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Rapport sur la rencontre de consultation
Environnement Canada et Santé Canada réduction des résidus d'acides perfluorocarboxyliques (APFC) et de leurs précurseurs dans les produits

5 décembre 2006 – Toronto compte-rendu de l'atelier

1. Introduction

On trouve les acides perfluorocarboxyliques (APFC) à longue chaîne dans l'environnement canadien et ceux-ci peuvent nuire à la santé des animaux et des humains. Ces substances sont persistantes dans l'environnement et les données disponibles indiquent qu'elles peuvent être bioaccumulables. Les APFC présents dans l'environnement résultent uniquement de l'activité humaine.

Le 17 juin 2006, les ministres de l'Environnement et de la Santé ont publié un avis de plan d'action pour l'évaluation et la gestion des acides perfluorocarboxyliques et de leurs précurseurs. Ce plan d'action comporte les éléments principaux suivants :

  • maintenir les mesures actuelles interdisant l'introduction de nouvelles sources d'APFC à longue chaîne au Canada;

  • s'occuper des sources confirmées de certains APFC associés à des substances présentes dans le commerce canadien;

  • poursuivre l'évaluation des APFC et de leurs précurseurs déjà présents dans le commerce canadien en vue de prendre des décisions éclairées concernant des mesures additionnelles de gestion de risques, au besoin;

  • promouvoir la compréhension scientifique d'autres sources possibles d'APFC dans l'environnement;

  • impliquer d'autres autorités de réglementation pour prendre des actions à l'échelle internationale.

Le deuxième élément du plan d'action vise à inciter l'industrie à prendre des mesures pour réduire de façon importante les résidus d'APFC à longue chaîne et les précurseurs d'APFC dans les produits à base de télomères fluorés et de fluoropolymères déjà présents dans le commerce canadien.

Un atelier multilatéral sur le deuxième élément du plan d'action a eu lieu le 5 décembre 2006 à Toronto. Cet atelier faisait suite à un premier atelier sur le plan d'action qui a eu lieu en février 2006 à Ottawa.

Voici les objectifs précis de l'atelier de décembre :

  • présenter de l'information sur la voie à suivre proposée pour élaborer une entente sur la performance environnementale concernant la réduction des résidus d'APFC et de leurs précurseurs;

  • recueillir les commentaires des parties intéressées sur direction proposée;

  • obtenir l'accord des parties intéressées concernant les prochaines étapes et l'échéancier.

Le texte qui suit est un compte-rendu de cet atelier que les représentants du gouvernement et les autres parties intéressées utiliseront pour poursuivre l'élaboration du plan d'action. Le compterendu comprend un résumé des présentations faites à l'atelier ainsi qu'une synthèse des principales questions et idées abordées durant les discussions.

Toutes les présentations, l'ordre du jour et la liste des participants sont présentés sous pli séparé.

2. La voie à suivre proposée concernant les résidus d'APFC et leurs précurseurs

Au nom d'Environnement Canada (EC) et de Santé Canada (SC), Lyne Monastesse ouvre la réunion en souhaitant la bienvenue aux participants et en passant en revue l'objectif et l'ordre du jour proposé de l'atelier. Elle invite les participants à exprimer librement leurs points de vue et indique qu'EC et SC se réjouissent de tenir ce dialogue et d'avoir l'occasion d'entendre les opinions des parties intéressées.

Josée Portugais, d'Environnement Canada, présente ensuite un aperçu du plan d'action proposé sur les résidus d'APFC et leurs précurseurs en mettant l'accent sur la proposition du gouvernement concernant les résidus d'APFC dans les produits dans le commerce canadien. Cette initiative vise les substances perfluorées qui entrent dans la fabrication de produits de grande consommation. Cet élément du plan d'action ne vise pas les produits de grande consommation (peintures, substances oléofuges ou hydrofuges, etc.) et les matériaux auxquels on les applique. Voici les deux grandes étapes de la proposition :

  1. La collecte et l'analyse de renseignements de base que l'industrie fournirait sur une base volontaire.

  2. L'élaboration d'une ou de plusieurs entente sur la performance environnementale (EPE) avec l'industrie.

Mme Portugais termine son allocution en présentant un projet d'échéancier pour la collecte de renseignements et l'élaboration de l'EPE.

