Niveaux d'exposition humaine aux substances nocives

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L'indicateur sur les Niveaux d'exposition humaine aux substances nocives présente les concentrations de certaines substances chimiques environnementales dans la population canadienne provenant du Cycle 1 (2007–2009), du Cycle 2 (2009–2011) et du Cycle 3 (2012–2013) de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS). L'indicateur inclus les concentrations de cadmium, plomb et mercure dans le sang et de bisphénol A (BPA) dans l'urine des participants âgés de 6 à 79 ans, ainsi que les concentrations de 2,2',4,4'-tétrabromodiphényl éther (PBDE-47) et de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) dans le plasma sanguin pour des participants âgés de 20 à 79 ans. Ces résultats sont importants pour effectuer le suivi de l'exposition aux substances chimiques et pour suivre les tendances chez les Canadiens au fil du temps.

L'ECMS est une enquête transversale qui a commencé en 2008 et qui a été conçue afin de combler les importantes lacunes et limites de l'information en matière de santé qui est actuellement disponible au Canada. Son objectif principal est de recueillir des données à l'échelle nationale sur d'importants indicateurs de l'état de santé des Canadiens, y compris des indicateurs liés à l'exposition aux substances chimiques présentes dans l'environnement. L'ECMS a examiné 48 substances chimiques environnementales pendant le Cycle 3. Les données de biosurveillance aident le gouvernement à évaluer l'exposition humaine aux substances chimiques et à développer des politiques visant à réduire l'exposition aux substances chimiques nocives.

Même si une substance chimique est présente dans l'organisme d'une personne, cela ne signifie pas nécessairement qu'il en résultera un effet négatif sur la santé. La détection d'une substance chimique indique qu'il y a eu exposition. Toutefois, la biosurveillance ne peut prédire à elle seule quels seront les effets sur la santé, le cas échéant, qui pourrait résulter de cette exposition. D'autres facteurs, dont l'âge, l'état de santé, la dose, la durée, la fréquence, le moment d'exposition, et la toxicité de la substance chimique sont des facteurs importants à considérer pour déterminer si un effet sur la santé pourrait se produire.

Concentrations moyennes géométriques de certaines substances dans le sang, le plasma sanguin ou l'urine, Canada, 2007 à 2013
Années d'échantillonnageCadmium
Sang
(µg/L)
Plomb
Sang
(µg/L)
Mercure
Sang
(µg/L)
BPA
Urine
(µg/L)
PBDE-47
Plasma sanguin
(µg/L)
SPFO
Plasma sanguin
(µg/L)
2007–20090,34130,691,20,068,9
2009–20110,31120,711,2n.d.6,9
2012–20130,34110,811,1n.d.n.d.

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Comment cet indicateur est calculé

Note : La quantité de mercure indiquée est la quantité totale de mercure (organique et inorganique). Les concentrations de mercure dans le sang diffèrent entre les cycles en partie dû aux changements dans la limite de détection passant de 0,1µg/L lors des Cycles 1 et 2 à 0,4 µg/L lors du Cycle 3. Les concentrations de cadmium, de plomb et de mercure dans le sang et de bisphénol A (BPA) dans l'urine proviennent de participants âgés de 6 à 79 ans, alors que les concentrations de 2,2',4,4'-tétrabromodipphényl éther (PBDE-47) et de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) proviennent de participants âgés de 20 à 79 ans. Les substances chimiques sélectionnées varient entre les cycles. n.d. signifie que les données ne sont présentement pas disponibles pour ces années d'échantillonnage et µg/L signifie microgrammes par litre. Pour de l'information plus détaillée, veuillez vous référer au document des Sources des données et méthodes.
Source : Pour le cadmium, le plomb, le mercure et le BPA: Santé Canada (2015) Troisième rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada: Résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, Cycle 3 (2012 à 2013). Pour le SPFO: Santé Canada (2013) Deuxième rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada: Résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, Cycle 2 (2009 à 2011). Pour le PBDE-47: Santé Canada (2010) Rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada : Résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, Cycle 1 (2007 à 2009).

