Notes pour une allocution de l'honorable David Anderson, c.p., député,
Ministre de l'Environnement du Canada

à l'occasion de la 12e session de la Commission des Nations Unies sur le développement durable

Créer un environnement favorable - politiques, gouvernance et finance

Siège de l'ONU
New York (États-Unis)

28 avril 2004

 

l'Honorable David Anderson
Déclaration de
l'Honorable David Anderson, c.p., député
Ministre de l'Environnement


La version prononcée fait foi

Monsieur le président, chers collègues, Excellences, distingués délégués, c'est pour moi un grand honneur de prendre la parole devant vous aujourd'hui.

Je tiens tout d'abord à remercier le président de son compte rendu des débats des représentants officiels.

Quand vous préparerez le compte rendu final de cette réunion des ministres, je vous suggérerais d'insister sur les trois points suivants : l'importance de la science et de la surveillance, la gouvernance et l'exécution de nos engagements.

Je commencerai donc par traiter de l'importance de la science et de la surveillance.

Pour gérer de façon valable les ressources hydriques et la biodiversité, il nous faut de la bonne information - de l'information fondée sur des faits scientifiques pour mesurer les progrès accomplis par rapport à nos objectifs collectifs. Le Canada est fier d'accueillir le Programme de surveillance et d'évaluation de la qualité de l'eau du Système mondial de surveillance continue de l'environnement du PNUE, aussi appelé le GEMS/Eau. Le GEMS/Eau compte sur la participation active des pays pour réaliser une évaluation complète de la qualité de l'eau à l'échelle régionale et mondiale. Il profite actuellement de la contribution de 70 pays qui, en retour, obtiennent un bilan détaillé de leurs ressources en eau. Je me permets de mettre les 35 autres pays au défi de participer au programme, afin de rendre notre couverture beaucoup plus complète. On ne s'attend pas à une contribution financière - les pays qui participent le font simplement en nous transmettant des données. Malheureusement, de nombreux pays en développement sont dans l'impossibilité de nous fournir des données. C'est pourquoi j'engage à cet égard mes collègues des autres pays donateurs à verser une contribution au fonds d'affectation spécial du GEMS/Eau.

Cela m'amène à mon deuxième point : le leadership dans le système multilatéral.

Avant d'intégrer les trois piliers du développement durable, nous avons besoin d'institutions fortes pour chacun d'eux. Comme nombre d'entre vous le savent, le Canada a déployé beaucoup d'efforts pour faire progresser le programme international de la gouvernance environnementale

Nous avons accompli des progrès, certes, mais nous devons continuer d'aller de l'avant, et je me réjouis à l'avance des débats que nous aurons de manière continue avec le PNUE et l'Assemblée générale des Nations Unies.

À la réunion d'aujourd'hui, c'est de la gouvernance de l'eau qu'il nous faut débattre. La CDD-12 sort de l'ordinaire. Le courant d'enthousiasme suscité doit durer pendant la CDD-13, et il est à espérer qu'il durera. Mais qu'arrivera-t-il ensuite? Recommencerons-nous à discuter des questions de l'eau dans la vingtaine et plus de postes d'observation du système de l'ONU? Il s'agit là d'une question essentielle qui, à mon avis, devrait être un élément important de notre discussion en vue de la CDD 13 et aussi pendant la CDD 13.

Il se fait un travail de coordination impressionnant, et je ne veux diminuer en rien la réalité de la volonté de travailler de concert à la question de l'eau. Une partie de la réponse se trouve dans une plus grande transparence envers les États membres pour tout ce qui concerne le travail accompli grâce à la coopération entre les institutions, le travail de surveillance et la présentation de rapports sur ces questions.

De plus, nous devons examiner les autres conventions qui existent, comme la Convention de Ramsar, pour voir comment nous pouvons exécuter du mieux possible les volets du programme relatif à l'eau, comme la gestion intégrée des ressources hydriques. La Convention de Ramsar, qui était une convention sur les zones humides comme habitats des oiseaux d'eau, devient une convention pour l'eau destinée aux populations. Je suis certain que nous pouvons tous convenir que nous voulons utiliser au mieux les conventions et les ententes qui existent déjà.

J'en viens maintenant à mon troisième et dernier point, c'est-à-dire mettre nos engagements à exécution.

Nous devons nous concentrer aujourd'hui sur les mesures concrètes, et cela commence chez nous d'abord.

Il est indispensable de donner corps à la volonté politique, et le Canada a à coeur de faire sa part chez lui. Pour les pays en développement, cela signifie traduire la discussion d'aujourd'hui en projet d'avenir et en énoncé de priorités pour attirer les moyens dont ils ont besoin pour s'attaquer aux questions se rapportant à l'eau. Des pays donateurs comme le Canada sont prêts à les aider à relever le défi. Toutefois, il faut auparavant que les questions comme l'eau, l'assainissement et les établissements humains figurent dans les plans de développement nationaux comme les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté, les stratégies de gestion des ressources hydriques et les stratégies nationales de développement durable.

Pour atteindre ce but, il faut rassembler tous les décideurs clés au même endroit au même moment, et c'est là chose difficile.

Les responsables des ministères de l'Agriculture, de la Santé, du Commerce, des Finances et de la Planification doivent savoir que les maladies d'origine hydrique et autres dangers sont la cause d'importantes pertes économiques et sociales et qu'elles empêchent de parvenir à atténuer la pauvreté. Ils doivent admettre que l'eau est essentielle à la sécurité alimentaire et à la lutte contre les maladies - autres grands objectifs des Buts du développement du millénaire.

Je crois que nous pouvons réaliser ce programme commun d'établissement des objectifs grâce à la collaboration entre les ministères de différents gouvernements nationaux. Il faut que cela soit une priorité aussi bien du Nord que du Sud.

J'ai encore quelques autres idées, mais je les exposerai demain.

Merci, Monsieur le Président.


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