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Les sels de voirie. Réduire l'effet des sels de voirie sur l'environnement, sans effecter la sécurité routiére Les sels de voirie
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Stratégie de gestion du risque pour les sels de voirie

1.0 Question et contexte
2.0 Préoccupations / nécessité d'agir
3.0 Sources d'exposition
4.0 Considérations
5.0 Objectifs
6.0 Outils de gestion du risque
7.0 Mise en oeuvre
8.0 Approche proposée pour la consultation
9.0 Prochaines étapes / échéancier
Annexe 1 Ébauche du sommaire des objectifs fondés sur l'évaluation pour les sels de voirie

1.0

Question et contexte

Le Rapport d'évaluation de la liste des substances d'intérêt prioritaire sur les sels de voirie a été publié le 1er décembre 2001. Ce rapport concluait que les sels de voirie qui contiennent des chlorures inorganiques avec ou sans sels de ferrocyanures ont des effets nocifs sur l'environnement et sont donc considérés comme toxiques au sens des paragraphes 64 a) et b) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, 1999 (LCPE, 1999). Comme les sels de voirie ne sont ni persistants, ni biocumulatifs, ils ont été classés dans la voie II comme une substance en vertu de la Politique de gestion des substances toxiques.

L'évaluation des sels de voirie portait sur les sels de chlorures : le chlorure de sodium (NaCl), le chlorure de calcium (CaCl2), le chlorure de magnésium (MgCl2), le chlorure de potassium (KCl) et les saumures servant au déglaçage et à l'anti-givrage des routes et à la suppression de la poussière, les sels qui entrent dans la composition des mélanges d'abrasifs et les additifs contenus dans les sels de voirie (ferrocyanures).

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2.0

Préoccupations / nécessité d'agir

On estime qu'environ cinq millions de tonnes de chlorures sont rejetées chaque année dans l'environnement au Canada. Ce sel se retrouve dans le sol, les eaux souterraines et de surface, et il est très évident qu'il y a un impact sur l'environnement.

L'évaluation a permis de documenter que le sel de voirie a des effets négatifs sur les propriétés du sol, la végétation en bordure des routes, la faune, les eaux souterraines et de surface ainsi que l'habitat aquatique.

Cette évaluation a permis d'établir les principales préoccupations suivantes.

  • Eaux de surface et souterraines : La contamination par les sels de voirie des eaux de surface et souterraines est préoccupante dans les régions où on en fait une utilisation intensive sur les routes et le long des grandes voies rapides, et de façon ponctuelle, à proximité des entrepôts de sel. Dans ces endroits précis, l'impact environnemental est très évident. La distance par rapport aux régions sensibles influe sur le temps nécessaire pour atteindre des concentrations préoccupantes. Finalement, tous les endroits à forte utilisation seront préoccupants. Nombre des réclamations en responsabilité civile présentées par des propriétaires contre des autorités responsables du transport ont trait à la contamination de l'eau de puits par du sel ayant pénétré dans les eaux souterraines.

  • Caractéristiques des sols - Effets abiotiques : Le sodium peut déplacer d'autres métaux du sol selon les conditions du sol, sa teneur en argile et du coefficient de sodium échangeable. Les endroits subissant les plus grands impacts sont ceux qui affichent un pourcentage élevé d'argile, un pourcentage de sodium échangeable élevé et de faibles précipitations. Ces endroits névralgiques se situent dans le sud de l'Ontario, le sud du Québec et l'Alberta.

  • Végétation: Les plantes peuvent être exposées au sel par le sol, l'air (brouillard salin venant de la route) et le ruissellement de l'eau. Le sel peut être absorbé par les racines ou déposé directement sur le feuillage. Dans certaines régions agricoles sensibles (régions de vergers), la contamination par les sels de voirie a déjà affecté les cultures et les arbres avoisinants. Dans les bassins hydrographiques, le sel est facilement transporté vers des eaux de surface comme les ruisseaux, les rivières et les fleuves, les lacs ou les océans et peut affecter diverses populations d'espèces aquatiques.