Points de discussion

  • Il est précisé que le plan d'action proposé vise les résidus d'APFC et leurs précurseurs, mais il sera peut-être possible d'élargir la portée du plan durant la négociation de l'EPE.

  • Il n'existe pas de liste complète des APFC et des précurseurs qui seraient visés par le plan d'action. Une telle liste pourrait être dressée après la collecte des renseignements auprès de l'industrie.

  • Selon le plan d'action proposé, les travaux d'évaluation des substances existantes se poursuivront, mais aucun échéancier n'a encore été établi pour l'évaluation.

  • Des mesures sont prises concernant les substances existantes avant la fin des travaux d'évaluation parce que ces substances sont reconnues comme des sources de résidus d'APFC. Il s'agit de mesures d'atténuation des risques visant à réduire ces résidus.

3. Cadre stratégique pour les ententes sur la performance environnementale

Linda Webster, d'EC, donne un aperçu de l'expérience d'EC concernant les EPE. Sa présentation comprend un survol du cadre stratégique pour les EPE, des définitions et des critères de conception.

Linda décrit le comité consultatif multilatéral qui conseille EC sur l'initiative d'EPE, les EPE déjà conclues, les leçons tirées de l'élaboration d'EPE et les occasions futures d'y recourir.

Points de discussion

  • Il est suggéré d'utiliser le programme des États-Unis sur l'acide perfluoro-octanoïque (US PFOA Stewardship Program) comme modèle pour élaborer l'EPE canadienne. EC indique qu'elle tiendra compte de l'entente américaine.

  • Chaque EPE comprend des exigences précises de vérification et de déclaration, que l'on peut consulter dans le site Web d'EC.

  • Il n'est pas nécessaire de négocier l'EPE avec l'ensemble de l'industrie : les entreprises concernées peuvent négocier et conclure individuellement une EPE avec Environnement Canada. Il existe des précédents pour ce type d'entente.

4. Commentaires sur la voie à suivre proposée

Après les présentations de Josée Portugais et de Linda Webster, on demande aux participants de commenter la démarche proposée par EC et SC.

  • Des organisations non gouvernementales de l'environnement (ONGE) appuient l'idée d'une mesure rapide et l'établissement d'échéances précises. Il est suggéré de renforcer l'approche volontaire par une réglementation qui la complèterait.

  • Une question est posée à savoir si la portée de l'EPE proposée dépasserait celle du programme américain de bonne gestion? EC répond qu'aucune décision n'a été prise et que l'EPE sera élaboré de concert avec l'industrie. La possibilité d'inclure les APFC à courte chaîne et les APFC non résiduels dans l'EPE serait débattue dans ce contexte.

  • Selon ce que EC sait, six entreprises qui importent des produits au Canada seraient visées par l'EPE. On ne connaît pas de fabricant canadien de produits qui seraient visés par l'EPE.

  • L'EPE actuel vise les résidus de certains produits manufacturés (produits à base de télomères fluorés, fluoropolymères et dispersions de fluoropolymères). Un participant fait remarquer qu'on craint aussi que des réactions de dégradation entraînent le rejet de précurseurs d'APFC à partir de polymères à base de télomères fluorés. EC reconnaît cet enjeu en indiquant qu'il fera l'objet de recherches approfondies. Un représentant de l'industrie indique qu'il n'y a pas de données sur la dégradation des polymères.

  • Un représentant de l'industrie affirme appuyer le plan d'action et l'établissement de l'EPE selon le programme des États-Unis sur l'acide perfluoro-octanoïque. Certains renseignements demandés par Environnement Canada ne sont pas encore disponibles : il faudra plus de temps pour les obtenir.

  • Un autre représentant de l'industrie indique qu'étant donné le petit nombre de déclarants, il sera important de tenir compte des questions liées aux renseignements commerciaux confidentiels lorsqu'on rendra publics les renseignements.

  • Selon un intervenant, les ressources consacrées à l'élaboration de l'EPE pourraient limiter les fonds disponibles pour la recherche-développement de produits de remplacement non toxiques.

  • Un intervenant se dit préoccupé par la dégradation et le dégagement d'APFC à partir de produits dans la maison (tapis, vêtements, etc.) et la présence de ces substances dans les tissus foetaux.

