Inventaire national des rejets de polluants – publication des données révisées pour 2010

2. Aperçu des rejets, des éliminations et du recyclage de polluants déclarés à l’INRP pour 2010

Pour 2010, 346 substances ou groupes de substances ont été répertoriés dans l’INRP, et 8096 installations ont fait des déclarations sur des substances. Le nombre d’installations ayant fait une déclaration à l’INRP pour 2010 a baissé d’environ 400 par rapport à 2009. Cette diminution s’explique principalement par la fermeture d’installations, et par le fait que certaines installations sont tombées sous les seuils de déclaration de l’INRP pour les substances et les heures travaillées par les employés.

Pour obtenir plus de renseignements, consultez le résumé des données déclarées à l’INRP pour 2010, ainsi que les sections sur l’emplacement géographique des installations au Canada, sur les principaux polluants déclarés et sur les secteurs clés qui contribuent aux émissions. Les déclarations détaillées des installations sur les polluants peuvent également être consultés en faisant une recherche en ligne dans l’INRP, en utilisant des couches cartographiques avec Google EarthMC et en téléchargeant des bases de données.

Pour obtenir plus de renseignements sur les hypothèses et les considérations prises en compte dans l’analyse pour la publication des données de l’INRP pour 2010, veuillez consulter les notes techniques.

Figure 2.1 – Rejets, élimination et recyclage (hors site) – quantités totales déclarées à l’INRP pour 2010[1]

Figure 2.1. Vous trouverez des informations détaillées ci-dessous.
Quantité totales de Rejets, éliminations et recyclage (hors site) déclaré à l'INRP pour 2010. Les rejets de principaux contaminants atmosphérique dans l'air compte pour 60.9%, les autres éliminations comptent pour 16.5%, les rejets dans l'air, l'eau et le sol (excluant les principaux contaminants atmosphérique) comptent pour 4.1%, les transferts aux fins de recyclage comptent pour 5.1%, les résidus miniers pour 13.1% et les stériles pour 0.3%

a. Rejets des principaux contaminants atmosphériques dans l’atmosphère[2](60,9 %)

Plus de la moitié des polluants déclarés à l’INRP pour 2010 provenaient des émissions atmosphériques des principaux contaminants atmosphériques (PCA), qui sont les principaux polluants en cause dans le smog, les pluies acides et la mauvaise qualité de l’air. Voici quelques exemples de rejets dans l’atmosphère : émissions par les cheminées, les évents ou toute autre source ponctuelle; pertes lors de l’entreposage et de la manutention des matériaux; émissions fugitives (rejets qui ne peuvent être contenus et rejets involontaires); déversements et rejets accidentels.

Les secteurs déclarant les rejets les plus importants de principaux contaminants atmosphériques étaient le secteur de l’extraction de pétrole et de gaz; celui de la production, du transport et de la distribution d’électricité; ainsi que le secteur de la fonte des métaux de première transformation.

Le tableau 2.1 ci-après montre une répartition des rejets déclarés pour les principaux contaminants atmosphériques.

Table 2.1: Rejet de principaux contaminants atmosphériques pour 2010[1]
Principaux contaminants atmosphériquesRejets en tonnes
Dioxyde de soufre1 196 818
Monoxyde de carbone917 235
Oxydes d'azote (exprimé comme NO2)672 753
Matières particulaires totales344 436
Composés organiques volatils (COVs)250 432
Matières particulaires 10 microns (MP10)143 812
Matières particulaires 2.5 microns (MP2.5)53 844

Les installations qui font une déclaration à l’INRP sont des sources majeures d’émissions des principaux contaminants atmosphériques au Canada. Toutefois, il existe d’autres sources importantes comme les véhicules automobiles, le chauffage résidentiel, les incendies de forêts et l’agriculture. Pour obtenir plus de renseignements, consultez la page « Sommaires sur les émissions de polluants atmosphériques de 2010 et tendances historiques ».

b. Rejets dans l’atmosphère, l'eau et le sol (excluant les principaux contaminants atmosphériques[2]) (4,1 %)

Outre les principaux contaminants atmosphériques répertoriés dans le tableau 2, les rejets directs (sur le site) à l'air, l'eau et au sol comptabilisent pour 4,1 % des quantités totales déclarées à l'INRP pour 2010. Une ventilation des données se trouve ci-dessous.

b.1.  Rejets dans l’atmosphère (1,7 %)

En excluant les principaux contaminants atmosphériques, l’ammoniac, le soufre réduit total et le méthanol sont les substances déclarées qui ont été rejetées en plus grandes quantités dans l’atmosphère en 2010. Les secteurs ayant déclaré les rejets les plus importants de ces polluants atmosphériques sont le secteur de la pâte à papier, du papier et du carton, celui de l’extraction de pétrole et de gaz, ainsi que le secteur de la fabrication des produits chimiques.

b.2. Rejets dans les eaux de surface (2,1 %)

Les rejets dans les eaux de surface comprennent les rejets directs, les déversements et les fuites. Dans le cadre des déclarations à l’INRP, les rejets provenant des usines de traitement des eaux usées sont inclus dans cette catégorie, mais les rejets vers les usines de traitement des eaux usées sont déclarés sous la catégorie des transferts hors site aux fins de traitement avant l’élimination finale.

