Émissions atmosphériques de mercure
Le mercure (Hg) est un métal d'origine naturelle pouvant être rejeté dans l'atmosphère par des procédés naturels, comme l'érosion du sol et du roc ainsi que l'activité volcanique. Il peut aussi être rejeté dans l’atmosphère par des activités humaines comme la fonte de métaux, la production de fer et d'acier, la production d'électricité à partir du charbon, les chaudières industrielles, les fours à ciment, l'incinération des déchets et l’élimination inappropriée de produits comme les interrupteurs électriques et les lampes fluorescentes.
Le mercure peut être transporté dans l'air et se déposer sur le sol et dans l'eau. Il peut être transformé par des microorganismes en méthylmercure, forme toxique du mercure nocive pour les humains et la faune. Le méthylmercure peut être bioaccumulable dans la chaîne alimentaire et pénétrer dans notre organisme par l'ingestion d'aliments contaminés. Le mercure accumulé dans la végétation peut également être rejeté de nouveau dans l'air pendant un feu de forêt.
En 2011, les émissions nationales de mercure ont totalisé 3,7 tonnes (t), ce qui représente une diminution de 22 % (environ 1,0 t) par rapport aux niveaux de 2010. Les émissions de mercure en 2011 étaient inférieures de 90 % (31,3 t) par rapport au niveau de 1990, l'année de référence de cette série chronologique. La diminution importante des émissions depuis les années 1990 s'explique principalement par l'adoption de diverses technologies de réduction des émissions de l'industrie de la fonte et de l'affinage des métaux non ferreux, la fermeture de certaines installations et la conformité aux mesures législatives et aux lignes directrices fédérales et provinciales introduites pendant cette période. Cette diminution est aussi attribuable aux améliorations apportées à la production d'électricité par les centrales à énergie fossile et à l'incinération.
Émissions atmosphériques de mercure, Canada, 1990 à 2011

Voir les données de ce graphique
Comment cet indicateur est calculé
Note : Les émissions de source naturelle (comme les volcans) et les sources à ciel ouvert (comme les sites d'enfouissement) ne sont pas incluses dans cet indicateur. Les émissions de mercure générées par les produits sont incluses dans les estimations de 2007 à 2011. Cependant, elles ne sont pas encore incluses dans les estimations pour les années antérieures. Les mises à jour des tendances historiques sont actuellement compilées par l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP).
Source : Environnement Canada (2013) Recherche en ligne des données de l'Inventaire national des rejets de polluants - Données sur les émissions de polluants atmosphériques.
Sources des émissions atmosphériques de mercure
En 2011, la combustion de combustibles fossiles pour la production d’électricité a représenté la proportion la plus élevée des émissions atmosphériques de mercure au Canada, soit 27 % (un peu moins de 1,0 t) des émissions nationales. L'incinération venait au deuxième rang, avec 26 % (un peu moins de 1,0 t) des émissions nationales. L’industrie de la sidérurgie a rejeté 12 % (0,4 t) des émissions nationales de mercure, étant ainsi la troisième source individuelle la plus élevée en 2011.
Émissions atmosphériques de mercure par source, Canada, 2011

Voir les données de ce graphique
Comment cet indicateur est calculé
Note : Les émissions de source naturelle (comme les volcans) et les sources à ciel ouvert (comme les sites d'enfouissement) n'ont pas été incluses dans cet indicateur. Les « autres sources » comprennent toutes les sources industrielles, résidentielles et commerciales liées à la combustion, le transport et les autres sources diverses non mentionnées dans le graphique.
Source : Environnement Canada (2013) Recherche en ligne des données de l'Inventaire national des rejets de polluants - Données sur les émissions de polluants atmosphériques.
Émissions atmosphériques régionales de mercure
L'Ontario et la Saskatchewan ont été les provinces affichant les plus fortes émissions de mercure en 2011, soit respectivement 27 % (1,0 t) et 20% (0,7 t) des émissions nationales. En Ontario, les émissions de mercure provenaient des sidérurgies, de l'incinération et de l’industrie du ciment et du béton mais également de sources non-industrielles tel que la production d’électricité à partir de combustible fossile. La grande majorité des émissions de mercure de la Saskatchewan provenaient principalement de la production d’électricité et des sidérurgies. Le Québec était au troisième rang, avec environ 18 % (un peu plus de 0,6 t) des émissions de mercure à l'échelle nationale. Les émissions de mercure pour cette province provenaient principalement de l’incinération. L’Alberta venait en quatrième place avec 13% (un peu moins de 0,5 t) des émissions nationales.
Émissions atmosphériques de mercure par province et territoire*, Canada, 2011

Voir les données de ce graphique
Comment cet indicateur est calculé
Note : Les émissions de source naturelle (comme les volcans) et les sources à ciel ouvert (comme les sites d'enfouissement) n'ont pas été incluses dans cet indicateur.
* Les émissions de mercure des territoires ne sont pas indiquées dans le graphique en raison de leurs faibles valeurs (moins de 0,01 t).
Source : Environnement Canada (2013) Recherche en ligne des données de l'Inventaire national des rejets de polluants - Données sur les émissions de polluants atmosphériques.
Émissions locales de mercure par les installations industrielles
L'Inventaire national des rejets de polluants (INRP) d'Environnement Canada fournit une information détaillée sur les émissions de polluants atmosphériques provenant des installations industrielles. Les Indicateurs canadiens de la durabilité de l'environnement (ICDE) permettent de consulter cette information en ligne au moyen d'une carte interactive.
À l'aide de la carte interactive des ICDE, il est possible d'obtenir des détails sur les émissions de mercure par installation industrielle jusqu'à l'échelle locale.
Source : Environnement Canada (2013) Recherche en ligne des données de l'Inventaire national des rejets de polluants - Données déclarées par les installations.
Émissions atmosphériques de mercure dans le monde
L'information la plus récente indique qu'en 2010 les émissions atmosphériques mondiales[1] de mercure liées à l'activité humaine étaient estimées à 1 960 tonnes (t). La région de l’Est et du Sud-est de l’Asie ont contribué pour 40% (777 t) du total global avec la Chine contribuant pour les trois quarts de ces émissions ou le tiers des émissions globales. L’Afrique sub-saharienne est au deuxième rang avec 16% (316 t), suivi par l’Amérique du Sud avec 13% (245 t). L’Asie du Sud est au quatrième rang avec 7,9 % (154 t) alors que le Commonwealth des états indépendants (CEI) et les autres pays européens au cinquième rang ont émis 6% (115 t) des émissions globales. Le Canada a émis moins de 5 tonnes de mercure, soit moins de 1 % des émissions atmosphériques mondiales en 2010. Les émissions de mercure peuvent voyager sur des distances allant de centaine de kilomètres à des milliers de kilomètres, par l'entremise des masses d'air avant de se déposer.[2] Par exemple, en 2006, les flux transfrontaliers d'émissions de mercure provenant de sources étrangères représentent plus de 95 % du mercure anthropique qui se dépose au Canada.[3]
Indicateurs connexes
[1] Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Substances chimiques (2013) Global Mercury Assessment 2013: Sources, emissions, release, and environmental transport.
[2] Environnement Canada (2010) Transport atmosphérique.
[3] Environnement Canada et Santé Canada (2010) Stratégie de gestion du risque relative au mercure.
- Date de modification :