Tendances environnementales

Bulletin des indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement - ICDE

Numéro 3, ICDE Volume 1, octobre 2010

(Disponible en format PDF; 1,7 Mo)

Remarque : L'initiative des indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement passe actuellement au nouveau service de souscription d'Environnement Canada. Si vous désirez demeurer abonné au bulletin d'information sur les ICDE ou si vous souhaitez vous y abonner, veuillez cliquer ici.

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Un photo d'un canard.

L'eau est un des besoins fondamentaux de la vie, non seulement pour les humains, mais aussi pour chaque type de plantes ou d'animaux. Les Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement rendent compte de l'état de l'eau au Canada.
© Kulbir S. Banwait, Environnement Canada, 2009.

Environnement Canada présente un nouvel indicateur des niveaux d'eau

Les niveaux d'eau varient chaque année, dû aux conditions climatiques. Certaines régions du Canada sont en proie soit à des inondations, soit à la sécheresse. Des gros titres tels que « Les inondations d'Alberta causent des évacuations, des fermetures de route » et après une période de sécheresse, « les niveaux d'eau retournent à la normale (Ontario) » reflètent des aspects totalement différents de l'état des niveaux d'eau douce au Canada.

Afin de jeter un peu de lumière sur la situation de l'eau au Canada, l'initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement (ICDE) d'Environnement Canada présente un nouvel indicateur des niveaux d'eau. L'indicateur offre une perspective nationale, régionale et internationale sur la quantité d'eau douce présente au Canada.

Suivi du niveau de l'eau

Une carte des niveaux de l'eau

Le nouvel indicateur rend compte des niveaux d'eau des rivières canadiennes sur une période de dix ans entre 1998 et 2007, et classe les niveaux d'eau par catégorie (faible, normal ou élevé) en comparant les niveaux observés en 2007 aux niveaux observés au cours des 30 dernières années à l'aide de centiles.

Les centiles se définissent comme la valeur d'une variable au-dessous de laquelle un certain pourcentage d'observations (dans cet exemple, observations des niveaux d'eau) se situe.1

En ce qui concerne les niveaux d'eau, une cote faible se situe au-dessous du 25e centile, une cote normale se situe entre le 25e et le 75e centile et une cote élevée se situe au-dessus du 75e centile, par rapport à la moyenne sur 30 ans. En d'autres termes, si les lectures moyennes se situent au 25e centile, la cote est faible.

Le tableau régional nous montre des niveaux d'eau normaux dans 17 des 21 régions canadiennes observées en 2007. Les niveaux d'eau étaient élevés dans les régions de drainage du Bas Mackenzie, du Saskatchewan Nord, du Churchill et du Bas Saskatchewan-Nelson.

Même si la plupart des régions avaient des niveaux normaux en 2007, il y a des différences notables quand on considère les stations individuelles. Des niveaux faibles sont observés dans des stations de 15 régions. Dans la région des Grands Lacs, du St-Laurent et de Winnipeg on a trouvé des niveaux faibles dans plus de 25 % des stations.

Comme le montre le graphique, les niveaux d'eau observés entre 1998 et 2007 étaient normaux dans la plupart des régions de drainage comparativement aux niveaux d'eau observés au cours des trente dernières années. Le nombre de régions ayant connu des niveaux d'eau élevés est supérieur à celui ayant connu des niveaux d'eau faibles, sauf en 2001 et en 2003.

Figure 1. Tableau régional : niveaux par région de drainage

Figure 1. Tableau régional : niveaux par région de drainage

Figure 2. Niveaux d'eau des régions de drainage du Canada, 1998 à 2007.

Figure 2. Niveaux d’eau des régions de drainage du Canada, 1998 à 2007.

Faits en bref :

  • L'initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement (ICDE) présente un nouvel indicateur de niveaux d'eau.
  • Les niveaux d'eau observés entre 1998 et 2007 étaient normaux dans la plupart des régions de drainage comparativement aux niveaux d'eau observés au cours des 30 dernières années.
  • Le Canada a la deuxième plus grande quantité totale d'eau renouvelable et la plus grande quantité d'eau renouvelable par personne.

Utilisation de l'eau au Canada

Un photo d'un lac.

Le Canada n'a que 0,5 % de la population mondiale, mais ses rivières et ses lacs représentent environ 7 % des réserves d'eau douce renouvelables de la planète.
© Dara Finney, Environnement Canada.

Le Canada, deuxième plus grand pays parmi les dix premiers pays industrialisés, a la deuxième plus grande quantité totale d'eau renouvelable et la plus grande quantité d'eau renouvelable par personne.

