Au sujet du programme


Aperçu

Il est évident que les activités bénévoles aident à faire une différence en matière de protection de l'habitat, de rétablissement des espèces et de conservation de la biodiversité. Dès l'an 2000, le gouvernement du Canada a autorisé le versement de 75 millions de dollars sur huit ans au Programme d'intendance de l'habitat (PIH) pour les espèces en péril. Ce programme est l'un des trois volets de la Stratégie nationale pour la protection des espèces en péril du Canada; les deux autres volets sont l'Accord pour la protection des espèces en péril, entériné par les provinces et les territoires, et la Loi sur les espèces en péril. En vertu de cette loi, l'intendance est la première mesure de protection des habitats essentiels. Des centaines de projets d'intendance sont en cours partout au Canada et nombre d'entre eux sont financés par le PIH. Le Programme attribue un appui financier là où le besoin se fait le plus sentir, c'est-à-dire à des personnes qui travaillent concrètement à l'amélioration des terres et des eaux canadiennes et qui ont à cœur leur patrimoine naturel.

Le PIH aide les Canadiennes et les Canadiens à protéger les espèces en péril et leurs habitats. Il favorise des pratiques d'utilisation des terres et des ressources propices au maintien d'habitats essentiels à la survie et au rétablissement des espèces en péril, en améliorant les activités existantes de conservation et en suscitant de nouvelles. Depuis 2000, le Programme a injecté 62 millions de dollars dans plus de 1000 projets. Ces derniers ont en retour investi 153 millions de dollars additionnels, ce qui signifie qu’au total 215 millions de dollars ont été consacrés à des projets d’intendance dédiés au rétablissement des espèces en péril. Les projets soutenus par le PIH ciblent la conservation des habitats et la réduction des menaces, ce qui a favorisé plus de 300 espèces désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le PIH a établi plus de 200 partenariats avec des organismes autochtones, des propriétaires fonciers, des utilisateurs de ressources, des fondations pour la nature, des provinces, le secteur des ressources naturelles, des sociétés communautaires pour les espèces sauvages, des établissements d'enseignement et des organismes de conservation. Depuis sa création, le PIH a contribué à la protection de plus de 240 000 ha d’habitat et à la mise en place de mesures temporaires de protection de l’habitat visant  370 000 ha supplémentaires. De plus, 207 000 ha d’habitat ont été améliorés. Le programme rejoint plus d’un million de personnes chaque année par l’entremise d’activités éducatives et de diffusion de l’information.

Le programme aide à la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril et cible en priorité les activités qui visent les espèces en voie de disparition et menacées en vertu de la Loi plutôt que les espèces inscrites comme préoccupantes.

Les paysages prioritaires visés dans le cadre du Programme comprennent :

  • les écosystèmes de Chênes de Garry (Quercus garryana) du Sud de l'île de Vancouver, des îles du Golfe et de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique, foyers de plus de 20 espèces en péril à l’échelle nationale;
  • la région des prairies à herbes hautes et des forêts-parcs de trembles du Manitoba, où les activités de protection de l'habitat profitent aux espèces de végétaux et d'oiseaux en péril, tels que le Cypripède blanc (Cypripedium candidum) et le Pipit de Sprague (Anthus spragueii);
  • le bassin hydrographique de la rivière Thames dans le Sud de l'Ontario, où 37 espèces en péril sont menacées par le développement et l'utilisation de l'ensemble des terres;
  • les basses-terres du Saint-Laurent au Sud du Québec, où les terres humides de la baie Missisquoi demeurent le dernier vaste refuge pour la Tortue-molle à épines (Apalone spinifera);
  • les landes côtières de calcaire de la péninsule Great Northern de Terre-Neuve-et-Labrador, qui abritent une douzaine d'espèces de plantes en péril, dont les espèces de Salix et de Braya qui sont en péril.

