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Rapport annuel de la LCPE (1999) pour la période d'avril 2010 à mars 2011


3 Collecte de l'information et établissement d'objectifs, de directives et de codes de pratique (Partie 3)

La Partie 3 de la LCPE (1999) exige que le ministre de l'Environnement établisse des objectifs et des directives en matière de qualité de l'environnement, et qu'il publie des directives concernant les rejets de substances et des codes de pratique. Le ministre de la Santé est tenu de fixer des objectifs, des directives et des codes de pratique concernant les éléments de l'environnement qui peuvent avoir des répercussions sur la vie et la santé des Canadiens. La Partie 3 traite également de la recherche, de la collecte de renseignements et de la production d'inventaires et de rapports.

3.1 Surveillance de la qualité de l'environnement

Au Canada, la surveillance de la qualité de l'air et de l'eau relève de partenariats entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les municipalités, les universités, les associations s'intéressant à la qualité de l'eau et de l'air, les groupes environnementaux et les bénévoles.

3.1.1 Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique

Le Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique est un réseau commun fédéral, provincial, territorial et municipal qui a vu le jour en 1969. De nature principalement urbaine, le réseau compte près de 379 stations de surveillance de la pollution atmosphérique réparties dans 311 collectivités, auxquelles s'ajoutent les stations du Réseau canadien d'échantillonnage des précipitations et de l'air, situées dans les régions rurales et éloignées. Le réseau prend des mesures en continu de l'ozone, des oxydes d'azote (NO, NO2, NOx), du dioxyde de soufre (SO2), du monoxyde de carbone, des matières particulaires fines (MP2,5) et des grosses matières particulaires (MP10). Il exploite également plus de 80 échantillonneurs d'air actifs pour mesurer des substances toxiques. Ces substances incluent les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les dioxines et les furanes (qui sont produits par des activités de combustion telles que la combustion du bois), les métaux lourds, comme l'arsenic, le plomb et le mercure et plus de 167 composés organiques volatils (COV) qui contribuent à la formation du smog. Plus de 340 substances chimiques sont analysées dans des échantillons recueillis dans un sous-ensemble de sites du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique.

Les données du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique servent à produire des rapports sur l'atteinte des standards pancanadiens relatifs aux particules et à l'ozone. Elles sont également utilisées par le programme Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement pour son indicateur de qualité de l'air. Les données du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique sont également utilisées pour le rapport sur les progrès en matière de réduction des émissions liées à l'ozone et aux dépôts acides. Le rapport intitulé Accord Canada–États-Unis sur la qualité de l'air : Rapport d'étape de 2010, publié en novembre 2010, montre que, de 1990 à 2008, les émissions totales de SO2 du Canada ont diminué de 47 % et que les émissions totales NOx du Canada ont diminué de 32 % dans la région de l'ozone transfrontalier (qui comprend le centre et le sud de l'Ontario et le sud du Québec).

Les mesures continues (SO2, NO2, ozone, MP2,5 et CO) prises dans le cadre du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique sont également utilisées par l'Alberta, l'Ontario et le Québec pour produire des rapports sur leurs indices de qualité de l'air. Environnement Canada et plusieurs provinces présentent la cote air santé, qui utilise une combinaison de données de mesure (NO2, ozone et MP2,5) pour fournir les lectures horaires et les valeurs maximales prévues de la cote air santé. Les données de mesure continue de MP2,5 et de l'ozone du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique sont également envoyées au site Web AIRNow des États-Unis afin de permettre la cartographie en temps réel de la qualité de l'air ambiant au Canada et aux États-Unis.

Un nombre important de demandes pour des données du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique sont reçues chaque année par Environnement Canada d'autres gouvernements, de chercheurs des universités et de Canadiens.

En 2010-2011, le programme du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique a poursuivi la mise à niveau des rapports et de son infrastructure de base de données, afin d'assurer la transmission en temps opportun de données quotidiennes et annuelles validées. Les instruments de mesure du monoxyde de carbone ont été remplacés par des instruments d'analyse à l'état de traces, plus sensibles, capables de mesurer les concentrations plus faibles que l'on retrouve maintenant dans la plupart des villes canadiennes. Les appareils de surveillance en continu des MP2,5 ont été mis à niveau à travers le Canada et font maintenant appel à de nouvelles technologies, dans un effort pour améliorer l'uniformité et la comparabilité des données sur les matières particulaires fines. L'analyse des MP2,5 a également été étendue pour inclure le lévoglucosane et ses isomères (mannosane, galactosane) et les indicateurs de la combustion de la biomasse, c'est-à-dire des matières particulaires qui proviennent de la combustion de bois (incendies de forêt, poêles à bois, fours à bois, etc.). Le réseau MP2,5 du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique a compilé sa première année de données sur le lévoglucosane dans douze sites à travers le pays.

Bien que les concentrations de polluants les plus importants aient diminué au cours des 40 dernières années, les mesures et les recherches continues sur les effets sur la santé ont démontré clairement que les polluants comme les matières particulaires fines et l'ozone sont encore préoccupants. De plus, le Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique répond aux nouvelles exigences et priorités relatives aux substances d'intérêt émergentes. Depuis 2008, par exemple, les PBDE utilisés comme ignifuges dans les produits de consommation ont fait l'objet d'un suivi et d'analyses dans dix sites du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique sélectionnés à travers le Canada, dans le cadre des activités de contrôle et de surveillance du Plan de gestion des produits chimiques. De tous les PBDE surveillés, les résultats indiquent que le décaBDE (BDE-209) présente les niveaux les plus élevés, en particulier pendant les mois plus froids. Ce résultat illustre le rôle du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique à titre de programme de mesure en constante évolution, qui fournit des données opportunes, pertinentes et fondées en science à l'appui de l'examen des problèmes de qualité de l'air actuels et émergents.

Lancé comme accord de coopération entre des organismes de surveillance, le Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique s'est transformé en un partenariat formel en 2004 avec la signature d'un protocole d'entente entre le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux, territoriaux et régionaux. Cet accord décrit les conditions générales de la coopération dans la gestion d'ensemble et le soutien du programme de surveillance de la qualité de l'air du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique.

