|
Le 9 février 2010


|
Accueil > Inventaire canadien des GES > Résumé
Inventaire canadien des gaz à effet de serre pour 2006
Résumé des tendances
Inventaire national
En tant que Partie de l'Annexe I (pays développés) de la Convention- cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Canada doit préparer et présenter, chaque année, un inventaire national des émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines (par ex. combustion de carburants, procédés industriels), et des réductions obtenues grâce à des puits (par ex. culture de plantes et d'arbres) en suivant le cadre uniformisé de présentation des rapports. Cet inventaire national doit respecter les directives et les normes internationales de qualité. Il est révisé chaque année par une équipe d'experts des Nations Unies.
De plus, on demande aux Parties de l'Annexe I d'améliorer continuellement la qualité de leur inventaire national des
gaz à effet de serre (GES). À mesure que de nouvelles informations et des données sont disponibles et que des méthodes plus précises sont mises au
point, les estimations doivent être mises à jour pour fournir une tendance cohérente et comparable en matière d'émissions et d'absorptions.
L’inventaire de cette année vise la période de 1990 à 2006 et comprend les mises à jour au rapport de l’année dernière, fondées en grande
partie sur les recommandations de l’équipe d’experts de révision de l’ONU qui en a fait un examen approfondi en novembre 2007.

Tendances 2006 en matière d’émissions de gaz à effet de serre
Chaque année, le Canada prépare un inventaire national des émissions de gaz à
effet de serre engendrées par les activités humaines (par ex. combustion de
carburants, procédés industriels) et des réductions obtenues grâce à des puits
(par ex. culture de plantes et d’arbres).
En 2006, les émissions totales de gaz à effet de serre au Canada étaient de
721 Mt d’équivalent de dioxyde de carbone1 (éq. CO2), une baisse de 1,9 % par
rapport au niveau de 2005 et de 2,8 % par rapport à celui de 2003. En général, la
tendance à long terme indique qu’en 2006, les émissions étaient supérieures de
22 % au total révisé de 1990, soit 592 Mt. Cette tendance représente un
relèvement de 29,1 % du niveau cible de 558,4 Mt établi par le Protocole de
Kyoto pour le Canada.
La baisse générale des émissions depuis 2003 s’explique essentiellement par un
changement de la composition des ressources utilisées pour produire de
l’électricité (baisse de la production d’électricité des centrales à charbon et
hausse de celle des centrales hydroélectriques et nucléaires), par la baisse des
émissions provenant de la production de combustibles fossiles (due au
remplacement de combustibles et à un plus faible volume de pétrole raffiné) et
par une demande réduite d’huiles de chauffage en raison des hivers moins froids
de 2004, 2005 et 2006.
Figure 1 : Émissions de GES au Canada 1990-2006