Environ 44 milliards de mètres cubes d'eau sont prélevés chaque année des lacs, des rivières et des sources d'eau souterraine du Canada. Sur ce volume d'eau prélevé, presque 5,5 milliards (5 500 millions) de mètres cubes ne sont pas réintroduits dans leur lac ou leur rivière d'origine. L'industrie de production d'énergie, dont les centrales nucléaires et les centrales alimentées au charbon produisant de l'électricité, prélève la majorité de l'eau (63 % du total) mais retourne presque toute cette eau douce (sauf 3 %) à sa source.

Le secteur agricole prélève près de 4,8 milliards (4 800 millions) de mètres cubes d'eau pour irriguer les cultures et abreuver le bétail, soit 10 % du total, ce qui est peu comparé aux autres secteurs; cependant 74 % de l'eau prélevée (soit 3.5 milliards de mètres cubiques d'eau) est consommée sans être retournée aux sources d'eau. C'est parce que cette eau est utilisée pour l'irrigation, dans les régions agricoles où les précipitations n'apportent pas assez d'eau, ou y sont irrégulières.2,3

Pour obtenir davantage d'information sur les niveaux d'eau, veuillez consulter www.ec.gc.ca/indicateurs-indicators

Mesure des niveaux d'eau au Canada

Vous êtes-vous déjà demandé comment Environnement Canada obtient les données nécessaires pour produire des indicateurs environnementaux? Les données utilisées pour produire l'indicateur des niveaux d'eau sont obtenues à l'aide de stations de surveillance des eaux ou « stations hydrométriques » réparties à la grandeur du pays. Chaque station est dotée de capteurs digitaux installés sur les rives de cours d'eau et de lacs, et les mesures sont sauvegardées dans des enregistreurs de données numériques.

Cela signifie qu'à chaque station hydrométrique au pays, donc à plus de 2 700 endroits, des capteurs mesurent quotidiennement les niveaux d'eau. Certains sites ne sont utilisés que pendant une partie de l'année et sont donc saisonniers, mais la plupart sont utilisés toute l'année. Les enregistreurs fonctionnent même dans les climats froids, lorsque le mercure oscille autour de -40 degrés Celsius.

Une fois les niveaux d'eau mesurés et sauvegardés dans les enregistreurs numériques, les données sont transmises à Relevés hydrologiques du Canada (RHC) par satellite, par ligne téléphonique ou par téléchargement direct. Toutefois, des techniciens visitent régulièrement chaque station hydrométrique afin de veiller au bon fonctionnement de l'équipement à l'endroit approprié. Des visites mensuelles à semestrielles à chaque station sont nécessaires pour assurer l'entretien de l'équipement et les mesures de débit.

La technologie en temps réel a aidé à améliorer grandement l'efficacité des opérations grâce à la surveillance continue des capteurs des stations situées dans les régions éloignées. Cette technologie permet également de planifier efficacement les visites de réparation et d'entretien.

La demande pour des données hydrométriques en temps réel est à la hausse. Les décisions de tous les jours concernant la gestion des barrages et des réservoirs dépendent de ces données en temps réel. Ces décisions ont pour objet la gestion de la qualité de l'eau et de l'approvisionnement en eau dans les nombreuses villes qui dépendent des réserves d'eaux de surface. Les centres de prévision des inondations et les sociétés hydroélectriques se fient sur ces données pour préparer des prévisions précises et à jour.4

L'exactitude des données doit faire l'objet d'une vérification, et celle-ci est menée fréquemment. Pour ce faire, des techniciens, formés aux normes de santé et sécurité au travail, se déplacent dans l'eau ou s'accrochent à un pont ou à un bateau pour prendre une mesure directe des niveaux d'eau afin de vérifier l'exactitude des données sauvegardées dans les enregistreurs. Les mesures manuelles sont également utilisées l'hiver dans les endroits où l'eau gèle. Dans ces cas, des trous sont percés dans la glace afin d'effectuer les mesures.

Les enregistreurs numériques ne font pas que mesurer les niveaux d'eau. À chaque site établi, d'autres indicateurs utiles sont mesurés, notamment la température de l'air et de l'eau, la vitesse d'écoulement de l'eau et la quantité de précipitations.