  • Ferrocyanure de sodium : Ce produit chimique est utilisé comme antimottant. Dans une solution aqueuse, il se décompose en ions cyanure lorsqu'il est exposé au soleil. Bien qu'il ne soit présent qu'en petites quantités, il peut être toxique pour le milieu aquatique.

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3.0

Sources d'exposition

Les sources suivantes ont été décelées :

  • contamination locale provenant d'un entreposage du sel et d'une élimination de la neige inadéquats entraînant la contamination des eaux souterraines et le rejet dans des eaux de surface de concentrations élevées de chlorures;
  • contamination à grande échelle provoquée par une utilisation intensive et généralisée dans les régions urbaines à forte densité routière, par exemple les régions du sud de l'Ontario, du Québec et des provinces de l'Atlantique qui montrent le taux d'utilisation le plus élevé;
  • épandage sur les routes, entreposage du sel et élimination de la neige à proximité d'éléments sensibles, notamment des milieux humides, des espèces menacées, des eaux de surface et des eaux souterraines, des forêts parcs, etc.

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4.0

Considérations

  1. Au Canada, il n'existe pas de règlement fédéral régissant directement les niveaux d'épandage du sel ou les concentrations de sel dans divers environnements. Les seules normes environnementales nationales pertinentes ayant trait indirectement au sel de voirie dans l'environnement sont les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada, mars 2001. L'objectif de qualité esthétique (goût) est fixé à une concentration maximale de 200 ppm pour le sodium et de 250 ppm pour le chlorure.

  2. Les municipalité utilisent de 50 à 65 % des sels de voirie, les provinces, de 30 à 45 % et le secteur privé (terrains de stationnement, routes privées, etc.), de 5 à 10 %.

  3. L'épandage de sel de voirie au moment de l'enlèvement de la neige est reconnu comme la méthode la plus efficace pour dégager les routes et autoroutes et les garder sécuritaires dans des conditions hivernales dangereuses.

  4. L'industrie procure des bénéfices indirects importants à l'économie, notamment en maintenant l'activité économique tout en réduisant les accidents et la consommation de carburant lorsqu'il y a des tempêtes.

  5. Des programmes sont en vigueur dans le nord des États-Unis qui préconisent une utilisation plus efficace du sable, du sel ou des sels de déglaçage. Ces programmes ont débuté par la réduction du sable et l'amélioration de l'épandage du sel pour passer ensuite au mouillage préalable du sel et à l'antiglaçage. Des travaux considérables ont été effectués en Suède et en Finlande afin d'identifier et de protéger des aquifères vulnérables par des pratiques de gestion du sel.

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5.0

Objectifs

Objectif environnemental

En se basant sur le rapport d'évaluation, on propose des objectifs environnementaux pour les eaux de surface, la végétation, les sols, la faune, les eaux souterraines et les ferrocyanures. (Référez-vous s'il vous plaît à Annexe I)

Objectifs de gestion du risque

Environnement Canada envisage une approche fondée sur les pratiques de gestion optimales qui misera sur le travail déjà effectué par l'Association des transports du Canada (ATC) dans ses publications Salt Management Guide et Salt Management Action Plan.

  1. Entreposage du sel : (Pratiques de gestion optimales, réductions importantes des impacts)
    • Aucune autre détérioration du site, et aucun rejet accidentel pour les nouveaux sites.

  2. Élimination de la neige : (Pratiques de gestion optimales, réductions importantes des impacts)
    • Pratiques efficaces pour réduire les chlorures et autres contaminants à des niveaux acceptables.

