Résumé de la saison des cyclones tropicaux de 2012

En 2012, cinq cyclones tropicaux ont pénétré dans la zone de responsabilité du Centre canadien de prévision des ouragans (CCPO), deux d’entre eux étant demeurés à la lisière de la zone. Le CCPO a diffusé des bulletins sur quatre tempêtes. Deux de ces tempêtes ont causé des dommages à terre, les deux autres étant restées au large. Le 11 septembre, l’ex-ouragan Leslie, devenu tempête post-tropicale, a frappé Terre-Neuve. Les vents ont causé des dommages de faible à moyenne importance dans les péninsules de l’Est de l’île. Les 29 et 30 octobre, la très vaste tempête post-tropicale Sandy s’est abattue sur le Sud de l’Ontario et sur d’autres régions de l’Est du Canada. Les vents et les vagues ont eu des impacts de faible à moyenne importance dans les régions ontariennes situées près des Grands Lacs.  

Au large, la tempête post-tropicale Chris a longé la partie sud-est des Grands Bancs le 22 juin, et la tempête post-tropicale Rafael a traversé à toute vitesse la limite sud des Grands Bancs, le 18 octobre. La tempête tropicale Michael est devenue une tempête post-tropicale au-dessus de l’extrémité sud-est de la zone de responsabilité. Elle n’a pas nécessité la diffusion de bulletins, en raison de sa petite taille et de la distance qui la séparait du district canadien de prévisions maritimes.

Tableau 1. Nombre de relevés d’information uniques d'ouragans et
de tempêtes décrites dans ces bulletins entre les années 2003 - 2012
STATISTIQUES SUR LES BULLETINS2012201120102009200820072006200520042003
Bulletins d’information sur les ouragans
(WOCN3X/4X CWHX)
6499793790489387104113
Nombre de tempêtes décrites
dans les bulletins
4842645788
Perturbation intense ou tempête tropicale non baptisée à la lisière des Grands Bancs, au large de Terre-Neuve.
Perturbation intense ou tempête tropicale non baptisée à la lisière des Grands Bancs, au large de Terre-Neuve

Outre les tempêtes tropicales classiques, il convient de mentionner un cyclone qui est passé à la limite extérieure des Grands Bancs le 25 juillet. Aucun nom n’a été attribué à cette dépression, qui présentait toutefois certaines caractéristiques de tempête subtropicale selon les images satellitaires (voir ci-dessous), et un champ de vent compact. Par mesure de précaution, le Bureau météorologique de Terre-Neuve-et-Labrador a diffusé, en coordination avec le CCPO, des avertissements de coups de vent pour une petite partie du district de prévisions maritimes.

Les paragraphes qui suivent présentent un résumé des quatre principales tempêtes d’origine tropicale qui ont touché le territoire canadien en 2012.

Chris


Tempête

L’ouragan Chris s’est formé tôt dans la saison, mais il n’a été actif que du 19 au 22 juin. Après s'être formé autour du 35e parallèle nord à partir d'une dépression non tropicale associée à un système frontal, il s’est dirigé vers l’est avant de décrire une boucle vers le nord puis le nord-ouest le 21 et le 22 juin, pendant sa transition extratropicale. Le 22 juin, une seconde dépression non tropicale s’est formée plus au sud et est entrée en contact avec la tempête post-tropicale Chris, ce qui l’a amenée à bifurquer vers l’est avant de se dissiper.

Conditions

Comme l'ouragan Chris était une tempête exclusivement maritime, il n'a eu aucun impact à terre. Des vents modérés du nord et du nord-est (15 nœuds) ont été mesurés à la bouée de la queue du Grand Banc (42,9oN, 51,5oO). 

Impacts

La tempête Chris n’a eu aucun impact connu sur l’infrastructure terrestre ou extracôtière.  

Avertissements et bulletins d’information

Le CCPO a diffusé cinq bulletins d’information concernant cette tempête. Il avait annoncé des vagues de trois à quatre mètres et émis des avertissements de coups de vent pour l’extrémité sud-est des Grands Bancs, au large de Terre-Neuve.

Effort de coordination et de communication

Le CCPO et le Bureau météorologique de Terre-Neuve-et-Labrador sont demeurés en contact étroit pendant la courte durée de vie de l’ouragan Chris.

