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ARCHIVÉE - Ébauche d'évaluation préalable du hexabromocyclododécane (HBCD)

Caractérisation des risques pour la santé humaine

L'HBCD a une faible toxicité aiguë. Dans l'essai biologique relevé, l'exposition par voie alimentaire chez des souris de 18 mois n'a pas entraîné d’augmentation de l'incidence des tumeurs. Selon les résultats tirés d'une base de données limitée, l'HBCD n'a pas de potentiel génotoxique significatif in vitro ou in vivo .

Des études de toxicité en doses répétées à court terme ont permis de relever des effets sur le foie et la thyroïde; les concentrations avec effet nocif étaient comprises entre 29,9 et 125 mg/kg p.c. par jour (Chengelis, 1997; van der Ven et al., 2006). L'Union européenne avait choisi la DMENO de 29,9 mg/kg p.c. par jour comme l'une des deux concentrations associées à un effet critique sur lesquelles elle s'est basée pour caractériser les risques (EURAR, 2008).

L'Union européenne avait choisi une DSENO (10 mg/kg p.c. par jour) provenant de l'essai sur la reproduction de deux générations mené sur des rats de souche Crl:CD(SD); cet essai s'inscrivait dans une étude réalisée par Ema et al. (2008) afin d'évaluer les risques liés à une exposition à long terme pour les populations prédisposées (EURAR, 2008). La DMENO était de 101 mg/kg p.c. par jour, d'après une diminution de l'indice de fertilité selon la dose chez la génération F0, une diminution importante du nombre de follicules primordiaux dans l'ovaire et une incidence accrue des animaux présentant une diminution de la taille des follicules thyroïdiens dans les deux groupes ayant reçu la dose la plus élevée chez les générations F0 et F1 .

Une étude a permis dedéterminer un paramètre potentiellement préoccupant pour les sous-populations prédisposées (p. ex., les nourrissons et les enfants). Eriksson et al. (2006) ont exposé des souriceaux NMRI mâles nouveau-nés (jour 10) à l'HBCD par gavage, à une dose unique de 0, 0,9 ou 13,5 mg/kg p.c. À l'âge de trois mois, les souris ont été soumises à une évaluation du comportement spontané et de la capacité d'apprentissage et de mémorisation. La plus faible dose était la DMENO, 0,9 mg/kg p.c., d'après un comportement spontané sensiblement modifié (état hyperactif et réduction de l'accoutumance). Bien qu'on n'ait relevé aucun changement dans le comportement spontané au cours d'autres études réalisées sur des animaux, ce paramètre a été pris en considération pour la caractérisation des risques .

On a noté de faibles concentrations avec effet nocif lors d'une étude récente sur une génération de rats (van der Ven et al., 2009; Lilienthal et al., 2009a). Les auteurs ont déclaré que les effets « les plus sensibles » étaient la diminution de la densité minérale osseuse trabéculaire (dose associées à un effet critique, 0,18 mg/kg p.c. par jour) et de la concentration de rétinoïdes apolaires (dose associée à un effet critique, 5,1 mg/kg p.c. par jour) dans le foie des femelles F1, ainsi qu'une augmentation de la réponse immunitaire chez les mâles F1 (dose associées à un effet critique, 1,45 mg/kg p.c. par jour). Pour chacun de ces trois paramètres, la réponse à la dose est soit équivoque (p. ex., teneur minérale dans l'os trabéculaire, réponse immunitaire accrue), soit évidente seulement aux niveaux d'exposition plus élevés (rétinoïdes hépatiques apolaires). En raison des limites de cette étude, elle n'a pas été prise en considération pour la caractérisation des risques.

De l'HBCD a été décelé dans le sang humain, le sérum du cordon ombilical, le lait maternel, la poussière et l'air ambiant au Canada. Des données ont été relevées concernant des concentrations dans des aliments aux États-Unis. Il a été déterminé que l'étude la plus pertinente aux fins de la caractérisation des risques pour la santé humaine était celle comportant un essai sur la reproduction de deux générations réalisé sur des rats (Ema et al., 2008).

Afin d'évaluer les risques que présente l'exposition à l'HBCD pour l'ensemble de la population canadienne au cours de sa vie, on a choisi une DSENO prudente de 10 mg/kg p.c. par jour provenant de l'essai d'Ema et al. (2008) concernant la reproduction sur deux générations de rats. De plus, il a été jugé approprié de caractériser l'ampleur de la marge entre les expositions potentielles des nourrissons et des enfants et la DMENO de 0,9 mg/kg p.c. obtenue lors de l'étude d'Eriksson (2006).

Des nourrissons allaités âgés de 0 à 6 mois représentaient la sous-population la plus fortement exposée de l'ensemble de la population du Canada,l'exposition ayant été estimée à 1,1 × 10-1µg d'HBCD/kg p.c. par jour à partir de l'absorption combinée de nourriture, de sol, de poussière et de la substance présente dans d'autres milieux naturels (Santé Canada, 2008). Cette constatation est bien corrélée avec l'estimation obtenue par Eljarrat et al. (2009) pour des nourrissons allaités à La Corogne, au nord-ouest de l'Espagne, soit 1,75 × 10-1 µg ΣHBCD/kg p.c. par jour. Les expositions des nourrissons âgés de 0 à 6 mois qui étaient nourris au lait maternisé et autrement (sans lait maternisé) étaient de 1,0 × 10-2 µg ΣHBCD/kg p.c. par jour et de 4,0 × 10-2 µg ΣHBCD/kg p.c. par jour, respectivement. Les estimations de la limite supérieure d'exposition pour l'ensemble de la population du Canada, comme l'indique l'annexe D, tiennent compte des concentrations d'HBCD dans la poussière des maisons et les aliments.