  3. Épandage des sels de voirie : Zones générales (Pratiques de gestion optimales, réductions de l'utilisation du sel pour un hiver moyen)
    • De nouvelles technologies pour l'utilisation générale ont amené des réductions importantes tout en améliorant la sécurité routière (aux environs de 20 à 30 %), mais la quantité utilisée durant une saison dépend des conditions météorologiques et de la rigueur de l'hiver. Cette réduction est appuyée par plusieurs études.

  4. Épandage du sel de voirie dans les zones sensibles (La définition d'une zone sensible sera établie en consultation avec les provinces)
    • Déterminer ce qui constitue une zone sensible.
    • Définir les approches qui peuvent être adoptées en plus des pratiques de gestion optimales, notamment l'utilisation de produits chimiques de substitution.

  5. Ferrocyanure
    • Diminution importante ou substitution des sels de ferrocyanure.

  6. Suivi et présentation de rapports
    • Mettre sur pied un programme courant de suivi et de présentation de rapports servant à mesurer la mise en œuvre des pratiques de gestion optimales et leurs effets au cours d'une période de 5 ans. Déterminer si les objectifs en matière de gestion du risque sont atteints et si les mesures de contrôle recommandées sont efficaces, et réévaluer la situation en conséquence.

  7. Examen de solutions de rechange aux agents de déglaçage et d'anti-givrage
    • Produits chimiques de rechange pour le chlorure de sodium utilisé durant l'hiver pour l'entretien des routes et questions techniques, environnementales et économiques connexes.

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6.0

Outils de gestion du risque

On a tenu compte des facteurs suivants dans le choix d'un outil de gestion en vue de réaliser les objectifs de gestion du risque :

  • Les outils de gestion doivent garantir que les objectifs de gestion du risque sont atteints et que la sécurité routière n'est pas compromise.
  • Il faut prouver que les objectifs de gestion du risque proposés produisent l'amélioration environnementale qui est attendue.
  • Surveillance des activités liées à l'objectif en vue de mesurer les progrès accomplis.
  • Rentabilité des mesures.
  • Ces outils de gestion doivent laisser une marge de manoeuvre pour les situations locales.

L'analyse pour la présélection a montré que les outils les plus prometteurs pour répondre aux préoccupations environnementales reliées à l'épandage des sels de voirie sur les routes (zones générales et zones sensibles), à l'entreposage du sel et l'élimination de la neige sont les ententes sur la performance environnementale (EPE), les plans de prévention de la pollution (Plans P2) et les lignes directrices ou codes de pratiques autorisés par la LCPE. La mise en œuvre des EPE ou des plans de P2 pourrait être difficile compte tenu du nombre d'utilisateurs. Notre démarche consiste à tabler sur les progrès déjà réalisés par l'ATC et les autorités routières relativement au concept de plans de gestion du sel afin de mettre en œuvre les pratiques de gestion optimales exposées dans un code ou une ligne directrice.

Pour les ferrocyanures, la présélection préalable a montré que les EPE, le contrôle des intrants et les plans de prévention de la pollution sont les outils les plus prometteurs. Notre approche consiste à proposer une EPE ou à utiliser les plans P2 selon le niveau de coopération montré par les producteurs de sel.

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7.0

Mise en œuvre

Comme l'exige la LCPE 1999, un outil de contrôle ou de prévention destiné aux sels de voirie doit être proposé avant le 1er décembre 2003. La publication dans la Gazette du Canada de la ligne directrice ou du code de pratique autorisés par la LCPE est fixée au mois de novembre 2003 et sera suivie d'une période de commentaires du public d'une durée de 60 jours.

Une stratégie de promotion de la conformité sera mise au point pour ce code de pratique ou cette ligne directrice. Le gestionnaire du risque et ses homologues régionaux collaboreront pour fournir l'information à la collectivité visée en vue de promouvoir la conformité à ce code de pratique ou à cette ligne directrice.