3.1.2 Réseau canadien d'échantillonnage des précipitations et de l'air

Le Réseau canadien d'échantillonnage des précipitations et de l'air est un réseau régional et non urbain de surveillance qui mesure la qualité de l'air depuis 1978. On compte actuellement 33 stations de mesure au Canada, situées dans des régions rurales et éloignées à travers le pays afin de fournir un échantillonnage représentatif de la qualité de l'air régional, en complément aux sites principalement urbains du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique. Une station située aux États-Unis et une autre au Canada permettent d'assurer la comparabilité des méthodes de mesures des deux pays à l'appui de l'Accord CanadaÉtats-Unis sur la qualité de l'air. Le réseau mesure un vaste éventail de polluants atmosphériques, y compris plusieurs substances toxiques aux termes de la LCPE (1999) (p. ex. sulfate particulaire, ammoniac à l'état gazeux, nitrate, dioxyde de soufre à l'état gazeux, acide nitrique, ozone et mercure). 

En 2010-2011, plus de 25 000 échantillons ont été analysés dans le cadre des initiatives de surveillance et de recherches environnementales du Canada. Des analyses des principaux ions (>18 000) dans l'air et dans les précipitations ont été effectuées afin de déterminer les dépassements annuels de charge critique à l'échelle nationale et les niveaux d'ozone à l'appui des standards pancanadiens et des Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement. En outre, les mesures continues de gaz à l'appui de différentes initiatives de recherche liées à la qualité de l'air se sont poursuivies, y compris pour la cote air santé. Afin de faire en sorte de disposer de données opportunes et fiables au niveau de traces pour la prévision de la qualité de l'air et de la cote air santé, une étude a été menée en 2010 pour déterminer laquelle des technologies existantes de mesure des matières particulaires fines dans les environnements non urbains était la plus appropriée pour le réseau du Réseau canadien d'échantillonnage des précipitations et de l'air. La technologie retenue sera mise en place en 2011-2012.

Le Réseau canadien d'échantillonnage des précipitations et de l'air continue de répondre aux priorités actuelles et émergentes en matière de données, d'information et de politiques sur la qualité de l'air dans les régions et les secteurs ruraux. Ses données restent très fiables et hautement représentatives des sites de l'arrière-pays et permettent de soutenir les efforts de recherche sur les tendances régionales, continentales et hémisphériques.

3.1.3 Réseau de mesure des dépôts atmosphériques

Prescrit par les dispositions de l'Annexe 15 de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs et établie en 1990, le Réseau de mesure des dépôts atmosphériques est une initiative binationale d'Environnement Canada et de l'Environmental Protection Agency des États-Unis. Son mandat porte sur la surveillance des tendances atmosphériques et des dépôts de polluants toxiques prioritaires dans le bassin des Grands Lacs.

Le réseau a une station de surveillance sur le littoral de chacun des cinq Grands Lacs ainsi que plusieurs stations satellites supplémentaires. Les stations de surveillance fournissent des données à long terme sur des concentrations de substances toxiques dans des échantillons de gaz, de matières particulaires et de précipitations représentatifs des régions. Environnement Canada gère des stations au lac Huron à Burnt Island et au lac Ontario à Point Petre. Les substances surveillées comprennent les HAP, les pesticides organochlorés, y compris ceux interdits et ceux en usage, les BPC propres aux congénères et les métaux à l'état de traces.

En 2010-2011, les mesures des substances toxiques prioritaires, l'analyse de données, et l'élaboration et l'amélioration de méthodes ont continué à être d'importance. Les données sur les substances de base du Réseau de mesure des dépôts atmosphériques et sur les oligo-éléments dans l'air et les précipitations sont disponibles jusqu'en 2008. Avec l'appui du Plan de gestion des produits chimiques, le Réseau de mesure des dépôts atmosphériques filtre des échantillons de l'air et des précipitations pour y détecter les nouvelles substances préoccupantes, dans le but d'évaluer leur incidence sur la région des Grands Lacs. Les échantillons d'air prélevés entre 2005 et 2009 dans les stations de surveillance canadiennes ont été analysés aux fins de détection de PBDE, et des échantillons de précipitations prélevés entre 2007 et 2009 dans les sites adjacents au lac Ontario ont été analysés aux fins de détection des PBDE et de l'hexabromocyclododécane (HBCD). Les résultats sont disponibles pour les nouvelles espèces ignifuges dans les échantillons d'air prélevés en 2009. Depuis 2007, les échantillons de précipitations sont également analysés pour vérifier la présence de nouveaux ignifuges. Les données du réseau ont continué à être utilisées pour produire des publications évaluées par les pairs. De plus, les données canadiennes et américaines recueillies entre 2006 et 2008 pour l'air et les précipitations ont été utilisées pour calculer les dépôts atmosphériques des substances de base du Réseau de mesure des dépôts atmosphériques pour le bassin des Grands Lacs. Un rapport intitulé Dépôts atmosphériques de substances toxiques dans les Grands Lacs : Résultats du Réseau de mesure des dépôts atmosphériques jusqu'en 2008 sera publié en décembre 2011.

3.1.4 Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord

Dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, Environnement Canada a continué d'effectuer des mesures atmosphériques de polluants organiques persistants, de mercure et d'autres produits chimiques d'intérêt prioritaire dans l'Arctique. Mené par le ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, le Programme de lutte contre les contaminants du Nord est le plan national de mise en œuvre du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique et contribue à répondre aux obligations du Canada dans le cadre de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants du Programme des Nations Unies pour l'environnement et dans les négociations actuelles au Programme des Nations Unies pour l'environnement visant à établir un accord juridiquement contraignant sur la réduction des émissions mondiales de mercure.

