Cette page Web a été archivée dans le Web

L'information dont il est indiqué qu'elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n'a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2011


3. Inondations du Richelieu : la plus longue catastrophe au Québec

Carte du Canada avec les régions affectées rehaussées Au printemps, pendant plusieurs semaines, les Québécois vivant en amont et en aval de la rivière Richelieu ont rempli des sacs de sable, pataugeant dans des eaux qui leur arrivaient jusqu’aux hanches, et ont prié pour que la crue cesse. La crue de la rivière Richelieu est sans doute la pire inondation terrestre que le sud du Québec ait connue depuis la Confédération, et la pire catastrophe naturelle ayant touché le Québec depuis la crue de la rivière Saguenay en 1996. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit de la catastrophe naturelle la plus lente de l’histoire de la province, lenteur entraînant un épuisement aussi physique que mental chez les habitants.

© Environnement Canada.  Maisons et rues inondées le long de la rivière Richelieu au Québec, au printemps 2011. Les conditions de crue ont commencé plusieurs mois auparavant dans les montagnes du nord du Vermont et de New York. Une succession de tempêtes sur les Adirondacks et les montagnes Vertes autour du lac Champlain ont permis une accumulation de neige record. Au printemps, bien plus tard et bien plus brusquement qu’à l’accoutumée, la neige a commencé à fondre et à gonfler d’innombrables ruisseaux et rivières se déversant dans le lac Champlain. De plus, plusieurs jours de fortes pluies ont saturé le sol des lacs tributaires alentour, provoquant des niveaux d’eau jamais observés pendant 37 jours consécutifs. Le trop‑plein s’est déversé dans la baie Mississquoi, inondant les maisons sur les rives, puis a dévalé la rivière Richelieu, balayant ses berges et inondant des centaines de fermes. Dans au moins 20 municipalités, les eaux ont inondé de nombreuses rues jusqu’à un kilomètre des berges de la rivière. Mais l’eau ne s’est pas seulement écoulée dans la rivière Richelieu, des vents du sud ont également fait déferler des vagues d’un mètre dans la rivière à partir du lac Champlain. Des volumes d’eau cinq fois supérieurs au débit annuel moyen de la rivière Richelieu se sont précipités vers le nord avec une force écrasante.

© Environnement Canada.  Maisons et rues inondées le long de la rivière Richelieu au Québec, au printemps 2011. Et juste quand la menace a semblé se calmer, la crue a empiré la dernière semaine de mai. Après plusieurs jours humides liés à un système météorologique presque immobile, d’autres pluies et des vents forts ont entraîné une nouvelle hausse du niveau d’eau dans la rivière Richelieu pour atteindre un niveau record de 30,7 mètres. Des centaines de routes et de ponts ont subi des dégâts très importants, des parties du rivage ont été emportées et des milliers d’hectares de terres agricoles ont été submergés. Des poissons nageaient où des céréales étaient censées pousser. Le personnel des Forces armées canadiennes (environ 800 membres) et des patrouilles de la Sûreté du Québec ont été mobilisés pour aider les résidants et les responsables locaux des mesures d’urgence épuisés. Les pluies printanières incessantes et l’incroyable lenteur de la baisse des niveaux d’eau ont fait durer l’agonie de 2 000 résidants stressés et démoralisés qui n’ont pas pu rentrer chez eux pendant plusieurs semaines.

© Environnement Canada.  Les inondations le long du lac Champlain, près de Philipsburg (Québec), au printemps 2011.On n’avait jamais connu de pareilles pluies printanières autour de la rivière Richelieu. La période comprise entre les mois de mars et de mai 2011 a été la plus humide que Montréal ait connue, avec des précipitations correspondant à 182 % de la normale. Au sud‑est de Montréal, les données recueillies concernant la pluie ont été encore plus impressionnantes. À Lennoxville, 9 jours de mai comptaient des quantités de pluie dépassant 10 mm (la normale étant de 3,4). Lorsque les propriétaires autour de la rivière Richelieu sont rentrés chez eux, ils ont retrouvé leurs propriétés en ruine, couvertes d’épaisses moisissures ainsi que des bâtiments pourris, des fondations fissurées et des fosses septiques qui débordaient. Les terres agricoles inondées sont devenues non cultivables et les écoles ont dû fermer pendant de longues périodes, forçant les élèves à se déplacer. En juillet, une armée de 10 000 bénévoles s’est rendue sur place afin de nettoyer ce que les eaux avaient laissé derrière elles. SOS Richelieu a été la plus grande opération de nettoyage bénévole de l’histoire de la province. Après des semaines de dur labeur et de pertes bouleversantes (plus de 78 millions de dollars), les résidants de la Vallée du Richelieu, las de l’eau, ont finalement pu reprendre leur vie, mais les souvenirs et le bilan psychologique demeureront à jamais.

Date de modification :