Émissions atmosphériques de mercure

Le mercure (Hg) est un métal d'origine naturelle pouvant être rejeté dans l'atmosphère par des procédés naturels, comme l'érosion du sol et du roc ainsi que l'activité volcanique. Il peut aussi être rejeté dans l’atmosphère par des activités humaines comme la fonte de métaux, la production de fer et d'acier, la production d'électricité à partir du charbon, les chaudières industrielles, les fours à ciment, l'incinération des déchets et l'utilisation de produits comme les interrupteurs électriques et les lampes fluorescentes.

Le mercure peut être transporté dans l'air et se déposer sur le sol et dans l'eau. Il peut être transformé par des microorganismes en méthylmercure, forme toxique du mercure nocive pour les humains et la faune. Le méthylmercure peut être bioaccumulable dans la chaîne alimentaire et pénétrer dans notre organisme par l'ingestion d'aliments contaminés. Le mercure accumulé dans la végétation peut également être rejeté de nouveau dans l'air pendant un feu de forêt.

En 2010, les émissions nationales de mercure ont totalisé 4,7 tonnes (t), ce qui représente une diminution de 18 % (ou 1,0 t) par rapport aux niveaux de 2009. Les émissions de mercure en 2010 étaient inférieures de 87 %, ou 30,3 tonnes, par rapport aux niveaux de 1990, l'année de référence de cette série chronologique. La diminution importante des émissions depuis les années 1990 s'explique principalement par l'adoption de diverses technologies de réduction des émissions de l'industrie de la fonte et de l'affinage des métaux non ferreux, la fermeture de certaines installations et la conformité aux mesures législatives et aux lignes directrices fédérales et provinciales introduites pendant cette période. Cette diminution est aussi attribuable aux améliorations apportées à la production d'électricité par les centrales à énergie fossile et à l'incinération.

Émissions atmosphériques de mercure, Canada, 1990 à 2010

Émissions atmosphériques de mercure, Canada, 1990 à 2010

Note : Les émissions de source naturelle (comme les volcans) et les sources à ciel ouvert (comme les sites d'enfouissement) ne sont pas incluses dans cet indicateur. Les émissions de mercure générées par les produits sont incluses dans les estimations de 2007 à 2010. Cependant, elles ne sont pas encore incluses dans les estimations pour les années antérieures. Les mises à jour des tendances historiques sont actuellement compilées par l’INRP.
Source : Environnement Canada (2012), Inventaire national des rejets de polluants : Sommaires et tendances des émissions de polluants atmosphériques.

Sources des émissions atmosphériques de mercure

En 2010, la production d’électricité a représenté la proportion la plus élevée des émissions atmosphériques de mercure au Canada, soit 33 % (un peu moins de 1,6 t) des émissions nationales. L'incinération venait au deuxième rang, avec 20 % (un peu moins de 1,0 t) des émissions nationales. L’industrie de la fonte et de l'affinage des métaux non ferreux venait au troisième rang, avec 12 % (plus de 0,5 t) des émissions nationales de mercure.

Émissions atmosphériques de mercure par source, Canada, 2010

Émissions atmosphériques de mercure par source, Canada, 2010

Note : Les émissions de source naturelle (comme les volcans) et les sources à ciel ouvert (comme les sites d'enfouissement) n'ont pas été incluses dans cet indicateur. Les « autres sources » comprennent toutes les sources industrielles, résidentielles et commerciales liées à la combustion, le transport et les autres sources diverses non mentionnées dans le graphique.
Source : Environnement Canada (2012) Inventaire national des rejets de polluants : Sommaires et tendances des émissions de polluants atmosphériques.

Émissions atmosphériques régionales de mercure

L'Ontario et l'Alberta ont été les provinces affichant les plus fortes émissions de mercure en 2010, soit plus de 21 % (1,0 t) des émissions nationales pour chacune d'elles. Les émissions de mercure de l'Alberta provenaient principalement des centrales électriques et de l'industrie pétrolière. En Ontario, les émissions de mercure provenaient de l'incinération et des industries du fer et de l'acier, mais également de la fabrication de produits contenant du mercure et des industries du ciment et des produits de béton. La Saskatchewan venait au troisième rang des émetteurs de mercure au pays en 2010, avec 18 % (plus de 0,8 t) des émissions nationales, et ses émissions provenaient principalement des centrales électriques. Le Québec était au quatrième rang, avec environ 13 % (un peu moins de 0,6 t) des émissions de mercure à l'échelle nationale. Plus de la moitié des émissions du Québec étaient attribuables à l'incinération.

Émissions atmosphériques de mercure par province et territoire*, Canada, 2010

Émissions atmosphériques de mercure par province et territoire*, Canada, 2010

Note : Les émissions de source naturelle (comme les volcans) et les sources à ciel ouvert (comme les sites d'enfouissement) n'ont pas été incluses dans cet indicateur.
*Les émissions de mercure des territoires ne sont pas indiquées dans le graphique en raison de leurs faibles valeurs (moins de 0,005 t).
Source : Environnement Canada (2012) Inventaire national des rejets de polluants : Sommaires et tendances des émissions de polluants atmosphériques.

Émissions locales de mercure par les installations industrielles

L'Inventaire national des rejets de polluants (INRP) d'Environnement Canada fournit une information détaillée sur les émissions de polluants atmosphériques provenant des installations industrielles. Les Indicateurs canadiens de la durabilité de l'environnement (ICDE) permettent de consulter cette information en ligne au moyen d'une carte interactive.

À l'aide de la carte interactive des ICDE, il est possible d'obtenir des détails sur les émissions de mercure par installation industrielle jusqu'à l'échelle locale.

Source : Environnement Canada (2012) Inventaire national des rejets de polluants: Données sur les installations.

Émissions atmosphériques de mercure dans le monde

L'information la plus récente indique qu'en 2005 les émissions atmosphériques mondiales[1] de mercure liées à l'activité humaine étaient estimées à 1 930 tonnes (t). La Chine était le premier pays émetteur de mercure dans l'air, avec 42,8 % (825,2 t) des émissions totales, suivie de l'Inde, avec 8,9 % (171,9 t) et des États-Unis, avec 6,1 % (118,4 t). La Russie, avec 3,8 % (73,9 t), et l'Indonésie, avec 3,5 % (68,0 t), venaient aux quatrième et cinquième rangs, respectivement. Le Canada a émis 6,2 tonnes de mercure, soit 0,3 % des émissions atmosphériques mondiales en 2005. Les émissions de mercure peuvent voyager sur des distances allant de dizaines de kilomètres à des centaines de kilomètres, par l'entremise des masses d'air avant de se déposer.[2] Par exemple, les flux transfrontaliers d'émissions de mercure provenant de sources étrangères représentent plus de 95 % du mercure anthropique qui se dépose au Canada.[3]

Indicateurs connexes


[1] Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Substances chimiques (2008) Global Atmospheric Mercury Assessment: Sources, Emissions and Transport.

[2] Environnement Canada (2010) Transport atmosphérique.

[3] Environnement Canada et Santé Canada (2010) Stratégie de gestion du risque relative au mercure.