D'après la modélisation d'un scénario d'utilisation des produits, la plus forte estimation relative à l'exposition aux produits de consommation, causée par le mâchonnement de textiles ou de meubles rembourrés ignifugés, était de 5,6 × 10-5 mg/kg p.c. par jour pour un nourrisson (de 0 à 6 mois).

Une comparaison entre des données obtenues pour l’ensemble de la population, soit la concentration associée à un effet critique (10 mg/kg p.c. par jour) et les estimations de la limite supérieure d'exposition (0,047 µg HBCD/kg p.c. par jour), donne une marge d'exposition de 213 000. En outre, la marge entre les estimations de la limite supérieure d'exposition pour les nourrissons allaités (1,1 × 10-1 µg HBCD/kg p.c. par jour) et la dose minimale avec effet observé (DMEO) de 0,9 mg/kg p.c. par jour se chiffre à 8 200. Ces marges d'exposition sont jugées adéquates pour dissiper les incertitudes relevées dans les bases de données relatives à l'exposition et aux effets sur la santé. Comme l'absorption chez les rats dans l'étude sur deux générations couvrait l'exposition, la lactation et l'alimentation in utero, on estime que les marges entre l'absorption estimée par le lait maternel humain et la concentration associée à un effet critique dans la base de données sur les animaux protègent la vie humaine. Ces estimations concordent avec les conclusions formulées dans l'EURAR (2008). En effet, les auteurs de ce rapport ont obtenu une marge de sécurité de 7,0 × 105 et n'ont manifesté aucune préoccupation relative à la toxicité pour la reproduction ou la fertilité menaçant des nourrissons allaités ni aucune préoccupation à l'égard des nourrissons allaités exposés à une toxicité en doses répétées avec une marge de sécurité de 1,5 × 106.

La marge d'exposition entre l'absorption estimée de 5,6 × 10-5 µg/kg p.c. par jour pour un nourrisson qui mâchonne des textiles et la DMENO la plus prudente relevée dans la base de données sur les animaux de 0,9 mg/kg p.c. par jour est de 1,8 × 107 .

Incertitudes dans l'évaluation des risques pour la santé humaine

Le degré de confiance à l'égard de la base de données concernant les études de toxicité sur l'HBCD est modéré. Bien que le seul essai biologique sur la cancérogénicité ait été décrit de façon inadéquate, les études de génotoxicité disponibles présentaient des résultats négatifs. On a estimé que l'étude critique sur la reproduction de deux générations était conforme aux lignes directrices de l'OCDE et qu'elle avait été menée en accord avec les bonnes pratiques de laboratoire. En outre, on a observé des effets uniformes à des niveaux d'exposition semblables entre les études.

Des données sur les milieux naturels au Canada étaient disponibles pour plusieurs milieux, y compris les concentrations dans le lait maternel humain, l'air extérieur, le biote alimentaire (touladi) et la poussière. Il existe des incertitudes liées à l'utilisation de la concentration maximale d'HBCD, soit 1 300 µg/kg, dans la poussière au Canada. Il existe également des incertitudes entourant l'utilisation d'une concentration médiane de substitution de 0,0002 µg/m3 appliquée au Royaume-Uni (Abdallah et al., 2008a) ainsi qu'à l'utilisation de concentrations totales d'HBCD dans les aliments issues d'une étude sur le panier de provisions menée aux États-Unis (Schecter et al., 2009). En ce qui concerne la dernière incertitude, elle est probablement faible en raison de la disponibilité de produits alimentaires semblables au Canada et du fait que les concentrations mesurées aux États-Unis sont probablement représentatives de celles présentes au Canada. On obtient des estimations du pire des scénarios d'exposition en incluant des valeurs de la limite de détection pour les concentrations non détectées. Faute de données sur la présence d'HBCD dans l'eau potable au Canada, on a utilisé une concentration d'HBCD dans des lacs au Royaume-Uni comme donnée de substitution. Des incertitudes sont aussi liées aux hypothèses intégrées au modèle incluant des scénarios pour les produits de consommation. Les estimations découlant du scénario de mâchonnement pour les nourrissons et les tout-petits ressemblent à celles tirées de l'évaluation préalable concernant le PTCE (Canada, 2009). De plus, elles semblent sous-estimées lorsqu'on les compare aux estimations liées au sous-scénario de l'Union européenne; cependant, les estimations sont comparables lorsque la valeur de l'EURAR de 2 mg/m2 de tissu est remplacée par 84 mg/m2 dans le scénario de l'Union européenne. L'absorption obtenue au moyen d'un rétrocalcul de concentration dans le sang était semblable à celle provenant de sources alimentaires; Eljarrat et al. (2009) ont obtenu une estimation comparable de l'exposition pour les nourrissons. Pour ces raisons, le degré de confiance est élevé à l'égard des estimations de l'exposition à partir des milieux naturels et des produits de consommation pour l'ensemble de la population canadienne ainsi que des marges d'exposition obtenues qui en découlent.