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Le dépistage des sources de pollution microbienne dans les écosystèmes aquatiques: état de la science et évaluation des besoins

Facteurs motivant le DSPM au Canada

Le dépistage des sources de pollution microbienne s'est développé plus lentement au Canada qu'aux États-Unis. Les dispositions de la Clean Air Act des États-Unis exigeant l'établissement de charges quotidiennes maximums totales pour les contaminants fécaux dans les bassins hydrographiques (l'objectif étant qu'on puisse se baigner et pêcher dans les eaux) ont en grande partie motivé l'application des méthodes de DSPM aux États-Unis, l'impulsion pour les études de DSPM venant ainsi du sommet. Similairement, dans l'Union européenne et en Australie, ce sont des initiatives fondées sur la gestion du risque qui ont pour une bonne part motivé les recherches sur le DSPM. Par contre, il n'y a pas au Canada de législation ou d'initiatives équivalentes, de sorte que les applications du DSPM y ont été davantage motivées depuis la base, à partir des préoccupations des collectivités locales quant aux problèmes de pollution fécale, comme les fermetures de plages et de pêches des mollusques et crustacés. Ce sont ces types de problèmes touchant l'environnement qui ont fourni l'occasion de développer les connaissances scientifiques relatives au DSPM au Canada, en rapport avec la satisfaction des besoins spécifiques des utilisateurs. Avec le vieillissement de l'infrastructure de gestion des eaux usées municipales et l'intensification de l'urbanisation et des élevages au Canada, on aura de plus en plus besoin d'outils permettant de prévenir et de résoudre les problèmes de pollution fécale.

La présence d’oies à la plage constitue une source de pollution par matières fécales attribuable à la faune | Photo : Tom EdgeUn des principaux objectifs de l'atelier était de prendre connaissance des besoins des praticiens (gestionnaires de politiques et de programmes) en matière de dépistage des sources de contamination fécale. Dans cette optique, un groupe d'« utilisateurs » potentiels du DSPM de tous les secteurs a formé un panel qui a été invité à présenter ses opinions sur la pertinence du DSPM. On a demandé à ces personnes de faire état de leurs besoins actuels et des problèmes et défis auxquels elles font face relativement au risque de contamination des eaux par des pathogènes dans leurs régions, et de ce qu'elles pensent de l'utilité du DSPM. Ce qui suit est une synthèse des principales observations des panélistes et de la discussion générale subséquente à laquelle tous les participants de l'atelier ont participé.

Respect des recommandations, objectifs et dispositions réglementaires concernant la pollution microbienne des eaux

Au Canada, tous les ordres de gouvernement contribuent au maintien de la salubrité des eaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux sont chargés de l'établissement et du respect des normes visant à assurer la salubrité de l'eau potable. Les autorités sanitaires locales surveillent aussi la qualité des eaux, comme celles des plages publiques. À l'échelon fédéral, Santé Canada collabore avec les organismes provinciaux et territoriaux pour élaborer et publier des recommandations nationales, telles que les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada et les Recommandations au sujet de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives au Canada. Ces recommandations sont utilisées par les provinces et les territoires pour les aider à établir des normes microbiologiques de qualité des eaux visant à assurer que les eaux potables et récréatives ne présentent pas des risques inacceptables pour la santé publique. Par exemple, les Recommandations au sujet de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives au Canada recommandent la tenue d'une évaluation de la salubrité de l'environnement ou d'une enquête sanitaire au début de chaque saison de baignade, une attention spéciale devant être notamment portée à la pollution fécale. De plus, Environnement Canada collabore avec d'autres organismes gouvernementaux pour mettre en oeuvre la surveillance microbiologique des eaux effectuée dans le cadre du Programme canadien de contrôle sanitaire des mollusques. Pour assurer le respect des recommandations, objectifs et dispositions réglementaires des administrations fédérale, provinciales, territoriales et municipales concernant la contamination microbienne des eaux, des études de DSPM pourraient être nécessaires afin d'aider à la résolution de problèmes de pollution fécale spécifiques.

Cadre stratégique pour l'agriculture

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont collaboré avec le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire depuis 2001 pour le renforcer et le revitaliser par l'entremise du nouveau Cadre stratégique pour l'agriculture (CSA) du Canada. Ce dernier vise à faire du Canada le chef de file mondial dans le domaine alimentaire aux chapitres de la salubrité, de l'innovation et du respect de l'environnement dans les activités de production. Dans le cadre du CSA, Santé Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada dirige une initiative pluriannuelle de surveillance microbiologique des eaux en vue d'obtenir une meilleure connaissance de l'impact de l'agriculture sur la fréquence, les niveaux et les sources de la contamination microbienne (fécale) aux prises d'eau potable et aux plages récréatives dans des endroits choisis au Canada. Cette vaste étude pluriannuelle, présentée à l'atelier par le Dr Ed Topp, évaluera différentes méthodes de DSPM dans divers bassins hydrographiques agricoles répartis dans le Canada. Environnement Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada travaillent également dans le cadre du CSA à établir des normes concernant l'occurrence des pathogènes aquatiques dans les bassins agricoles pour l'Initiative sur les normes agroenvironnementales nationales (INAN).