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8.0

Approche proposée pour la consultation

  1. Créer un groupe consultatif qui présentera des commentaires sur le processus de consultation.

  2. Identifier les intervenants et mettre sur pied un groupe de travail/consultation.
    • Principaux intervenants - La participation des provinces et des municipalités à l'élaboration et à la mise en œuvre d'une option de contrôle est essentielle parce qu'elles sont les mieux placées pour établir ce qui serait une gestion du risque adéquate et efficace.
    • L'industrie des sels de voirie et de leurs substituts, les associations (i.e. la Fédération canadienne des municipalités [FCM], l'Association canadienne des travaux publics [ACTP] et l'ATC) ainsi que les utilisateurs commerciaux.
    • Les intervenants associés aux bénéfices indirects de l'épandage du sel (groupes de consommateurs, groupes intéressés à la santé et à la sécurité, etc.).
    • Organismes environnementaux non gouvernementaux.
    • On vise à obtenir un groupe de travail de 35 à 40 membres.

  3. Tenir des réunions avec les intervenants.
    • attentes : des réunions régulières au cours de la prochaine année afin de définir les particularités et instituer une approche équilibrée.
    • utilisation d'un facilitateur.

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9.0

Prochaines étapes / échéancier

Une fois qu'aura été publiée la décision finale des ministres conformément au paragraphe 77(6) de la LCPE 1999, Environnement Canada aura deux ans pour élaborer des mesures de contrôle servant à réduire l'impact des sels de voirie sur l'environnement, et 18 mois de plus pour les finaliser. Environnement Canada constituera un groupe de travail pour fournir des conseils sur le choix et la mise au point de mesures. Les réunions avec les intervenants débuteront à l'hiver 2002, avec comme objectif de publier les mesures de contrôle proposées dans la Gazette du Canada, partie I d'ici le 1er décembre 2003.
(prière de consulter le tableau à la page suivante)

Révisé le 3 mai 2002.

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Point Actions relatives à la gestion des sels de voirie Dates cibles État d'avancement
1 Rapport de la Phase 1 Contexte socio économique et étude des options relativement à l'industrie canadienne des sels de voirie. Octobre 1999 Terminé
2

Embaucher un consultant pour réaliser une étude (phase 2) qualitative sur les options en matière de gestion des sels de voirie visant à :

  • évaluer les options en matière de gestion des risques présentés par les sels de voirie pour les sources préoccupantes, sur la base des objectifs et des critères environnementaux établis;
  • recommander la ou les options de gestion du risque les plus adéquates;
  • établir quels sont les mesures de contrôle, directives et codes existant déjà au niveau provincial et municipal;
  • établir quelles sont les autorités responsables à ces paliers de gouvernement (acteurs principaux);
  • élaborer des études sur l'utilisation (études de cas, municipalités qui utilisent des sels de voirie et celles qui n'en utilisent pas, etc.);
  • évaluer l'ampleur des échanges d'information entre le fédéral, les provinces et les municipalités;
  • établir un réseau lié aux sels de voirie et à l'élimination de la neige;
  • estimer les coûts et dommages ainsi que les avantages liés à l'utilisation des sels de voirie.
Juin 2001 Terminé
3 Identifier les intervenants
  • Intervenants principaux - Provinces et municipalités (qui représente les municipalités ou le réseau?) - plan visant à les informer et à les faire participer
  • L'industrie des sels de voirie et de leurs substituts/Associations, incluant l'ATC
  • Organismes environnementaux non gouvernementaux
Février 2002 Termié
4 Début des rencontres avec les intervenants
   Rencontres avec les intervenants pour les informer des points suivants :
  • objectifs environnementaux, mesures de contrôle possibles et échéanciers.
Avril 2002 Termié
5 Conclusion concernant les outils de gestion Décembre 2002  
6 Embaucher un consultant pour réaliser une analyse coûts avantages quantitative des options de gestion visant à :
  • fournir des précisions en matière de conception et de mise en œuvre ainsi qu'une évaluation de l'impact de l'option ou des options de gestion du risque recommandées et du plan de mise en œuvre, etc.
Janvier 2003  
7 Mettre au point les outils choisis Décembre 2002 à décembre 2003  
8 Publier les outils proposés Décembre 2003  
9 Publier les outils Mai 2005  