Leslie


Tempête

Au début de septembre, Leslie n’était qu’une perturbation dans les régions tropicales de l’Atlantique. Sa trajectoire l’a amenée bien au nord-est des Caraïbes. Pendant cinq jours, soit du 4 au 9 septembre, Leslie, alors tempête tropicale ou ouragan faible, a progressé très lentement vers le nord. Durant cette période, Leslie a parcouru environ 500 km à une vitesse de progression de 4 à 5 km/h seulement, sa course étant entravée par un puissant anticyclone au nord. Lorsqu'un front s'est déplacé au large de la côte est des États-Unis, le 9 septembre, Leslie a enfin commencé à s’approcher des côtes du Canada atlantique. Le front s'est ensuite attardé sur la Nouvelle-Écosse en s’approchant de Leslie. L’humidité canalisée par le front s’est déversée sur le Centre de la Nouvelle-Écosse. Le 11 septembre, la tempête tropicale et le front ont fusionné et ont poursuivi leur progression vers l’Est de Terre-Neuve. Au moment où elle a touché terre, Leslie avait le statut de tempête post-tropicale et s’accompagnait de vents soutenus d’une vitesse maximale de 65 nœuds (120 km/h). Son centre très large a touché terre au-dessus de l’extrémité sud de la péninsule de Burin. La pression minimale au centre  était alors de 969 mb/hPa.

Conditions

Même s’il n’était pas directement relié à Leslie, le front qui est resté stationnaire au-dessus de la Nouvelle-Écosse a causé de graves inondations. Les précipitations de 25 mm/h ont entraîné des crues subites aux environs de Truro, de Stewiacke et de Shubenacadie, où elles ont été exacerbées par le flux de retour des rivières de marée communiquant avec le bassin des Mines et la baie de Fundy. C’est Shubenacadie, en Nouvelle-Écosse, qui a enregistré le volume de précipitations le plus important lors du passage de la tempête Leslie et du front stationnaire, soit 165 mm de pluie.

L’Est de Terre-Neuve a été balayé par des vents forts du sud et du sud-est. Des rafales d'une force supérieure à celle d'un ouragan ont été mesurées à plusieurs stations. La rafale la plus violente, soit 137 km/h, a été enregistrée à la station privée très exposée du cap Pine, dans le Sud de la péninsule d’Avalon. Le tableau qui suit présente un résumé des données sur les vents et les précipitations :

Tableau 2. Vitesse du vent en rafale et données pluviométriques sur différentes villes de Terre-Neuve
StationRafales (km/h)StationPrécipitations (mm)
Cap Pine (T.-N.-L.)*137Cow Head (T.-N.-L.)108
St. John’s (T.-N.-L.)132 (94 soutenues.)Englee (T.-N.-L.)80
Île Bell (T.-N.-L.)132Stephenville (T.-N.-L.)77
Bonavista (T.-N.-L.)124Upper Humber (T.-N.-L.)72
Long Pond (T.-N.-L.)124Daniel’s Harbour (T.-N.-L.)64
Argentia (T.-N.-L.)120Corner Brook (T.-N.-L.)63

Heureusement, il n'y a pas eu d'onde de tempête lorsque Leslie a touché terre à Terre-Neuve : la marée était basse et on était en période de morte-eau. L’onde la plus haute, observée dans les localités d’Argentia et de St. Lawrence, faisait 1,1 m.

Impacts

Parmi les impacts dignes de mention, citons des arbres déracinés, des poteaux d’électricité cassés, des toits et des revêtements endommagés, des panneaux de signalisation détruits, des clôtures affaissées et des camions renversés. L’Ouest de Terre-Neuve a subi quelques inondations qui ont causé des dommages divers : routes sapées, basses terres inondées et débordement de ruisseaux. Les impacts sur les zones côtières semblent avoir été associés surtout à des débordements et à des déferlements qui ont légèrement endommagé des brise-lames et de petits ouvrages. 

