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Les produits pharmaceutiques et de soins personnels dans l'environnement au Canada: Directions de la recherche et des politiques

1.0 Résumé de l'atelier

Nous savons maintenant depuis plus de 20 ans que les produits pharmaceutiques et de soins personnels (PPSP) sont rejetés dans l’environnement. Toutefois, c’est seulement depuis 10 ans que nous avons des méthodes d’analyse suffisamment sensibles pour nous permettre d’identifier et de quantifier leur présence dans les effluents des stations d’épuration des eaux usées (SEEU), les eaux de surface, l’eau potable, les eaux souterraines, les biosolides, les fumiers agricoles et le biote. La présence de PPSP dans l’environnement est devenue un problème de société, mais la science qui en étudie l’exposition et les conséquences est encore rudimentaire.

En 2002, Environnement Canada et Santé Canada ont organisé un atelier multilatéral qui traitait du thème suivant “ Évaluation et gestion des produits pharmaceutiques et des produits d’hygiène et de beauté dans l’environnement canadien ” et visait à définir les principaux besoins en matière de recherche et de gestion des risques. Cet atelier a permis de définir une première série de priorités de recherche ainsi que de nouvelles orientations politiques, notamment la mise en oeuvre d’un “ Programme scientifique national ” axé sur les problèmes émergents posés par les PPSP dans l’environnement.

En 2004, il y a eu un second atelier multilatéral, organisé par Environnement Canada, Santé Canada, le ministère de l’Environnement de l’Ontario, Agriculture et Agroalimentaire Canada et le Réseau canadien de l’eau. Cet atelier intitulé “ Vers un réseau de surveillance : Atelier technique sur les PPSP dans l’environnement ” a permis d’examiner de manière approfondie trois domaines de recherche sur les PPSP (les méthodes d’analyse, les échantillons et les effets) et de recommander des stratégies permettant de mettre en oeuvre le programme de recherche de 2002. Les recommandations de cet atelier portaient essentiellement sur la nécessité de renforcer les partenariats nationaux et internationaux et d’améliorer le transfert des connaissances dans son ensemble.

Ces ateliers ont servi de catalyseurs à la recherche canadienne sur la présence de PPSP dans l’environnement du Canada et sur leurs effets, et des efforts considérables ont été déployés pour déterminer si les PPSP représentaient un risque pour l’environnement et pour la santé humaine. Nous savons peu de choses sur les effets de ces substances sur les organismes non visés, dont beaucoup diffèrent des mammifères pour ce qui est de la sensibilité de leurs récepteurs ainsi que des rôles que les diverses voies métaboliques jouent dans leur développement et leur reproduction. Les résultats finaux, comme les modifications au niveau du comportement neurologique peuvent être très subtils, mais néanmoins mener à des conséquences imprévues et profondes sur les populations non visées. Les recherches en laboratoire continuent de montrer qu’un seul composé, à des concentrations similaires à celles retrouvées dans l’environnement, a des effets sur différents organismes aquatiques. Cependant, nous ne savons pas comment ces résultats se traduisent dans la complexité des mélanges et des conditions environnementales. Des méthodes d’analyse ont été mises au point pour une grande variété de composés, et des normes étiquetées sont devenues disponibles dans le commerce, ces cinq dernières années. Toutefois, des expériences à grande échelle portant sur la comparaison des méthodes et leur validation, dans le but d’améliorer l’exactitude et la précision des mesures quantitatives, n’ont pas encore été réalisées. On est en train d’examiner des méthodes pour réduire l’exposition de l’environnement aux PPSP, en particulier par le biais de l’évacuation des eaux usées et de l’épandage de biosolides et de fumier sur le sol. Néanmoins, les stratégies en matière de gestion des risques ainsi que les meilleures pratiques de gestion (MPG) ne sont pas entièrement au point. Les effets environnementaux, la mesure des quantités exactes et des solutions alternatives en matière de gestion des risques constituent les éléments essentiels permettant d’évaluer globalement les risques écologiques.

Le sujet du présent rapport est basé sur le troisième atelier national intitulé “ Les produits pharmaceutiques et de soins personnels (PPSP) dans l’environnement du Canada : Les directions de la recherche et des politiques ” qui s’est déroulé, du 5 au 7 mars 2007, à Niagara-on-the-Lake, en Ontario. L’atelier a été organisé par le ministère de l’Environnement de l’Ontario, Environnement Canada, Santé Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada, le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, le Réseau canadien de l’eau et le Centre de Walkerton pour l’assainissement de l’eau. Plus de 150 scientifiques et représentants des autorités 2 Produits pharmaceutiques et de soins personnels dans l’environnement au Canada : Directions de la recherche et des politiques de réglementation de tout le Canada y ont participé. Cet atelier diffère des précédents en ce sens qu’il était ouvert à tous ceux qui s’intéressent aux PPSP dans l’environnement canadien. Les participants étaient des représentants des diverses parties concernées, notamment des municipalités, des organismes de réglementation provinciaux, des évaluateurs de risques du gouvernement fédéral, des associations de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie du parfum, des expertsconseils en environnement, de la United States Environmental Protection Agency et des organisations non gouvernementales, ainsi que des chercheurs des secteurs public et universitaire.

