Concentrations de phosphore dans les Grands Lacs
Les concentrations de phosphore posent toujours problème dans les eaux libres[1] de trois des quatre Grands Lacs du Canada. Les teneurs en phosphore dans le centre du lac Supérieur et le bassin est du lac Érié satisfont actuellement aux objectifs de qualité de l'eau. Les teneurs en phosphore dans le lac Huron, le lac Ontario et la baie Georgienne sont inférieures aux objectifs de qualité de l'eau, alors que les teneurs des bassins ouest et central du lac Érié dépassent les objectifs.
Depuis 1970, les concentrations de phosphore dans le centre des lacs Huron et Ontario, dans la baie Georgienne et dans les bassins est et ouest du lac Érié ont diminué. Les concentrations sont toutefois restées les mêmes dans le lac Supérieur et dans le bassin central du lac Érié.
État et tendances des concentrations de phosphore dans les eaux libres des Grands Lacs du Canada, 1970 à 2010

Note : Les couleurs indiquant l'état ont été déterminées en comparant la moyenne des concentrations totales de phosphore dans l'eau qui ont été relevées au printemps dans les eaux libres aux objectifs de qualité de l'eau fixés pour chaque lac mentionné dans l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs de 1978 entre le Canada et les États-Unis. La mention « acceptable avec prudence » (jaune) utilisée dans cet indicateur est déterminée selon le poids de la preuve lié à divers indicateurs décrivant d'autres parties des réseaux trophiques situés dans les eaux libres du lac Huron et du lac Ontario.
Source : Environnement Canada (2012) Programme de surveillance des Grands Lacs.
L'eau du centre de chacun des Grands Lacs affiche des concentrations naturellement faibles de phosphore. Ces faibles teneurs en phosphore empêchent la prolifération d'algues à des niveaux problématiques. Dans les années 1970, des symptômes de croissance algale excessive causés par des concentrations de phosphore attribuables aux activités humaines étaient évidents dans diverses régions des Grands Lacs. L'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs de 1978 entre le Canada et les États-Unis a permis d'établir des objectifs relatifs aux concentrations de phosphore dans les eaux libres en vue d'empêcher une prolifération d'algues à des niveaux jugés nuisibles. La modernisation des usines de traitement des eaux usées municipales et l'établissement de limites concernant la teneur en phosphore des détergents ont commencé dans les années 1970 et ont réussi à réduire les concentrations de phosphore, en particulier dans les lacs Ontario et Huron.
L'introduction accidentelle de moules zébrées (Dreissena polymorpha) et quagga (Dreissena bugensis) envahissantes dans les Grands Lacs à partir de la fin des années 1980 a considérablement changé comment et où il est possible de trouver du phosphore aux fins de croissance de plantes dans les lacs. Ces moules retiennent efficacement les particules et le phosphore trouvés dans l'eau et convertissent le phosphore en une forme facilement utilisable par les plantes aquatiques et les algues aux fins de croissance. Ainsi, les plantes aquatiques et algues nuisibles peuvent s'épanouir près de la côte, où vivent la plupart des moules. Dans ces régions, le phosphore ne se déplace pas vers le centre des lacs aux fins d'utilisation par les réseaux trophiques. Dans le lac Huron et, dans une moindre mesure, dans le lac Ontario, le manque de phosphore dans les eaux libres commence à limiter la croissance des algues, ce qui a des répercussions sur le reste du réseau trophique. Des communautés importantes de poissons, d'algues et de plancton présentent des signes évidents de dégradation qui sont habituellement plus représentatifs d'environnements à très faible teneur en phosphore.
Environnement Canada travaille en étroite collaboration avec ses homologues provinciaux et ses homologues fédéraux des États-Unis afin de mieux comprendre les liens entre les concentrations de phosphore, les espèces exotiques de moules envahissantes et la croissance d'algues nuisibles.
Le phosphore est un élément nutritif essentiel à la croissance des plantes dans les lacs. Un apport excessif de phosphore peut entraîner la croissance de plantes aquatiques et d'algues nuisibles à des niveaux nocifs et se solder par des changements relatifs aux types de poissons vivant dans les lacs. Une quantité trop faible de phosphore peut entraîner une croissance insuffisante de plantes et se solder par l'effondrement de l’industrie de la pêche. Le phosphore provenant d'activités humaines s'introduit dans les Grands Lacs par l'entremise d'eaux résiduaires industrielles et municipales, d'eaux de ruissellement agricoles et de la pollution atmosphérique. L'érosion des roches et la décomposition de plantes et d'animaux morts représentent des sources naturelles de phosphore.
Indicateurs connexes
- Concentrations de phosphore dans le fleuve Saint-Laurent
- Qualité de l'eau douce canadienne par région
- Qualité de l'eau douce locale au Canada
Renseignements supplémentaires
- Rapports sur l'état des Grands Lacs
- Indicateurs liés à la Conférence sur l'état de l'écosystème des Grands Lacs
- Phosphore dans les écosystèmes aquatiques du Canada
- Programme de surveillance des Grands Lacs
[1] Par eau libre, on entend le large ou le milieu des lacs.
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