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Annex 1 Ébauche du sommaire des objectifs fondés sur l'évaluation pour les sels de voirie
Éléments du milieu Objectifs fondés sur l'évaluation Autres indications
  Description générale des objectifs fondés sur l'évaluation Description quantitative  
Eaux de surface L'objectif fondé sur l'évaluation pour la protection des eaux de surfaces est le suivant :
  • veiller à ce que les concentrations de chlorure n'excèdent pas les niveaux pouvant entraîner des effets nocifs sur la croissance, la reproduction ou la survie à court terme.
Court terme

Si une surveillance continue ou presque continue est effectuée, utiliser les objectifs de l'EPA des É. U. pour les concentrations à court terme :

La concentration moyenne de chlorure sur 1 heure ne doit pas excéder 860 mg/L plus d'une fois tous les 3 ans en moyenne.

En cas de surveillance occasionnelle :
  • 140 mg Cl/L, sur la base de la CL50 sur 96 h pour le Ceriodaphnia dubia avec un coefficient de sécurité de 10.
  • L'exposition à des concentrations létales aussi élevées serait très probablement due à la mauvaise gestion de lieux d'entreposage du sel, à la mauvaise localisation de décharges de neige dans des zones de milieux humides ainsi qu'à la présence de fossés en bordure de routes dans des régions de forte utilisation, de sources d'eaux souterraines contaminées et de petits cours d'eau dans des régions urbaines fortement peuplées (p. ex. le Grand Toronto) desservies par des réseaux routiers denses où il y a épandage de sel.

  • On a observé de telles concentrations de chlorure dans divers cours d'eau et lacs urbains, mais principalement dans des régions fortement peuplées et dans de petites masses d'eau se trouvant à proximité de routes très utilisées. Des concentrations de cet ordre peuvent aussi apparaître au voisinage de lieux d'entreposage de sels routiers et dans des décharges de neige mal situées, p. ex. dans des milieux humides, dans de petits étangs et près de ruisseaux d'amont et de ruisseaux et de sources alimentés par des eaux souterraines contaminées. On s'attend à ce que les écosystèmes aquatiques exposés à de telles concentrations de chlorure soient perturbés.

  • La directive du CCME concernant les chlorures pour la protection de la santé humaine et des organismes aquatiques est de 250 mg/L. En ce qui concerne les eaux d'irrigation, les plantes sensibles ne devraient pas être irriguées avec des eaux renfermant plus de 100 mg Cl/L, tandis que la limite pour les plantes tolérantes est de 700 mg Cl/L.

  • La Province de Québec a adopté les recommandations pour la qualité des eaux de l'EPA. Au Québec, on considère qu'il y a toxicité aiguë pour la vie aquatique à la concentration seuil de chlorure de 860 mg/L. Le seuil de toxicité chronique est fixé à 230 mg Cl/L, et cette concentration de doit jamais être excédée de plus de 10 mg/L.

  • Les recommandations pour la qualité des eaux établies par l'EPA des É. U. pour le chlorure stipulent que, sauf peut être quand une espèce localement importante s'avère très sensible, les organismes d'eau douce et leurs utilisations ne devraient pas être affectées de façon inacceptable si :

    la concentration moyenne de chlorure sur 4 jours, quand associée avec le sodium, n'excède pas 230 mg/L plus d'une fois tous les 3 ans en moyenne; la concentration moyenne de chlorure sur 1 heure n'excède pas 860 mg/L plus d'une fois tous les 3 ans en moyenne.
Les Américains ont établi que ces critères n'assurent pas une protection adéquate quand le chlorure est associé avec le K, le Ca ou le Mg, et comme chez les animaux, la plage des sensibilités aiguës au chlorure est étroite, toute concentration excédant cette plage risque d'affecter un grand nombre d'espèces.
  • veiller à ce que les concentrations de chlorures n'excèdent pas les niveaux pouvant entraîner des effets nocifs sur la croissance, la reproduction ou la survie à long terme.
Long terme

Si une surveillance continue ou presque continue est effectuée, utiliser les objectifs de l'EPA des É. U. pour les concentrations à long terme :

La concentration moyenne de chlorure sur 4 jours, quand elle est associée au sodium, ne doit pas excéder 230 mg/L plus d'une fois tous les 3 ans en moyenne.