Polluants organiques persistants

Les tendances temporelles et les variations saisonnières les plus récentes en matière de BPC, de pesticides actuellement utilisés, de PBDE et de composés polyfluorés mesurés à Alert, au Nunavut, ont été rapportées dans le rapport intitulé Canadian Arctic Contaminants Assessment Report III, qui doit être publié à la fin de l'automne 2011. Ce rapport mettra à jour l'information sur l'état des contaminants dans l'Arctique canadien comme suit :

  • les résultats indiquent que les concentrations atmosphériques de BPC à Alert, qui affichaient une tendance à la baisse avant 2002, ont augmenté entre 2003 et 2007. Une explication possible pour cette observation pourrait être la réévaporation de l'eau en haute mer alors que l'étendue de la glace de mer diminue en été dans tout l'Arctique;

  • le pesticide lindane a été inclus dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants aux fins de contrôle à l'échelle mondiale en mai 2009. Le Canada, un utilisateur important du lindane en Amérique du Nord, a supprimé l'homologation du lindane aux fins d'utilisation sur les semences de canola en juillet 2001, et déclaré une interdiction totale sur son utilisation comme pesticide en 2004. À la suite de cette mesure de gestion des risques, la concentration atmosphérique de lindane est en déclin à Alert. Au taux actuel, on peut prévoir que la concentration dans l'air devrait diminuer de moitié au cours des quatre prochaines années;

  • les concentrations de PBDE continuaient à augmenter à Alert en 2007. Même si les plus hauts niveaux annuels de ce contaminant sont habituellement associés à des températures élevées de l', des observations épisodiques de concentrations élevées de PBDE lié aux particules pendant l'hiver à Alert étaient probablement liées à des apports accrus en transport sur de grandes distances pendant la période de brume arctique, ce qui démontre clairement que la pollution hémisphérique atteint l'Arctique;

  • depuis 2007, les échantillons d'air prélevés à Alert font l'objet d'analyses pour vérifier la présence de nouveaux ignifuges. Trois nouveaux ignifuges ― 1,2-bis(2,4,6-tribromophénoxy)éthane, 2-éthyl-1-hexyl 2,3,4,5-tétrabromobenzoate et bis(2-éthyl-1-hexyl)tétrabromophthalate -- ont été détectés à des niveaux comparables aux niveaux de PBDE. Leur présence dans l'air à Alert met en évidence leur potentiel d'être transporté par les courants atmosphériques sur de longues distances, jusque dans les régions éloignées de l'Arctique canadien;

  • Les concentrations atmosphériques de précurseurs des composés perfluorés (PFC) (alcools fluorotélomères et N-éthyl perfluorooctane sulfonamidoéthanol) sont mesurées à la station Alert depuis 2006. Aucune tendance temporelle constante n'a été trouvée pour les PFC, sauf pour l'un des alcools fluorotélomères spécifiques, qui semblent afficher une tendance à la hausse constante. Des variations saisonnières des concentrations dans l'air ont été observées pour divers composés perfluorés.
Mercure

Les plus récentes tendances décelées à la station Alert ont fait l'objet de publications dans les revues scientifiques, notamment dans le Canadian Arctic Contaminants Assessment Report III - Mercury ainsi que dans la mise à jour sur le mercure du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique. Tous ces résultats montrent le besoin d'emplacements de surveillance supplémentaires pour le mercure dans l'Arctique canadien, afin d'évaluer avec exactitude les tendances dans les différentes régions. Par exemple, dans l'ensemble, la concentration atmosphérique de mercure élémentaire gazeux a été jugée plus faible dans l'Arctique de l'ouest que dans l'Arctique de l'est, mais il existe des lacunes dans les connaissances au sujet de l'Arctique central et de la région subarctique. En particulier, les concentrations des différentes espèces chimiques de mercure rapportées dans l'Arctique au printemps sont similaires aux concentrations trouvées dans les zones urbaines et industrialisées.

La surveillance environnementale indique que la diminution des niveaux de mercure dans l'atmosphère du Haut-Arctique (~0,6 % par année depuis 1995) est largement inférieure à celle observée aux latitudes plus basses (~3 % par année). Ce constat laisse penser que les réductions des émissions au Canada, aux États-Unis et en Europe peuvent être annulées par la hausse des émissions dans d'autres régions du monde comme l'Asie, ou que le cycle du mercure dans l'Arctique confond l'effet de la réduction des émissions.

Les modèles atmosphériques de répartition mondiale du mercure indiquent que le déclin observé dans les concentrations atmosphériques et les dépôts de mercure dans les régions tempérées de l'Amérique du Nord a été attribué à la baisse des émissions de mercure en Amérique du Nord. À l'inverse, les modèles prévoient que les concentrations et les dépôts de mercure dans l'Arctique canadien entre 1990 et 2005 étaient davantage influencés par les changements dans les émissions mondiales et les tendances météorologiques que par les changements dans les émissions en Amérique du Nord.

Exposition des humains aux contaminants dans le Nord

Santé Canada, en partenariat avec le ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, a mis en place le volet sur la santé humaine du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord en réponse aux préoccupations relatives à l'exposition des personnes à des concentrations élevées de contaminants chez les espèces sauvages qui occupent une place importante dans le régime alimentaire traditionnel des peuples autochtones du Nord. L'objectif clé est de réduire et, dans la mesure du possible, d'éliminer les contaminants dans les aliments traditionnels et prélevés dans la nature, tout en offrant de l'information pour aider les personnes et les collectivités à prendre des décisions éclairées à propos de leurs habitudes de consommation. Des études de biosurveillance et de résultats de santé sont menées pour caractériser l'exposition humaine et les effets des produits chimiques environnementaux sur la santé au sein des populations du Nord.

Le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord constitue actuellement la principale contribution du Canada au volet des contaminants du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique du Conseil de l'Arctique. Un rapport d'évaluation important et ayant permis d'améliorer la compréhension des substances chimiques environnementales dans le Nord du Canada a été publié en décembre 2010. Santé Canada a contribué à l'examen annuel des propositions du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, en vertu desquelles huit projets de santé humaine seront réalisés en 2011-2012.

Santé Canada dirige également l'étude pluriannuelle sur les choix diététiques et la santé au Nunavut de l'Année polaire internationale, qui nous permet de mieux comprendre les facteurs qui déterminent le choix alimentaires des gens du Nord. Le projet permet à Santé Canada d'offrir aux gouvernements territoriaux de meilleurs conseils de gestion des risques sur les contaminants et les aliments traditionnels. Un sommaire de rapport de recherches (du projet de recherche quadriennal) a été complété et approuvé par le Secrétariat de l'Année polaire internationale. De plus, un cahier éducatif basé sur cette étude a été préparé pour le Collège de l'Arctique du Nunavut. Il sera utilisé comme matériel d'enseignement pour les étudiants du Nord.