Avertissements et bulletins d’information

Le CCPO a publié 23 bulletins d’information sur cette tempête de longue durée. Plusieurs ont été diffusés au moment où Leslie était presque stationnaire sur le Sud-Est des Bermudes. Des veilles de tempête tropicale et d’ouragan ont été diffusées pour la moitié est de Terre-Neuve à la fin de la journée du 9 septembre. Les veilles de tempête tropicale se sont transformées en avertissements dans la matinée du 10 septembre, tandis que les veilles d’ouragan ont été maintenues jusqu’à ce que le centre du cyclone quitte la côte nord de Terre-Neuve. L’avertissement visait 12 zones de prévisions destinées au public et toutes, à l’exception d’une seule (~90 %) ont subi les vents annoncés. Dans 15 des 19 zones de prévisions de Terre-Neuve (~80 %), les chutes de pluie annoncées dans les avertissements se sont matérialisées.

Effort de coordination et de communication

Le CCPO et le Bureau météorologique de Terre-Neuve-et-Labrador sont restés en contact étroit pendant la longue évolution de l’ouragan Leslie. Compte tenu de sa lente progression, la tempête a tenu les médias en haleine pendant une période prolongée. Il a été particulièrement difficile de faire des prévisions en raison d’une incertitude beaucoup plus grande qu’à l’accoutumée. La progression et la position stationnaire subséquente du front bien au nord-ouest de l’ouragan ont également compliqué les communications. Bien des gens ne savaient plus quel système météorologique sévissait sur leur région, malgré une description claire des différences dans les bulletins du CCPO. Il s’agit d’un défi courant, qui s’explique par le fait que les limites entre les systèmes tropicaux et non tropicaux sont rarement bien définies.

Rafael


Tempête

Rafael s’est formé dans l’Est des Antilles à la fin de la journée du 12 octobre, et s’est déplacé lentement vers le nord avant de devenir un ouragan, le 15 octobre en fin de journée. La transition extratropicale, qui a débuté presque immédiatement après, s’est terminée le 17 octobre en fin de journée, lorsque la tempête a rapidement étendu sa couverture nuageuse pendant sa progression à environ 200 km à l’est des Bermudes. La journée du 18 octobre a été marquée par une accélération avant, alors que la tempête post-tropicale, de force ouragan, traversait la partie sud des Grands Bancs, au large de Terre-Neuve.

Conditions

La côte sud de la péninsule  d’Avalon, à Terre-Neuve, a été fouettée par de grosses lames déferlantes, résultat de vagues qui se sont déplacées vers le nord alors que la tempête suivait une trajectoire nord-nord-est en ligne droite. Des vagues de quatre à sept mètres de hauteur  avec période de 16 secondes ont été mesurées à la bouée du banc Nickerson, à environ 35 km au sud de Trepassey, à Terre-Neuve. Le port de St. John’s a enregistré une élévation de son niveau d’eau, probablement sous l’effet de marée rapide décrit dans les bulletins spéciaux diffusés par le CCPO et le Bureau météorologique de Terre-Neuve-et Labrador (voir la section Avertissements et bulletins d’information).

La tempête a eu peu d’effets à terre. La masse nuageuse élevée créée par la transition extratropicale de Rafael couvrait la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve. De fortes pluies, associées au front qui s’étendait bien au nord de Rafael, sont tombées non loin des côtes le 17 octobre en fin de journée. La station du cap Race a enregistré des précipitations modérées pendant une courte période, soit un total de 6 mm.

On a estimé que les vagues faisaient plus de 10 m en haute mer, à la droite de la trajectoire de Rafael. Le CCPO ne disposait d’aucun renseignement détaillé pour analyser les vagues créées par cette tempête pendant sa transition extratropicale.

Impacts

Certaines localités de la côte sud de Terre-Neuve ont surtout ressenti les effets des grosses vagues et du jet de rive. À Trepassey, à environ 110 km au sud-sud-ouest de la capitale St. John’s, les fortes lames déferlantes ont détruit une section de 10 m d’un brise-lames qui reliait deux secteurs de la localité et ont fortement endommagé un tronçon de 500 m de route côtière. Les dégâts causés par les fortes vagues dans ce secteur sont estimés à plus de 1 million de dollars.

Avertissements et bulletins d’information

Le CCPO a diffusé 18 bulletins d’information sur Rafael. Pendant sa phase post-tropicale, cette tempête a traversé la partie sud des Grands Bancs de Terre-Neuve à une vitesse de progression de près de 45 nœuds (de 80 à 85 km/h). Des bulletins spéciaux ont été diffusés pour informer les localités côtières du Sud-Est de Terre-Neuve des risques de fluctuation rapide des niveaux d’eau et des courants océaniques. Ce phénomène particulier survient lorsque de forts gradients de vent et de pression coïncident avec un passage rapide au-dessus d’eaux extracôtières peu profondes. Heureusement, les fluctuations sont survenues avant la marée haute, de sorte qu’aucune inondation n’a été signalée. Des avertissements de vent de force ouragan ont été diffusés pour l’extrémité sud des Grands Bancs.