En cas de surveillance occasionnelle
  • 35 mg Cl/L, sur la base d'une CMEO sur 33 jours de 352 mg Cl/L pour la reproduction chez le Pimephales promelas avec un coefficient de sécurité de 10.

  • Des modifications importantes des assemblages de diatomées et de chrysophytes ont été associées à des variations relativement faibles de la salinité (d'environ 12 à 235 mg Cl/L et d'environ 20 à 387 mg NaCl/L).

  • Des conditions méromictiques sont apparues dans des lacs où les concentrations de sel dans le monimolimnion étaient de 58,4 mg Na/L et 103,7 mg Cl/L. On a aussi observé une anoxie des eaux profondes dans un lac du nord est des É. U. après que les concentrations de chlorure aient passé de 19 mg Cl /L à 260 mg Cl/L.
  • veiller à ce que le mélange saisonnier qui se produit dans les masses d'eau de surface ne soit pas perturbé.
  • Des conditions méromictiques sont apparues dans des lacs où les concentrations de sel dans le monimolimnion étaient de 58,4 mg Na/L et 103,7 mg Cl/L. On a aussi observé une anoxie des eaux profondes dans un lac du nord est des É. U. après que les concentrations de chlorure aient passé de 19 mg Cl /L à 260 mg Cl/L.
Végétation L'objectif environnemental pour la protection de la végétation est le suivant :
  • veiller à ce que les concentrations de sodium et de chlorure dans le sol n'excèdent pas les niveaux pouvant entraîner des effets sur la croissance, la reproduction ou la survie.
  • Les dommages aux plantes sensibles au sel peuvent commencer à apparaître à des concentrations de 67,5 ppm de sodium et de 215 ppm de chlorure (valeurs tirées de données expérimentales).

  • Dans le cas des plantes moins sensibles, les effets commencent à se manifester à des concentrations d'environ 300 ppm de sodium et de 1 500 ppm de chlorure.

  • Sur le terrain, on a parfois observé des dommages modérés chez des plantes à des concentrations dans le sol d'environ 16 ppm de sodium et 30 ppm de chlorure. Ainsi, dans les régions relativement vierges où les concentrations naturelles de sel sont faibles, il serait probablement préférable de maintenir les concentrations de sodium et de chlorure inférieures à ces seuils. Dans les régions dans lesquelles on sait que les plantes tolèrent le sel ou dans lesquelles les concentrations naturelles de sel sont plus élevées, on pourrait accepter des niveaux plus élevés.
  • La zone d'impact sur les plantes susceptibles s'étend jusqu'à 80 m du bord des routes à voies multiples et jusqu'à 35 m des routes à deux voies.
  • veiller à ce que les espèces indigènes ne soient pas délogées par des espèces halophiles le long des routes de l'Ontario. Des espèces halophiles se sont propagées de façon naturelle le long des routes à cause de l'utilisation de sels de déglaçage et du déclin des végétaux plantés qui n'étaient pas adaptés. Ce phénomène s'est produit tant à l'intérieur des emprises routières (partie construite et partie plantée) qu'à l'extérieur de celles ci.
   
