Niveaux d'exposition aux substances préoccupantes

L'indicateur des niveaux d'exposition aux substances préoccupantesNote [1] présente les concentrations de cadmium, de plomb et de mercure dans le sang pour tous les participants à l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) (participants âgés de 6 à 79 ans) et la concentration de polybromodiphényléthers (PBDE) dans le plasma sanguin (participants âgés de 20 à 79 ans). Ces résultats ont pour but d'établir des niveaux de référence des substances chimiques afin de suivre les tendances chez les Canadiens au fil du temps.

L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) est une enquête transversale qui a été conçue afin de combler les importantes lacunes et limites de l'information en matière de santé qui est actuellement disponible au Canada. Son objectif principal est de recueillir des données de référence et de déterminer des intervalles de référence à l'échelle nationale sur d'importants indicateurs de l'état de santé des Canadiens, y compris des indicateurs liés à l'exposition aux substances chimiques présentes dans l'environnement.

Le rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada présente les données recueillies dans le cadre du cycle 1 de l’ECMS (de 2007 à 2009). Ce rapport comprend des données de référence nationales sur les concentrations de substances chimiques de l'environnement chez les Canadiens.

Cette information est importante pour comprendre les facteurs de risque de santé, dégager les nouvelles tendances relatives aux facteurs de risque et aux expositions, faire avancer la surveillance de la santé et la recherche dans ce domaine et évaluer l'efficacité des mesures prises par le gouvernement et les autres au Canada.

La biosurveillance peut estimer la quantité d'une substance chimique présente chez une personne, mais elle ne peut vous dire quels effets sur la santé, le cas échéant, peut résulter de cette exposition. La présence d'une substance chimique dans l'organisme ne signifie pas nécessairement qu'il en résultera un effet sur la santé. D'autres facteurs, dont la dose, la durée, le moment d'exposition, et la toxicité de la substance chimique sont des facteurs importants à considérer pour déterminer si un effet sur la santé pourrait se produire.

Concentration de mercure, de plomb, de cadmium et de polybromodiphényléthers (PBDE-47) dans le sang et le plasma sanguin, Canada, 2007 - 2009
Concentration /
Produits chimiques
Sang
(µg/L)
Plasma sanguin
(µg/L)
Mercure0,69---
Plomb13,4---
Cadmium0,35---
PBDE-47---0,06

Note : Des moyennes géométriques ont été utilisées pour la concentration de la population canadienne totale, âgée de 6 à 79 ans pour le mercure, le plomb et le cadmium, et âgée de 20 à 79 ans pour le PBDE-47.
Source : Santé Canada (2010) Rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada : Résultats du cycle 1 de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2007 à 2009). Consulté le 30 janvier 2012.

Exposition

La biosurveillance ne peut vous dire la source ou la route d’exposition. La quantité de substances chimiques mesurées indique la quantité globale qui pénètre dans l'organisme par toutes les voies d'exposition (ingestion, inhalation, contact avec la peau) et de toutes les sources (l'air, l'eau, le sol, la nourriture et les produits de consommation).

Cadmium : L'inhalation de la fumée de cigarette constitue la principale source d'exposition au cadmium chez les fumeurs. Les non-fumeurs sont principalement exposés au cadmium par voie alimentaire, bien que l'exposition en milieu de travail puisse également représenter une source. Le cadmium peut aussi être présent dans l'eau potable; tandis que d'autres voies d'exposition mineures peuvent inclure les expositions par inhalation et les rejets provenant des produits de consommation.

Plomb : Chacun d'entre nous est exposé à des quantités infimes de plomb par l'entremise du sol, de la poussière domestique, des aliments, de l'eau potable et de l'air, en raison de l'abondance naturelle du plomb dans l'environnement et de son utilisation répandue pendant une bonne partie du XXe siècle. L'exposition au plomb au Canada a diminué de façon considérable depuis le début des années 1970, principalement en raison de l'élimination progressive de l'essence au plomb, de l'utilisation du plomb dans les peintures destinées au grand public et dans les peintures et autres revêtements appliqués sur les produits pour enfants qui a été scrupuleusement limitée par des règlements et de l'utilisation du plomb dans les soudures des boîtes de conserves pour denrées qui a essentiellement été éliminée. Les autres sources d'exposition au plomb potentielles de nos jours peuvent inclure l'ingestion de particules provenant des peintures au plomb sur les surfaces intérieures et extérieures de bâtiments plus anciens; l'ingestion de poussière domestique contaminée par le plomb; l'ingestion d'eau provenant des réseaux de distribution d'eau potable utilisant des canalisations en plomb; les raccords de plomberie en plomb ou les soudures à base de plomb; l'ingestion d'aliments cultivés dans des régions avec des niveaux élevés de plomb dans l'air, l'eau ou le sol (p. ex. près des fonderies de métaux communs, des sources de combustion et des routes ou dans les villes); l'utilisation de marchandises alimentaires en céramique et en verre avec des agents de glaçage contenant du plomb et le mâchonnement de produits de consommation contenant du plomb. La rénovation des logements et les loisirs connexes, y compris la fabrication de vitraux, peuvent également accroître l'exposition au plomb. Les règlements du gouvernement ont permis de réduire considérablement la quantité de plomb que l'on retrouve dans la plupart de ces produits.

Mercure : La population générale est exposée principalement au méthylmercure et ce, par la consommation de poissons et de crustacés. Dans une mesure bien moins importante, la population générale peut être exposée au mercure inorganique qui se trouve dans les amalgames dentaires.

PBDE : Le public peut être exposé aux PBDE par la nourriture (principalement les poissons, la viande et les produits laitiers), l'eau potable, le sol et l'air. Les aliments (y compris le lait maternel) représentent la source principale d’exposition pour la majorité des groupes d’âge, mais la poussière est la source principale d’exposition pour le groupe des nourrissons de 0 à 6 mois non allaités. Le groupe d'âge présentant le plus grand potentiel d'exposition est celui des nourrissons allaités âgés de 0 à 6 mois, le lait maternel représentant 92 % de l'exposition. Santé Canada a conclu que l'exposition aux PBDE utilisés dans les produits de consommation par inhalation, contact cutané avec la poussière ou contact oral avec les produits ménagers traités par des produits ignifuges est négligeable en comparaison avec l'ingestion provenant des aliments.

Indicateurs connexes

Renseignements supplémentaires


Retour à la référence de la note [1] Ces indicateurs viennent compléter les indicateurs des émissions atmosphériques de substances toxiques et des rejets de substances toxiques dans l’eau.