L’état de santé des Grands Lacs?
Les Canadiens et les Américains se partagent une ressource inestimable : l’écosystème du bassin des Grands Lacs, relié en aval au fleuve St-Laurent. La région du St-Laurent et des Grands Lacs, qui s’étend sur deux provinces et huit états, constitue une part importante de notre patrimoine physique et culturel. Nous comptons sur nos Grands Lacs pour nous approvisionner en eau potable, nous divertir, nous offrir des possibilités de transports, d’énergie et des occasions économiques. Cependant, les demandes d’une vaste population située dans cette région ont pris le pas au fil du temps et les répercussions de l’industrialisation, des changements climatiques, des espèces envahissantes et des contaminants toxiques, parmi d’autres pressions, ont laissé des traces dans l’environnement.
L’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, signé en 1972, exprime l’engagement du Canada et des États-Unis de rétablir et de maintenir l’intégrité chimique, physique et biologique de l’écosystème des Grands Lacs. Environnement Canada, l’agence de protection environnementale des É.-U. (U S EPA) ainsi que leurs partenaires des Grands Lacs travaillent de concert afin d’évaluer la condition actuelle des lacs et les progrès en vue d’atteindre les buts fixés dans le cadre de l’accord. Ce processus fait appel à l’élaboration et à l’évaluation d’indicateurs principaux sur des enjeux tels que les espèces envahissantes, la santé humaine, la contamination et la dégradation et la perte d’habitats aquatiques et terrestres. Cela relève du défi de tenter de simplifier la nature et les conditions complexes de l’écosystème des Grands Lacs; toutefois, l’établissement de rapports sur les indicateurs constitue un moyen de prendre des renseignements complexes et les rendre plus compréhensibles. Ces indicateurs sont discutés lors de la Conférence sur l’état de l’écosystème des Grands Lacs (CÉÉGL) qui a lieu aux trois ans, et sont évalués dans les Rapports sur l’état des Grands Lacs.
Comment mesure-t-on la santé des Grands Lacs?
Les rapports sur l’état des Grands Lacs présentent la compilation d’analyses spécifiques et de l’interprétation des données qui nous renseigne sur la santé des Grands Lacs. Grâce à ce processus binational, 63 indicateurs d’écosystème sont évalués aux trois ans et des évaluations globales sont réalisées pour les indicateurs suivants : santé humaine, contamination, communautés biotiques, zones côtières, habitats aquatiques, espèces envahissantes, utilisation des ressources, utilisation des terres-occupation du sol et changements climatiques.
Les Grands Lacs sont-ils en santé?
Cela relève du défi de tenter de simplifier la nature et la condition complexes de l’écosystème des Grands Lacs. En 2009, on a déterminé que l’état général de l’écosystème des Grands Lacs était mitigé. Certaines conditions ou zones étaient en bon état, la plupart étaient dans un état mitigé et quelques-unes étaient dans un état médiocre. Les tendances observées dans les conditions de l’écosystème des Grands Lacs variaient : certaines conditions s’amélioraient et d’autres se détérioraient. Des efforts devront être consentis afin d’améliorer la condition des Grands Lacs de sorte qu’elle atteigne les objectifs visés pour l’écosystème ou qu’elle puisse être considérée comme acceptable.
Jetons un coup d’œil sur certains faits saillants du Rapport sur l’état des Grands Lacs 2009.
- Pouvons-nous boire l’eau?
- Pouvons-nous nous baigner sans danger?
- Pouvons-nous consommer les poissons pêchés?
- Faisons-nous des progrès pour améliorer la qualité de l’air?
- Quel est l’état des terres humides côtiers?
- Pourquoi les espèces non indigènes représentent-elles un problème dans les Grands Lacs et comment s’y introduisent-elles?
- Quel est l’état des principaux poissons prédateurs dans les Grands Lacs?
Pouvons-nous boire l’eau?
Un ensemble de dix paramètres de santé permettent d’évaluer la qualité de l’eau potable traitée dans la région des Grands Lacs. Les paramètres comprennent des polluants chimiques et bactériens et la réussite du traitement. Selon ces paramètres, les Grands Lacs fournissent l’une des sources d’eau potable les meilleures au monde. En outre, les usines de traitement de l’eau potable du Canada comme des États-Unis utilisent des technologies de traitement éprouvées. En général, les installations d’épuration n’éliminent toutefois pas complètement tous les polluants.
Pouvons-nous nous baigner sans danger?
