'ait pas encore été déterminée pour les provinces de l'Ouest. Une appréciation de l'évolution future des mesures actuelles relatives aux programmes fédéraux et provinciaux d'efficacité énergétique et des énergies de remplacement a été faite, p. ex. concernant les futures les normes d'efficacité énergétique pour le matériel. Ni les initiatives du plan de gestion NOx/COV ni l'engagement touchant la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre n'ont été prises en compte.

Principales hypothèses à caractère économique

Taux de croissance annuels moyens
  1991-2000 2000-2020 1991-2020
PIB total 2.6% 1.8% 2.1%
PIR 3.0% 2.2% 2.5%
Population 1.3% 0.9% 1.0%

Composition biens-services

RNCan (Informetrica) prévoit pour le secteur industriel une croissance supérieure à celle du secteur des services en raison d'une augmentation des exportations et d'une expansion restreinte des activités gouvernementales. Cette situation entraînera une demande accrue d'énergie, étant donné l'importance relativement plus élevée de l'énergie dans les procédés industriels à titre d'intrant.

Prix de l'énergie

Le pétrole brut devrait s'échanger à 20 $ US le baril environ jusqu'en 1995, puis monter lentement jusqu'à 22 $ US jusqu'à 2005 et se maintenir à ce niveau tout au long de la période de projection. Les progrès technologiques et l'anticipation de développements encourageants ont permis de réviser à la baisse les coûts futurs d'approvisionnement. En outre, la demande mondiale de pétrole s'est accrue moins rapidement qu'il avait été prévu.

Le prix intérieur du gaz à la sortie d'usine est estimé à 1,75 $ CAN/million de pi3, et devrait se situer à 2,45 $ CAN en l'an 2010.

D'ici 2005, les prix de l'électricité ne bougeront pas en termes réels, mais ils augmenteront ensuite de 0,5 p. 100 par année pendant le reste de la période de projection par suite d'une diminution de la demande.

Résumé par secteur

Demande d'énergie dans le secteur résidentiel

Les facteurs les plus déterminants au chapitre de la demande d'énergie, dans le secteur résidentiel, sont le nombre de ménages, le revenu des ménages et les prix de l'énergie. Informetrica projette un ralentissement dans la formation des ménages (1,4 p. 100 par année), une revenu réel disponible moins élevé par ménage et une incidence croissante des programmes et normes en matière d'efficacité énergétique. Quoique RNCan ait fondé ses projections sur des facteurs économiques et démographiques, il a aussi tenu compte de normes et programmes fédéraux et provinciaux particuliers qui ont une incidence sur l'efficacité énergétique du stock de logements et des appareils ménagers (p. 15 et 16). Il s'ensuit, au chapitre de la demande d'énergie dans le secteur résidentiel, des projections à peu près invariables au cours des 25 prochaines années, d'où une régression notable de la part relative de ce secteur dans la demande totale.

Demande d'énergie dans le secteur commercial

Dans le secteur commercial, RNCan prévoit une croissance de la demande d'énergie de 1,2 p. 100 par année, entre 1992 et 2020. La demande, dans ce secteur, est liée étroitement à la croissance du produit intérieur réel (PIR), aux prix réels de l'énergie et à l'évolution structurelle au sein du secteur. Anticipant une réduction de la taille du secteur public, une diminution du revenu par ménage, une croissance plus lente du PIR du secteur commercial et une meilleure compréhension du stock de bâtiments dans ce secteur, RNCan prévoit une croissance modérée de la demande d'énergie dans le secteur commercial pendant la période de projection.

Demande d'énergie dans le secteur industriel

Selon RNCan, la demande d'énergie du secteur industriel devrait progresser de 1,8 p. 100 par année au cours de la période de projection. à cet égard, les facteurs déterminants sont la croissance du PIR industriel et la composition de la production industrielle. La réduction prévue de l'intensité énergétique sera annulée par la hausse de la production dans le secteur industriel et n'entraînera donc pas une réduction de la demande d'énergie. Les projections de RNCan montrent au contraire une croissance ferme jusqu'en l'an 2000, suivie d'un ralentissement à plus long terme provoqué par une diminution de la croissance du PIR au sein des industries à forte intensité énergétique.