Les secteurs ayant déclaré les rejets les plus importants dans les eaux de surface sont les réseaux d’aqueduc, d’égout et autres (surtout les usines municipales de traitement des eaux usées), les usines de pâte à papier, de papier et de carton, ainsi que l’extraction de pétrole et de gaz.

Les substances déclarées qui ont été rejetées dans les eaux en plus grandes quantités sont le nitrate (ion en solution)[3], l’ammoniac, le phosphore, le méthanol et le manganèse.

b.3. Rejets dans le sol (0,2 %)

Les rejets dans le sol comprennent les déversements et les fuites.

Les substances déclarées comme ayant été rejetées dans le sol en plus grandes quantités sont l’éthylène glycol, le cuivre (et ses composés) et le manganèse (et ses composés).

L’éthylèneglycol a été utilisé principalement comme agent de déglaçage par les installations des secteurs d’activités de soutien au transport aérien et des services de la défense. Le secteur des services de la défense a aussi déclaré des quantités non négligeables de rejets de cuivre, de plomb et de zinc dans le sol, principalement rejetés lors d’exercices de tir dans les établissements de formation.

c. Recyclage – transferts hors site (5,1 %)

Le terme « recyclage » renvoie aux activités qui empêchent une matière ou un élément de cette matière de devenir un déchet destiné à l'élimination finale. Les installations qui rencontrent les seuils de déclaration de l'INRP soumettent de l'information sur les quantités de substances qu’elles transfèrent hors site pour le recyclage. Les activités de recyclage sur le site n'ont pas à être déclarées.

Pour 2010, les substances qui ont été transférées à des fins de recyclage en quantités les plus importantes sont le zinc (et ses composés), l’acide sulfurique, le cuivre (et ses composés), le manganèse (et ses composés) et le plomb.

Les principaux secteurs ayant transféré des substances aux fins de recyclage sont la fabrication de métaux de première transformation (p. ex., la fonte et l’affinage), la fabrication de produits du pétrole et du charbon, ainsi que la fabrication de matériel de transport.

d. Élimination (p. ex. enfouissement et injection souterraine), à l’exception de l’élimination des résidus miniers et des stériles (16,5 %)

Plusieurs formes d’élimination sont déclarées à l’INRP, par exemple l’enfouissement, l’épandage, l’injection souterraine, et l’élimination des résidus miniers et des stériles.

Les substances (à l’exception de celles déclarées en tant que résidus miniers et stériles) éliminées en plus grandes quantités ont été le sulfure d’hydrogène, le xylène (tous les isomères) et l’amiante (forme friable).

Les principaux secteurs concernés par l’élimination sur place ou hors site sont les activités de soutien à l’exploitation minière, pétrolière et gazière, l’extraction de pétrole et de gaz, ainsi que le traitement et l’élimination des déchets.

e. Élimination des résidus miniers (13,1 %) et des stériles (0,3 %)

Les « résidus miniers » désignent des déchets rejetées à l’issue de la transformation des minerais, des concentrés de minerai ou d’autres matériaux miniers (p. ex. les sables bitumineux), visant à extraire les composants commercialisables tels que les métaux, les minéraux ou le bitume. Selon le type de procédé utilisé et le matériau récupéré, les résidus miniers peuvent inclure des roches finement broyées, du sable, de l’argile, de l’eau, des produits chimiques utilisés dans le procédé ou encore des métaux résiduels, des minéraux ou du bitume.

Les « stériles » sont les roches qui sont retirées au cours des opérations d’extraction minière pour pouvoir accéder aux minerais et qui ne sont pas transformées. Les stériles sont généralement constitués de morceaux fragmentés de roches de différentes tailles.

D’une manière générale, les substances de l’INRP contenues dans les résidus miniers et les stériles sont présentes naturellement, habituellement en faibles concentrations, dans les dépôts de roche ou de bitume retirés au cours des exploitations minières. Cependant, les quantités globales peuvent être importantes en raison du volume de matériaux retirés ou transformés. Par ailleurs, bien que les résidus miniers et les stériles au Canada soient gérés de façon à réduire le risque de contamination dans l’environnement, le drainage acide, le potentiel de fuites des bassins de résidus miniers et la possibilité que la faune soit en contact avec les résidus miniers demeurent des sources de préoccupation.

Les substances éliminées en plus grandes quantités ont été le manganèse (et ses composés), phosphore (total) et le cuivre (et ses composés).

Plus de renseignements sur les résidus miniers et les stériles (année de déclaration 2009) sont disponibles ici.


[1] Les principaux contaminants atmosphériques (PCA) dans ce diagramme font référence aux substances énumérées dans la partie 4 de la liste des substances de l'INRP. L'ammoniac peut également être considéré comme un des principaux contaminants atmosphériques, mais il figure dans la partie 1 de la liste. Pour obtenir plus de renseignements, consultez les notes techniques.

[2] Y compris les émissions provenant de la poussière de route déclarées à l’INRP. Pour obtenir plus de  renseignements, consultez les notes techniques.

[3] pH ≥ 6,0