Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril

Dans le cadre de la Stratégie nationale pour la protection des espèces en péril du Canada, le gouvernement fédéral a créé le Programme d'intendance de l'habitat (PIH) pour les espèces en péril. Le PIH a commencé ses activités en 2000-2001 et consacre entre 9 et 13 millions de dollars par année à des projets de conservation et de protection des espèces en péril et de leurs habitats.

L’objectif général du PIH est de « contribuer au rétablissement des espèces en voie de disparition, menacées et des autres espèces en péril et de prévenir que d'autres espèces ne deviennent préoccupantes du point de vue de la conservation, en faisant participer les Canadiennes et les Canadiens de toutes les couches de la société à des mesures de conservation bénéfiques aux espèces sauvages ».

Le PIH fournit un financement à des intendants pour réaliser des activités qui protègent ou conservent les habitats d’espèces désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) comme étant en péril à l'échelle nationale (en voie de disparition, menacées ou préoccupantes); la priorité étant accordée aux espèces protégées en vertu de la loi sur les espèces en péril (LEP). Ces activités doivent avoir lieu sur des terres privées, des terres publiques provinciales, des terres autochtones ou dans des zones aquatiques et marines partout au Canada. Le programme encourage aussi des partenariats entre des organismes intéressés au rétablissement des espèces en péril. Comme tel, il appuie de nombreux organismes et individus dans leurs activités pour satisfaire aux exigences du Programme national de rétablissement et de la LEP.

Le PIH est l'un des trois principaux programmes fédéraux de financement axés sur la protection et le rétablissement des espèces en péril et mis en œuvre par Environnement Canada, Pêches et Océans Canada et Parcs Canada. Les deux autres programmes fédéraux de financement qui portent directement sur la protection et le rétablissement des espèces en péril sont le Fonds interministériel pour le rétablissement et le Fonds autochtone pour les espèces en péril.

Aperçu

Les activités bénévoles font vraiment une différence en matière de protection de l'habitat, de rétablissement des espèces et de conservation de la biodiversité. Le gouvernement du Canada a autorisé le versement de 45 millions de dollars sur cinq ans au PIH pour les espèces en péril, qui a débuté en 2000, en tant que l’un des trois piliers de la Stratégie nationale pour la protection des espèces en péril du Canada. Les deux autres piliers sont l'Accord national pour la protection des espèces en péril, entériné par les provinces et les territoires, et la Loi sur les espèces en péril (LEP). En vertu de la LEP, l'intendance est la première mesure de protection des habitats essentiels. Des centaines de projets d'intendance sont en cours partout au Canada, et nombre d'entre eux sont financés par le PIH. Le programme attribue un appui financier là où le besoin se fait le plus sentir ainsi qu’aux personnes qui font une différence -- celles qui travaillent concrètement à l'amélioration des terres et des eaux canadiennes et qui ont à cœur le patrimoine naturel de ce pays.

Le PIH aide les Canadiennes et les Canadiens à protéger les espèces en péril et leurs habitats. Il favorise des pratiques d'utilisation des terres et des ressources propices au maintien d'habitats essentiels à la survie et au rétablissement des espèces en péril, en améliorant les activités existantes de conservation et en suscitant de nouvelles activités. Depuis 2000, le PIH a injecté 106 millions de dollars dans plus de 1850 projets. Ces projets ont en retour engendré 254 millions de dollars additionnels pour un investissement total de 360 millions de dollars qui ont été consacrés à des projets d’intendance dédiés au rétablissement des espèces en péril. Les projets soutenus par le PIH visent la conservation des habitats et la réduction des menaces, ce qui a favorisé plus de 400 espèces désignées par le COSEPAC. Le programme a établi plus de 180 partenariats avec des organismes autochtones, des propriétaires fonciers, des utilisateurs de ressources, des fondations pour la nature, des provinces, le secteur des ressources naturelles, des sociétés communautaires pour les espèces sauvages, des établissements d'enseignement et des organismes de conservation. Depuis sa création, le PIH a contribué à la protection juridique d’environ 150 000 ha d’habitat. Chaque année, en moyenne, 166 000 ha additionnels sont protégés grâce à des mesures adoptées directement par des propriétaires fonciers, des gestionnaires de terres ou des organismes de conservation. En outre, le programme soutient des mesures pour améliorer 31 000 ha de terres et 380 km de rives. Le programme rejoint plus d’un million de personnes chaque année par l’entremise d’activités d’éducation et de sensibilisation.

Le programme aide à appliquer la LEP et accorde une plus grande priorité aux activités qui visent les espèces en voie de disparition et menacées en vertu de la Loi et une moins grande priorité aux activités qui visent les espèces inscrites comme préoccupantes.