3.1.5 Transport atmosphérique intercontinental de polluants anthropiques vers l'Arctique

Ce projet est l'un de 44 projets financés par le Canada et l'un de cinq projets menés par les scientifiques d'Environnement Canada dans le cadre de l'Année polaire internationale. Le projet, qui a pris fin en 2011, mesurait de façon simultanée les concentrations atmosphériques de polluants organiques persistants et de mercure dans les régions sources potentielles le long de la côte du Pacifique et dans l'Arctique canadien, américain et russe. Les résultats aideront à déterminer la source géographique de ces substances chimiques, la proportion contribuée par chaque région source, et les conditions climatiques qui ont une incidence sur leur transport à l'Arctique. Le projet était une extension des réseaux pour la mesure de polluants organiques persistants et de mercure dans l'atmosphère dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord et du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique du Conseil de l'Arctique. Les résultats finaux du projet seront résumés dans le cadre de la Conférence Montréal 2012 de l'Année polaire internationale.

Au Canada, les polluants organiques persistants et le mercure sont mesurés à des stations à Alert, au Nunavut, et au lac Little Fox, au Yukon. Les concentrations atmosphériques de mercure sont également mesurées à Whistler, en Colombie-Britannique. En 2010-2011, les stations des deux côtés de l'océan Pacifique ont rapporté des données préliminaires sur les concentrations atmosphériques de polluants organiques persistants et de mercure. La plupart des données sont actuellement soumises à des procédures d'assurance et de contrôle de la qualité pour garantir l'uniformité et la fiabilité. Les résultats des mesures montrent qu'un groupe de sous-produits toxiques de la combustion, les HAP, détectés dans l'air du Yukon, était relié à des sources en Amérique du Nord, en Asie et dans le nord de l'Europe (p. ex. les incendies de forêt en Californie et en Asie), et aux plates-formes de production de pétrole et de gaz dans l'ensemble de l'Arctique. Les dépôts atmosphériques de mercure à Alert ont changé entre 1995 et 2007, reflétant une relation complexe entre les dépôts de mercure d'une part et la température locale et la direction du vent d'autre part. Le réchauffement de l'Arctique pourrait également libérer dans l'air des polluants organiques persistants précédemment déposés dans les océans et la glace, les rendant à nouveau disponibles aux fins de distribution dans le monde entier et modifiant l'exposition des humains et de la faune. Par conséquent, on devra tenir compte de l'influence du changement climatique afin de réduire l'exposition aux produits chimiques toxiques dans l'Arctique.

3.1.6 Réseau d'étude d'échantillonnage passif atmosphérique mondial

Le Réseau d'étude d'échantillonnage passif atmosphérique mondial est un programme mondial de surveillance des substances chimiques présentes dans l'environnement. Des appareils d'échantillonnage simples, fonctionnant sans électricité, sont utilisés. Elle est gérée par les scientifiques d'Environnement Canada qui travaillent en collaboration avec une équipe de chercheurs internationaux. Les résultats de l'étude aident le Canada à remplir les obligations prévues dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants dans le cadre du Programme environnemental des Nations Unies, et du Protocole sur les polluants organiques persistants de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe.

En 2010-2011, le Réseau d'échantillonnage atmosphérique passif a continué à contribuer aux efforts internationaux sur les polluants organiques persistants atmosphériques par l'entremise du renforcement des capacités, du transfert de technologie, de l'échange de données, de la participation à des ateliers et de la production de rapports. Par exemple, un sous-projet ayant permis de faire connaître l'échantillonnage passif à des collaborateurs de l'Inde a permis de produire les toutes premières données en résolution saisonnière et spatiale pour l'ensemble de l'Inde.

Également en 2010, les travaux ont débuté dans le cadre d'un projet triennal financé par le Programme des Nations Unies pour l'environnement afin de combler les lacunes en matière de données sur les rejets de dioxines polychlorées et de furanes dans l'air en Amérique latine. Dans le cadre du programme de base du Réseau d'étude d'échantillonnage passif atmosphérique mondiales, la prise d'échantillons s'est poursuivie dans 55 stations internationales pour une sixième année consécutive, et les échantillons ont été analysés jusqu'en 2008. De même, de nouvelles mesures effectuées dans un sous-ensemble de 20 stations du Réseau ont permis de produire les premières données mondiales sur les PFC et les méthylsiloxanes volatiles. Cet échantillonnage fournit de nouveaux renseignements pour l'évaluation et la gestion des risques de ces produits chimiques prioritaires au Canada (p. ex. Plan de gestion des produits chimiques) et à l'échelle internationale, certains PFC (le sulfonate de perfluorooctane (SPFO) et ses précurseurs) ayant récemment été ajoutés à la Convention de Stockholm. En s'appuyant sur le succès de la première phase, la deuxième phase de l'étude pilote sera étendue à tous les sites du réseau et poussera plus loin l'étude des nouveaux produits chimiques prioritaires dans l'atmosphère mondiale afin de mieux comprendre leur transport atmosphérique et ce qu'il advient d'eux.

Les données du réseau, seul programme d'étude de l'air à l'échelle mondiale dans le cadre du Plan mondial de surveillance de la Convention de Stockholm, ont permis de moderniser l'intégration des données de mesure dans l'estimation des émissions à l'échelle mondiale et dans les prédictions des modèles de transport mondiaux. Il en a résulté un cadre beaucoup plus intégré et plus complet pour l'évaluation du transport et du devenir des produits chimiques dans l'air.

3.1.7 Surveillance des gaz à effet de serre

Environnement Canada a entamé des observations du CO2 en 1975, dans le cadre de l'effort mondial visant à caractériser la composition atmosphérique changeante et à comprendre les changements climatiques. Le réseau de surveillance actuel pour les gaz à effet de serre comprend des observations du dioxyde de carbone, du méthane, de l'oxyde nitreux et de l'hexafluorure de soufre. Cinq sites situés dans des régions éloignées du Canada fournissent des données sur les concentrations hebdomadaires et quotidiennes pour ces gaz à effet de serre. Cinq autres sites situés dans l'Ouest canadien et le centre du Québec surveillent le dioxyde de carbone et le méthane.