Cet atelier a permis d’évaluer l’état actuel de la recherche au Canada sur les PPSP dans l’environnement, dans les secteurs public, universitaire et industriel. Les conférenciers ont donné un aperçu de l’exposition et de la surveillance de l’environnement, des effets des PPSP sur les écosystèmes aquatiques, des solutions alternatives pour réduire l’exposition humaine et environnementale, des besoins et des processus en matière d’évaluation des risques, des activités industrielles internationales et des activités provinciales et municipales.

L’objectif principal de l’atelier était d’établir les priorités en matière de recherche, de surveillance et de réglementation des PPSP. Les groupes de discussion dirigés ont travaillé sur cinq thèmes :

  1. les effets des PPSP dans l’environnement canadien;
  2. les approches en matière de gestion des risques;
  3. le développement d’un réseau de surveillance;
  4. la création d’un répertoire de l’information et des activités;
  5. l’élaboration d’un cadre cohérent pour les analyses.

Ces groupes de travail ont dressé une liste des priorités et des principales mesures à prendre dans le but d’orienter les futures recherches sur les PPSP et de déterminer la voie que doit prendre le Canada dans ce nouveau domaine. Le sommaire des thèmes récurrents est présenté ci-dessous. De plus, le rapport donne un aperçu des questions stratégiques et de gestion

Le rapport sur cet atelier a pour but d’améliorer la communication dans cet important domaine. Les comptes rendus permettent d’avoir une compréhension commune de l’état de la science, aidant ainsi les chercheurs à établir les besoins en matière de recherche et à définir les possibilités de collaboration pour combler les lacunes au niveau des connaissances. En outre, ce rapport permettra aux organismes de financement de connaître les priorités de recherche dans ce domaine, et fournira aux gestionnaires une meilleure appréciation des difficultés actuelles de la recherche et des éventuelles questions de politique plus larges.

Recommandations et priorités

1    Effets des PPSP dans l’environnement au Canada

  • L’utilisation de paramètres ultimes plus appropriés (chroniques) et de scénarios d’exposition est nécessaire pour procéder à une évaluation des impacts.
  • On doit tenir compte des effets synergiques et cumulatifs, y compris faire l’évaluation du mode d’action.
  • Il est nécessaire d’évaluer les effets potentiels à des concentrations similaires à celles trouvées dans l’environnement.
  • Il faut examiner la sensibilité potentielle du cycle saisonnier et du cycle de reproduction de différentes espèces.
  • On doit développer une capacité d’analyse plus grande, en ce qui a trait à la capacité des laboratoires et aux études sur le terrain pour pouvoir analyser une variété plus grande de composés parents et de produits de transformation.
  • La priorité doit être donnée aux substances à surveiller dans l’environnement et à l’identification des espèces sentinelles (p. ex., les moules, les bivalves, les grenouilles, les insectes).
  • D’autres études, axées sur le développement de bioindicateurs prometteurs des effets sur les individus, les populations et l’écosystème doivent être réalisées.
  • Il est nécessaire de déterminer la dégradation, les préjudices et les impacts.
  • Les études sur les effets doivent porter aussi sur les écosystèmes terrestres.
  • Il est nécessaire d’évaluer l’incertitude entourant le développement d’une résistance microbienne aux antibiotiques dans l’environnement.
  • La communication doit être élargie afin de pouvoir expliquer au public quels sont les effets environnementaux et ce que cela signifie pour eux. Cela suppose d’améliorer la diffusion de l’information, en particulier des données non officielles, comme l’information réglementaire ou l’information non publiée.
  • Les composés pharmaceutiquement actifs et les produits de soins personnels doivent être évalués en tant que groupes de composés indépendants, en raison de leurs caractéristiques chimiques distinctes et de leurs modes d’utilisation différents.