Stratégie pancanadienne sur les eaux usées municipales

Sous l'égide du Conseil canadien des ministres de l'environnement, les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral sont en train d'élaborer une stratégie pancanadienne pour la gestion des effluents d'eaux usées municipales. En plus d'harmoniser le cadre réglementaire et d'élaborer des modèles de gestion du risque, cette stratégie contribuera à la coordination des activités scientifiques et des activités de recherche pertinentes. À ce dernier chapitre, la stratégie se penchera sur l'état des connaissances scientifiques et technologiques, évaluera ce qui doit être fait face aux nouveaux problèmes et recommandera des approches permettant de combler les lacunes dans les connaissances. Cette initiative pourrait permettre de promouvoir le dépistage des sources de pollution microbienne en tant qu'approche permettant de réduire de façon économique la pollution fécale issue des eaux usées municipales.

Gestion et réduction de la pollution fécale dans les collectivités locales

Selon les panélistes et les participants à l'atelier, la plus grande utilité du DSPM pourrait être qu'il permet de trouver de meilleures options de gestion et de réduction de la pollution microbienne. Par exemple, l'Accord sur la qualité de l'eau dans les Grands Lacs définit les secteurs préoccupants et demande aux organismes d'élaborer des plans d'assainissement et de contribuer au rétablissement des utilisations bénéfiques dégradées, qu'on pense aux fermetures de plages. La plupart des municipalités ne disposent pas des fonds nécessaires pour agir à grande échelle contre les problèmes de pollution fécale aux plages populaires. Les grands investissements dans l'infrastructure de gestion des eaux usées et des eaux pluviales sont souvent justifiés par le fait qu'ils devraient réduire le nombre de fermetures de plages en été, mais ce résultat n'est pas toujours obtenu. Il est évident que les interventions pourraient être plus promptes et qu'on pourrait faire des économies si on savait avec plus de précision si la contamination fécale à une plage donnée provient d'une zone agricole située en amont, de sources ponctuelles municipales ou d'animaux sauvages, comme des goélands ou des oies, fréquentant la plage. Pour nombre de municipalités, le simple fait de savoir si la pollution fécale est d'origine humaine ou d'origine animale peut être précieux pour orienter l'action. De même, les offices de protection de la nature d'Ontario, par exemple, pourraient mieux cibler leurs activités de réduction de la pollution issue de sources diffuses si elles savaient quels animaux constituent les sources principales des problèmes de pollution fécale. Bien qu'il n'existe pas encore de méthodes standard de DSPM fiables et prêtes à être appliquées à grande échelle, le DSPM peut, à l'échelle locale, aider à définir la réponse appropriée à un problème de pollution fécale, à établir les priorités parmi les options de réduction de la pollution et guider la détermination des besoins en matière d'investissement dans l'infrastructure.

Éducation et sensibilisation issues du DSPM

On pense que le DSPM peut contribuer à l'éducation des citoyens en ce qui concerne les dangers de la pollution microbienne. On le voit souvent quand des données de dépistage des sources peuvent être utilisées pour aider à convaincre les sceptiques de leur contribution à la pollution fécale. Comme on l'a mentionné plus haut, le DSPM peut alors aider à sensibiliser les collaborateurs aux avantages concrets de la réduction des risques microbiologiques découlant d'un ensemble de bonnes pratiques de gestion. Plus largement, le DSPM peut fournir des éléments utiles dans l'examen des nouveaux projets d'aménagement riverain dans lesquels on prévoit restaurer des habitats fauniques et favoriser le retour des oiseaux à proximité de plages fortement fréquentées par le public.

Aide à la planification de la protection des sources d'approvisionnement en eau

Pour mieux protéger l'eau potable, de nombreux gouvernements provinciaux instituent des dispositions législatives ou des lignes directrices concernant la création de plans de protection des sources d'approvisionnement en eau à l'échelle des bassins hydrographiques. Dans bon nombre de ces plans, on propose la caractérisation microbiologique des sources d'approvisionnement en eau municipales, avec dans certains cas la délimitation des zones à risque quant à la présence de pathogènes, en plus de la spécification des façons dont les meilleures pratiques de gestion peuvent être utilisées pour réduire la charge de pathogènes. Dans le cas de l'Ontario, on prévoit fournir de la documentation sur des questions précises pour aider les municipalités à élaborer ces plans, et il est possible que des études de DSPM soient intégrées à un guide axé sur les pathogènes.