Les données canadiennes sont recueillies et communiquées afin de respecter les obligations internationales à l'égard du Système mondial d'observation du climat de l'Organisation météorologique mondiale. Elles respectent également les exigences pour la surveillance et la communication des données en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. L'observatoire de veille de l'atmosphère du globe du docteur Neil Trivett d'Environnement Canada, situé à Alert, au Nunavut est l'un des trois sites mondiaux de comparaison corrélative utilisés pour garantir la comparatibilité et l'exactitude des données dans les réseaux mondiaux. Les données sont utilisées pour estimer les sources naturelles ou anthropiques (liées à l'activité humaine), caractériser la variabilité annuelle des sources et des puits, et améliorer la compréhension de l'échange de carbone entre l'atmosphère et la biosphère terrestre.

Les concentrations des gaz à effet de serre canadiennes et les tendances connexes sont conformes à la situation mondiale. Selon les observations recueillies dans les stations éloignées du réseau de surveillance d'Environnement Canada, les valeurs de dioxyde de carbone moyenne annuelle se situaient respectivement à 388,3 et à 391,1 parties par million pour 2009 et 2010, tandis que les valeurs annuelles moyennes de méthane ont été de 1870 et 1874 parties par milliard, respectivement, pour 2009 et 2010.

3.1.8 Surveillance de la qualité de l'eau à l'appui du Programme de réglementation de la qualité de l'air

Le réseau FISHg (Freshwater Inventory and Surveillance of Mercury) est un réseau national d'organismes du réseau de surveillance du mercure créé en 2008 dans le cadre du programme de recherche scientifique sur le mercure du Programme de réglementation de la qualité de l'air. Le réseau comprend des lacs à travers le Canada qui sont situés à proximité de sources ponctuelles d'émissions de mercure, ainsi que des lacs de référence dans les régions éloignées. Les résultats du réseau FISHg soutiennent directement la composante de cartographie des risques écologiques du Programme de réglementation de la qualité de l'air.

En 2010-2011, cinq lacs ont été ajoutés au réseau FISHg (pour un total de 20 sites). Les lacs additionnels ont été choisis afin de mieux comprendre l'influence des dépôts de mercure atmosphérique sur la variabilité spatiale de la concentration du mercure dans le poisson. En plus de surveiller régulièrement les niveaux de mercure dans l'eau et les poissons (poissons prédateurs/sportifs et fourrages), le réseau FISHg recueille des renseignements subsidiaires sur d'autres paramètres de qualité de l'eau (p. ex. sulfate, carbone organique dissous), sur la dynamique de la chaîne alimentaire et sur les caractéristiques des bassins versants (p. ex. zones de terres humides, pente du bassin versant) afin de déterminer les variables qui influent sur les niveaux de mercure dans chaque région du pays.

Les premiers résultats du réseau FISHg ont permis de déterminer que la concentration moyenne de mercure dans les poissons prédateurs variait de plus d'un ordre de grandeur (de 0,14 à 2,2 µg/g) d'un plan d'eau à l'autre dans l'ensemble du pays; toutefois, les lacs de toutes les régions contenaient certains poissons individuels présentant des concentrations de mercure qui étaient supérieurs aux niveaux de consommation conseillés pour les espèces sauvages et les êtres humains (0,5 µg/g selon les lignes directrices de Santé Canada). Les analyses en cours sur l'ensemble de données visent à utiliser les données auxiliaires recueillies dans chaque lac afin d'élucider les variables responsables des tendances spatiales. Dans un lac donné, le niveau de mercure dans le poisson augmentait avec la taille du poisson et sa position trophique.

Les résultats préliminaires de ce programme ont été présentés à la communauté scientifique à l'occasion de la conférence de 2010 de la Society of Environmental Toxicology and Chemistry à Portland, en Oregon, et en 2011 lors de la Conférence internationale sur le mercure en tant que polluant mondial à Halifax, en Nouvelle-Écosse. L'information obtenue grâce au réseau FISHg contribuera à établir une base de comparaison nationale pour les niveaux de mercure dans les systèmes aquatiques, un élément essentiel pour évaluer l'efficacité des efforts de réglementation nationaux et internationaux et déterminer l'incidence des changements mondiaux/transfrontaliers sur les concentrations atmosphériques de mercure dans les milieux aquatiques du Canada.

3.1.9 Surveillance de la qualité de l'eau à l'appui du Plan de gestion des produits chimiques du Canada

Le programme national de suivi et de surveillance de l'environnement du Plan de gestion des produits chimiques d'Environnement Canada surveille les produits chimiques dans différents milieux naturels (air, eau, sédiment, poissons, faune), et également effectue la surveillance des sources (effluents et boues des stations de traitement des eaux usées, lixiviat et biogaz des sites d'enfouissement). Les espèces de poisson sensibles continuent d'être observées dans le cadre de la surveillance de la qualité de l'eau à titre de système d'alerte rapide pour la présence de substances dangereuses dans l'écosystème. En plus de déceler les substances émergentes qui requièrent une attention particulière, le programme permet de surveiller la progression des mesures prises en vertu du Plan de gestion des produits chimiques.

En 2010-2011, Environnement Canada a fait rapport de la première étude nationale sur les concentrations de PBDE dans les poissons prédateurs de haut niveau, en mettant l'accent sur le touladi. Les concentrations des trois groupes homologues de PBDE les plus abondants (tétraBDE, pentaBDE et octaBDE) sont, dans la plupart des cas, plus élevées chez les poissons des Grands Lacs que chez les poissons des autres systèmes. Les recommandations pour la qualité de l'environnement du gouvernement fédéral canadien pour le penta-homologue étaient dépassées dans 70 % des poissons examinés. Toutefois, aucun dépassement des recommandations ou presque n'a été constaté pour les autres congénères. L'étude appuie également la poursuite de l'intégration de l'échantillonnage des sédiments et de l'étude spécialisée du réseau trophique afin de fournir des informations sur les intrants de PBDE dans les systèmes et les mécanismes de bioamplification Le but ultime est de mieux comprendre et communiquer les réactions de l'écosystème et d'éclairer la gestion efficace des risques.