Effort de coordination et de communication

Le CCPO et le Bureau météorologique de Terre-Neuve-et-Labrador sont restés en contact étroit pendant cette tempête. Même si les médias se sont très peu intéressés à Rafael, du fait de sa trajectoire très éloignée des côtes, un journal local  a fait état de niveaux d’eau inhabituels le jeudi 18 octobre.

Sandy


Tempête

La tempête Sandy s’est formée le 22 octobre dans la partie sud de la mer des Caraïbes, à partir d'une très vaste étendue de nuages. Dans les deux jours qui ont suivi, la tempête s’est déplacée vers le nord et est devenue un ouragan en s’approchant de l’Est de la Jamaïque. Tôt dans la journée du 25 octobre, Sandy s'est renforcé pour devenir un ouragan de catégorie 3, et a touché terre dans l’Est de Cuba. L’ouragan a ensuite traversé les Bahamas, sous une forme affaiblie, alors qu'une dépression arrivait de l’ouest, provoquant des vents forts dans la haute atmosphère et érodant l'épaisse couverture nuageuse près du centre des tempêtes. Cette amorce de transition extratropicale a été interrompue lorsque les vents d'altitude au nord des Bahamas ont faibli et que les épais nuages sont retournés au centre de la tempête, alors que celle-ci se trouvait au-dessus des eaux chaudes du Gulf Stream. Le très intense système est demeuré sous l’influence d'un creux dans la haute atmosphère, qui a accru la circulation ascendante au-dessus de la tempête les 28 et 29 octobre; la dépression s'est donc creusée encore davantage. Une autre dépression a fini par pénétrer dans le cœur du vaste ouragan, qui a ainsi terminé sa transition extratropicale, avec de forts vents en altitude au-dessus du centre et la formation de fronts de surface. Ce processus est survenu juste avant que la tempête touche terre près d’Atlantic City, au New Jersey, lorsque la pression centrale était passée de 940 à 945 mb. La tempête post-tropicale a poursuivi sa course en direction ouest-nord-ouest pour atteindre la Pennsylvanie le 30 octobre, avant de se dissiper le lendemain.

Conditions

Cette intense tempête post-tropicale a causé d’importants dégâts sur une grande partie de la côte est des États-Unis à proximité et bien en périphérie de l’endroit où elle a touché terre au New Jersey. La circulation s’étendait jusqu’à l’Est du Canada et aux Grands Lacs. Des vents forts du nord et du nord-est ont soufflé en rafales sur le Sud du Québec et l’Ontario. Les provinces de l’Atlantique ont, quant à elles, été balayées par des vents chauds du sud-est. Les vents soufflant sur toute la longueur du lac Huron ont provoqué de fortes vagues et des ondes de tempête. La bouée 45149, située à l'extrémité sud du lac, a mesuré des vagues de cinq à sept mètres de hauteur.

Le tableau qui suit présente quelques données choisies sur les vents enregistrés au Canada :

Tableau 3. Vitesse du vent en rafale dans certaines villes allant de l'Ontario à la Nouvelle-Écosse
StationRafales (km/h)StationRafales de vent (km/h)
Île Western (Ontario)106Kitchener (Ontario)87
Burlington (Ontario)95Oshawa (Ontario)87
Point Petre (Ontario)93London (Ontario)80
Île de Toronto (Ontario)91Aéroport Pearson de Toronto (Ontario)80
Île d’Orléans (Québec)87Île Brier (Nouvelle-Écosse)78
Laval (Québec)87Pont Blue Water (Ontario)*121

*Pont reliant le Canada aux États-Unis à Sarnia, en Ontario. À noter que les anémomètres sont placés tout en haut du pont, à environ 60 m de hauteur, soit six fois plus haut que la norme acceptée de 10 m.