Paramètres abiotiques du sol
  • L'objectif environnemental pour la protection des sols est d'assurer leur intégrité. Pour ce faire, on doit veiller à ce que l'épandage des sels de voirie n'ait pas d'effets négatifs sur les caractéristiques physiques et chimiques des sols : stabilité structurale, dispersion, gonflement et encroûtement, conductivité électrique et potentiel osmotique.
  • On pense que l'objectif environnemental pour la végétation assurera en même temps une protection suffisante des sols.
   
Organismes du sol L'objectif environnemental pour la protection des organismes du sol est le suivant :
  • veiller à ce que les concentrations de sodium et de chlorure n'excède pas les niveaux pouvant entraîner des effets sur la croissance, la reproduction et la survie.
  • Les bactéries sensibles du sol sont modérément affectées par le chlorure de sodium à une concentration aussi faible que 150 mg NaCl/L (ce qui correspond à environ 60 mg de sodium/L et 90 mg de chlorure/L). La nitrification dans le sol peut être significativement réduite à une concentration de chlorure de sodium de 250 mg/kg (environ 100 mg de sodium/kg et 150 mg de chlorure/kg).
  • On a déjà mesuré dans le sol des concentrations de sodium de plus de 60 mg/kg jusqu'à environ 30 m du bord de certaines routes au Canada, ainsi que des concentrations de chlorure de plus de 200 mg/kg jusqu'à environ 200 m du bord de certaines routes au Canada.
Faune L'objectif environnemental pour la protection de la faune est le suivant :
  • veiller à minimiser les collisions entre les véhicules et les oiseaux et mammifères.
  • veiller à minimiser chez les oiseaux les effets toxiques pouvant résulter de l'ingestion de sels de voirie.
  • Les sels de voirie peuvent tuer directement les oiseaux par empoisonnement ou accroître les risque de collision avec des véhicules en ayant sur eux des effets perturbateurs. La concentration critique de toxicité (dérèglement de l'homéostase sodique) établie expérimentalement pour un moineau domestique de 28 g est de 266 mg/kg de poids corporel. La quantité de sel devant être ingérée par un oiseau pour que cette concentration soit atteinte correspond à 0,47 particule de sel sphérique de 2,4 mm de diamètre. Il peut y avoir mortalité à une concentration critique de toxicité de 1 500 mg/kg de poids corporel, ce qui correspond à 2,6 particules de sel sphériques de 2,4 mm de diamètre.

  • Toute réduction des taux d'épandage de sel réduirait probablement la quantité d'oiseaux et de mammifères attirés par les routes, et donc le nombre de collisions entre les véhicules et les oiseaux et mammifères.

  • Dans la mesure du possible, on devrait restreindre l'utilisation de sel particulaire, que les oiseaux prennent pour du gravier et ingèrent. Les saumures pourraient constituer une bonne solution de rechange.

 
Ferrocyanures
  • L'objectif environnemental concernant les ferrocyanures est de veiller à ce que la libération de ferrocyanure de sodium dans l'environnement n'affecte pas la survie des microorganismes, des végétaux, des invertébrés et des vertébrés des milieux terrestres et aquatiques.

  • L'anion ferrocyanure est peu toxique sous sa forme complexée, mais en solution il subit une photodécomposition qui entraîne la libération d'ions cyanure, dont l'hydrolyse subséquente forme du cyanure d'hydrogène.

  • En ce qui concerne la concentration critique de toxicité (µg/L) pour les microorganismes aquatiques, la bactérie Pseudomonas putida est la plus sensible, subissant une inhibition significative de sa croissance après exposition à une concentration de HCN de 1µg/L durant 16 h. Cette donnée n'est affectée d'aucun coefficient de sécurité.

  • En ce qui concerne les vertébrés aquatiques, l'objectif fondé sur l'évaluation pour l'eau pourrait être de 1 µg CN/L, sur la base de l'inhibition de la ponte chez les poissons à 5 et 5,2 µg CN/L, avec un coefficient de sécurité de 5.

