Anneau olympique de Richmond et de l'estuaire du fleuve Fraser
Profil de la biodiversité de la région environnante
L' Anneau olympique de Richmond, au sud de Vancouver, est situé sur le territoire traditionnel de la Première Nation Musqueam, l'une des quatre Premières Nations hôtes des Jeux. Arborant un toit en forme d'aile de héron, l'Anneau olympique est tout proche de la plus importante zone pour la conservation des oiseaux au Canada: l'estuaire du fleuve Fraser. Le fleuve Fraser est le cours d'eau le plus riche en saumon au monde. Son estuaire, situé sur la voie migratoire du Pacifique, représente une aire de repos essentielle pour plus d'un million d'oiseaux au cours de leur migration annuelle. L'estuaire du fleuve Fraser peut se vanter d’héberger la plus forte concentration de rapaces hivernant au Canada. Durant toute l'année, des recensements d'oiseaux sont réalisés dans l'estuaire du fleuve Fraser par des observateurs d'oiseaux et des associations d'ornithologie avec le soutien d'Études d'Oiseaux Canada. Ces observateurs transmettent leurs résultats par l'entremise d' e-Bird Canada et de l'Atlas des oiseaux nicheurs de Colombie-Britannique.
Composé de la baie Boundary, de Roberts Bank et de Sturgeon Bank, l'estuaire de 400 km2 borde quatre municipalités de la région: Richmond, Delta, White Rock et Surrey. Plusieurs zones de l'estuaire ont été consacrées à la conservation et incluent notamment une réserve nationale de faune, un refuge d'oiseaux migrateurs ainsi qu'une aire provinciale de gestion de la faune. L'estuaire a été reconnu par la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971), aussi connue sous le nom de Convention de Ramsar. Il a ainsi été désigné zone humide d'importance internationale, car il est utilisé comme aire de repos par plus de 250 espèces d’oiseaux migrateurs pendant leur migration. Leur itinéraire migratoire est connu sous le nom de voie migratoire du Pacifique. Les oiseaux migrateurs utilisent cette voie pour se déplacer entre leurs aires
d'alimentation hivernales, au Sud, et leurs aires de reproduction et de nidification estivales, en Arctique.
L'estuaire est un habitat essentiel pour les oiseaux et plus particulièrement pour les espèces migratrices qui utilisent la voie migratoire du Pacifique. L'habitat intertidal d'eau douce et d'eau salée permet la formation de marais, de barres de sable et de vasières. Cet habitat, conjugué au caractère tempéré des eaux de l'estuaire, offre une grande diversité de sources alimentaires essentielles. Ces sources alimentaires répondent aux besoins essentiels des oiseaux migrateurs comme le Grand Héron et le Canard d'Amérique.
Les hivers de la côte ouest du Canada sont suffisamment doux pour que les Grands Hérons et les Canards d'Amérique présents en Colombie-Britannique décident de ne pas migrer plus au sud et de rester le long de la côte pendant tout l'hiver. Ce n'est pas le cas des populations de Canards d'Amérique de l'est du Canada. Ces derniers migrent vers le sud-est des États-Unis tandis que les colonies de Grands Hérons du centre-nord du Canada et des États-Unis migrent souvent vers le Mexique et l'Amérique centrale ou l'Amérique du Sud. Les Canards d'Amérique nichent dans les zones humides d'eau douce peu profonde qui s'étendent du nord des États-Unis à la toundra de l'Alaska.
Toutefois, c'est dans les prairies-parcs de l'Ouest canadien qu'on les retrouve en plus grand nombre. Les Grands Hérons fabriquent des nids qui peuvent atteindre un mètre de diamètre dans des terrains boisés. Leur régime alimentaire se compose de petits crabes, de grenouilles, de poissons, de serpents, de campagnols, de petits rongeurs ainsi que de gros insectes comme les libellules. Assister au vol gracieux de cet oiseau ne laisse personne indifférent.
L'estuaire est également un habitat essentiel pour le Bécasseau variable, le Bécasseau d'Alaska, et la Petite Oie des neiges. Au cours de leur migration annuelle, ces espèces réalisent également un marathon digne des Jeux olympiques entre leurs aires de reproduction arctiques et leurs aires d'hivernage du sud. Le Bécasseau variable, en tant qu'oiseau de rivage, préfère vivre dans la toundra côtière humide. Les populations eurasiatiques de Bécasseaux variables hivernent en Asie du Sud-Est et en Afrique. Les populations nord-américaines hivernent quant à elles le long des eaux tempérées et riches en substances nutritives de la côte sud de la Colombie-Britannique et des côtes sud-est et sud-ouest des États-Unis. Des groupes immenses peuvent être observés dans l'estuaire du fleuve Fraser et la synchronisation de leurs vols est tellement époustouflante qu'elle impressionnerait même le plus sévère des juges olympiques. Le Bécasseau d'Alaska et la Petite Oie des neiges hivernent également le long des côtes de la Colombie-Britannique, même si une majorité migre vers le sud des États-Unis et le Mexique. Le Bécasseau d'Alaska, lui aussi oiseau de rivage, se nourrit principalement de biofilms riches en microalgues. Ces biofilms recouvrent les vasières exposées à marée basse. La Petite Oie des neiges se nourrit à partir des plantes marécageuses comme les carex, les plantes herbacées non graminoïdes et les massettes que l'on retrouve dans les marais intertidaux. Elles se nourrissent également des herbes de pâturage et des restes de grains qu'elles trouvent sur les champs agricoles au cours de leur migration. Au contraire, le régime alimentaire du Bécasseau variable se compose essentiellement d'insectes et peut comprendre des invertébrés aquatiques comme des mollusques, des vers et des crevettes.