La biosurveillance ne peut vous dire la source ou la route d'exposition. La quantité de substances chimiques mesurées dans le sang, l'urine ou le plasma sanguin d'un individu est représentative de la quantité totale qui se trouve dans l'organisme à un moment précis,  provenant de toutes les voies d'exposition (ingestion, inhalation, contact avec la peau) et de toutes les sources (l'air, l'eau, le sol, la nourriture et les produits de consommation).

Cadmium : Le cadmium est présent de façon naturelle dans l'environnement et est utilisé dans les piles ainsi qu'aux fins d'électrodéposition pour protéger d'autres métaux contre la corrosion. Le cadmium peut aussi être émis directement dans l'air par des activités humaines comme la fonte et l'affinage de métaux non ferreux et l'utilisation de combustibles pour produire de l'électricité ou pour le chauffage. L'inhalation de la fumée de cigarette constitue la principale source d'exposition au cadmium chez les fumeurs. Les non-fumeurs sont principalement exposés au cadmium par voie alimentaire, bien que l'exposition en milieu de travail puisse également représenter une source. Le cadmium peut aussi être présent dans l'eau potable; tandis que d'autres voies d'exposition mineures peuvent inclure les expositions par inhalation et les rejets provenant des produits de consommation. Environnement et Changement climatique Canada et Santé Canada ont classé le cadmium inhalé et ses composés dans le groupe des agents probablement cancérogènes. Les composés inorganiques du cadmium figurent sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)].

Plomb : Le plomb est un élément présent de façon naturelle dans le substrat rocheux et le sol. Le plomb est utilisé pour l'affinage et la fabrication de divers produits, comme les batteries d'accumulateurs au plomb pour automobiles, les grenailles de plomb et plombs de pêche, les feuilles de plomb, les soudures au plomb, certains produits en laiton et en bronze, des canalisations, des peintures (outre celles qui seront utilisées par des enfants), ainsi que certaines glaçures céramiques. L'exposition à des quantités infimes de plomb s'effectue par l'entremise du sol, de la poussière domestique, des aliments, de l'eau potable et de l'air, en raison de l'abondance naturelle du plomb dans l'environnement et de son utilisation répandue pendant une bonne partie du XXe siècle. L'exposition au plomb au Canada a diminué de façon considérable depuis le début des années 1970, principalement en raison de l'élimination progressive de l'essence au plomb, de l'utilisation du plomb dans les peintures destinées au grand public et dans les autres revêtements appliqués sur les produits pour enfants qui a été limitée par des règlements, et de l'utilisation du plomb dans les soudures des boîtes de conserves pour denrées qui a été éliminée. Les autres sources potentielles d'exposition au plomb de nos jours peuvent inclure l'ingestion de particules provenant des peintures au plomb sur les surfaces intérieures et extérieures de bâtiments plus anciens; l'ingestion de poussière domestique contaminée par le plomb; l'ingestion d'eau provenant des réseaux de distribution d'eau potable utilisant des canalisations en plomb; les raccords de plomberie en plomb ou les soudures à base de plomb; l'ingestion d'aliments cultivés dans des régions avec des niveaux élevés de plomb dans l'air, l'eau ou le sol (par ex., près des fonderies de métaux communs, des sources de combustion et des routes ou dans les villes); l'utilisation de marchandises alimentaires en céramique et en verre avec des agents de glaçage contenant du plomb; et le mâchonnement de produits de consommation contenant du plomb. La rénovation des logements et les loisirs connexes, y compris la fabrication de vitraux, peuvent également accroître l'exposition au plomb. On considère que le plomb est un poison général cumulatif. Une très forte exposition peut entraîner des vomissements, une diarrhée, des convulsions, un coma, voire la mort. Un faible niveau d'exposition chronique peut avoir des effets sur les systèmes nerveux central et périphérique, mener à une augmentation de la tension artérielle, à une baisse de la fonction rénale, à des problèmes de reproduction et à une neurotoxicité pour le développement. Le plomb figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999).