  • L'industrie affirme le besoin d'établir une année de référence réaliste, qui devrait être l'année pour laquelle on dispose du plus de données.

  • La question est soulevée à savoir si seulement six entreprises peuvent suffire pour couvrir tous les produits. On évoque la possibilité de faire participer des entreprises situées en aval dans la chaîne d'approvisionnement.

5. Éléments possibles de l'entente sur la performance environnementale (EPE)

Josée Portugais, d'EC, présente les éléments possibles de l'EPE. Selon la proposition, les objectifs de l'EPE seraient semblables à ceux du programme des États-Unis sur l'acide perfluorooctanoïque, mais sa portée pourrait s'étendre aux produits suivants :

  • les résidus d'APFC à courte chaîne et leurs précurseurs;

  • les APFC à longue chaîne utilisés comme matières actives (APFC non résiduels)

Elle présente également les exigences de déclaration et de vérification proposées, ainsi que les rôles et les responsabilités du gouvernement et de l'industrie dans la mise en oeuvre de l'EPE.

Points de discussion

  • Un intervenant fait remarquer que le programme américain a pour objectif déclaré l'élimination essentielle des résidus d'APFC et de leurs précurseurs. Il sera très difficile, sinon impossible de les éliminer complètement parce que ces substances sont persistantes et que de nouvelles technologies permettront d'en mesurer des concentrations de plus en plus faibles.

  • L'industrie appuie l'idée de la vérification, mais s'inquiète de la capacité à s'entendre sur les méthodes d'analyse et la certification des laboratoires pour la vérification.

  • Un intervenant fait remarquer qu'il est possible de réduire les concentrations de résidus en modifiant le procédé de fabrication. On pourrait mesurer les effets des changements apportés au procédé sur cette réduction, à certaines étapes du procédé. Les modifications à apporter au procédé de fabrication pourraient être négociées à titre d'éléments de l'EPE.

  • L'industrie indique que, dans une perspective de gestion des risques, elle doute de l'utilité d'inclure les produits à base de fluoropolymères. Ces produits présentent des caractéristiques bien différentes des produits à base de télomères fluorés, et leurs teneurs en APFC et en précurseurs d'APFC ont déjà été substantiellement réduites.

  • Les participants soulèvent des questions et discutent à savoir s'il faut viser les APFC à courte chaîne et leurs précurseurs :

    • Les représentants d'ONGE estiment que cela serait utile comme mesure de précaution.

    • L'industrie indique que les entreprises remplacent des précurseurs d'APFC à longue chaîne par des substances à courte chaîne, et que cette stratégie souffrirait de l'inclusion des APFC à courte chaîne et de leurs précurseurs dans l'EPE. L'industrie affirme que les mesures de réduction des résidus visant les APFC à longue chaîne réduisent également les teneurs en APFC de toutes les longueurs de chaîne.

  • Aucune décision n'a été prise à savoir si les six entreprises concluront une seule EPE avec le gouvernement ou si chacune signera une EPE distincte. Le gouvernement préférerait une seule EPE dont les modalités seraient identiques pour toutes les entreprises, et cite en exemple l'EPE sur les fibres de céramique réfractaire, que neuf entreprises ont signé.

  • L'industrie appuie généralement l'idée de recueillir des renseignements et d'élaborer une EPE avec EC et SC. Elle a cependant les préoccupations suivantes :

    • Il faut justifier toute décision d'aller au-delà de la portée du programme américain sur l'acide perfluoro-octanoïque.

    • Si les renseignements qui seront demandés avant l'élaboration de l'EPE comprennent des renseignements qui ne sont pas encore disponibles, il faudra effectuer d'autres recherches ou analyses pour les produire, ce qui prendrait plus de temps. L'industrie demande encore de justifier toute demande de renseignements qui dépasse les exigences américaines.

  • De façon générale, l'industrie craint que l'échéancier proposé pour la collecte de renseignements et l'élaboration de l'EPE ne soit trop serré et estime qu'il n'est pas réaliste de le respecter, à moins que la demande de renseignements et le contenu de l'EPE ressemblent beaucoup au programme américain sur l'acide perfluoro-octanoïque.