Afin de faire en sorte que les ressources limitées soient utilisées efficacement, le PIH est un programme « dirigé ». Les partenaires régionaux et nationaux chargés de la planification établissent l'ensemble du Programme et des priorités, puis des projets particuliers sont ensuite élaborés et financés. Le PIH est administré par Environnement Canada et est géré en collaboration avec Pêches et Océans Canada et l'Agence Parcs Canada. La coordination des activités répondant aux priorités régionales est assurée par cinq conseils régionaux de mise en œuvre, soit le Pacifique et le Yukon, les Prairies et le Nord, l'Ontario, le Québec et l'Atlantique. Les membres de ces conseils représentent les trois ministères responsables ainsi que les intervenants des provinces et des territoires, de la conservation et ceux représentant d'autres intérêts.

Qu'est-ce que l'intendance?

L'intendance renvoie à une large gamme d'activités qu'effectuent bénévolement les Canadiennes et les Canadiens pour s'occuper de l'environnement. Ces activités vont de la conservation directe des espèces sauvages et de leurs habitats à l'amélioration de la qualité de ces habitats par l'atténuation de l’incidence humaine. Ces types d'activités de conservation, en particulier celles qui protègent l'habitat, sont essentielles au rétablissement des espèces en péril. Elles jouent également un rôle clé pour empêcher que d'autres espèces ne deviennent en péril.

Voici certaines des activités d'intendance en cours appuyées par le PIH :

  • l'installation de nichoirs en Ontario et au Québec pour plusieurs espèces d'oiseaux, y compris la Paruline orangée (Protonotaria citrea) et l'Effraie des clochers (Tyto alba);
  • la surveillance des populations de mammifères marins et la protection d'importants habitats contre les perturbations en bordure des côtes atlantiques, arctiques et pacifiques;
  • l'élaboration de méthodes sélectives de pêche pour assurer que les poissons et les autres espèces aquatiques en péril ne se prennent pas dans les filets déployés pour d'autres espèces;
  • la participation des communautés autochtones à la conservation des espèces de poissons en déclin en Colombie-Britannique;
  • le financement de projets communautaires au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard visant la remise en état des rives et la prévention de l'érosion du sol.

Le travail en partenariat est la clé de la réussite de l'intendance en tant qu'outil de conservation efficace au Canada. Les administrations fédérales et provinciales encouragent les initiatives en fournissant des renseignements scientifiques, une aide technique et des mesures incitatives économiques. Les organismes non gouvernementaux aident les propriétaires de terres privées et les citoyens impliqués à déterminer et à mettre en œuvre des activités d'intendance efficaces. De nombreux autres partenaires participent également, y compris des utilisateurs de ressources, des pêcheurs, des organismes autochtones, des établissements d'enseignement et des organismes communautaires.

Buts et objectifs du Programme

Les principaux buts du PIH sont de protéger les habitats et de contribuer au rétablissement des espèces en péril. Le Programme s'articule autour de trois objectifs :

  1. protéger les habitats importants afin de protéger les espèces en péril et d'appuyer leur rétablissement;
  2. atténuer les menaces aux espèces en péril engendrées par l’incidence humaine;
  3. appuyer la mise en œuvre d'autres activités prioritaires dans les programmes de rétablissement ou les plans d'actions en place ou en cours d'élaboration.

Outre ces objectifs, le Programme espère également atteindre un rapport de 2:1 quant au financement investi, de façon que chaque dollar octroyé par le PIH entraîne le financement de deux dollars par les bénéficiaires des projets. Ce levier financier peut comprendre aussi bien des ressources financières que des ressources en nature (comme le travail bénévole, des produits ou services). Les apports financiers et autres des partenaires élargissent la portée des projets, améliorent les résultats sur le terrain et approfondissent la collaboration entre les secteurs privé et public, conditions essentielles à la participation de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens aux activités d'intendance des espèces en péril.

C'est donc en stimulant la création d'un fonds commun plus important et l'établissement de partenariats que le PIH réussit à financer des projets qui soutiennent ses objectifs fondamentaux.