2    Approches en matière de gestion des risques

  • Il est nécessaire d’élaborer un programme de recherche coordonné à l’échelle nationale afin d’appuyer un programme de catégorisation réglementé.
  • Quantifier les charges et les concentrations de PPSP afin de déterminer quelles sont les sources les plus importantes.
  • Déterminer le rapport coût-efficacité des technologies de traitement conventionnelles et de pointe de l’eau potable, des eaux usées et des boues.
  • Élaborer des MPG en matière d’épandage des biosolides et du fumier sur le sol afin d’atténuer la contamination hors-site et l’exposition des écosystèmes terrestres et aquatiques, et fournir de l’information détaillée sur la dissipation des composés.
  • Évaluer les points principaux de surveillance de l’exposition de l’environnement et envisager une utilisation plus efficace de l’infrastructure existante pour la collecte des PPSP non voulus.
  • Informer les professionnels de la santé et le public afin de les inciter à utiliser les PPSP de façon plus judicieuse, y compris envisager des formules de rechange pour les produits pharmaceutiques.
  • Modifier les règlements actuels afin que les PPSP qui ont un faible volume de ventes passent obligatoirement par le processus d’évaluation des risques.

3    Développement d’un réseau de surveillance

Le réseau de surveillance doit comprendre un site Web divisé en fonction des thèmes suivants : les sources, les charges et les bilans massiques des bassins versants; le devenir de ces produits dans les SEEU; le devenir dans les stations de traitement des eaux; les concentrations dans les matrices environnementales (sédiments, eaux souterraines, eaux de surfaces, biote, etc.); l’évaluation du risque écologique et les rapports d’études de terrain sur les effets; l’évaluation des risques pour la santé humaine et les méthodes d’analyse.

Le but de ce site Web serait d’archiver les données existantes, de formuler des hypothèses, de soutenir les initiatives d’évaluation des risques et d’aider à coordonner la planification des recherches scientifiques. Une telle source d’information permettrait d’identifier les possibilités de collaboration, de prévenir les chevauchements inutiles et de fournir des données de référence. L’information générée par la surveillance doit être accessible aux scientifiques au moyen de portails sur le site Web. Les résultats interprétés et examinés par les pairs doivent être accessibles au public. Les futures étapes définies sont les suivantes :

  • nommer des champions dans chaque région, enquêter sur les réseaux existants et examiner les différents modèles de sites Web;
  • créer un comité directeur technique en vue d’orienter le processus (responsabilité du gouvernement fédéral).

4    Création d’un répertoire de l’information et des activités

Il serait utile d’avoir un répertoire pour compiler l’information technique (comme les propriétés toxicologiques, le devenir des composés et le Plan de gestion chimique (PGC) et l’information spécifique des médias), pour aider à l’évaluation des risques et pour identifier les lacunes au niveau des connaissances. On peut centraliser l’information en développant une base de données nationale spécialisée qui contiendrait : 1) les données sur le transport et le devenir; 2) des informations sur les projets de recherche, les participants à ceux-ci et les résultats; 3) les liens vers d’autres groupes et sites Web sur les PPSP; 4) des renseignements sur toutes les concentrations sans effet prévu (CSEP) et 5) des publications. L’étape suivante consistera à établir un comité directeur technique afin d’orienter le processus (responsabilité des provinces).

5    Élaboration d’un cadre cohérent pour les analyses chimiques

Au cours des discussions, les participants ont déterminé qu’il était nécessaire de mettre au point des méthodes d’analyses précises et exactes qui couvrent une grande variété de composés parents et de métabolites des PPSP dans les eaux de surface, les eaux souterraines, les eaux usées, l’eau potable, les sédiments, les boues, les biosolides, les fumiers et le biote, et d’accroître la capacité des laboratoires dans tout le Canada. Les discussions qui ont eu lieu durant l’atelier ont également mené à la recommandation d’un cadre de travail, conçu en vue de réaliser ce qui suit :

  • un compendium de méthodes qui dépend d’une matrice;
  • un mécanisme pour communiquer les méthodes et la validation respective de ces méthodes, ainsi que les données de l’AQ et du CQ;
  • un énoncé des objectifs de qualité des données afin de caractériser la méthode de l’AQ et du CQ et les exigences concernant les données nécessaires à la validation;
  • des critères de rendement afin d’assurer la qualité constante des données lors des analyses d’échantillons systématiques.

Conclusion

L’atelier national sur les “ Produits pharmaceutiques et de soins personnels dans l’environnement du Canada : Directions de la recherche et des politiques ” a été très fructueux, si l’on tient compte du nombre et de la diversité des participants, des discussions animées et de la rétroaction positive. Ce qui est ressorti de toutes les discussions, c’était l’importance de la communication entre les chercheurs, les estimateurs des risques, les autorités de réglementation, les gestionnaires chargés des eaux usées et le public. La création d’un “ centre d’échanges ” centralisé, consacré à la recherche et à la gestion des données a été recommandé afin d’améliorer la communication et l’échange d’information. Afin de continuer à avancer sur cette question et d’améliorer les relations entre les parties concernées, il a également été recommandé d’organiser un atelier de suivi en février 2009.