Une fois les données regroupées dans une base de données et les erreurs statistiques corrigées, les responsables de l'Initiative des indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement (ICDE) collaborent avec RHC pour obtenir des données afin de représenter l'écoulement de l'eau au Canada. Ce processus permet de sélectionner 878 sites au Canada, du Pacifique à l'Arctique et aux Maritimes. La couverture est plus grande dans le sud du pays puisque c'est dans cette région que la majorité de la population vit. RHC possède également un grand volume de données pour le Nunavut, les Territoires du Nord Ouest et le Yukon (consultez l'adresse suivante www.eau.ec.gc.ca/index_f.html pour toutes les données de RHC).

Faits amusants

  • Les toilettes constituent l'élément qui consomme le plus d'eau dans les résidences des Canadiens.
  • Le remplacement d'une toilette de 18 litres par une toilette à très faible volume de 6 litres peut réduire la consommation d'eau à domicile de 30 %. Rappelez-vous que 18 litres par chasse d'eau combinés à quatre utilisations par personne par jour équivalent à près de 30 000 litres d'eau douce propre par année. Une toilette de 6 litres n'utilise qu'environ 10 000 litres pour le même travail et produit moins d'eaux usées. Consultez la page sur l'utilisation judicieuse de l'eau d'Environnement Canada pour obtenir plus de conseils.
  • Plus de 50 % de l'eau utilisée pour arroser les pelouses et les jardins est perdue par évaporation ou ruissellement en raison d'un arrosage excessif. Règle générale, la plupart des pelouses et des jardins n'ont besoin que d'environ deux ou trois centimètres (un pouce) d'eau par semaine.
  • Vous êtes-vous déjà demandé combien d'eau vous utilisez? Pour le savoir, utilisez la calculatrice de l'utilisation de l'eau d'Environnement Canada! www.on.ec.gc.ca/reseau/watercalculator/NewUser_f.html

Calcul des niveaux d'eau

Rivières et lacs

Les lacs et les rivières, la glace et la neige, et les nappes souterraines ne renferment que 2,5% de l'eau dans le monde (eau douce). En comparaison, les océans et les mers renferment 97,5% des réserves d'eau dans le monde (eau salée).
© Dara Finney, Environnement Canada.

Les données pour les 878 sites sont regroupées en fonction des régions de drainage, qui représentent essentiellement les 25 principaux cours d'eau du pays.

Les niveaux d'eau sont calculés de trois façons :

  • Pour les mesures quotidiennes des niveaux d'eau, chaque mesure est comparée à la mesure équivalente prise à la même station et le même jour de l'année précédente. Par exemple, le 1er janvier 2007 est comparé au 1er janvier 2006, 2005 etc. jusqu'au 1er janvier 1978. Les niveaux d'eau sont ensuite classés « faibles », « normaux » ou « élevés » en fonction des niveaux d'eau observés au cours des 30 dernières années.
  • Cela nous donne ensuite une représentation du statut annuel des niveaux d'eau à chaque station, soit la mesure quotidienne des niveaux d'eau (faible, moyen ou élevé) observée le plus souvent pour une station donnée au cours d'une année donnée.
  • Pour calculer les niveaux d'eau par région de drainage, le nombre de stations dans chaque catégorie (faible, moyen ou élevé) pour chaque année est calculé pour chaque région. Encore une fois, la catégorie la plus observée définit la catégorie pour chaque bassin hydrologique.

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L'initiative des indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement a été lancée en 2004 pour faire suite aux recommandations de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, formulées en 2003, voulant que le gouvernement fédéral établisse un ensemble d'indicateurs environnementaux et de développement durable visant à faire un suivi des facteurs d'importance pour les Canadiens et les Canadiennes. Environnement Canada, Statistique Canada et Santé Canada travaillent de concert en vue d'élaborer et de communiquer ces indicateurs et de présenter les renseignements pertinents et relatifs à la société et à l'économie aux responsables des orientations politiques et à la population canadienne, et ce, en collaboration avec les partenaires provinciaux et territoriaux.

Pour en apprendre davantage sur les indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement, veuillez consulter le site Internet qui se trouve à l'adresse www.ec.gc.ca/indicateurs-indicators ou écrire à l'adresse suivante : indicateurs-indicators@ec.gc.ca

1 Les percentiles peuvent être expliquées comme la valeur d'une variable en dessous de laquelle un certain pourcentage d'observations (dans ce cas, les observation du niveau d'eau) tombent.

2 Environnement Canada, Menaces pour la disponibilité de l’eau au Canada.

3 Beaulieu et al, 2007

4 Environnement Canada. Réseau de stations hydrométriques. Le 24 août, 2010. www.ec.gc.ca/rhc-wsc/default.asp?lang=Fr&n=E228B6E8-1