La baignade est sécuritaire sur la plupart des plages des Grands Lacs, la majeure partie du temps. Toutefois, certaines plages sont parfois impropres à la baignade en raison des concentrations élevées de bactéries dans l’eau, en particulier autour des villes et des régions où l’on pratique une agriculture intensive. D’après les données récoltées en 2007 sur plus de 1 600 plages situées sur les rives américaines et canadiennes des Grands Lacs, 67 p. 100 des plages sont en moyenne demeurées ouvertes durant plus de 95 p. 100 de la saison de baignade. Les efforts se poursuivent pour prévenir la contamination des eaux par des déchets humains ou animaux et une meilleure surveillance permet de fournir à la population une information détaillée et en temps opportun sur l’état des plages.
Pouvons-nous consommer les poissons pêchés?
Les concentrations de polluants dans les poissons des Grands Lacs ont baissé de façon significative depuis leur seuil historique. Un plus grand nombre de poissons provenant de la plupart des régions des Grands Lacs peuvent être consommés en toute sécurité. Toutefois, une proportion significative de poissons sont toujours contaminés et il est suggéré de limiter la consommation de ces poissons ou de ne pas en consommer du tout. L’élimination de l’utilisation d’un certain nombre de produits chimiques toxiques dans l’environnement peut expliquer la baisse de la concentration des polluants chez les poissons de pêche sportive. Même si les concentrations de diphényles polychlorés (BPCs) chez le Touladi ont diminué, elles dépassent toujours les limites pour la consommation et il importe donc de poursuivre la surveillance. Certains nouveaux produits chimiques préoccupants ont été détectés chez les poissons et sont désormais sous surveillance.
Faisons-nous des progrès en vue d’améliorer la qualité de l’air?
La qualité de l’air semble s’améliorer à l’échelle régionale, mais des problèmes localisés persistent. Les contaminants atmosphériques comme les oxydes d’azote et l’ozone de la basse atmosphère peuvent être utilisés pour inférer les répercussions possibles de la qualité de l’air sur la santé humaine et l’environnement du bassin des Grands Lacs.
Dans la partie américaine du bassin des Grands Lacs, les concentrations d’oxydes d’azote et d’ozone de la basse atmosphère diminuent. Ces réussites sont attribuées aux améliorations dans les zones urbaines. Dans la partie canadienne du bassin, les concentrations d’oxydes d’azote ont également diminué à la suite d’améliorations dans les zones urbaines. Même si les concentrations d’ozone demeurent préoccupantes, les concentrations maximales ont généralement tendance à diminuer. Cette diminution s’explique en partie par les conditions météorologiques qui entraînent une moins grande production d’ozone et par les réductions des émissions d’oxydes en Ontario et aux États-Unis.
Quel est l’état des terres humides côtières?
Les terres humides côtières des Grands Lacs sont une importante ressource écologique, biologique, économique et esthétique. Elles constituent un habitat essentiel pour bon nombre d’espèces de plantes, de poissons et de faune. On attribue également d’importantes fonctions aux terres humides côtières. Par exemple, elles contribuent à réduire les dommages attribuables aux inondations et à l’érosion, en plus de retirer l’excès de nutriments des eaux de surface.
Les terres humides côtières des Grands Lacs sont en péril, comme il est possible de le constater par la diminution de la zone qui les délimite, par le déclin des populations d’oiseaux et d’amphibiens qui en dépendent et par la détérioration de la santé des plantes qui y poussent. On estime qu’environ 50 % de la superficie initiale des terres humides du bassin des Grands Lacs a été perdue. L’inventaire des superficies restantes de terres humides côtières en est au stade initial de mise en œuvre. Les terres humides côtières se dégradent en raison des effets de la stabilisation du niveau de l’eau, de la sédimentation, de la présence de contaminants et de nutriments, des changements climatiques, des invasions d’espèces non indigènes et du développement industriel, agricole et résidentiel intensif.
Des analyses réalisées à la grandeur du bassin des Grands Lacs ont permis de détecter tant des tendances positives que négatives au niveau des populations d’amphibiens présentes dans les terres humides côtières. Cependant, les tendances négatives sont considérablement plus élevées que les tendances positives. On a observé des déclins dans diverses populations de crapauds et de grenouilles dans les terres humides de la région des Grands Lacs. Les concentrations de contaminants observées dans les œufs des tortues hargneuses sont en baisse mais les niveaux de contaminants dans les poissons qu’elles consomment excèdent encore les directives en matière de qualité environnementale. Globalement, les relevés indiquent que l’ensemble du réseau alimentaire aquatique des terres humides côtières est toujours contaminé.