Les paysages prioritaires visés dans le cadre du Programme comprennent :

  • l’écosystème du chêne de Garry (Quercus garryana) du sud de l'île de Vancouver, les îles Gulf et la vallée du Fraser en Colombie-Britannique, qui abrite plus de 20 espèces en péril à l’échelle nationale;
  • la région des prairies à herbes hautes et des forêts-parcs à trembles du Manitoba, où les activités de protection de l'habitat profitent aux espèces de végétaux et d'oiseaux en péril, tels que le cypripède blanc (Cypripedium candidum) et le Pipit de Sprague (Anthus spragueii);
  • le bassin hydrographique du cours supérieur de la rivière Thames dans le sud de l'Ontario, où 37 espèces en péril sont menacées par le développement et l'ensemble des utilisations des terres;
  • les basses-terres du Saint-Laurent du sud du Québec, où les milieux humides de la baie Missisquoi offrent le dernier grand refuge à la Tortue-molle à épines (Apalone spinifera);
  • les landes côtières de calcaire de la péninsule Great Northern de Terre-Neuve-et-Labrador, qui abritent une douzaine d'espèces de plantes en péril, dont les espèces Salix et Braya qui sont en péril.

Le PIH est un programme « ciblé » afin d’assurer une utilisation efficiente de ressources limitées. Les partenaires régionaux et nationaux chargés de la planification établissent l'ensemble du programme et des priorités, puis des projets particuliers sont ensuite élaborés et financés. Le PIH est administré par Environnement Canada et est géré en collaboration avec Pêches et Océans Canada et l'Agence Parcs Canada. La coordination des activités répondant aux priorités régionales est assurée par cinq conseils régionaux de mise en œuvre, soit le Pacifique et le Yukon, les Prairies et le Nord, l'Ontario, le Québec et l'Atlantique. Les membres de ces conseils représentent les trois ministères responsables ainsi que les intervenants des provinces et des territoires, de la conservation et ceux représentant d'autres intérêts.

Qu'est-ce que l'intendance?

L'intendance renvoie à une large gamme d'activités qu'effectuent bénévolement les Canadiennes et les Canadiens pour s'occuper de l'environnement. Ces activités vont de la conservation directe des espèces sauvages et de leurs habitats à l'amélioration de la qualité de ces habitats par l'atténuation de l’incidence humaine. Ces types d'activités de conservation, en particulier celles qui protègent l'habitat, sont essentielles au rétablissement des espèces en péril. Elles jouent également un rôle clé pour empêcher que d'autres espèces ne deviennent en péril.

Voici certaines des activités d'intendance en cours appuyées par le PIH :

  • l'installation de nichoirs en Ontario et au Québec pour plusieurs espèces d'oiseaux, y compris la Paruline orangée (Protonotaria citrea) et l'Effraie des clochers (Tyto alba);
  • la surveillance des populations de mammifères marins et la protection d'importants habitats contre les perturbations en bordure des côtes atlantiques, arctiques et pacifiques;
  • l'élaboration de méthodes sélectives de pêche pour assurer que les poissons et les autres espèces aquatiques en péril ne se prennent pas dans les filets déployés pour d'autres espèces;
  • la participation des communautés autochtones à la conservation des espèces de poissons en déclin en Colombie-Britannique;
  • le financement de projets communautaires au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard visant la remise en état des rives et la prévention de l'érosion du sol.

Le travail en partenariat est la clé de la réussite de l'intendance en tant qu'outil de conservation efficace au Canada. Les administrations fédérales et provinciales encouragent les initiatives en fournissant des renseignements scientifiques, une aide technique et des mesures incitatives économiques. Les organismes non gouvernementaux aident les propriétaires de terres privées et les citoyens intéressés à déterminer et à mettre en œuvre des activités d'intendance efficaces. De nombreux autres partenaires participent également, y compris des utilisateurs de ressources, des pêcheurs, des organismes autochtones, des établissements d'enseignement et des organismes communautaires.

Buts et objectifs du programme

Les principaux buts du PIH consistent à protéger les habitats et à contribuer au rétablissement des espèces en péril. Le Programme s'articule autour de trois objectifs :

  • préserver ou protéger les habitats importants afin de protéger les espèces en péril et d'appuyer leur rétablissement;
  • atténuer les menaces aux espèces en péril engendrées par des activités anthropiques;
  • appuyer la mise en œuvre d'autres activités prioritaires dans les programmes de rétablissement ou les plans d'actions en place ou en cours d'élaboration.

Outre ces objectifs, le programme vise à atteindre au minimum un rapport de 1:1 quant au financement investi, de façon que chaque dollar octroyé par le PIH entraîne le financement d’au moins un dollar additionnel engendré par les bénéficiaires des projets. Ce levier financier peut comprendre aussi bien des ressources financières que des ressources en nature (comme le travail bénévole, des produits ou services). Les apports financiers et autres des partenaires élargissent la portée des projets, améliorent les résultats sur le terrain et renforcent la collaboration entre les secteurs privé et public, conditions essentielles à la participation de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens aux activités d'intendance des espèces en péril.

C'est donc en stimulant la création d'un fonds commun plus important et l'établissement de partenariats que le PIH réussit à financer des projets qui soutiennent ses objectifs fondamentaux.

Personnes-ressources du Programme

Pour participer au PIH, vous devez présenter un projet admissible. Prenez contact avec un coordonnateur régional pour savoir si votre organisme et votre projet pourraient être financés.

L’appel des propositions de soumissions a lieu à l’automne.

Accès au système en ligne du PIH