Mercure : Le mercure est un métal d'origine naturelle mais il est répandu dans l'environnement à cause de plusieurs processus industriels (par ex.: les opérations de production des substances chimiques et la combustion de charbon). La population générale est exposée principalement au méthylmercure et ce, par la consommation de poissons et de crustacés contaminés. Dans une mesure bien moins importante, la population générale peut aussi être exposée au mercure inorganique qui se trouve dans les amalgames dentaires et dans les lampes au mercure brisées. Le mercure est toxique pour les humains. Les effets sur la santé humaine dépendent de différents facteurs, tels que la forme de mercure à laquelle les gens sont exposés, la sévérité et letemps d'exposition, ainsi que l'âge de la personne. Par exemple, l'exposition orale au mercure organique peut causer des effets neurologiques et une neurotoxicité développementale. L'exposition d'un fœtus ou d'un jeune enfant au mercure organique peut avoir des effets sur le développement du système nerveux, notamment sur la motricité fine, l'attention, l'apprentissage verbal et la mémoire. Le mercure figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999).

BPA : Le BPA est une substance chimique synthétique utilisée dans la production des plastiques, des résines époxy-phénoliques et de papier thermique. La voie alimentaire représente la principale source d'exposition au BPA pour le grand public, en raison notamment des emballages alimentaires et des contenants en plastique réutilisables. L'exposition peut aussi résulter d'un contact avec l'air ambiant et intérieur, l'eau potable, le sol et la poussière, et l'utilisation de produits de consommation. Le BPA est toxique pour la santé humaine et figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999).

PBDE : Les PBDE sont des substances chimiques synthétiques et sont utilisés comme ignifugeants. Le public peut être exposé aux PBDE par la nourriture (principalement les poissons, la viande et les produits laitiers), l'eau potable, le sol et l'air. Les aliments représentent la source principale d'exposition pour la majorité des groupes d'âge. Santé Canada a conclu que l'exposition aux PBDE utilisés dans les produits de consommation par inhalation, contact cutané avec la poussière ou contact oral avec les produits ménagers traités par des produits ignifuges est négligeable en comparaison avec l'ingestion provenant des aliments. Les PBDE ont un effet nocif sur l'environnement et les biphényles polybromés sont classés comme étant possiblement des substances cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer. Le PBDE-47 figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999).

SPFO : Les composés perfluorés sont produits à des fins d'utilisation industrielle et commerciale, telles que dans des apprêts anti-taches, hydrofuges ou oléofuges pour les tissus, des couches hydrofuges ou oléofuges pour papier, des balais d'essuie-glace, des lubrifiants pour chaînes de vélos, des revêtements de câbles et de fils, des emballages de produits pharmaceutiques et alimentaires, des additifs d'huiles pour moteurs, des vernis à ongles, des produits pour friser ou défriser les cheveux, des produits pour le placage et le nettoyage des métaux, des mousses ignifuges, des encres et des vernis. Pour le public, l'exposition aux SPFO peut se faire par l'alimentation, l'eau potable, les produits de consommation, la poussière, le sol et l'air. Généralement, l'ingestion de nourriture, d'eau potable et la poussière dans les maisons sont les principales voies d'exposition pour la population adulte, alors que la voie orale par contact des mains à la bouche avec des produits de consommation tels que les tapis, les vêtements et les tissus d'ameublements est la voie la plus importante pour les bébés et les enfants. Aucun lien définitif entre l'exposition à ces substances et des effets sur la santé humaine n'a été établi. Toutefois, des effets négatifs ont été observés chez des animaux, incluant la toxicité pour le développement et la cancérogénicité. Le PFOS figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999).

Indicateurs connexes

Renseignements supplémentaires

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Cet indicateur est utilisé pour mesurer les progrès vers l'atteinte de la Cible 4.8 : Gestion des produits chimiques – Réduire les risques pour les Canadiens et les incidences sur l'environnement et la santé humaine que posent les rejets de substances nocives de la Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada 2013–2016.

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