Croissance annuelle moyenne de la demande d'énergie canadienne et proportion des secteurs dans la demande finale totale

  Demande
finale
totale
d'énergie
Demande
secondaire:
Secteur
Residentiel
Commercial Industriel Transports
NRCan
(1990-2020)
1.2%/yr 0%/yr
(18%)
1.2%/yr
(15%)
1.8%/yr
(42%)
1.1%/yr
(25%)

Programme Mobile 5C

Le programme Mobile 5C est une version adaptée aux fins canadiennes du modèle Mobile 5 de la United States Environmental Protection Agency. Le programme calcule des facteurs d'émission en vue de l'élaboration d'inventaires d'émission nationaux, provinciaux et régionaux.

Pour chacune des provinces et pour chacun de sept types de véhicules, des inventaires annuels d'émission sont établis en multipliant le facteur d'émission correspondant par la moyenne de milles parcourus et par le nombre de véhicules en usage. Les inventaires d'émission sont calculés pour quatre scénarios différents. Nous avons repris pour nos propres fins les prévisions de base du programme Mobile 5C.

Facteurs d'émission

Le programme Mobile 5C a établi des prévisions de facteurs d'émission pour les NOx, les HC (COV) et le CO en grammes par mille par source de transport routier, de 1985 à 2020. Ces prévisions sont exprimées par province pour sept classes de véhicules, regroupant les véhicules légers, les camionnettes et les poids lourds avec moteur à essence ou diesel, et motocyclettes.

Les facteurs d'émission annuels moyens tiennent compte du débit d'émission des nouveaux véhicules, du taux de détérioration du parc de véhicules (c.-à-d. le taux en grammes par mille, celui-ci étant une mesure des émissions pour chaque tranche de 10 000 milles d'usage), des habitudes de conduite dans les provinces, du climat de la province et des caractéristiques des véhicules. Le facteur d'émission annuel moyen est une moyenne pondérée de quatre scénarios saisonniers (hiver, été et deux scénarios printemps-automne) et de deux vitesses de conduite (en ville et sur route).

Moyenne de milles parcourus

Les données provinciales sur la moyenne de milles parcourus pour les véhicules légers et les camionnettes (essence et diesel) sont tirées de l'enquête sur la consommation de carburant de Statistique Canada. La moyenne de milles parcourus est la même dans le cas des véhicules légers à moteur diesel et des véhicules légers à moteur à essence. Les données sur les camionnettes à essence sont rajustées à l'aide du ratio camionnettes diesel-camionnettes à essence relatif à la moyenne de milles parcourus aux états-Unis, de façon à obtenir une moyenne de milles parcourus pour les camionnettes diesel. Ce rajustement est fait pour tenir compte d'une plus grande utilisation des camionnettes diesel pour les plus longs déplacements.

La moyenne de milles parcourus utilisée dans le cas des poids lourds provient des données américaines. Dans le cas des poids lourds diesel, cependant, la moyenne est haussée pour tenir compte des plus longues distances parcourues au Canada. Pour les motocyclettes, la moyenne de milles parcourus est celle du Motorcycle Industry Council.

Dans le modèle Mobile 5C, toutes les moyennes provinciales de milles parcourus sont constantes durant la période de projection.

Parc de véhicules

Le nombre courant de véhicules enregistrés est obtenu de DesRosiers Automotive Consultants. Les projections sur le parc de véhicules découlent des données DesRosiers et sont établies en appliquant la tendance annuelle moyenne prévue aux données des cinq années antérieures.


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La Voie verteMC, site Web d'Environnement Canada
Mise à jour le : 2012-05-24
Contenu revu le : 2012-05-24
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