Comparaisons à court terme: 2003–2006
Depuis 2003, les émissions canadiennes totales de gaz à effet de serre ont baissé de plus de 20 Mt (2,8 %). Même si
d’importantes augmentations ont été enregistrées dans certains domaines (notamment les transports terrestres et, dans
une moindre mesure, le secteur des procédés industriels), elles ont été compensées par un plus grand déclin de la
production électrique et thermique et une réduction des émissions venant des industries des combustibles fossiles, qui
ensemble représentent un renversement des tendances à long terme. Les émissions résidentielles, commerciales et
institutionnelles ont également beaucoup diminué.
-
Entre 2003 et 2006, les émissions de gaz à effet de serre provenant de la production électrique et thermique ont
diminué de 18 Mt (13 %). Une telle chute découle de la diminution de la production houillère et pétrolière, qui était
compensée par une production accrue d’électricité de sources hydroélectriques et nucléaires et, dans une certaine
mesure, de sources éoliennes. En effet, la production hydroélectrique a augmenté dans tout le Canada à la suite du
relèvement des niveaux d’eau (les précipitations durant chacune des années 2004, 2005 et 2006 ont dépassé la
moyenne établie depuis trente ans). Dans l’ensemble, la production d’énergie à base de charbon au Canada a diminué de 6
% entre 2003 et 2006, jusqu’à son niveau le plus bas depuis 1997.
Les industries de combustibles fossiles,2 incluant la production, le raffinage et le transport de pétrole, de gaz et de
charbon, ont enregistré une baisse de 4 Mt de 2003 à 2006. Durant la même période, le prix du prétrole brut a
augmenté de 75 %. Bien que la production de pétrole brut ait augmenté de 6%, les exportations de ce produit ont
connu une hausse beaucoup plus rapide (15 %). La consommation intérieure totale d’énergie a baissé de 1,3 %.
-
Les émissions liées au seul raffinage de pétrole ont chuté de 3,2 Mt (17 %). Cette baisse était accompagnée d’une
réduction de 2,5 % de la quantité de pétrole brut raffiné au Canada, mais c’était le remplacement de combustible
consommé aux raffineries, c’est-à-dire la transition du coke au gaz naturel à intensité carbonique moins élevée, qui
semble avoir eu le plus grand effet sur les réductions de GES dans ce secteur.
En moyenne, les besoins d’énergie pour le chauffage des résidences et des entreprises canadiennes ont diminué
chaque année depuis 2003, en raison de la clémence générale des hivers. En 2006, les degrés jours de chauffage, qui
sont un indicateur de la nécessité de chauffage local due à la rigueur du froid, ont baissé de près de 13 % par rapport
à 2003, sur une base nationale. Ce facteur a fort probablement eu un impact sur la consommation de combustibles
fossiles, surtout dans les secteurs résidentiels, commerciaux et institutionnels où les émissions ont diminué de 9,6 Mt
au total, soit 12 %, depuis 2003.
Tendances en matière d’émissions et d’intensité des émissions pour certaines années sélectionnées (1990–2006)
| |
1990 |
1995 |
2000 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
| Total des GES3 |
592 |
642 |
718 |
717 |
741 |
743 |
734 |
721 |
| Variation depuis 1990 (%) |
N/A |
8.3 |
21.2 |
21.0 |
25.1 |
25.4 |
24.0 |
21.7 |
| Variation annuelle (%) |
N/A |
2.8 |
3.7 |
0.9 |
3.4 |
0.2 |
-1.1 |
-1.9 |
| PIB (milliards $ 1997) |
707 |
772 |
943 |
982 |
1001 |
1032 |
1061 |
1090 |
| Variation depuis 1990 (%) |
N/A |
9.3 |
33.4 |
38.8 |
41.6 |
46.0 |
50.0 |
54.2 |
| Variation annuelle (%) |
N/A |
2.6 |
5.3 |
2.6 |
2.0 |
3.1 |
2.8 |
2.8 |
| Volume des GES (Mt/M$ PIB) |
0.84 |
0.83 |
0.76 |
0.73 |
0.74 |
0.72 |
0.69 |
0.66 |
| Variation depuis 1990 (%) |
N/A |
-0.9 |
-9.2 |
-12.9 |
-11.6 |
-14.1 |
-17.3 |
-21.1 |
| Variation annuelle (%) |
N/A |
0.2 |
-1.5 |
-1.7 |
1.4 |
-2.8 |
-3.8 |
-4.6 |
PIB du secteur industriel par code SCIAN (1990-1996: millions de $ constants 1997; 1997-2006: millions de $ chaînés 1997) Statistique Canada 2008

Comparaisons à long terme, par secteur : 1990–2006
Tendances par secteur
De 1990 à 2006, l’augmentation nette des émissions annuelles de gaz à effet de serre au Canada s’est élevée au total
d’environ 128 Mt.
Figure 2 : Tendances des émissions de GES par personne et par unité du PIB, 1990-2006