  • Pour les sols, l'objectif pourrait être de 0,8 mg CN/kg de sol, sur la base d'une CL25 sur 14 jours de 4 mg CN/kg de sol pour l'Eisenia fetida, avec un coefficient de sécurité de 5.

  • La CI25 pour l'émergence des semis de radis a été évaluée à 1,2 mg CN/kg de sol, de sorte que l'objectif proposé devrait protéger à la fois les végétaux et les animaux vivant dans le sol.

  • La concentration chronique finale pour le cyanure libre (CN) établie par l'EPA des É. U. est de 5,221 µg/L. Cela équivaut à une concentration de HCN de 5,422 µg/L.

  • Sur la base du taux d'épandage annuel de sels de voirie le plus élevé rapporté, la concentration estimée de cyanure libre dans les eaux de ruissellement est de 39 mg/L. La concentration totale de cyanure mesurée dans les eaux de fonte est de 41,5 mg/L.

  • Le Conseil canadien des ministres des ressources et de l'environnement (CCMRE) a établi que pour assurer la protection de la vie aquatique, les concentrations de cyanure libre dans les eaux douces ne doivent pas excéder 5 µg (CN-)/L.
Les paragraphes suivants ont trait à la modélisation réalisée pour le corridor Québec-Windsor.
  • Microorganismes aquatiques : Deux des cinq microorganismes aquatiques considérés seraient affectés. Le Pseudomonas putida serait affecté dans 100 % des expositions modélisées. Le Microregma heterostoma serait affecté jusqu'à 60 % des cas dans la municipalité où l'utilisation du sel est la plus forte.
  • Végétaux aquatiques : Possibilité d'effets modérés sur les espèces sensibles à certains moments. L'algue la plus sensible repérée pourrait être affectée dans 16-28 % des scénarios d'exposition possibles, une valeur de 82 % ayant cependant été obtenue pour la municipalité où l'utilisation du sel est la plus forte. Il y a possibilité d'effets modérés à certains moments pour certaines espèces sensibles, les niveaux de risque étant plus faibles pour la plupart des végétaux aquatiques à la plupart des sites et des moments.
  • Invertébrés aquatiques : Le pétoncle Chlamys (Mimachlamys) asperrimus serait affecté dans 34 % des expositions durant le mois d'avril à Québec. Dans les municipalités où les utilisations sont les plus fortes, des effets nocifs pourraient se produire dans 88 % des cas. Les espèces sensibles peuvent être soumises à une exposition importante.
  • Vertébrés aquatiques : Ce sont les organismes pour lesquels les possibilités d'exposition importante sont les plus élevées. CL50 sur 96 h de 17 µg/L chez la truite arc en ciel. La probabilité que cela se produise est de 53, 27 et 25 % en janvier, et de 67, 36 et 34 % en avril dans le corridor Québec Windsor.
Eaux souterraines L'objectif environnemental pour la protection des eaux souterraines est le suivant :
  • veiller à ce que les concentrations de chlorure n'excèdent pas les niveaux pouvant entraîner des effets sur la croissance, la reproduction et la survie des organismes vivant dans les eaux souterraines.
  • veiller à ce que les concentrations élevées de chlorure dans les eaux souterraines qui émergent dans les sources et les eaux de surface n'excèdent pas les niveaux pouvant entraîner des effets sur la croissance, la reproduction et la survie des organismes vivant dans les eaux de surface.
  • Les eaux souterraines renfermant du NaCl remontent à la surface sous forme de sources émergeant des aquifères.
  • Selon les conditions hydrogéologiques, la remontée du chlorure à la surface peut prendre de 5 à plus de 200 ans.
  • Les valeurs à court et à long terme présentées pour les organismes des eaux de surface devraient assurer la protection des organismes des eaux souterraines.
Veiller à ce qu'il y ait sensibilisation au fait que le rétablissement de l'état d'équilibre peut prendre beaucoup de temps et à ce que cette réalité soit prise en considération dans la détermination des taux d'épandage de chlorure.
   

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