Pourquoi les espèces non indigènes représentent-elles un problème dans les Grands Lacs et comment s’y introduisent-elles?
L’introduction et la propagation d’espèces non indigènes ont des impacts majeurs sur l’écologie et l’économie de la région des Grands Lacs. De nouvelles espèces non indigènes, qui totalisent désormais 185 espèces aquatiques et au moins 157 espèces terrestres, continuent d’être découvertes dans le bassin des Grands Lacs. Voici quelques exemples d’espèces non indigènes qui ont un impact négatif sur l’écosystème : moules zébrées, lamproie marine, salicaire pourpre et agrile du frêne. Les coûts économiques liés aux mesures d’atténuation peuvent être élevés. Les mesures de contrôle de la lamproie marine en vue de protéger la région entière de pêche des Grands Lacs coûtent aux gouvernements canadien et américain plus de 20 millions de dollars US par année, ce qui équivaut à près de 4,5 milliards de dollars US annuellement et plus de 80 000 emplois.
La présence d’espèces envahissantes peut être liée à de nombreux enjeux actuels de l’écosystème, notamment au déclin des populations de Diporeia du réseau trophique inférieur, aux maladies des poissons et de la sauvagine ainsi qu’à la prolifération excessive d’algues. Les bateaux qui circulent, les canaux, l’achat de plantes aquatiques en ligne ainsi que les industries des aquariums et des poissons-appâts demeurent de grands facteurs d’introduction et de propagation des espèces non indigènes envahissantes. L’écosystème des Grands Lacs est et demeurera extrêmement exposé à l’introduction de nouvelles espèces envahissantes car la région est un lieu important d’échanges commerciaux et de tourisme à l’échelle mondiale.
Quel est l’état des principaux poissons prédateurs dans les Grands Lacs?
Au sommet du réseau alimentaire aquatique des Grands Lacs, on retrouve des poissons indigènes comme le Touladi et le doré jaune, ainsi que des poissons non indigènes comme le saumon coho et le saumon quinnat. Comme ces poissons ont un rôle très important dans l’écologie et l’économie de la région, leurs populations sont surveillées et maintenues en partie grâce à des programmes d’ensemencement. La modification de l’habitat, les espèces envahissantes non indigènes, l’approvisionnement alimentaire changeant, la pêche et les contaminants entraînent des pressions négatives sur ces poissons.
À l’heure actuelle, le lac Supérieur est le seul lac où la reproduction naturelle du Touladi a été rétablie et maintenue. Dans le lac Huron, des populations autosuffisantes sont présentes dans quelques zones de la baie Georgienne au Canada. Il existe une reproduction naturelle généralisée, mais faible, dans les eaux américaines du lac Huron. Dans les lac Michigan et Ontario, la reproduction naturelle est très faible. Pour optimiser la survie des Touladis dans le lac Érié, des souches de Touladis du lac Supérieur qui vivaient en eau profonde sont introduites dans le lac Érié, et cette solution est également envisagée pour le lac Ontario. Ces poissons sont peut-être plus adaptés pour survivre dans des habitats loin des rives qui ne sont pas colonisés par les souches traditionnelles.
Pour plus de renseignements
- Rapports sur l’état des Grands Lacs
Un processus qui permet d’évaluer et de faire rapport sur l’état de l’écosystème des Grands Lacs selon une série d’indicateurs de la santé de l’écosystème. - Faits et renseignements
Renseignements sur une foule de sujets liés aux Grands Lacs ainsi que faits en bref, pulications, données et science, et cartes géographiques. - Publications sur les Grands Lacs
Documents et rapports sur les Grands Lacs rendus disponibles par Environnement Canada. - Plans d’aménagement panlacustres
Plans d’action binationaux pour le rétablissement et la protection de l’écosystème de chacun des Grands Lacs. - Secteurs préoccupants des Grands Lacs
Régions du bassin des Grands Lacs qui ont fait l’objet d’une détérioration environnementale et qui ont mis en œuvre des plans de redressement afin de guider les efforts de rétablissement et de protection.
Liens connexes
- Binational.net
Projet de collaboration entre la United States Environmental Protection Agency et Environnement Canada visant à fournir une fenêtre unique sur des programmes conjoints touchant les Grands Lacs.
Page d'accueil des Grands Lacs
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