1 Statistique Canada – Bulletin sur la disponibilité et écoulement d’énergie au Canada - 2006 (57-003), Tableau S,
Rangée 2 (Disponibilité – Primaire total)
2 Statistique Canada - Bulletin sur la disponibilité et écoulement d’énergie au Canada - 2006 (57-003), Gaz naturel
et Pétrole brutl
-
Au sein des deux sous-secteurs de l’énergie, les principaux facteurs contribuant à la hausse générale étaient
l’augmentation de 116 % provenant des camions légers à essence, l’augmentation de 23 % provenant de la production
électrique et thermique et l’augmentation de 91 % provenant des véhicules lourds à moteur diesel. Une grande partie
de l’augmentation dans le secteur du pétrole durant cette période est attribuable à la croissance rapide des
exportations de pétrole brut et de gaz naturel.
Les secteurs des procédés industriels, de l’agriculture et des déchets ont contribué à modifier les niveaux des
émissions : depuis 1990, ils ont connu respectivement une baisse de 0,4 Mt, une hausse de 12,4 Mt et une
augmentation de 2,8 Mt.
Industries de l’énergie
Les émissions provenant des industries de l’énergie (incluant la production électrique et thermique, les industries des
combustibles fossiles; les pipelines et les émissions fugitives) se sont accrues d’environ 65 Mt entre 1990 et 2006.
Près des deux tiers de cette hausse (43,1 Mt) étaient imputables aux industries des combustibles fossiles, des
pipelines et des émissions fugitives, résultat d’une hausse de 66 % dans la production de pétrole et de gaz durant
cette période. Le dernier tiers de l’augmentation due aux industries de l’énergie (21,6 Mt) provenait de la production
électrique et thermique, résultat d’une demande accrue d’électricité accompagnée de hausses continues de la
production d’énergie à base de charbon depuis 1990.
À elles seules, les émissions fugitives (ventilation et torchage de la production pétrolière, fuites de méthane des
pipelines) ont contribué aux émissions de gaz à effet de serre. Les estimations actuelles indiquent une
augmentation de 24,1 Mt pour la période de 1990 à 2006, soit une croissance d’environ 57 %. Une grande partie de
cette hausse résulte de la croissance des exportations de pétrole brut et de gaz naturel.
Secteur des transports
Dans le secteur des transports, les émissions ont augmenté de 44 Mt environ, soit 31,7 %, entre 1990 et 2006. Il
convient de noter en particulier la hausse de 24,1 Mt — ou plus de 116 % — des émissions, qui s’explique par la
popularité croissante des véhicules utilitaires sport.
Durant cette période, les émissions des véhicules lourds à moteur diesel ont augmenté de 18,8 Mt, indiquant un usage
accru de camions lourds pour le transport. Par contre, des réductions de 6,9 Mt et de 1,4 Mt, étaient dues
respectivement à l’usage de voitures à essence et à carburants de remplacement.
Secteur résidentiel
Par rapport à 1990, les émissions résidentielles de 2006 ont diminué de 3,2 Mt (8,5 %). Dans ce secteur particulier,
l’impact de la tendance à long terme de l’application de meilleures normes énergétiques aux maisons et l’adoption
d’appareils de chauffage plus efficaces et d’autres appareils améliorés, a été de réduire les émissions.
Secteur des procédés industriels
Dans le secteur des procédés industriels, les émissions ont connu une baisse globale de 0,4 Mt, ou 0,7 %, entre 1990
et 2006. Certains sous-secteurs de ce groupe ont subi des hausses importantes (par exemple, les émissions
provenant de l’utilisation d’hydrofluorocarbones pour la réfrigération et la climatisation, comme substituts à des
substances appauvrissant la couche d’ozone, ont augmenté de 4,7 Mt depuis 1995, soit une hausse de 1000 %), mais
elles ont été compensées par d’autres réductions significatives.
Les émissions de N2O — un gaz à effet de serre — de l’unique usine canadienne de fabrication d’acide adipique ont
diminué de 9,5 Mt en raison de l’application de technologie de réduction du N2O. De plus, les émissions des procédés
de l’industrie de l’aluminium ont diminué de 1,7 Mt, soit 18,1 % entre 1990 et 2006, grâce entre autres à de meilleures
technologies de contrôle des émissions de perfluorocarbone.
Secteur agricole
Dans le secteur agricole, l’expansion des industries bovines, porcines et avicoles, ainsi que l’augmentation de
l’utilisation d’engrais azotés synthétiques dans les Prairies, ont entraîné une croissance à long terme des émissions de
12,4 Mt. Cette augmentation de 25 % pour le secteur agricole constitue une contribution de 8,6 % à l’augmentation
nationale globale.
Secteur des déchets
Entre 1990 et 2006, les émissions de gaz à effet de serre dues aux déchets ont augmenté d’environ 2,8 Mt, soit 15,2
%, un peu moins que la croissance de la population qui s’est élevée à quelque 18 %. Cela semble s’expliquer
principalement par l’augmentation des déchets dans les sites d’enfouissement. Cette croissance aurait pu être plus
importante si le Canada n’avait pas mis en oeuvre des projets de récupération des gaz aux sites d’enfouissement et
des programmes de réacheminement des déchets (compostage et recyclage).
Secteur de l’affectation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (ne font pas partie du total
national)
-
La tendance en matière d’émissions et d’absorption par puits dans le secteur de l’affectation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (par ex. les sols agricoles, les forêts aménagées, les terres humides et les zones urbaines) semble indiquer que l’ensemble du secteur peut se transformer de puits à des sources de CO2, et donc ce secteur a plutôt tendance à émettre des émissions de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. En 2006, ce secteur est devenu une source nette de 31,3 Mt. Dans le secteur, les émissions proviennent surtout des terres forestières. Les changements sont grandement affectés par les cycles erratiques des feux de forêts, qui masquent d’autres tendances sous-jacentes directement liées aux activités humaines, comme l’exploitation forestière. Par exemple, de 1990 à 1998, la quantité de carbone absorbé dans la biomasse forestière récoltée a augmenté de 50 %; ce niveau s’est depuis stabilisé à une moyenne annuelle d’environ 42 Mt de carbone, ce qui correspond à des émissions annuelles de 155 Mt de CO2. Ce sont néanmoins les conséquences des perturbations majeures récentes dans les forêts, notamment l’invasion du dendroctone du pin ponderosa dans l’Ouest du pays et les incendies qui ont ravagé de vastes régions en 1995, 1998, 2002, 2003 et 2004, qui ont indiscutablement dominé ce secteur.
La sous-catégorie des terres cultivées témoigne des effets des pratiques agricoles sur les émissions et l'absorption de CO2 des terres arables (sols aptes à la culture) et l'impact de la conversion des forêts et des prairies en terres cultivées. En 2006, le stockage de carbone dans les terres arables a compensé les émissions provenant des terres transformées en terres cultivées, pour une réduction nette de -1,4 Mt. L'adoption continue de pratiques de culture sans labour ou de labours restreints et la réduction des jachères d'été expliquent la tendance stable de l'absorption croissante dans les terres cultivées, ce qui permet de retirer du dioxyde de carbone de l’atmosphère.
La transformation de forêts en terres cultivées, en terres humides, et en zones de peuplement a entraîné des émissions additionnelles d'environ 19 Mt en 2006, soit une baisse par rapport à 27 Mt en 1990 pour le même genre de changement d’utilisation des terres. La conversion des forêts et des prairies en terres cultivées a diminué régulièrement les émissions de gaz à effet de serre, de 15 Mt en 1990 à 8 Mt en 2006.