De plus, au cours de l'exercice 2010-2011, Environnement Canada a examiné les approches et les facteurs essentiels important de programmes de biosurveillance des contaminants dans les Grands Lacs dans le cadre d'un rapport qui passe en revue les facteurs ayant une incidence sur l'efficacité et la crédibilité des programmes de biosurveillance et des méthodes communément utilisées pour contrôler ces substances dans le cadre de trois grandes catégories : les facteurs spécifiques aux organismes, la conception de l'étude et l'analyse des données. Les données provenant de la documentation scientifique et des mesures à long terme de BPC dans les échantillons de touladi pris dans le lac Ontario dans le cadre des programmes de surveillance menés par Environnement Canada, le ministère de l'Environnement de l'Ontario et l'Environmental Protection Agency des États-Unis, ont été utilisées pour illustrer ces facteurs. De façon générale, plusieurs méthodes défendables ont été recensées, des plus simples aux plus complexes, pour composer avec les facteurs répertoriés, chacune ayant des avantages et des inconvénients. L'importance de mener des sondages préliminaires/études pilotes et de procéder à des examens réguliers des programmes en cours (p. ex. par l'intermédiaire d'une analyse de la puissance) a également été soulignée.

En 2010-2011, Environnement Canada a continué à recenser les nouveaux contaminants et pour la première fois fait rapport de la détection de sulfonate d'éthyle-cyclohexane perfluoré (PFECHS) dans les Grands Lacs. Le PFECHS est un acide perfluoré (PFA) cyclique principalement utilisé comme inhibiteur de l'érosion dans les fluides hydrauliques pour aéronefs. Le PFECHS a ainsi été signalé pour la première fois dans les poissons prédateurs de niveau trophique supérieur des Grands Lacs et dans les eaux de surface. Environnement Canada a également poursuivi ses activités de surveillance relatives à la présence de SPFO dans l'environnement au Canada afin de contribuer à l'ensemble international de connaissances sur les substances perfluorées et de déterminer si l'objectif environnemental et l'objectif de gestion des risques sont atteints. Le SPFO était le principal composé d'alkyle perfluoré retrouvé dans les échantillons de poisson des Grands Lacs en 2008. Les concentrations de la plupart de ces composés étaient semblables à celles mesurées chez les touladis échantillonnés dans le lac Ontario en 2004.

À l'appui du rapport sur la Stratégie de gestion du risque relative au mercure publié par Environnement Canada et Santé Canada en octobre 2010, Environnement Canada a continué de surveiller les changements dans les niveaux de mercure dans l'eau, les sédiments et le poisson dans le bassin des Grands Lacs et dans d'autres bassins versants transfrontaliers du Canada.

En 2010-2011, Environnement Canada a collaboré à la préparation d'un rapport binational et multipartite sur les tendances spatiales et temporelles concernant la présence de mercure dans le poisson des Grands Lacs Laurentiens. L'étude a compilé les données sur le mercure dans le poisson provenant de multiples sources dans la région des Grands Lacs et évalué les tendances spatiales et temporelles dans les concentrations de mercure dans les poissons prédateurs de niveau trophique supérieur de deux espèces représentatives (le doré jaune et l'achigan à grande bouche). Les résultats montrent une tendance temporelle généralement en déclin dans les concentrations de mercure chez les poissons dans la région des Grands Lacs, de 1970 à 2009, avec des tendances spatiales dans les concentrations de mercure en hausse du sud au nord et de l'ouest vers l'est, dans la région. Toutefois, les niveaux de mercure dans le doré jaune affichent une tendance plane ou à la hausse à partir du début des années 1990. Une surveillance continue est requise afin de confirmer une baisse soutenue dans les niveaux de mercure chez les poissons.

En 2010, Environnement Canada a également collaboré avec le ministère de l'Environnement de l'Ontario et le milieu universitaire pour présenter les tendances temporelles du mercure total dans quatre espèces de poissons dans le lac Érié, le doré jaune, l'achigan à petite bouche, la perchaude et le bar blanc, à partir de 35 années de données sur les contaminants dans les poissons. Cette analyse a mis en évidence une augmentation récente du mercure total, particulièrement après le milieu des années 1990. Cette constatation vient appuyer les observations concernant le doré jaune décrites ci-dessus. L'analyse montre également un ralentissement des taux de diminution et des taux d'augmentation plus élevés chez le doré jaune en comparaison des trois autres espèces examinées. Les changements structurels dans les réseaux trophiques consécutifs à l'arrivée d'espèces envahissantes (moule zébrée et gobie à taches noires) peuvent être associés aux tendances récentes concernant le mercure total dans le lac Érié. Cette analyse met également en évidence l'importance d'un contrôle continu pour éclairer les stratégies de réduction binationales.

3.1.10 Surveillance de la qualité de l'eau pour les pesticides, les produits pharmaceutiques et les produits d'hygiène et de beauté

La surveillance et le contrôle de la qualité de l'eau en ce qui concerne la présence et le devenir de pesticides dans le milieu aquatique sont effectués dans le cadre du programme national de sciences sur les pesticides. Ce programme permet à Environnement Canada de respecter ses engagements découlant de l'initiative concernant l'obtention de la confiance du public dans la réglementation des pesticides dirigée par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire. Cette initiative est associée à la promulgation de la version révisée de la Loi sur les produits antiparasitaires en décembre 2002. Les objectifs généraux du programme national de sciences sur les pesticides consistent à effectuer des activités de surveillance, de contrôle, de recherche et d'évaluation par rapport aux pesticides, et à améliorer la prise de décisions scientifiques concernant les pesticides.

En 2010-2011, les études de surveillance et de contrôle sur les pesticides comprenaient une étude de surveillance nationale des herbicides à base de sulfonylurée et de l'herbicide glyphosate dans des sites agricoles sélectionnés dans les principaux bassins versants du pays. Des échantillons ont été prélevés du printemps jusqu'à la fin de l'été.