L'estuaire du fleuve Fraser abrite également une grande variété de poissons ainsi que plusieurs reptiles et amphibiens. Ainsi, les cinq espèces du saumon du Pacifique, le hareng, la truite fardée côtière et plusieurs espèces des eaux profondes telles que l'esturgeon et l'eulakane ont élu domicile dans cet estuaire. Les terres humides de l'estuaire offrent un habitat essentiel à certains reptiles tels que le lézard-alligator boréal, la couleuvre de l'Ouest et la tortue peinte. La tortue peinte est l'unique espèce indigène de tortue d'eau douce de Colombie-Britannique. Des amphibiens comme le triton rugueux, la salamandre à longs doigts, le crapaud de l'Ouest et plusieurs espèces de grenouilles s'épanouissent également dans l'estuaire. Grâce au réseau vital qu'elles contiennent, ces terres humides de l'estuaire peuvent subvenir aux besoins en matière d'habitat et d'alimentation de toutes ces espèces (et de bien d'autres). Cette diversité biologique est essentielle à la survie de nombreuses espèces de l'estuaire.
L'estuaire représente aussi un habitat essentiel pour certaines espèces aquatiques uniques telles que la musaraigne de Bendire, le castor et même l'otarie lorsque le saumon revient dans le fleuve Fraser pour frayer. Alors que les castors ont un régime alimentaire à base de bois pendant l'hiver, ils se nourrissent également d'herbes, de graminées, de fruits et de plantes aquatiques lorsque ces végétaux poussent au printemps. La musaraigne de Bendire préfère quant à elle se nourrir
de larves d'insectes aquatiques, d'escargots, de limaces, de vers de terre et d'araignées. Elle peut même courir sur l'eau pendant une durée de trois à cinq secondes. Experte en natation, la musaraigne de Bendire plonge souvent pendant plusieurs minutes à la recherche de sources alimentaires aquatiques. La grande biodiversité régnant dans l'estuaire attire également des prédateurs tels que le Grand duc d'Amérique, la Buse à queue rousse, le Pygargue à tête blanche et le coyote qui se nourrissent de la sauvagine. Des détritivores comme la mouffette rayée et le raton laveur se nourrissent également dans l'estuaire, à la recherche d'insectes, d'invertébrés, de petits rongeurs et d'œufs de sauvagine.La bonne santé des estuaires est cruciale pour l'homme comme pour la faune. En plus d'offrir une source alimentaire, ces estuaires soutiennent également les pêches commerciales et récréatives, participent au traitement des déchets et des eaux de ruissellement, permettent de conserver la qualité de l'eau, protègent les zones côtières contre les catastrophes naturelles, relient les plans d'eau pour le transport et les activités marines et favorisent l'équilibre du réseau trophique duquel toute vie dépend.
Les menaces qui pèsent sur la riche biodiversité de l'estuaire du fleuve Fraser sont principalement liées à l'activité humaine (dans la rivière et à proximité). L'expansion des voies de transport locales menace de modifier l'habitat et de perturber les aires de nidification et d'alimentation. La pollution provenant des pesticides et des engrais utilisés par les exploitations agricoles riveraines représente une préoccupation importante en matière de santé. L'expansion des zones résidentielles, commerciales et industrielles exerce également une pression sur la diversité biologique que l'on peut observer au sein de l'estuaire. La valeur réelle des terres humides et des estuaires est aujourd'hui de plus en plus reconnue: celle d'un habitat essentiel pour toute la biodiversité. Étant donné le rôle intrinsèque joué par les terres humides dans la conservation d'un réseau vital qui soutient toute vie sur Terre, nous devons ensemble veiller à ce qu'elles soient mieux conservées et protégées. De nombreux groupes communautaires participent à la conservation et à la protection de l'estuaire du fleuve Fraser ainsi que des oiseaux et des autres animaux qui en dépendent.
Pour en savoir davantage, consultez les sites Internet ci-dessous :
- Réseau canadien d'information sur la biodiversité
- Environnement Canada – Faune et flore du pays
- Environnement Canada – Biosphère
- Environnement Canada – Projet WILDSPACE
- Ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique – Environmental Stewardship Division. Biodiversity in BC (en anglais seulement)
- Études d'Oiseaux Canada
- e-Bird Canada
- Zones importantes pour la conservation des oiseaux
- Atlas des oiseaux nicheurs de Colombie-Britannique
- Biodiversity Atlas of British Columbia (en anglais seulement)
- Conservation de la Nature Canada
- Sentier Transcanadien
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