Les précipitations n'ont pas causé de gros problèmes au Canada. Les quantités les plus importantes, soit 55 mm, ont été enregistrées dans la région de Charlevoix, au Québec. Les autres stations principales en ont reçu moins de 50 mm

Les vagues qui s’approchaient de la côte sud de la Nouvelle-Écosse étaient de l’ordre de cinq à huit mètres de hauteur (à la bouée 44150 p. ex.). Elles ont provoqué une élévation du niveau d'eau allant jusqu'à 60 cm dans certains secteurs de l’Ouest de la Nouvelle-Écosse situés sur la façade atlantique.

Impacts

Les rafales de vent ont cassé des branches d’arbre et abattu des arbres entiers, ce qui a engendré de nombreuses pannes de courant dans le Sud de l’Ontario. Quelques arbres sont tombés sur des véhicules et des maisons, provoquant des dommages importants. Sandy a entraîné la mort de deux personnes au Canada, en Ontario, l'une à Toronto, frappée par un grand panneau emporté par le vent et l'autre à Sarnia, un ouvrier de centrale hydroélectrique qui a été électrocuté pendant les travaux de nettoyage après la tempête. Lors du passage de Sandy, la région de Sarnia a été particulièrement touchée par les vents forts du nord qui soufflaient du lac Huron, ainsi que par les ondes de tempête et les grosses lames déferlantes. La ville était jonchée d’arbres et de poteaux cassés. Certains dommages structuraux à des bâtiments ont également été signalés, notamment à un hôtel dont une partie du toit a été emportée par le vent. Les dommages aux propriétés privées ont été estimés à plus de 10 millions de dollars. Les vents violents et les vagues record ont perturbé le transport maritime sur le lac Sainte-Claire et sur les voies navigables adjacentes qui relient les lacs Érié et Huron.

Avertissements et bulletins d’information

Des avertissements de vent ont été diffusés pour de nombreuses régions du Sud de l’Ontario et pour certains secteurs du Québec, en bordure du Saint-Laurent. Les vents prévus se sont matérialisés en Ontario. Seule la région de Charlevoix, au Québec, a fait l’objet d’un avertissement de fortes pluies. Divers avertissements maritimes ont été diffusés, notamment des avertissements de vents de tempête sur le lac Huron.

Le CCPO a diffusé 18 bulletins d’information au sujet de la tempête Sandy à compter de l’après-midi du jeudi 25 octobre. Un autre bulletin a été publié le lendemain; il a été suivi par plusieurs autres bulletins diffusés toutes les six heures à compter du samedi matin, bien avant le gros de la tempête (qui a gagné l’Ontario le mardi 30 octobre au petit matin). Le CCPO a publié son dernier bulletin le 30 octobre à 15 h (HAA). Il n’a diffusé ni veille ni avertissement de tempête tropicale, puisque Sandy était essentiellement déjà passée à l’état de tempête post-tropicale avant de toucher terre aux États-Unis.

Effort de coordination et de communication

La tempête a suscité un intérêt sans précédent chez les médias et a engendré un volume inégalé de communications entre bureaux, en raison de l'étendue de ses impacts. Au Canada, le défi consistait à communiquer efficacement la menace tout en établissant les distinctions nécessaires avec ce qui se produisait aux États-Unis. La situation n’était pas sans rappeler les difficultés rencontrées en 1985 lorsque l’ouragan Gloria se dirigeait vers le Canada après avoir balayé les États-Unis. Fait intéressant, c’est cette tempête qui a donné lieu à la création du CCPO. Les modèles météorologiques numériques avaient prévu bien à l’avance l’arrivée de l’ouragan Sandy, sa transition extratropicale et sa trajectoire inhabituelle vers le nord-ouest jusqu’en Nouvelle-Angleterre. Le CCPO, le Service météorologique du Canada (tous les bureaux du Centre et de l’Est) et les organismes de mesures d’urgence ont ainsi pu entrer en contact très tôt les uns avec les autres (de cinq à sept jours avant l’arrivée de la tempête). Le public a été informé relativement tôt de la probabilité de fortes pluies, mais, au fil de l’évolution de Sandy, les menaces d’inondations causées par les précipitations ont diminué. Les bulletins donnaient plus de précisions sur les impacts possibles des vents au fur et à mesure de l'approche de la tempête. Le lundi 29 octobre, le CCPO et le Centre de prévision des intempéries de l’Ontario précisaient la nature des impacts possibles dans les régions visées du Sud de l’Ontario, notamment les chutes d’arbres et les pannes de courant.