En 2010-2011, Environnement Canada a présenté les résultats d'un sondage national mené en 2007 dans 15 bassins versants au Canada présentant des degrés variés d'utilisation urbaine des terres, pour une série de 15 herbicides et d'un produit de décomposition. Six herbicides (2,4-DB, MCPB, Piclorame, 2,3,6-TBA, 2,4,5-t et 2,4,5-tp(silvex)) n'ont été décelés dans les échantillons d'eau d'aucun des sites. Les herbicides dont la présence a été détectée en 2007 sont les suivants : dicamba, 2,4-D, clopyralide, bromoxynil, mécoprop, dichlorprop, glyphosate et AMPA. La présence de glufosinate a été détectée dans un échantillon pris dans le ruisseau Highland, en Ontario. À l'exception du glyphosate, pour lequel les concentrations les plus élevées ont été relevées dans les rivières des Prairies, les concentrations moyennes d'herbicides relevées ont été bien plus importantes en Ontario que dans les centres urbains des autres provinces. À l'échelle nationale, les concentrations de tous les herbicides, à l'exception du dicamba, n'ont pas varié au cours des trois saisons (le printemps, l'été et l'automne), ce qui est probablement une indication d'une application faite de façon moins saisonnière dans les zones urbaines par rapport aux applications agricoles. La concentration d'herbicide dans les cours d'eau urbains était plus élevée durant ou après des pluies abondantes. Aucune des concentrations d'herbicide mesurées dans cette étude ne dépassait les recommandations canadiennes sur la qualité des eaux pour la protection de la vie aquatique. Toutefois, quatre herbicides ont été couramment détectés ensemble dans le même échantillon. À l'heure actuelle, il n'existe cependant pas de recommandations sur les mélanges d'herbicides ou pour les herbicides en combinaison avec d'autres facteurs de stress (p. ex. des insecticides, des éléments nutritifs, des HAP, des métaux et des produits pharmaceutiques).

Les concentrations de mécoprop, de dichlorprop et de métolachlore observées dans les cours d'eau de l'Ontario en 2006-2007 ont été comparées aux concentrations mesurées en 2003-2004. Les concentrations médianes de dichlorprop et de métolachlore mesurées au cours des deux périodes d'échantillonnage n'étaient pas différentes, mais les concentrations de mécoprop étaient plus élevées en 2006-2007. Les concentrations de mécoprop et de dichlorprop dans les eaux de surface du lac Ontario étaient de un à deux ordres de grandeur plus faibles que les concentrations moyennes dans les cours d'eau. En 2003-2004, 1,2 % des échantillons dépassaient les recommandations pour la qualité de l'eau du Conseil canadien des ministres de l'environnement relatives au mécoprop, mais aucun ne dépassait les recommandations pour le métolachlore. En 2006-2007, les concentrations de mécoprop et de métolachlore de tous les échantillons étaient inférieures aux recommandations pour la qualité de l'eau du Conseil canadien des ministres de l'environnement.

En 2010-2011, Environnement Canada a fait rapport de l'application d'un herbicide à base de glyphosate afin de contrôler le roseau commun et des répercussions de cette application sur les eaux souterraines et l'eau du lac à proximité du littoral. L'herbicide glyphosate a été appliqué aux roseaux le long d'une plage sur la rive sud de la baie Georgienne, en Ontario. Les eaux souterraines et l'eau du lac ont été testées afin de déterminer si le glyphosate s'était écoulé dans les eaux souterraines et dans l'eau du lac le long de la plage et pendant combien de temps il y avait persisté. La présence de glyphosate a été détectée dans les eaux souterraines sous les roseaux deux jours après l'application, avec des concentrations diminuant rapidement au cours des deux à trois semaines qui ont suivi. La présence de glyphosate a également été détectée dans l'eau de la zone côtière du lac, avec des concentrations atteignant un sommet une semaine après l'application et une diminution de plus de 70 % quatre semaines après l'application. Les concentrations de glyphosate n'ont jamais dépassé les recommandations canadiennes pour la qualité de l'eau, que ce soit dans les eaux souterraines ou l'eau lacustre.

La surveillance des produits pharmaceutiques des produits d'hygiène et de beauté par Environnement Canada en 2010-2011 comprenait une enquête à grande échelle sur la présence de ces produits dans quatre bassins versants au Canada. Des échantillons ont été prélevés chaque mois dans le but d'évaluer l'influence des cycles saisonniers sur les concentrations et les distributions.

3.1.11 Programme de surveillance des Grands Lacs

Tel que l'exige l'annexe 11 de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs entre le Canada et les États-Unis, des activités de surveillance et de contrôle des tendances à l'égard de la qualité de l'eau ont lieu dans les Grands Lacs afin de fournir des renseignements pour mesurer localement et dans l'ensemble des lacs l'effet des mesures de contrôle, et pour évaluer l'efficacité des décisions de gestion. Des activités sont également menées pour déterminer la présence de nouveaux problèmes environnementaux dans le bassin des Grands Lacs.

Le Programme de surveillance des Grands Lacs a des stations de surveillance de la qualité de l'eau dans chacun des quatre Grands Lacs au Canada, ainsi que plusieurs autres stations dans des bassins versants. Les stations de surveillance fournissent des données à long terme sur des concentrations de substances toxiques dans des échantillons d'eau représentatives des régions. Les substances surveillées comprennent les HAP, les pesticides organochlorés, y compris ceux interdits et ceux en usage, les BPC propres aux congénères, le mercure et les oligoéléments.

En 2010-2011, l'accent a été mis sur des mesures continues des substances toxiques prioritaires et sur l'analyse continue des données. Environnement Canada a produit un rapport sur les charges de concentration et les tendances liées aux contaminants dans la rivière Niagara entre 1986 et 2005. Ce rapport était unique, car il présentait le premier aperçu des tendances liées aux contaminants, à court et à long terme, tout en évaluant la source des contaminants. Les résultats obtenus indiquent que, même s'il y a eu beaucoup de progrès au cours de la période de surveillance, avec une tendance à la baisse pour de nombreux contaminants, un certain nombre de contaminants ont vu leur niveau se stabiliser. En particulier, les HAP, une catégorie de contaminants dont les propriétés cancérigènes sont reconnues, affichent une concentration en progression.