6. Demande de renseignements

Environnement Canada (EC) a produit un modèle proposé de demande de renseignements afin de recueillir de l'information auprès de l'industrie avant l'élaboration de l'EPE. Les renseignements ainsi obtenus serviront à établir les réductions visées dans le cadre de l'EPE. EC a distribué le modèle aux membres de l'industrie avant l'atelier du 5 décembre pour obtenir leurs commentaires. L'échéance pour la présentation officielle des commentaires est le 15 janvier 2007.

Sue Fraser, d'EC, fait une présentation sur la demande de renseignements.

Points de discussion

  • Le gouvernement présente la demande de renseignements comme une initiative volontaire qui ne relève pas de l'article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement de 1999. L'objectif est d'obtenir les renseignements le plus vite possible, ce que ne permettrait pas une demande faite en vertu de l'article 71.

  • Comme susmentionné, l'industrie s'inquiète du niveau de détail proposé des renseignements demandés, par rapport à celui des renseignements exigés aux États-Unis. Elle affirme qu'il faudrait plus de temps pour produire les renseignements supplémentaires demandés et en met en question la justification.

  • Les participants ne s'entendent pas sur la capacité de fournir des données sur les APFC à courte chaîne et sur l'utilité de ces renseignements.

  • Devrait-on exprimer les réductions en pourcentages d'une valeur de référence ou en valeurs absolues?

  • Est-il possible de doser individuellement les précurseurs d'APFC à courte chaîne et à longue chaîne? Convient-il de mesurer les concentrations de précurseurs C8 et, à partir des valeurs obtenues, d'estimer les concentrations d'APFC à courte et à longue chaîne? Les particpants ne s'entendent pas sur ce qui peut être mesuré. Cet aspect doit être éclairci.

  • La participation d'aucune autre entreprise à ce processus n'est envisagée.

  • Les représentants d'ONGE soulignent l'importance de faire preuve de transparence dans le partage des renseignements obtenus à la suite de la demande et dans la communication de renseignements provenant du processus d'EPE.

7. La voie à suivre

Demande de renseignements

Voici les prochaines étapes et leurs échéances proposées pour la collecte de renseignements auprès de l'industrie avant l'élaboration de l'EPE.

  • Présentation à EC des commentaires sur le formulaire de demande de renseignements.
    15 janvier 2007

  • Après avoir examiné les commentaires obtenus, EC produit et distribue la deuxième version du formulaire de demande de renseignements.
    22 janvier 2007

  • EC termine le formulaire de demande de renseignements.
    fin de janvier 2007

  • L'industrie fournit les renseignements en remplissant le formulaire.
    30 jours après l'établissement de la version finale du formulaire

Notes

  • Les ONGE demandent aussi de pouvoir faire des commentaires sur le formulaire de demande de renseignements.

  • L'industrie indique qu'elle peut fournir les renseignements demandés dans l'échéance de 30 jours s'ils sont semblables à ceux exigés dans le cadre du programme américain, mais qu'il lui faudrait plus de temps pour produire des renseignements supplémentaires.

Négociation de l'EPE

Les participants discutent du processus d'élaboration de l'EPE et s'entendent en principe sur les points généraux suivants :

  • On réunirait un groupe de travail formé d'un représentant de chaque entreprise, de représentants d'EC et de SC et peut-être d'un représentant des ONGE pour rédiger une première ébauche de l'EPE.

    • Les représentants d'ONGE souhaitent vivement participer à ce groupe de travail.

    • Les représentants de l'industrie se disent d'accord en principe avec la formation du groupe de travail, mais ils demandent de consulter leurs organisations (d'ici le 15 décembre 2006) pour confirmer leur participation.

    • EC et SC décideront si les ONGE participeront au groupe de travail.

    • Le groupe de travail devrait se réunir en personne plutôt que de tenir une téléconférence.

  • La première ébauche de l'EPE serait présentée à l'ensemble des parties intéressées pour commentaires. Les ONGE participeraient au processus à cette étape s'ils ne participent pas au groupe de travail.

  • Toute entente « finale » fera l'objet d'une période officielle de commentaires du public.

Les participants à l'atelier ne s'entendent pas sur l'échéancier d'élaboration de l'EPE. L'industrie estime que l'échéancier de trois à quatre mois proposés par EC est très serré.


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