Émissions de gaz à effet de serre dans les provinces et les territoires
Il est important de souligner que les émissions de gaz à effet de serre au Canada varient d'une région à l'autre. Cela
s'explique par la distribution des ressources naturelles et des industries lourdes à travers le pays. Même si l'utilisation des
ressources naturelles et des produits industriels profite à toutes les régions de l'Amérique du Nord, les émissions dues à
leur production demeurent concentrées dans certaines régions géographiques données. Ainsi, certaines juridictions
canadiennes ont tendance à produire davantage d'émissions de GES en raison de leur structure économique et
industrielle et de leur dépendance relative aux combustibles fossiles pour produire de l'énergie.

1 Chaque gaz à effet de serre a un potentiel différent quant à sa contribution au réchauffement. On l’appelle le Potentiel de
réchauffement planétaire (PRP). Les scientifiques attribuent un potentiel de réchauffement à chaque gaz, basé sur la capacité qu’a ce
gaz de contribuer au changement climatique. Le dioxyde de carbone est utilisé comme base de référence avec un potentiel de
réchauffement planétaire de 1. En comparaison, le PRP du méthane (CH4) est 21. [retourner]
2 Total de la production de combustibles fossiles, des pipelines (transport) et des émissions fugitives. [retourner]
3 Gaz à effet de serre [retourner]

 |