3.1.12 Surveillance de la qualité de l'eau des contaminants des eaux souterraines transfrontalières

Depuis 1992, l'échantillonnage des eaux souterraines pour évaluer la qualité de l'eau du côté canadien de l'aquifère d'Abbotsford-Sumas a été effectué par Environnement Canada, et un intérêt particulier est accordé à la détermination des tendances liées aux concentrations de nitrate dans les eaux souterraines qui coulent du Canada vers les États-Unis (de la Colombie-Britannique vers l'état de Washington). Les échantillons sont recueillis régulièrement grâce à un réseau de puits de surveillance, et sont analysés pour repérer différents paramètres inorganiques de qualité de l'eau, y compris des éléments nutritifs et des métaux dissous. Le réseau de surveillance des eaux souterraines dans cet aquifère a également été utilisé pour effectuer de la recherche sur la persistance et le devenir des pesticides dans les eaux souterraines. Les concentrations en nitrate du côté canadien de l'aquifère continuent à être élevées et sont, en moyenne, 1,5 fois plus élevées que la concentration maximale acceptable pour le nitrate en vertu des Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada, et des zones localisées de l'aquifère ont des concentrations qui peuvent atteindre jusqu'à huit fois la concentration maximale acceptable. Environnement Canada participe actuellement à une recherche concertée avec Agriculture et Agroalimentaire Canada pour améliorer la concentration de lessivage dynamique de nitrates de champs agricoles au-dessus de l'aquifère et l'incidence de différentes pratiques de gestion des éléments nutritifs sur la qualité des eaux souterraines. Un secteur précis d'intérêts propre à Environnement Canada dans le cadre de cette initiative de recherche porte sur la surveillance à fréquence élevée (mensuelle) des isotopes d'azote, dans le but d'étudier la dynamique des sources de nitrates et les effets saisonniers des pratiques agricoles actuelles sur la qualité des eaux souterraines. Par ailleurs, Environnement Canada travaille avec des chercheurs de l'Université de Calgary sur l'utilisation d'échantillonneurs passifs pour établir des profils détaillés de la qualité des eaux souterraines, dans le but de mieux comprendre la façon dont les contaminants agricoles diffus se propagent à travers cet aquifère.

3.1.13 Mines de charbon et la qualité de l'eau dans le sud-est de la Colombie-Britannique

La vallée de l'Elk dans le sud-est de la Colombie-Britannique abrite cinq grandes mines de charbon à ciel ouvert. Les répercussions de ces activités sur la qualité de l'eau comprennent notamment le rejet des nitrates à partir de résidus d'explosifs et de sulfate et de sélénium provenant du lixiviat des déchets rocheux dans la rivière Elk. Les concentrations de ces substances ont augmenté, le sélénium ayant dépassé les recommandations du Conseil canadien des ministres de l'environnement sur la qualité des eaux au Canada pour la protection de la vie aquatique depuis plus de dix ans; à l'heure actuelle, il continue d'augmenter à un rythme d'environ 10 % par année. Le sélénium peut être nuisible pour les vertébrés ovipares (poissons, oiseaux, amphibiens), car des concentrations élevées peuvent provoquer des malformations ou l'échec de la reproduction chez les populations touchées. Le confluent de la rivière Elk et de la rivière Kootenay, qui coule vers le sud, se situe à proximité de la frontière internationale. La rivière Kootenay revient vers le nord et rentre au Canada à Creston, à environ 300 km en aval, où les niveaux de sélénium ont également augmenté au cours des dernières années.

Depuis 2003, Environnement Canada participe au Elk Valley Selenium Task Force. Ce groupe de travail formé de représentants du gouvernement et de l'industrie s'efforce activement de traiter le problème de contamination par le sélénium dans la vallée par l'entremise de projets orientés de recherche et de surveillance visant à déterminer des seuils d'effets et des voies biogéochimiques et à étudier les options d'atténuation possibles.

Dans le but d'examiner l'atténuation en aval des contaminants provenant des mines, un programme longitudinal d'échantillonnage de la qualité de l'eau de la rivière a été réalisé à l'automne 2010 dans le cours supérieur de la rivière Elk et en aval jusqu'à Creston. Les résultats indiquent que les niveaux de contaminants provenant des mines diminuent brusquement à la jonction avec le fleuve Kootenay et qu'il n'y avait pas d'autres sources en aval.

Environnement Canada a participé à un atelier organisé par la Society for Environmental Toxicology and Chemistry et portant sur l'état des connaissances des effets du sélénium dans les milieux aquatiques. Un compte rendu des travaux de l'atelier a été publié au début de l'année 2010.

3.1.14 Sensibilité des eaux de surface au dépôt de soufre et d'azote

Le substrat rocheux de la côte de la Colombie-Britannique n'a qu'une faible capacité d'effet tampon des dépôts acides entrants. Bien que les émissions industrielles dans la région ne soient qu'une fraction de celles de l'est du Canada, l'émission et le dépôt de soufre et d'azote réactifs devraient augmenter considérablement dans l'avenir en raison de la croissance de la population et de l'augmentation de la circulation maritime côtières. Depuis 2008, Environnement Canada a mené une campagne d'échantillonnage à grande échelle sur la composition chimique des lacs du sud-ouest de la Colombie-Britannique, dans le but d'évaluer les charges critiques pour les dépôts d'azote et de soufre dans l'eau. La charge critique est le seuil en dessous duquel aucun effet nuisible n'est attendu. Les eaux possédant une charge critique élevée présentent une capacité tampon élevée et, par conséquent, une faible sensibilité aux dépôts acides. En pratique, la charge critique est calculée à partir du résultat des analyses chimiques, selon l'un de plusieurs modèles possibles. Ces valeurs sont ensuite comparées aux estimations de dépôt empiriques ou, le plus souvent, aux champs de dépôt prévus à partir de modèles atmosphériques. Au total, des échantillons ont été prélevés dans 277 lacs, dont les deux tiers environ sont situés sur la côte continentale et le reste sur l'île de Vancouver. Ces données forment la composante de l'Ouest d'un programme continu de cartographie de la charge critique aquatique nationale.

Les résultats du programme de recherche sur la charge critique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique ont été présentés lors d'un atelier sur les effets du dépôt de souffre et d'azote dans l'Ouest du Canada. Cet atelier portait également sur d'autres travaux importants touchant notamment la sensibilité des sols, la cartographie des charges critiques des sols, des développements sur la charge critique aquatique et les tendances temporelles de la composition chimique des précipitations.